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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 08:00

 

LE défi 87 dans le cadre des jeudis en poésie chez Lilou- fredotte est: Les dimanches

 

      dimanche

 

Ces jours-là, le temps note un distrayant tempo

Et ponctue la semaine d’un subtil vibrato

Fréquence fondamentale et vibrant  diapason

Etalon régulier des mois et des saisons

 

Ce sont des jours de fête, de joie et de repos

Des heures pour soi complètes, et l’on oublie ses maux

Des instants de vacance, où l’esprit en jachère

Vagabonde, sournois, soupire  et se libère

 

Il rêve de Madeleine en courtisant Margot

Elle longe la Seine en se mirant dans l'eau

Le bonheur en famille se goûte bien au chaud

On porte ses béquilles  en faisant le gros dos

 

Car pour les uns, dimanche est  aubaine, euphorie

Et pour d’autres commence l’épouvantable ennui

Des minutes sans vie, du vide à ne rien faire

Quand ce jour est béni de tous leurs congénères.

 

 

 

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:00

 

 

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Quand par-dessus les toits, au loin, le ciel s’enrhume

Revêt à l’horizon un lourd manteau de brume

La ville vient ficher son profil orangé

Dans la ouate qui s’étire depuis les hauts clochers

 

Collée à la fenêtre, j’observe ce spectacle

Mon cœur se fige et saigne, assiste à la débâcle

Des jours légers et clairs, des heures d’amour serein

Quand Cupidon lançait ses longues flèches d’airain

 

Tu as pris ton envol, choisi la liberté

Tu dis que je suis folle de croire et d’espérer

La belle fille du village séduite un soir d’été

Un oiseau de passage, ne peut emprisonner

 

Derrière ces barreaux tristes, je trouve un réconfort

J’écarquille les yeux et voilà qu’au  dehors

Le ciel  allonge une  barbe de vieillard chenu

J’aperçois l’homme libre que tu es devenu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 10:00

 

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C’était au Touquet, il y a dix jours, la Patrouille de France effectuait des exercices. Lorsqu’on la regarde évoluer, on ouvre des yeux d’enfants éberlués. Touchés tout autant par le fuselage des engins, l’originalité des exercices, la synchronisation des mouvements exécutés avec la perfection d’un ballet, la légèreté et la grâce des déplacements.

 

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Ravis en contemplant les larges rubans, les loopings de fumée  tricolore enveloppant le ciel comme du bolduc sur un cadeau.

 

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Emerveillés devant ces oiseaux de paradis, ces aigles fendant les airs, ces migrateurs en rangs organisés, ces poissons d’eau translucide.

 

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Conquis par la performance de groupe, la cohésion d’ensemble, le feu d’artifice aérien, les prouesses du domaine aéronautique français.

 

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On oublie que les pilotes ont une santé parfaite,  un entrainement spartiate, répètent des exercices jusqu’à la maîtrise totale des engins et des figures, insèrent leurs Fuga Magister au sein d’un groupe avec une position établie très précisément.

 

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Car l’élégance consiste à laisser  le spectacle se dérouler  avec une apparente facilité, en une chorégraphie d’une beauté saisissante.

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 10:00

 

Pour accompagner le tableau-sujet de la quinzaine chez Miletune

 

 

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         (Sixte)           

 

Sur internet ils avaient dit : notre maison de retraite offre un accompagnement aux personnes âgées, leur permettant de palier aux difficultés auxquelles elles ne peuvent plus faire face. Nous désirons instaurer des liens de confiance avec les résidents et leurs proches. Nous mettons à disposition les moyens et les compétences…Le jardin est souvent la première image que perçoivent les résidents et le nôtre les enchantera… Il permet des moments d’intimité et de solitude…

Depuis que nous avons placé Moumoune aux Mimosas elle ressemble à un légume. Elle est tout le temps dans le jardin, posée comme un pot de fleur. Je me demande pourquoi  les chats ne lui font pas pipi dessus. Je sais que ça n’est pas le cas, car elle sent bon le chèvrefeuille et la poudre en poudre, qui laisse des traces brillantes quand on fait des bisous à Moumoune. Elle prend soin d’elle, mais elle n’a pas le moral. Elle attend nos visites, et préfère le jardin quand il fait beau. Elle s’épargne les aides-soignantes et leur discours de classe maternelle, les médecins et leur ça va, Mme D., j’ai une partie de golf à quatorze heure alors j’abrège. Elle s’évite le loto, le scrabble et autre bingo. Elle censure les « Feux de l’amour ».

Mais qu’elle est belle lorsque j’arrive! Son regard un peu perdu s’anime, et ses joues  flasques retrouvent  leur rondeur. Coquine elle prend la pose, une main posée sur un livre ouvert et l’autre derrière son fauteuil. Elle triche bien sûr, la main derrière, ça la redresse, lui donne un port de tête, une dignité de vieille dame. Et le livre… Moumoune est incapable de lire sans  ses lunettes ! L’été quand j’arrive elle a toujours un grand chapeau de paille, pour le soleil, l’ombre lui dessine un châle sur les épaules, elle ressemble à une jeune fille. Et ce large fauteuil en osier la ramène dans les DOM, là-bas, vers sa lointaine jeunesse. Les arbres taillés, les pelouses tondues du jardin la paniquent. Elle préfère quand la nature batifole avec les insectes, que les chiens courent dans l’herbe au lieu de se rouler en boule sur le gravier. Aujourd’hui Moumoune a une nouvelle à m’annoncer, ses yeux me fixent intensément. Le docteur a dit qu’elle peut partir, les îles c’est pour bientôt. Et comme j’ai promis de l’accompagner…

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 10:00

 

 

Chez Sherry cette semaine, le casse-tête est: inventions insolites, c'est pourquoi j'ai pensé à ces perchoirs.

 

 

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        Dois-je vous indiquer pourquoi on l’a créée

         Elle est là pour me plaire, me servir de repère

Elle est ma dulcinée, Eve, ma petite fée

Dans Venise égarée, si belle et solitaire 

 

 

 

 

Photo 063

 

 

Comment lui faire comprendre que ses ailes de géant

N’ont sur moi pas d’effet, ne peuvent m’impressionner

Là-haut, nul n’est plus fort, là-haut nul n’est plus grand

Qu’une mouette perchée, et prête  à s’envoler

 

 

 

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Elle se rend à Vérone, je me demande pourquoi

Son prince, son Roméo ne peut être que moi

Puisque sur ses épaules, elle m’a tout contre soi

Que va-t-elle donc chercher, quelle sorte d’émoi ?

 

 

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Il se trouve que parfois, nous ayons à guider

Ceux que la foi en Dieu mène en pèlerinage

Et que sur le chemin, nous soyons invités

Au bout de leur bâton, à supporter leur âge

 

 

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 08:00

 

" Le défi 86 vient de chez Hauteclaire : Il ou elle a disparu dans des circonstances étranges, tragiques, mystérieuses. L'histoire dit que ses jours se sont arrêtés, et que le livre est fermé.

Pourtant ....

Vous avez retrouvé un document, une archive, dans le fond de votre grenier, dans un rayonnage de bibliothèque poussiereux, et maintenant vous savez.

Vous savez que il ou elle n'a pas fini ses jours comme il a été dit, que tout n'a pas été dit, et que cette personne a vécu , ailleurs, dans le secret.

Il est temps de lever le voile, à vous de le faire ! De nous dire comment c'est arrivé et  ce que cette personne est devenue, après ..."

 

 

Elles sont parties en 1982.  C’est ce qu’on m’a dit. A quelques jours d’intervalle. Joëlle d’abord, le 15  mai, Romy ensuite  le 29. Et j’ai dû continuer avec ça, la perte de l’enfance, de l’adolescence, de l’insouciance. Elles m’ont laissée tomber. C’est ce que j’avais pensé au début, je leur en ai voulu, je n’avais plus de modèle. Joëlle la blonde, était ma grande sœur, elle avait la fraîcheur, la jeunesse et une voix superbe. Et elle lançait la mode dans les magazines, je copiais son look, écoutais ses conseils, fredonnais ses chansons. J’étais Pomme, allais faire un tour sous la pluie, le soir après dîner et souhaitais qu’un garçon rêve encore de moi.

 

Joëlle

 

Romy la brune, était La femme que je deviendrais. Belle solaire, digne, malgré les épreuves. Elle avait le charme juvénile de Sissi, était l’égérie des ferrailleurs, plongeait divinement dans la piscine, serait devenue ma banquière. Et j’aurais adoré bavarder d’histoires simples et des choses de la vie avec la passante du Sans Souci en dépit de ses blessures.

 

Romy


On m’a raconté des tas de choses pour les ternir à mes yeux, Romy buvait, Joëlle se droguait. Mais tout ça moi, je m’en fichais. Quand elles apparaissaient sur l’écran, au cinéma ou à la télévision, je me sentais belle et sûre de moi. J’étais en phase avec mon siècle et ma jeunesse. Tu peux comprendre, toi, qui adores Kristen Stewart et Rihanna. J'ai pour ma part un carré d'actrices françaises et quarantenaires aujourd'hui: Charlotte Gainsbourg, Julie Depardieu, Karine Viard, Emmanuelle Devos. J'apprécie leur jeu, mais aucune ne se détache. Parmi les jeunes chanteuses, il y a Zaz et Coeur de Pirate. Quels sont tes choix , toi qui as vingt ans …

Moi ces artistes, je les adorais. Pour me persuader de décrocher, on m’a indiqué leurs tombes, Joëlle à Montparnasse, Romy à Boissy-sans-Avoir. Et alors, ça ne signifie rien pour moi. Je n’ai même pas eu à mener d’enquête. La preuve, je les ai croisées au Deux Magots l’autre matin, devant un café et des croissants, au milieu d’une foule d’étrangers qui jouaient les intellectuels. Deux petites dames alertes, en jean et chemisier. Romy a 74 ans e Joëlle bientôt 60. Remarque, j’y ai bien aperçu Simone, Jean Paul et leurs amants respectifs. Mais je me suis installée à la table d’à côté, l’air de rien. Elles n’ont pas vu que je les avais reconnues. Elles ont coupé leurs cheveux, ont de la vie coincée dans les rides et un maquillage discret. Elles parlaient de l’école du spectacle qu’elles avaient ouverte et qui marchait fort. Elles avaient choisi de continuer dans ce monde-là, mais loin des tapis rouges. Je ne peux pas citer tous les comédiens, tous les chanteurs qu’elles ont formés. Ce serait trop long. Romy voulait passer la main, sa fille est d’accord pour reprendre paraît-il, et Joëlle cherche des sponsors pour lancer une ligne de vêtements. Elle a contacté H et M que ça intéresse en partenariat avec Olivia Ruiz . J’ai tendu l’oreille quand elles ont évoqué leur vie privée, il faut dire qu’en terrasse, sur le boulevard Saint Germain, ce n’est pas facile. Romy aimerait avoir des petits enfants, elle revoit Alain de temps en temps, et elle souhaiterait créer un musée Jean-Claude Brialy. Quand  à Joëlle, elle évoque Serge, son ancien compagnon du groupe «  Il était une fois », sans trémolo dans la voix. Elle reste en contact avec Laurent Voulzy qui sait parler de fleurs et d'amour avec des bulles, sur ses musiques, très travaillées. Calmes et sereines, elles sont. On m’a menti, je te dis.

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:41

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : nature insolite

 

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Poule et coq dans la baie d'Ha Long

 

Quel beau caquetage dans la baie

On ne s’entend même plus parler

A force de se bécoter

Ces deux- là vont  bien s’étrangler

 

 

 

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Un rocher insolite dans la baie d'Ha Long

 

Quand passe-muraille change de mur

Et qu’il préfère la nature

Pour ses nombreuses aventures

Il garde toujours ses chaussures

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 10:00

 

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Pour les textoésies de Suzâme : Secrets d'ange ou d'être, plume ou enclume...

...secrets d'enfance et de maturité.

 

Nous étions quatre collégiennes, onze ans à peine

Et souhaitions que, dans la classe, les autres nous aiment

Aujourd’hui on dirait : elles se croient populaires

Se font admirer, toujours prennent de grands airs

 

Nous avions inventé un code très secret

Aucune  ne  devait l’écrire, juste chuchoter

Programmant des réunions, nous faisions le point

Au cours des  récréations, sans aucun témoin

 

Les autres nous suppliaient de leur permettre

L’accès au cercle très fermé de nos « paraître »

Et nos moues d’hésitation, notre grande bêtise

Suscitaient des réflexions, de la convoitise

 

Mais comment révéler que derrière nos soupirs

S’engouffrait un trou béant ; l’art de ne rien dire

Etait une supercherie qui fut découverte

Ce secret était du vent sur une île déserte

 

Nous apprîmes à nos dépens grâce à ce caprice

Qu’un secret non dévoilé laisse des cicatrices

S’il ne peut être divulgué, doigté, prudence !

Le monde doit tout ignorer  de  sa présence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 10:00

 

Consignes de ABC pour son atelier d’écriture : commencer un texte par : « Au détour de» et le terminer par « Puisqu’il en a toujours été ainsi ! »

 

Au détour d’une visite dans  la Cathédrale Sainte Marie d’Auch, j’ai rencontré Claire. Elle me souriait du haut de ses vingt-deux ans. Je ne sais pas pourquoi je me suis arrêtée pour lui parler. Elle a six ans de plus que moi et je n’ai plus seize ans, je sais, c’est incompréhensible. Elle m’a accaparée. Dans le bon sens, je veux dire, elle a retenu mon attention. J’ai mis de côté ce pourquoi j’étais entrée, l’architecture d’une église, les vitraux, les statues, le sentiment de paix intérieure. Comme une grande sœur, Claire a passé son bras autour de mon cou, mais elle n’a rien dit. Elle  savait mon agacement, l’église et moi, ma réticence à  croire en l’Esprit Saint. Je suis froidement cartésienne, ne crois que ce que je vois. Et c’était elle que je regardais. Elle contait sa vie d’étudiante aux beaux-arts, ses travaux à l’institut Central de restauration de Rome. Une tenue sage, un regard de feu, des joues empourprées, elle ne laissait pas indifférent. Elle semait du bonheur comme d’autres du blé dans les champs. Parce que le blé apporte de la nourriture. C'était sa nourriture à elle, Claire, le bonheur, celui  qu’elle procurait, que l’autre ressentait. Le bonheur est une composante de l’Amour. L’église est le lieu de l’Amour. Je devais prendre le temps de comprendre ça. Si j’étais là, ce jour n’était pas anodin. Si je ne voyais pas grand-chose de cette magnifique Cathédrale, ça n’était pas grave. Ce qui importait était le temps passé avec elle, au cours de l'exposition qui lui est consacrée, alors qu’elle déroulait sous mes yeux les étapes de sa courte vie.

 

C Castelbajac

Claire de Castebajac 1953-1975

 

J’ai rencontré une jeune fille au regard habitéepar le Christ, malgré la maladie et les épreuves. Partie en 1975 elle aurait  eu cinquante-neuf ans aujourd’hui. Son visage franc, la détermination qui s’y affiche, la certitude d’avoir compris que sa jeune vie devait tendre à servir Dieu, m'ont fascinée. Je dois reconnaître qu’en sortant, le ciel m’a paru plus bleu, le soleil plus vif. Certains diront que tout ça c’est de la foutaise. Claire elle-même se moquait des bigotes. Mais la grâce n’est pas uniquement une question de foi. Il arrive que l’écrasant silence alentour devienne une clameur et qu’on s’arrête pour l’écouter. C’est de l’ordre de l’intime, ça ne s’explique pas, puisqu’il en a toujours été ainsi.

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:00

Cela commence dès la sortie de l’aéroport, dès que la route s’ouvre devant le car. La méthode n’est peut-être pas bonne, se projeter  à l’extérieur  quand l’extérieur se cogne aux vitres d’un bus climatisé. Le dépaysement, la plongée dans ce monde, autre, survient comme un décor de Noël. Surprise et émerveillement. Images et clichés  pour de vrai. Mitraillés comme les souvenirs bombardent la mémoire, en vrac. Et dans l’avion au retour, on trafiquera dans sa tête un discours, pour les amis. Les subtilités, les variantes, nord, centre, sud Vietnam, glisseront ensuite dans le récit. Comme  pour Jason Bourne, la mémoire de la peau se livre par saccades. Comme pour Jack Kérouac, l’urgence, la hâte de tout retenir, exister ce n’est que ça, voir, obligent à cogner les mots comme des glaçons dans un verre.

 

Sur la route, rizières noyées ou chevelues, étendues vertes à perte de vue, buffles, zébus, chapeaux coniques trottinant au milieu, véritables banquiers des trésors du pays.

 

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Ca et là, en plein champ, des tombes telles des pagodes miniatures, vous initient en douceur. Manger, vivre, mourir, c’est pareil. En ville dans la moiteur, lacs, pagodes et temples se racontent des légendes avec la grâce policée de l’Orient.  

 

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La pagode au pilier unique à Hanoï

 

Des scooters nombreux, anarchiques, quadrillent les rues comme des croisillons de pâte décorent une tarte.Visite des villes en cyclopousse, au plus près de l’effervescence, de la folie, au ras des camions. Plongée dans la marée toxique des gaz d’échappement. Des autochtones masqués, s’en prémunissent. Des filles se couvrent de la tête au pied, de peur que le soleil ne les noircisse. Ou  bien, dignes et droites elles conduisent leurs scooters comme de fiers destriers. Tiens, ces lycéennes toutes de blanc vêtues, dans le costume traditionnel, sont des papillons de jour à l’allure troublante. On peut aussi charger des paniers, des colis, des gâteaux, édifices périlleux, sortes de tours aveuglantes, et vogue le scooter !

 

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Sur les trottoirs on se restaure. Sièges en plastique, tables basses et soupe Pho, baguettes et vermicelles. On mange tout le temps, beaucoup de légumes et vite, on s’active. Ah la ligne svelte et légère des asiatiques ! La nourriture, nems, riz, poisson, poulet, porc, crêpes, liserons d’eau, champignons, soupe, noix de coco, fruit du dragon, jacquier, mangue…Tant de recettes, de raffinement, peu de graisses, exemplarité diététique.

Le colonialisme est prégnant, s’impose par ses bâtiments de couleur ocre, aux volets verts. Il ne lui reste que cette légitimité-là.

 

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Les marchés font leur folklore au ras du sol. Denrées périssables, viande ou poisson, on chasse les mouches avec des sacs plastiques. Odeurs fortes parfois rances, couleurs, confinement, caractéristiques.

 

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 Ces curieux paniers à balancier, les marchandises tanguent en leur creux. Flottants, dans la lumière étonnante du matin, les marchés du Delta du Mékong, petites villes sur l’eau, charrient pastèques, bananes et patates douces.

La baie D’Ha Long. Paysage grandiose de monts fracassés par la queue d’un dragon irrité. Désordre paisible, colère placide.  Mer verte, rochers couverts de végétation et chauves par endroits, bateaux, villages de pêcheurs, roches aux formes évocatrices, chien, poule, coq, chaussures.

 

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La campagne. Cours d’eau émeraude,  camaïeu d’une verdure luxuriante, fleurs de lotus, nénuphars, papillons noirs, œufs d’escargot, libellules, bourdonnement d’insectes, cris de singes, et au loin des chèvres perchées dans les montagnes, des orchidées pleurant sur leurs flancs.

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C’est l’abord, ce qui reste en premier. Avant l’étude du Feng Shui, du culte de Boudha,  des ancêtres Chams, du communisme D’Ho Chi Min, des guerres d’Indochine et du Vietnam, et du Sadec de Marguerite Duras. Avant d’évoquer Vietminhs et vietcongs. Mais je retiens  surtout, une attitude, une coutume, un comportement ancestral, paysan, digne. Le vietnamien est un homme accroupi.

 

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Ainsi il entretient ses rizières, vend ses légumes, mange la soupe, se poste le soir sur le seuil de sa maison étroite, prie son Dieu. Il est pauvre souvent, vit dans des cabanes en tôle parfois ; son humilité est sa grandeur. Au sol, à terre, sous un ciel souvent bas et gris, il allume un bâton d’encens dont la fumée lui permet de communiquer avec Lui, Tout Puissant, au firmament.

 

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