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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 08:00

 

 

 

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Quitter Paris après les fêtes, suivre les nuages, aller vers les plaines, les vaches et la Seine serpentant jusqu’à  la mer. Cabourg est vide, ensoleillée mais triste, l'air est vif. Les digues ont des flancs couverts de couteaux échoués, qui craquent sous les pas de touristes encapuchonnés. Deauville semble morte, ainsi que Trouville. La foule est à Honfleur agglutinée autour des quais, promenades en famille et dégustations dans les nombreux restaurants du port. Sous un ciel nuageux s’accrochent les mâts des bateaux. J’ai le sentiment d’être un puceron désorienté projeté au sol comme si l’on  avait donné un coup de pied dans mon nid. Je me sentirais mieux en haut  des mâts crissant au vent, loin de cette  fourmilière qui va m’engloutir.  Mais je m’accroche au sol. Le temps est doux, je déambule au milieu des chalets disparates du marché de Noël, dans l’odeur de beignets et de pain chaud qui, trop c’est trop, me soulève le cœur. Des gamins courent, bavards, bruyants. Leurs parents  ont l’air heureux et détendus car les jeunes sont supportables au dehors, courant dans les embruns, les joues rouges et piquées au sel. Au reste, je suis en train de tomber amoureuse de l’instant. Honfleur bulle dans le soleil couchant comme une framboise dans une coupe de champagne.  J’ai le nez dans la mousse et je ressens une sorte de félicité.

 

 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 16:06

 

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La fin  de l’année approche et ça se voit. Le mannequin pisse et le père Noël a la tête à l’envers. Avant de prendre de belles résolutions pour l’année prochaine, chacun fait la nique à toutes celles qu’il n’a pas tenues cette année. De petites mortifications pas indispensables, comme reprendre la course à pied, perdre trois kilos ou arrêter de fumer. Quoique arrêter de fumer… Il y a une sorte de plaisir à se débarrasser de l’année et de ses contraintes, c’est une petite mue, un dépouillement, une remise à niveau. Les enfants sacrifient leurs vieux jouets sans état d’âme, nous jetons nos promesses au panier de la même manière.  

 

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Je me demande ce qui nous incite à faire la fête le 31 décembre. Le fait d’avoir vécu une année de plus ou celui d’en être délivré. Nous avons tous le syndrome de la fin des cours, le début des vacances, le départ vers ailleurs. Je dis syndrome car ce moment de bonheur découle de l’école, des obligations qu’on laisse derrière soi. Comme on se projette vers  les jeux,  les balades à vélo, les fou-rires sur la plage, on croit toujours que ça ira mieux  l’année prochaine. Ce soir-là, c’est un peu la fin des cours, la délivrance. La trêve. Champagne, huitres, foie gras… peut-être… ou pas… Mais l’envie de se sauter au cou, de s’embrasser sous le gui, d’échanger vœux et souhaits est forte. On peut tout vouloir, tout croire à minuit. C’est  comme sortir de l’école en  jetant  le cartable et courir dans la rue, vers sa vie. Insouciance, inconscience, liberté. C’est avoir huit ans tous les ans, un court instant.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !

 

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

En réponse au "textoésie" de Suzâme: chevelure

 

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Et s'en servir comme d'une armure

Rideau épais, mèches partagées

Sublimant ainsi la posture

Lourds et tombants, raides et figés

Couvrant la fuite du regard

Prière, piété ou pénitence

Cadrant un visage sans fard

Piège sournois ou innocence

 

 

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

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Les couleurs se retirent  du ciel de Paris

Les oiseaux, tout là-haut, ont des griffes d’argent

Et  déchirent la nuit d’un trait de métal blanc

Echappant à  Noël,  à la foule, à ses  cris

 

Place de  la Concorde, aux rumeurs du marché

Aux illuminations, aux phares des voitures

La tranquille Obélisque dérobe sa  figure

Et hausse vers les cimes  la pointe de son  nez

 

Afin de  l’observer qui tutoie les étoiles

Je saisis mon smartphone, piégeant sa silhouette

Juste à l’instant où Râ, à l’horizon projette

Les lueurs moribondes de ses  tout derniers voiles

 

Et puisque je suis là pour me joindre à la foule

Je gagne l’avenue, m'oublie parmi ces gens

Les branches de la nuit ont de grands bras plongeant

Dans les nuées violettes où leurs ombres s’enroulent

 

 

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Petit clin d'oeil à  ABC et à ses "avaleurs de vie photographes"

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 08:00

Ce 113ème défi chez les Croqueurs de mots s’attaque au : «  nez », par lequel doit débuter mon texte.

 

 

jeunes

 

Le nez dans un verre de Pouilly frais et attablée devant un Irish Stew au Corcoran’s de la Porte des Lilas, je défie le temps. Impermanent, irréversible, conduisant à la mort de manière inéluctable, c’est ainsi qu’on qualifie le temps. Insaisissable dirais-je.

A la table d’à côté, les filles ont un petit coup dans le thème du défi. Elles s’excitent, s’exclament, applaudissent l’orchestre au fond de la salle. Elles jouent avec leurs cheveux, prennent les photos, les smartphones crépitent. On ne s’entend plus, les guitares couinent, mes oreilles explosent. Les garçons ont des yeux de loups de Tex Avery, une petit mère Noël en jupette au ras des fesses se trémousse à côté d’une dame dont la danse efface l’âge respectable.  Tout le monde sympathise avec chacun et Noël approchant clignote au bar en guirlandes multicolores. Les tables se vident et dehors on trépigne, la clope au bec, des jeunes glissent leurs bras sous le coton de leur tee shirt en quête de chaleur. Ils claquent des dents. Puis retournent dans la fureur et dans le bruit. Police et Dire Straits ont toujours la côte en 2013, je ne ressens pas de décalage. Mes doigts pianotent sur la table, mes pieds tambourinent au sol. J’ai vingt ans. Je suis bien, dans mon temps, à l’instant qui passe, déjà. Pour un peu je me lèverais, me déhancherais en musique. Quelque chose me retient qui n'est pas un lumbago ou de l'arthrose. Quelque chose d'impalpable....

Il faut bien rentrer, quitter l’illusion, refermer la parenthèse, retourner chez soi, le nez au vent glacé. Je revêts l’uniforme de cinquantenaire bien dans sa peau, je fais croire au monde que du temps a passé, que je l’accepte.

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 20:29

 

Je ne vous oublie pas et passerai vous visiter bientôt.

Cette semaine est un peu chargée pour moi,  ne m'en voulez pas si je ne réponds pas à vos commentaires.

A très bientôt pour échanger souhaits et émotions de Noël.


 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 10:00

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Matins glacés, automne frileux

Ciel recouvert de coton bleu

Mes bottes bruissent sur le tapis

Déroulé au sol par la pluie

 

Midi poudré, soleil doré

Le nez au vent, les mains givrées

Je suis sous le charme de la ville

Auréolée de  feuilles graciles

 

Les marronniers dans la lumière

Ont des guirlandes éphémères

Dont la chute bercée par Eole

Amuse les enfants de l’école

 

Décembre mêle avec aisance

 La joie, les fêtes, l’exubérance

Au classique renoncement

D’un mois d’hiver se dépouillant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

mots

 

Défi 112 chez Lénaïg: commencer son texte par « Quand les poules auront/avaient des dents »

 

Quand les poules auront des dents je saurai pourquoi les mots dégoulinent de mes doigts sur la page comme de la confiture qu’on étale partout, malgré soi. Ca me démange, une sorte d’allergie, de déficit immunitaire, une carence en vitamines, un défaut de fonctionnement du thymus. Peut-être…

Alors il faut que je gratte du papier, que je tapote un clavier, pour contenir cette fuite des mots avant qu’elle n’occasionne trop de dégâts. Cela intervient comme une crise, soudaine, affolante, une coulée de lave. Ca n’a plus seulement la couleur de la confiture mais la chaleur des hauts fourneaux. Les mots explosent et fusent, surgissent du fond de moi, bouillonnement, trop plein, ras le bol… Ils se bousculent pour sortir. Déposés là, ils attendent que  je les rassemble, que j’organise un discours. Eparpillés ils ne ressemblent pas à grand-chose. Et je ne sais pas trop quoi faire d’eux.

Certaines fois, les mots me disputent. C’est l’émotion qui est le déclencheur. Pourquoi ? Mystère ! Une exposition, une sortie, un spectacle, un tableau, un accident de la vie, la famille…Les stimuli sont nombreux, et les mots ont hâte de sortir, ils sont organisés, précis, volontaires. De vrais soldats, ils commandent, j’obéis.  Ils forment des bataillons serrés cadrés, avancent au pas. Comme sur les Champs Elysées, le quatorze juillet. Ils sont fiers, bouffis d’orgueil, déterminés. Ils portent un costume et m’obligent à saluer. Je me prosterne devant eux qui me manipulent.

D’autres fois, je crois tenir les mots. Je sais ce que je veux dire, comment, pourquoi. Je formule des idées, développe une argumentation, établis des comparaisons. Pourtant lorsque je me relis, j’ai le sentiment d’avoir écrit sous la dictée, je ne reconnais pas mes mots, mon langage. On dirait qu’un fameux docteur s’est exprimé à travers moi, révélant ma face cachée.

Et sincèrement je me demande si je n’aurais pas mieux compris, si une explication n’aurait pu m’être fournie, autrefois, quand les poules avaient des dents.

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 20:00

 

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J’ai mis Novembre dans une boite en carton

C’est une idée que l’hiver m’a soufflé

Le couvrir de papier, coller ton nom

Sur le bolduc dont je l’ai entouré

 

C’est un présent que j’ai pour toi choisi,

En plus des souhaits que tu as formulés

Je sais bien sûr que tu seras surpris

Que la saison t’habille de cap en pied

 

J’imagine ta hâte et ton ardeur

Défaire l’emballage, t’obliger à

Soulever le couvercle avec lenteur

Et faire que Novembre  s’empare de toi 

 

Brume automnale dans  tes yeux éblouis

Morsures  du vent  sur ton visage rosi

Terre de soleil  dessus tes joues bleuies

Dans tes cheveux, pluie de flammes roussies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 10:00

 

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Tournage de "Meurtres au Paradis" à Deshaies, Guadeloupe

 

Aujourd’hui on ne dit plus feuilleton, on dit série mais c’est pareil. Avec de l’action, des intrigues, la jalousie, les tromperies,  de l'amour et des meurtres. Je suis accro aux séries policières. J’adore suivre les méandres des enquêtes, les faux pas des hommes de loi, les ruses des criminels. J’aime les héros atypiques, Chloé la profileuse rousse et gaffeuse de "Profilage", Patrick Jane de "Mentalist",  ou  Vincent de "No limit." Je ne citerai pas toutes les séries françaises ou étrangères et tous les héros dedans. Car je n’apprécie pas tout. Il faut le truc en plus, qui me sorte du fauteuil et me plonge dans le décor, l’ambiance, le paysage. J’ai besoin de voyager dans le crime, de prendre l’avion ou le ferry avec les personnages. A moins que l’intrigue elle-même soit un endroit à découvrir.

Ainsi "Barnaby" m’emporte à Midsomer dans la campagne anglaise. Avec lui je prends le thé,  mange des petits gâteaux  dégoulinant de crème et  participe à la kermesse du village. Je déambule dans des jardins verdoyants, avec des bottes en caoutchouc. Une pluie fine et glacée transperce mon duffle coat, et les nuages me mangent le nez. Le "commissaire Brunetti" roucoule à Venise et ses balades à travers la lagune me rappellent un séjour avec mon chéri dans la ville des amoureux. Il me plaît de le suivre sur des ponts usés et  de me perdre dans un dédale de ruelles inquiétantes et désertées. Les "Meurtres au Paradis" de France 2, me conduisent à Sainte Marie, ville imaginaire, le véritable lieu de tournage étant la ville de Deshaies en Guadeloupe. J’ai eu le privilège d’assister  à des prises de vue  cet été.  En immersion dans la série. Le soleil, la mer, les palmiers,  le commissariat  et le bungalow sur la plage.  J’étais sur un petit nuage, directement du canapé dans la télé.

Avec le "commissaire Anders" sur Jimmy, j’habite  à Visby, seule ville de l’île de Gotland au large de la Suède. La mer est très présente  là aussi. Elle passe par la fenêtre, et s’impose dans les salons,  cuisines, vérandas, et même dans le bureau austère du commissariat. La mer et la lumière blonde des pays nordiques, les rochers fouettés par les vagues, les maisons en bois jaunes et bleus, les vents glacés battant la campagne.

Avec ces séries je visite un peu la planète avec mon chat sur les genoux. Je collectionne les clichés et les cartes postales sans me frotter au quotidien. Et sans dépenser d’argent. Traquer les méchants, avec un héros armé pour guide touristique, c’est tout simplement une petite jouissance.

 

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Commissaire Anders au bord de la plage

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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