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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 10:00

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est: rêve.

 

 

Une ville la nuit, c’est peut-être beau mais sortez, quittez le macadam et prenez l’autoroute. Vous verrez, les panneaux, les pylônes ont l’air de monstres grimaçants. Les arbres sont  des squelettes décharnés, les bandes d’arrêt d’urgence des cadavres séchés étendus au bord de la route. Les voitures forment des haies spectrales et une odeur de terre fraîchement remuée évoque le cimetière.

 

 

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Rouler ainsi sous la pluie avec des trombes d’eau qui obscurcissent la vue, devient périlleux, angoissant. Mes roues chassent et l’automobiliste devant moi ralentit, je le devine au halo blafard au niveau des phares. J’essaie d’écouter la radio mais 107.7 est désespérément brouillé. Le vent a des bourrasques cinglantes, ce sont des rideaux de pluie qui s’abattent sur la voiture comme si quelqu’un tentait de m’aveugler en jetant un drap sur mes vitres. Un hululement troue la nuit… Dans ma tête probablement. J’aperçois au loin un  camion de travaux publics. Son œil  orange de cyclope se rapproche, menaçant. Et l’étroit parcours balisé qui mène à lui, oblige à la prudence. J’allume mes feux clignotants, et observe mon suiveur dans le rétroviseur. Il ne semble pas avoir compris, ne réduit pas sa vitesse, on dirait un hanneton bourdonnant comme pour butiner. Mais je rêve ! Il va me rentrer dedans… 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 08:00

 

La première fois que je l’avais rencontré il m’était apparu comme un grand chef de tribu vêtu à l’européenne. Des tamtams résonnaient dans ma tête et des chants guerriers, un panache de fumée m’embrumait l’esprit. Il était debout devant le fauteuil directorial comme devant un trône, face à la foule. Je me représentais son  couvre chef, un képi imposant, et des galons dorés  à sa veste rouge. Il ne manquait que la haie des gardes, l’alignement des sagaies, le sol rouge et poussiéreux. En guise de porte étendards, les délégués du personnel, à l’étroit dans leurs costumes, se tenaient face à direction. Ils remerciaient le patron venu fêter le nouvel an avec eux : « Monsieur le directeur, c’est un plaisir de vous avoir parmi nous.

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- Mon épouse me demande tout le temps de vos nouvelles…

- Vous voyez, je me sens si bien dans l’entreprise que j’y ai fait rentrer mon fils… »

Il regardait devant lui, fixant la porte de la salle de réunion sans ciller. Il toisait chaque arrivant, risquait un sourire, un regard oblique ou admirait le plafond.

 

A sa gauche, se tenait le conseil des sages, les ingénieurs, juristes, commerciaux. Et peut-être des  mages aux paroles sibyllines, des astrologues et leurs prophéties inquiétantes, je ne connaissais pas encore tout le personnel.

Je me trouvais au milieu des sages, et je sentais le regard du chef posé sur moi, curieusement glacial et complice. Il avait refusé de répondre à mon salut à l’entrée. Nous n’avions pas échangé de poignée de main. Il me pistait à la manière d’un  tigre gonflant le poil, sortant ses griffes et dressant l’oreille pour effrayer un jeune mâle fougueux. La salle était surchauffée, j’avais les mains moites et mon col de chemise me démangeait.  Je me sentais malade tel un occidental au milieu des peuplades indigènes, incommodé par le climat, atteint de paludisme ou ayant abusé du vin de palme.

 

images--27-.jpgLa popularité du chef était immense, intacte.

Il avait une cinquantaine d’années, un visage fin, encore ferme, des lèvres petites mais pleines. Son nez était légèrement retroussé, piqué de taches de rousseur. Ses yeux verts, très rapprochés, avaient la transparence de la gelée. Lorsqu’il braquait sur vous ses longs cils et fronçait ses sourcils broussailleux, il vous crucifiait sur place. Il était grand, mince, d’allure sportive, large d’épaule, parlait peu et ne se déplaçait pas. Nous devions venir à lui comme des enfants auxquels il tapotait la tête avec indulgence. Son regard mobile, expressif, perforant, fouillait nos cerveaux comme pour dire : QUI M’AIME ME SUIVE ! J’avais le sentiment d’être un singe  vivant, décalotté, à qui l’on mangeait l’intelligence à même le crâne, comme cela se pratique dans certains pays, paraît-il.

 

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Ceci répondait aux consignes de LENAIG:

A partir du mot "couvre-chef," écrire ce que l'on veut. Une seule condition inclure: QUI M'AIME ME SUIVE! dans le texte.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : tournez manège !

 

Il est parfait. Coloré et bien rempli il attrape de petites mains avides qui se collent à lui comme des mouches. Et tandis que les parents attendent des médicaments,  quelle horreur, à part le sirop à la framboise, tout est dégoûtant, les bambins ouvrent des yeux comme des soucoupes et sautillent autour du présentoir.  Il y a ceux qui osent, je prends ce qui me plait, je défais le papier,  une lichette rapide et… maman est obligée de payer. Il y a ceux qui tripotent,  regardent  maman, tripotent à nouveau et … ça ne va plus loin. Certains demandent la permission.  Quelquefois c’est oui, quelquefois c’est non, ça dépend comment elle est lunée maman. Certains déboulent comme des flèches vers les sucettes comme si un aimant puissant intergalactique les capturait. Ceux-là, en général, ont la démarche du vainqueur. C’est paradoxal, ils ne sont pas envoûtés comme on pourrait le croire, ce présentoir-là, ils vont se le faire. Personne ne se mettra sur leur passage, alors ils tapent du pied et pleurent. J’en ai vu qui se roulent par terre. Souvent ça marche. Ce qu’il faut, c’est f….. la honte aux parents. Si tu as compris ça, tu es dans le vrai mon gars.

 

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Je dois raconter. Là-dedans c’est tout plein de sucettes sans sucre, avec tout plein de parfums. Même que les meilleures, celles qui partent le plus vite sont au coca et à la framboise. Et la dame de la pharmacie, elle veille au grain, elle en remet tout le temps. C’est une brave femme qui aime les enfants : sans sucre, pas de carie ! La sucette chez le pharmacien, ça devrait être systématique. Je ne vois pas ce qui gêne maman. Elle nous en fait tout un manège chaque fois ! 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 21:30

 

Puisque Cathiechris m’a taguée, je me dévoue.

 

 

A quoi sert un tag ?

A faire parler les bavards.

 

Ton programme de la journée à part bloguer.

Bosser, nager, préparer des petits plats pour ma famille et les petits copains de mes enfants qui squattent souvent à la maison.

 

La mode de la moustache revient, qu’en penses-tu ?

J’ai un ami à qui ça va très bien mais pour mon homme je préfère sans.

 

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Plutôt lunettes, lentilles ou rien ?

Ca a varié avec l’âge : autrefois rien puis lentilles. Aujourd’hui lunettes.

 

Vernis adhésif pour les ongles, tu connais ?

Non, je ne demande qu’à apprendre.

 

 

Tu écris ton blog en direct ou tu réfléchis longtemps et tu notes tes idées sur un petit cahier?

Souvent en direct et selon l’impulsion du moment. Pour certains textes, je vais puiser dans mes écrits antérieurs car j’ai participé à des ateliers d’écriture.


Quand tu prends une photo, tu penses à quoi ?

Que je sais merveilleusement capter l’instant et que j’ai un talent fou.  Non je plaisante, quand je prends une photo, c’est pour prendre le bateau, la maison ou le monsieur là en face, tout bêtement.

 


Si tu devais m’écrire une lettre ou un poème tu m’écrirais quoi ?

J’hésiterais entre copier  Baudelaire ou Verhaeren, ou délirer  comme j’aime le faire. Ca commencerait par «  O toi mon aminaute ! », et finirait par  « O moi ton aminaute ! »

 

Tu as prévu un bon repas pour la Saint Valentin ?

Ce jour-là, c’était coquilles Saint Jacques sur lit de poireau.

 

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Si tu devais acheter quelque chose là maintenant ce serait quoi ?

Une robe de printemps toute légère qui s’arrêterait juste au- dessus du genou.

 

 

Tu pars en vacances où et quand ?

Fin février : à Toulouse, au mois de mai : à Madrid.

 

 

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 10:00

Ah cette manie qu’on a en province, de toujours vous demander d’où vous venez ! On vous épingle sitôt qu’on vous aborde. On vous répertorie,  on vous classe. Et le ton qu’on prend quand on sait que vous êtes de la capitale, tient de l’admiration parfois mais le plus souvent, de l’ironie ou de la condescendance. On a besoin de se rassurer, on est mieux dans son patelin qu’à Paris. On respire, on se parle, on prend le temps. Rien ne vaut la nature et le calme, rien ne vaut d’écouter passer les jours.

 

 A Paris, personne ne pose de question, peu importent les origines.  Tu existes puisque tu es là. Tu portes un costume, une djellaba ou un boubou, et tout le monde le voit bien. Tu affiches tes origines, tu revêts  « le dress » code social. Tu te fonds dans la masse comme une ombre. Et tu marches et tu cours. Personne ne t’arrêtes, ne t’entraves. Paris n’est pas New York où rien ne surprend. Si tu hurles, si tu gigotes,  si  tu chantes à tue-tête, quelqu’un se retournera, te regardera l’air surpris, puis poursuivra sa route. On ne va pas tout simplement t’ignorer, ne pas te voir. Mais si je réfléchis bien, à Paris on se fout un peu de toi, tu n’intéresses personne réellement. Les regards sont lisses, tu es un fantôme. A moins d’avoir su recréer, dans ton quartier, un coin de province, ou l’on papote, ou l’on échange, ou l’on se parle. Et que lorsque survient un étranger, tu saches dire : tu viens d’où toi ?

 

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Je parle de Paris, j'écris, mais j'écoute les infos aussi. Je ferais mieux d’évoquer les grandes villes toutes, et de l’indifférence qui les caractérise. Quand je pense qu’un homme est mort à Strasbourg, il y a trois ans dans une tour, et qu’aujourd’hui seulement, quelqu’un s’en est aperçu.

  

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 10:00








Selon le thème puisé dans l'atelier d'écriture de PSYCHOLOGIES.COM: écrire une lettre d'amour, réelle ou fictive, à son chéri sans la lettre M dans le texte.


Si notre passion n'est plus qu'un souvenir
Si de nos ébats s'est enfui le désir,
Si soudain que soit ton besoin de partir
T'éparpiller, respirer, t'étourdir
T'évader, t'envoler, loin de nous rebâtir,
Des illusions d'ailleurs épuiser les soupirs;
Tu sais au fond qu'un jour surgiront les regrets
De nos querelles absurdes, de nos jeunes années;
Ton coeur dans ta poitrine saura très fort cogner
Tu te surpasseras, tu viendras rechercher
Celle en qui résonnaient tes paroles d'éternité
Et qui, si la vie n'a pas tout balayé
Acceptera peut-être de te laisser creuser
Une place, une digue, un fossé,
Au tréfond de son être par toi disloqué.
   
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:15

 

 

 

 

 

 

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(Clin d'oeil à Capucine, sur la notion d'émotion et de plaisir.)

 

Agrandissant le trou dans le grillage, je pénétrai dans la propriété comme si c’était normal, comme si j’étais attendue. Sans complexe, je brisai les branches qui entravaient mon avancée. Je  coupai les orties hautes. Je marchais lentement, dérapant sur le sol moussu et la terre recouverte de buis séché. C’était l’automne, les tilleuls perdaient leurs feuilles. Les pins et le buis avaient un feuillage dense et verdoyant soumis aux caprices du vent dont le chant imitait les oiseaux. Je m’aventurai sous une voûte enténébrée de fougères géantes. Leurs feuillages mêlés et retombants ouvraient un passage. Au loin je repérai une clairière. Elle brillait d’une lumière aveuglante et chaude comme du miel bouillonnant dans un chaudron. Je forçai l’allure et trébuchai sur des pommes de pin et des cailloux, me cramponnai aux branchages. Mes gants usés étaient une piètre protection. Mes mains étaient glacées et écorchées. Ce long tunnel exacerbait les odeurs : fientes et crottes d’animaux, essence de pin, parfum douceâtre du tilleul. Au centre de la clairière, le tronc  d’un arbre abattu recouvert d’une nappe de lierre, figurait un autel. Le sol était jonché de ramures duveteuses et dorées. Le soleil pétillait de poussières comme le champagne de bulles. Je fis le vide dans ma tête. J’eus de nouveau la certitude de vivre.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 14:50

J’avais trouvé du thé vert  et des biscuits dans un placard et subitement, eu  le désir de déguster un thé à la menthe. Je voulais goûter, apprécier cette soirée, la savourer. J’avais déjà assisté au cérémonial du thé, tel qu’il se pratique dans le djebel aux environs de Chaouen au Maroc. Un plateau de cuivre sur une table basse, de petits verres alignés, des gâteau au miel et aux amandes, et en fond sonore, une musique andalouse diffusée par un orchestre «Djebli ». L’homme qui remplissait les verres, avait des mouvements lents de va et vient. Ses gestes avaient quelque chose de net, lumineux. Plus je le regardais, plus j’avais l’impression de le voir au travers de jumelles après une longue mise au point. Et je ressentais alors le bienfait, la grâce d’une minute hors du temps.

 

 

 

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J’avais coupé quelques feuilles de menthe dans le jardin, en retrait de la bordure prisée des chats. Ma lampe traçait des voûtes et des ogives dans la nuit. Elle matérialisait la poussière et les insectes qui me rappelaient toutes ces particules en suspension dans ma tête. Je rinçai les feuilles et les fis infuser dans de l’eau bouillante en ajoutant le thé. Je fermai les yeux tandis que le liquide brûlant descendait dans ma gorge comme un nectar. J’étais de nouveau là-bas.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:00

 

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : A l’envers.

 

Alors là, ça m’a fait bondir. Parce qu’un sujet aussi personnel, aussi intime, fallait oser. Me demander quel effet ça fait d’être associée à une culotte, et me le demander comme ça, de but en blanc, c’était risqué. J’ai donc cherché en moi, au plus profond, en quoi consistait ma douleur. Pourquoi ce bouleversement tellurique dès qu’on aborde la question du retournement. Ca ne vient pas d’une enfance dramatique ou d’horreurs vécues à l’adolescence et enfouies dans d’obscures régions de mon cerveau. Ca ne m’évoque pas non plus un conflit au travail ou en famille. Cela vient-il de vous mes aminautes ? Est-ce que j’ai un problème avec vos commentaires tous plus amicaux et encourageants les uns que les autres ? Quand même pas !

 

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Seulement voilà, à l’envers chez moi, ça déclenche une petite sonnette. Comme une décharge, j’ai un sursaut. Parce que mon nom d’épouse c’est DECO… et non DAGO… BERT. Eh oui, riez, je vois bien que vous avez compris. Quand je l’épelle, on me demande si c’est en un ou deux mots. Comme si j’avais une tête à particule ! Quand on l’écrit, parce que j’ai dit : comme ça se prononce,  ça donne DEGOBERT ou DAGOBERT le plus souvent.  

Nous y sommes, le bon roi pointe son nez. Et avec lui, les plaisanteries douteuses du genre : tu as fait attention en t’habillant ce matin ? Qu’as-tu fait du bon Saint Eloi ? Mais ce nom là je l’ai emprunté, je ne suis pas née avec, j’ai donc appris à réagir. Et le plus souvent quand on me questionne je réponds : je ne porte pas de culotte !

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:34

Ils étaient déjà dans la rame lorsque je suis entrée. Mes oreilles ont bourdonné aussitôt, j’étais comme assaillie, assourdie. Ambiance de boite de nuit, personne n’écoutait vraiment personne, tout le monde gesticulait, piaillait, piaffait. Et ça tournait, sautait, levait les bras en l’air. Des bonnets, virevoltant comme des parapluies aperçus depuis le toit d’un immeuble. Des taches de couleur balancées mais impossible de voir dessous au premier abord.  Les accompagnateurs, des instituteurs je suppose, accrochés à la rambarde, bavardaient entre eux. Comme si depuis le temps, ils avaient trouvé une méthode pour converser en toute quiétude, un moyen de placer un écran entre eux et la classe sans perdre le contrôle.


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Alors toi tu habites à Belleville ?

Oh oui, c’est un quartier vraiment super et on y mange pour trois fois rien. Je connais un vietnamien, je te donnerai l’adresse.

Ca ne m’étonne pas, tu dois payer le repas au prix de l’entrée dans mon quartier. Allez les enfants, préparez-vous, on descend, à la prochaine.

Oh tu dois avoir raison, les quartiers de Paris sont tellement disparates. Hervé, cesse d’essuyer la vitre avec tes gants.

Lilou, s’il te plaît, écarte-toi et laisse passer la dame. Pour le resto, c’est quand tu veux.

 

Je me suis tournée vers les enfants, examinant leurs petits visages furtifs aux yeux brillants. Ils se tortillaient comme des anguilles sous mon regard, trifouillant  dans leur nez avec leur doigt. Les filles jouaient de la queue de cheval comme des danseurs marocains de leur fez. Elles restaient groupées entre elles, elles avaient tant de choses importantes à dire, tant de mimiques de starlettes à adopter. Les garçons se dispersaient, collaient leur museau contre les vitres ou sous le journal des voyageurs.

Tout ce petit monde est descendu, s’est déversé d’un seul coup comme l’eau d’un torrent. Et le silence s’est abattu sur nous, les voyageurs, qui nous sommes regardés, hagards, un peu perdus. Comme des personnages de bande dessinée, tout juste ébauchés, et auxquels il manque les bulles et les couleurs.

 

 

 

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