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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 10:00

Elle a quatre-vingt ans et lui quatre -vingt-trois.  Et c’est tout, je l’annonce comme ça au départ, mais oubliez, ça n’a aucune importance. Au troisième verre de whisky pour lui, et après un petit muscat pour elle, les années s’envolent. Ils évoquent d’abord leurs petites misères actuelles, pour elle de l’asthme et de l’insomnie. Pour lui, un cœur qui s’emballe parfois et sa prochaine opération des phalanges. C’est une mise en bouche, un truc pour nous endormir et nous faire croire qu’ils sont vieux. Ils espèrent qu’au troisième verre, nous serons détendus, et puisqu’ils auront perdu trente ans, nous saurons nous comporter en ados facétieux du haut de nos cinquante printemps.

Alors ils nous assènent leur voyage par le transsibérien en 81 avant de rejoindre Kyoto. Les cinq fuseaux horaires traversés en une semaine, avec pour conséquence d’arriver toujours en retard au wagon restaurant, quand il ne restait plus rien à manger. Ils évoquent les voyages en classe molle à préférer aux classes dures au milieu des russes et de leurs pots d’aisance. Et ils rient aux éclats, rougissent, alcool et asthme aidant. Puis ils se taquinent, je t’ai dit que c’était avant d’arriver à la frontière. Mais non tu te trompes c’est après. Oh et puis, pense ce que tu veux, je me tais. Ensuite ils évoquent Bangkok et ses marchés flottants, Bali et ses rizières, Tonkin et ses… Lui a un petit œil coquin, il y a prescription, c’était avant que je la rencontre. Et tout y passe, Alger, Francfort, Vienne, Cork…

Et hop, elle repart en 55 quand elle accouché de sa fille, en même temps que Gréco affirme-t-elle. Evoque sa deuxième grossesse puis la naissance du fils. Comme si c’était hier, comme si elle sortait tout juste de la maternité. Lui reparle de l’Indochine avec la voix de ses dix-neuf ans.

 

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Et hop, on passe à hier, quand les cousins de Paris sont venus pour le déjeuner, puis le petit-fils et sa femme avec leurs enfants pour le goûter. Et avant-hier, ils attendaient leur gendre à midi avec son fils, mais la petite -fille est arrivée à l’improviste avec une copine. Alors on ajouté une rallonge, fait cuire  des pâtes. Et l’autre petit-fils s’est invité, on a placé une chaise supplémentaire, et augmenté la ration de pâtes. Nouvel éclat de rires, elle se lève va chercher ses photos du réveillon, celle-ci regarde, je porte une perruque violette et C. a la banane d’Elvis. Elle repart, j’ai fait des toasts avec de la tapenade, mais non c’est rien, mangez !

Tout à coup elle s’arrête. Ils nous regardent tous les deux. Silence. Oh vous avez l’air fatigués. On ne veut pas vous chasser mais, vous avez sommeil. Alors, vous reviendrez ! C’est dommage, nous aurions dû vous inviter pour un vrai repas, demain midi, ça vous va ?

 

 

Ils n’auront jamais quatre-vingt ans, mais la cinquantaine s’agrippe à nous en une reptation subtile. Quoique, en sortant de chez eux… Si on allait en boîte ?

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 11:12

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : Lumière

 

Au cours de ma promenade dans le Tarn cette semaine j’ai pu visiter deux villages classés" Plus beaux villages de France". A Castelneau de Montmiral et à Puycelsi, en cette fin février la lumière est doublement magique. Le printemps approche et les jours s’étirent sur les pierres comme  le temps. Les touristes ne sont pas encore là, les hôteliers et les restaurateurs sont en vacances, et l’après-midi s’endort avec les chats. On entend le vent siffler dans les ruelles, des pigeons roucoulent et entrechoquent leurs ailes. Leur vacarme est si fort que l’on croirait  entendre  battre des tapis. Des tourterelles les accompagnent joyeusement. Une cheminée fume quelque part. C’est alors que cette lumière s’impose juste avant que le soleil n’enflamme le ciel, comme si l’on avait figé  l’ombre sur le cadran solaire de la mairie.

 

 

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A Puycelsi, Je vois se faufiler Manon dans sa longue robe et ses sabots, elle se hâte vers son logis. Sur le fronton des  portes, on a gravé la date d’édification du bâtiment, au XVIIIème ou XIXème siècle. J’aperçois une télévision à travers des rideaux, il y un nom écrit sur une boite aux lettres : Mr et Mme D… Manon s’est évanouie derrière un pied de vigne emportant sa lumière avec elle.

 

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Sur la place des arcades, à Castelneau, un soleil timide  s’exerce  à chauffer les pavés, Louison danse avec lui, un instant puis elle se dirige vers l’église et son reliquaire, ses sabots résonnent dans l’allée humide, et ses pas se perdent devant l’autel.  La voûte toute décorée à la main a absorbé sa lumière.

 

 

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Des bâtiments en torchis, des  portes ouvragées, des volets mangés par l’âge et clos pour la plupart, des enseignes d’autrefois mêlées aux panneaux des artisans peintres ou potiers d’aujourd’hui, des ruelles sombres et étroites, ces deux villages surplombant la vallée, et où les voitures peinent à s’aventurer, ont les siècles pour lumière. S’y promener en cette saison, c’est en revêtir les habits.

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:00

 

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La pente qui menait à l’église était encombrée de voitures. Le tintement des cloches et les traînées des pas sur le gravier m’assourdissaient. Des groupes descendaient en discutant à voix basse, les hommes fermaient leurs manteaux et pressaient le pas. Les femmes tenaient leurs chapeaux.

L’église était un bel édifice, d’architecture gothique. Elle se délabrait faute de subventions. Elle avait été belle et blanche, le temps avait jauni sa base, noirci ses arc boutants. Les contreforts et les statues étaient poncés par les intempéries. Les vitraux brisés pour la plupart, avaient été comblés de verre inerte comme l’œil d’un borgne. La façade principale donnait le dos à la rue et s’ouvrait sur le cimetière qui faisait le tour du bâtiment. Les marches se couvraient de fleurs que le vent arrachait aux couronnes. Alors que le prêtre réconfortait les proches effondrés devant une motte de terre, je regardais la porte en bois plein et qui semblait neuve. J’aimais les portes massives des églises. J’aimais me réfugier dans  leurs encoignures, contre les murs, ou agripper leur anneau de fer, leur poignée, s’il y en avait une, quand vivre me paraissait une corvée. Malheureusement, dans mon quartier la porte de l’église était en verre et bougonnait au vent comme une corne de brume, ce qui m’exaspérait.

 

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J’avais de la chance, si on peut appeler chance le fait d’arriver par hasard, au cours d’un enterrement. Dans les campagnes, les églises n’ouvrent qu’en peu d’occasions : le dimanche, jour de messe, et pour les mariages, les baptêmes, les enterrements. Difficile de s’y rendre spontanément, de s’offrir une minute de paix quand le besoin s’en fait sentir. Ce jour-là, l’église était ouverte, je pouvais entrer. Sous l’odeur d’encens, de bougie et l’arôme persistant des fleurs, je percevais un relent aigre de vieilles pierres. L’air confiné avait été réchauffé par deux poêles situés dans la nef, le temps de la cérémonie. Je n’étais pas pratiquante, pas  même croyante et pourtant je priais Dieu souvent. J’inventais mes prières dans les églises parce qu’on m’y avait habituée. J’éprouvais toujours un sentiment d’apaisement, quand je m’agenouillais au premier rang devant l’autel. Je croisai les mains sous le menton et examinai la nappe immaculée, le calice, les bougeoirs rutilants. J’observai les lys offrant leurs marteaux de pollen. Le silence donnait vie aux choses, je n’étais pas seule.

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:00

 

ATTENTION CECI EST UNE PURE FICTION ! C’est un extrait d’un court roman que j’ai écrit il y a quelques années.

 

La  villa avait été le cloître de mon enfance érémitique. Je me remémorais la maison délabrée aux allées en béton, le carré de gazon où l’on installait ma piscine en plastique. L’eau claire des premiers jours faisait place à une pellicule d’insectes morts, de feuilles et de fleurs en décomposition sans que personne ne songe à la changer, malgré les rougeurs et les boutons qui me couvraient le corps. Il y avait la course d’un lézard au soleil le long d’un mur au crépi fendillé, la table de ping -pong sans  les balles que l’on m’avait confisquées  car  je les perdais toutes, les raquettes inutiles. Il y avait un vélo au sous-sol mais je n’avais pas le droit de sortir et personne ne voulait m’accompagner en promenade. Il y avait aussi les rosiers sauvages aux fleurs outrageusement ouvertes, au parfum sucré, écœurant qui me faisaient  pourtant saliver car elles m’évoquaient des gâteaux orientaux. Je me souvenais d’un pied de romarin qui fleurait bon la garrigue, d’un nain de jardin qui ronchonnait avec bonhomie et auquel je lisais des bandes dessinées.

 

 

 

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C’était le seul endroit où je pouvais me blinder. J’y éprouvais une paix, une sensation extraordinaire de temps hors du temps,  de bonheur suspendu. J’avais l’impression d’évoluer en dehors de moi, de délayer ce qui me fait souffrir, et de me créer un quotidien supportable. J’y oubliais que non seulement mes parents avaient leur monde et leurs projets dont j’étais exclu sauf lorsque je devenais l’objet de leurs chantages, mais qu’ils ne permettaient pas que je recherche la compagnie d’autres personnes, la présence d’amis authentiques, une vraie qualité d’échange.


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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:00

Mes pas tassaient les feuilles multicolores dans un crépitement de friture. Pourtant je crus qu’absorbée par sa peinture, la jeune femme devant la maison ne m’avait pas entendu arriver. Je me glissai à plat ventre derrière la bâche de la piscine pour l’observer tout à loisir. Elle portait une blouse ample à carreaux noirs et blancs, avec un col Claudine et des manches ballon. Je  pouvais enfin la contempler longuement. Elle avait un pinceau dans une main, sa palette dans l’autre. Elle semait des pigments sur la toile, croquait des arbres et leurs feuilles clignotantes, des nuages imbibés de caramel comme si quelqu’un là-haut faisait fondre du sucre au soleil. Elle les clouait avant qu’ils n’emportent leur secret de lumière. Elle avait un coup de pinceau large et précis, rapide, ne s’attardait guère, remplissait la toile dans sa hâte de tout capter, tout saisir. Elle s’interrompit un moment, recula.

 

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Elle enveloppa du regard le jardin devant elle, le portail  forgé en arc de cercle, les noisetiers autour. Elle avait esquissé sur la toile un héron de pierre perché sur un socle circulaire entouré d’un grillage. Il se tenait à sa gauche dans l’herbe, les pattes jointes et droites, l’œil vide, le bec dressé à la verticale du corps. Elle effleura d’un œil distrait, la terrasse et le perron de la maison à sa droite. Puis elle se remit à emprisonner des couleurs sur son carré blanc. 

 

 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 10:00

Il avait choisi  un endroit singulier. Un hall de gare immense, une sorte de réfectoire d’usine, clinquant et branché. Des tables rapprochées, des conversations jacassières et véhémentes. Les sièges, les colonnes disséminées ici et là, le bar, les plateaux, et même la pancarte des toilettes étaient en acier et luisaient d’un vernis froid et métallique. Autrefois au cours de la soirée, les fumées des cigarettes s’y seraient enroulées. Elles  en auraient terni l’éclat, auraient comblé la salle. Chacun n’aurait distingué que ses proches voisins. Ce qui ne m’aurait pas déplu. Car ce beau monde, des couples majoritairement ou des messieurs seuls à la recherche de décolletés avantageux, transpirait la bourgeoisie parisienne. Un lac sans reflets, un miroir sans teint.

 

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Ca n'est pas mon héroïne bien sûr, elle est plus rigolotte!

 

 

Je détournai mon regard vers  une cliente esseulée, à la table contiguë de la nôtre. Elle avait l’air d’une Esmeralda abandonnée de son Phoebus. Je détaillai ses cheveux noirs à ressorts, les anneaux argentés à ses oreilles, son chemisier moulant au col en fourrure, sa jupe longue et ses bottes raclant le carrelage. Un coup d’œil à sa montre, à son portable dans le sac, elle commanda un verre pour patienter, composa son menu sur la carte, mais je ne suis pas seule, il va arriver, ne faites pas marcher la commande, encore un moment s’il vous plaît. Se pencha à la fenêtre, le cou tendu ainsi qu’une ride à sa joue. Sourit, traça des moulinets avec les mains, se cala sur sa chaise, posa les deux poings sur la table, se redressa, jeta un regard circulaire dans la salle et me dévisagea d’un sourire qui ne m’était pas adressé. Ah, enfin, le voilà !

 

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 10:00

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est: rêve.

 

 

Une ville la nuit, c’est peut-être beau mais sortez, quittez le macadam et prenez l’autoroute. Vous verrez, les panneaux, les pylônes ont l’air de monstres grimaçants. Les arbres sont  des squelettes décharnés, les bandes d’arrêt d’urgence des cadavres séchés étendus au bord de la route. Les voitures forment des haies spectrales et une odeur de terre fraîchement remuée évoque le cimetière.

 

 

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Rouler ainsi sous la pluie avec des trombes d’eau qui obscurcissent la vue, devient périlleux, angoissant. Mes roues chassent et l’automobiliste devant moi ralentit, je le devine au halo blafard au niveau des phares. J’essaie d’écouter la radio mais 107.7 est désespérément brouillé. Le vent a des bourrasques cinglantes, ce sont des rideaux de pluie qui s’abattent sur la voiture comme si quelqu’un tentait de m’aveugler en jetant un drap sur mes vitres. Un hululement troue la nuit… Dans ma tête probablement. J’aperçois au loin un  camion de travaux publics. Son œil  orange de cyclope se rapproche, menaçant. Et l’étroit parcours balisé qui mène à lui, oblige à la prudence. J’allume mes feux clignotants, et observe mon suiveur dans le rétroviseur. Il ne semble pas avoir compris, ne réduit pas sa vitesse, on dirait un hanneton bourdonnant comme pour butiner. Mais je rêve ! Il va me rentrer dedans… 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 08:00

 

La première fois que je l’avais rencontré il m’était apparu comme un grand chef de tribu vêtu à l’européenne. Des tamtams résonnaient dans ma tête et des chants guerriers, un panache de fumée m’embrumait l’esprit. Il était debout devant le fauteuil directorial comme devant un trône, face à la foule. Je me représentais son  couvre chef, un képi imposant, et des galons dorés  à sa veste rouge. Il ne manquait que la haie des gardes, l’alignement des sagaies, le sol rouge et poussiéreux. En guise de porte étendards, les délégués du personnel, à l’étroit dans leurs costumes, se tenaient face à direction. Ils remerciaient le patron venu fêter le nouvel an avec eux : « Monsieur le directeur, c’est un plaisir de vous avoir parmi nous.

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- Mon épouse me demande tout le temps de vos nouvelles…

- Vous voyez, je me sens si bien dans l’entreprise que j’y ai fait rentrer mon fils… »

Il regardait devant lui, fixant la porte de la salle de réunion sans ciller. Il toisait chaque arrivant, risquait un sourire, un regard oblique ou admirait le plafond.

 

A sa gauche, se tenait le conseil des sages, les ingénieurs, juristes, commerciaux. Et peut-être des  mages aux paroles sibyllines, des astrologues et leurs prophéties inquiétantes, je ne connaissais pas encore tout le personnel.

Je me trouvais au milieu des sages, et je sentais le regard du chef posé sur moi, curieusement glacial et complice. Il avait refusé de répondre à mon salut à l’entrée. Nous n’avions pas échangé de poignée de main. Il me pistait à la manière d’un  tigre gonflant le poil, sortant ses griffes et dressant l’oreille pour effrayer un jeune mâle fougueux. La salle était surchauffée, j’avais les mains moites et mon col de chemise me démangeait.  Je me sentais malade tel un occidental au milieu des peuplades indigènes, incommodé par le climat, atteint de paludisme ou ayant abusé du vin de palme.

 

images--27-.jpgLa popularité du chef était immense, intacte.

Il avait une cinquantaine d’années, un visage fin, encore ferme, des lèvres petites mais pleines. Son nez était légèrement retroussé, piqué de taches de rousseur. Ses yeux verts, très rapprochés, avaient la transparence de la gelée. Lorsqu’il braquait sur vous ses longs cils et fronçait ses sourcils broussailleux, il vous crucifiait sur place. Il était grand, mince, d’allure sportive, large d’épaule, parlait peu et ne se déplaçait pas. Nous devions venir à lui comme des enfants auxquels il tapotait la tête avec indulgence. Son regard mobile, expressif, perforant, fouillait nos cerveaux comme pour dire : QUI M’AIME ME SUIVE ! J’avais le sentiment d’être un singe  vivant, décalotté, à qui l’on mangeait l’intelligence à même le crâne, comme cela se pratique dans certains pays, paraît-il.

 

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Ceci répondait aux consignes de LENAIG:

A partir du mot "couvre-chef," écrire ce que l'on veut. Une seule condition inclure: QUI M'AIME ME SUIVE! dans le texte.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : tournez manège !

 

Il est parfait. Coloré et bien rempli il attrape de petites mains avides qui se collent à lui comme des mouches. Et tandis que les parents attendent des médicaments,  quelle horreur, à part le sirop à la framboise, tout est dégoûtant, les bambins ouvrent des yeux comme des soucoupes et sautillent autour du présentoir.  Il y a ceux qui osent, je prends ce qui me plait, je défais le papier,  une lichette rapide et… maman est obligée de payer. Il y a ceux qui tripotent,  regardent  maman, tripotent à nouveau et … ça ne va plus loin. Certains demandent la permission.  Quelquefois c’est oui, quelquefois c’est non, ça dépend comment elle est lunée maman. Certains déboulent comme des flèches vers les sucettes comme si un aimant puissant intergalactique les capturait. Ceux-là, en général, ont la démarche du vainqueur. C’est paradoxal, ils ne sont pas envoûtés comme on pourrait le croire, ce présentoir-là, ils vont se le faire. Personne ne se mettra sur leur passage, alors ils tapent du pied et pleurent. J’en ai vu qui se roulent par terre. Souvent ça marche. Ce qu’il faut, c’est f….. la honte aux parents. Si tu as compris ça, tu es dans le vrai mon gars.

 

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Je dois raconter. Là-dedans c’est tout plein de sucettes sans sucre, avec tout plein de parfums. Même que les meilleures, celles qui partent le plus vite sont au coca et à la framboise. Et la dame de la pharmacie, elle veille au grain, elle en remet tout le temps. C’est une brave femme qui aime les enfants : sans sucre, pas de carie ! La sucette chez le pharmacien, ça devrait être systématique. Je ne vois pas ce qui gêne maman. Elle nous en fait tout un manège chaque fois ! 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 21:30

 

Puisque Cathiechris m’a taguée, je me dévoue.

 

 

A quoi sert un tag ?

A faire parler les bavards.

 

Ton programme de la journée à part bloguer.

Bosser, nager, préparer des petits plats pour ma famille et les petits copains de mes enfants qui squattent souvent à la maison.

 

La mode de la moustache revient, qu’en penses-tu ?

J’ai un ami à qui ça va très bien mais pour mon homme je préfère sans.

 

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Plutôt lunettes, lentilles ou rien ?

Ca a varié avec l’âge : autrefois rien puis lentilles. Aujourd’hui lunettes.

 

Vernis adhésif pour les ongles, tu connais ?

Non, je ne demande qu’à apprendre.

 

 

Tu écris ton blog en direct ou tu réfléchis longtemps et tu notes tes idées sur un petit cahier?

Souvent en direct et selon l’impulsion du moment. Pour certains textes, je vais puiser dans mes écrits antérieurs car j’ai participé à des ateliers d’écriture.


Quand tu prends une photo, tu penses à quoi ?

Que je sais merveilleusement capter l’instant et que j’ai un talent fou.  Non je plaisante, quand je prends une photo, c’est pour prendre le bateau, la maison ou le monsieur là en face, tout bêtement.

 


Si tu devais m’écrire une lettre ou un poème tu m’écrirais quoi ?

J’hésiterais entre copier  Baudelaire ou Verhaeren, ou délirer  comme j’aime le faire. Ca commencerait par «  O toi mon aminaute ! », et finirait par  « O moi ton aminaute ! »

 

Tu as prévu un bon repas pour la Saint Valentin ?

Ce jour-là, c’était coquilles Saint Jacques sur lit de poireau.

 

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Si tu devais acheter quelque chose là maintenant ce serait quoi ?

Une robe de printemps toute légère qui s’arrêterait juste au- dessus du genou.

 

 

Tu pars en vacances où et quand ?

Fin février : à Toulouse, au mois de mai : à Madrid.

 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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