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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 08:00

Pour le défi 117 chez M'amzelle Jeanne : jeudi libre, en poésie.

 

Aristote.jpg

 

Aristote le Sage,  distingue les vivants

Qui jouissent des plaisirs, des bonheurs de l’instant

Les vertus de la pluie, les caprices du beau temps,

Et profitent des étapes ponctuant le voyage

Qui mène les enfants aux confins du grand âge

Pour eux chaque seconde est capture  précieuse

Ont-ils suivi le vol de ces mouettes rieuses

Dont les battements amples et le cou étiré

Sont manœuvres et feintes  vers la proie repérée ?

Ont-ils appris à lire les ouvrages des Dieux ?

On voit tant d’étincelles s’allumer dans leurs yeux !

 

D’autres, tout près de soi, ont  déposé les armes

Et leurs journées s’étirent, monotones et sans charme

Comme écrasés au sol, empêtrés dans la glu

Ils errent, chancelants, ébrieux et sans but 

Pourquoi empruntent-ils aux spectres leur démarche ?

Quelles désillusions  entravent donc leur marche ?

Ils sont déjà mourants  dans des habits de deuil

N’osent s’éloigner des portes dont ils passent le seuil

 

Les plus entreprenants s’en vont prendre la mer

La belle  langue  bleue ne conte pas de chimère

Une fois embarqués et face aux éléments

Dans les creux de la houle et ses miroitements

Ils lisent en eux-mêmes ; paysages et lointains

Déposent  des secrets  dans le cœur des marins

Partir au bout du monde et son âme quérir

Obsède ces vagabonds aux multiples désirs

Naviguer sans attache, s’ouvrir à l’aventure

Oublier les saisons, s’enfoncer dans l’azur

Puis accoster au port, en bravant les tempêtes

Et s’ancrer dans la terre, des souvenirs en tête

Enrichis de trésors que chacun leur envie

Ces voyageurs se plient aux hasards de la vie

Faut-il craindre le sort, redouter le destin

Quand les constellations vous tracent le chemin ?

 

 

Citation d’Aristote : « Il y a trois sortes d’hommes, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 10:00

 

Félicité est l’une des nouvelles les plus connues de Katherine Mansfield (1888-1923) et l’une de celle que je préfère. Je ne sais pas pourquoi, j’ai  envie de l’évoquer avec vous.

 

reception

 

Bertha est une jeune femme de trente ans à qui la vie a déjà tout donné. Elle a atteint cette félicité qui la fait vivre dans une bulle. « Comme si vous veniez tout à coup d’avaler un morceau brillant de ce tardif soleil d’après-midi, qui continuerait à brûler dans votre poitrine, envoyant de petites fusées d’étincelles dans chaque parcelle de votre être, dans chaque doigt et chaque orteil »

Bertha a une belle maison avec un beau jardin, ah ce magnifique poirier que l’on aperçoit par la porte-fenêtre du salon : «  Au fond, contre le mur, s’élevait un grand poirier élancé, en sa plus riche floraison. Il se tenait là, dans sa perfection, comme abrité contre le ciel vert de jade ». Bertha a un merveilleux bébé : « Tu es mignonne, tu es très mignonne dit-elle en embrassant le bébé tout chaud. Je t’aime ! Je t’adore ! » Elle l’appelle « le bébé » et la confie aussi souvent qu’elle le peut à Nany tout en regrettant bien sûr de devoir le confier à Nany. Bertha a un merveilleux mari, Harry, toujours un peu pressé : Oh ! c’est toi, Ber ? Ecoute je serai en retard, je prendrais un taxi, je viendrai aussi vite que je pourrai… », un peu impatient aussi.

Ils forment un couple mondain, aisé, connu qui adore  recevoir des gens connus, aisés, mondains. Ce soir, la réception est particulièrement réussie : « Ils sont des amours –des amours- et elle aime les recevoir là, à sa table, leur donner une nourriture et des vins délicieux. En fait, elle voudrait tant leur dire combien ils sont exquis, quels groupe décoratif ils forment, et comme ils se font mutuellement valoir, et lui rappellent une pièce de Tchekhov. »

Décoratif le groupe, comme la belle maison, le bébé, Nany, la jolie robe blanche de Bertha, ses souliers, ses bas verts, la tenue de couleur argent de la nouvelle amie, Miss Fulton, dont s’est entichée Bertha. Décoratif comme ce poirier « élancé tout fleuri, … qui semblait s’étirer, trembler, pointer dans l’air pur…..jusqu’à presque toucher le bord de la lune d’argent » Dans son décor, Bertha est heureuse, Bertha s’envole, submergée de bonheur.

Cependant au moment du départ de Miss Fulton,  la scène est ainsi racontée : « Harry se rapprocha de Miss Fulton dans le hall, lui mit les mains sur les épaules, la rapprocha avec violence face à lui. Sa bouche forme les mots : « je vous adore » Ses narines frémirent, il murmura «  Demain », et, de ses paupières, Miss Fulton dit « Oui. ». Décoratif comme Harry dans la vie de Bertha.

Bertha courut vers les portes-fenêtres, et s’écria : « Oh ! que va-t-il se passer à présent ? »

« Mais le poirier était aussi merveilleux que jamais, aussi couvert de fleurs, et aussi calme ».

 

KM

Katherine Mansfield

 

Si ce texte vous rappelle un peu les déboires sentimentaux qui agitent les hautes sphères de l’état, sachez que j’y ai pensé avant vous.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 08:00

 

Jeudi en poésie libre pour le défi  116 chez Jill Bill

 

Alice-AAlleaume.jpg

 

Elle fut  de la Maison Chéruit, première vendeuse

Evoluait dans  le Gotha, robes somptueuses

De l’élégance, perles sur soie, lignes harmonieuses

 

Elle dévoilait tout son talent chez les mondaines

Tailles de guêpe, décolletés, et  ports de reine

 

Le monde entier la consultait, passait commande

De robes en  biais elle  habillait les plus grandes

Comme de sweaters, jerseys, fourrures, à la demande

 

 

pyjama-de-bain.jpg

 

 

Elle posait court vêtue, en pyjama de bain

Ou étrennait  la  Walkyrie,  chère à  Lanvin

 

 

Walkyrie.jpg

 

 

De belles matières,  audace et style, quel savoir-faire !

Des coupes fluides, des tons joyeux,  du rose,  du vert

Toute une époque, les jours heureux, bien avant-guerre

 

Quand Place Vendôme les années folles s’enroulaient

Autour d’elle que la postérité choisirait

 

 

 vitrine

 

 

Clin d’œil à l’exposition Alice Alleaume, le Roman d’une Garde-Robe, au Musée Carnavalet à Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 08:00

Défi 116 cette semaine chez Jill Bill: Acrostiche sur CROQUEURS DE MOTS

 

croque.jpg 

 

C'est Ophélie enfant happée par la Nature

Rêveuse et frissonnant, tordant sa chevelure

Ombre pendue au temps, folie et démesure

Qui m'a ouvert les portes de la littérature

Un soir quand sur mon lit, allongée, les yeux clos

Et clamant à tue tête ce poème de Rimbaud

Un besoin de remplir des pages avec mes mots

Remarquable loisir hissé comme un drapeau

Savoureux élixir, enraya mes sanglots

 

De mon cahier virtuel vers la toile internet

Explorer l'autre ciel, envahir vos planètes

 

Mais y semer des rires et célébrer des chants

Oublier que parfois l'horrible clavier ment

Troubler cet univers, traquer les faux semblants

Saluer en vos écrits des paroles d'argent

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 08:00

 

Thème libre pour le défi 116 de ce jeudi en poésie chez Jill Bill

 

 

Canada-1.jpg

 

L’Europe  est un conte de fées

Routes,  villages et  clochers

Montagnes, lacs et rochers

Sont de vrais décors de poupées

Il suffit de tendre le doigt

La vie est à portée de bras

Les splendeurs tournées vers le ciel

Ont des beautés artificielles

Et même les steppes de Tchekhov,

Dont l’immensité apostrophe,

Sèches ou herbeuses, discontinues

Qui vers la Caspienne  se ruent,

N’ont pas l’étrange profondeur

Des paysages de chasseurs

Que l’on rencontre au Canada

Et que l’on soit poète ou pas

Sondant  les âmes et les ardeurs

De l’Europe on loue la grandeur

Mais là-bas dans ce monde nu

Où s’enfoncent bien des vertus

L’homme se mêle à la nature

Devient squelette, pierre ou bouture.

 

Canada-2.jpg

 

 

Poème librement inspiré  du «  Journal d’un lecteur » d’ Alberto Manguel chez Actes Sud

 

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:00

 

robe.jpg

 

 

Je me demande si c’est la saison qui veut ça ou si mon inconscient parle. Je ne vois que des panneaux « Mincir là où vous voulez » et « Sport passion ». Pourtant je n’ai pas envie de suivre le mouvement, au sortir de l’hiver. Dans de nombreux magasins la fin des soldes rime avec la mise en avant subtile, et au milieu des articles soldés, de la nouvelle collection. Afin de pousser habilement le « gogo » à craquer pour elle. C’est pourquoi, il s’agit de soigner sa ligne, les tissus légers de l’été ne cachent aucun défaut.

A d’autres ! Le printemps et l’été savent nous habiller de couleurs tendres et de matières aérées, dénudant épaules et mollets,  nous débarrassant de la laine et du tergal. Nombreux sont les artifices qui nous valorisent, nombreuses sont les raisons qui nous font nous sentir bien, nous sentir beaux  Mincir et faire du sport sont des consignes de bien-être et non uniquement les principes de Narcisse. Nous devrions les suivre tout au long de l’année,  modérément. Facile à dire…

De toutes manières, je me suis aperçue que la mode n’est pas uniquement une question de saison. Parfois les robes d’été sont copies conformes de celles d’hiver, on a juste raccourci les manches et changé coloris et motifs.  Et chacun accessoirise ses vêtements d’été en hiver, on ajoute un gilet,  une veste, des collants. Les hommes n’ont d’ailleurs pas de vraies chemises d’hiver.

Alors été, hiver, maigrir ou pas… Qu’est-ce que ça peut bien faire ! Si Apollon n’est pas bien dans sa peau, il ne séduira personne.

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 08:00

Défi 115 pour ce jeudi en poésie chez Cétotomatix : hasard

 

 

Magritte.jpg

René Magritte: Les Charmes du paysage

 

 

Un lieu, un coin, un paysage

Courir les champs après l’orage

Les bottes humides de rosée

Sourire au ciel bleu délavé

Nager sans but loin de la plage

Nue dans les vagues, bonheur sauvage

Plonger encore dans l’eau salée

Ensevelir de noires pensées

Redevenir une enfant sage

Jouer à des jeux de mon âge

Oublier ce fusil , danger

Dont l’ombre ne cesse de me narguer

Cueillir du liseron sauvage

Le délivrer de tout branchage

L’assembler  en  gracieux bouquets

Et l’univers, redécorer

Quand le hasard crée  des images

 L'esprit, douteux vagabondage,

Se laisse volontiers hanter

Et fuit tout cadre imposé

 

 

 

 

 

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 08:00

En suivant la consigne du défi 115, chez CETOTOMATIX,  à partir d’un court roman de Jérémie Guez : « Paris la nuit », j’ai extrait les mots suivants :

Lequel/une/ viennent/ toujours/ gars/ à /air/ prouve/ Paris /remerciements

A placer dans un texte de mon invention.

 

C’est un petit GARS A l’allure démodée qui hante le PARIS de Montmartre et des touristes. Il se promène le soir, la casquette  vissée de travers sur la tête, un foulard rouge autour du cou. Il a l’œil vif et la démarche chaloupée de ceux dont la vie se construit au hasard des rencontres. Car il avance lentement et pas TOUJOURS  droit. Il sait qu’on le croit éméché, on suppose que  son cerveau  est embrumé. Il vit dans le Paris des années 50, fredonne le « gamin » de Mick Micheyl, ses héros ont le visage de Gabin ou de Lino. Dans sa faune nocturne, dans son Pigalle, de petites pépées michetonnent pour le compte de caïds qui carburent au whisky.  Il se crée un film dans LEQUEL il évolue en vedette et règle ses comptes avec le milieu.  En réalité il se contorsionne sur  la scène d’un cabaret de pacotille.

 

histoire-casquette.jpg

 

Il n’a rien à PROUVER,  on le laisse tranquille. Trop léger pour la boxe, trop frêle pour fourguer de  la dope, un gun dans la poche de son jean, trop gentil pour castagner les filles qui mouftent, on lui fiche la paix comme à ces étrangers au sourire « nice » qui vont et VIENNENT, s’encanaillent au Moulin Rouge ou préfèrent les beaux gosses dénudés des Folies Pigalle. Il sifflote, le nez dans le caniveau, Gavroche déconnecté, au rire tonitruant. Quand Ali et le Gang  du 9 3 à Aubervilliers,  déboulent dans  le XVIIIème le samedi, ils se moquent de sa trogne anachronique. Avec son AIR efféminé, et sa mèche décolorée, il affole les brésiliennes sous hormones qui arpentent la place Clichy. Il attend son heure, espère la gloire. Ah, faire la UNE des journaux! Il souhaite écrire  un livre qui parle d’aujourd’hui avec la gouaille d’hier, usant de dialogues empruntés à Audiard ou copiés sur ceux, très actuels,  de Jérémie Guez, un petit jeune de l’âge de mon fils. Que les époques se mélangent créant un genre nouveau. A la fin de son texte on publiera des REMERCIEMENTS adressés à tous ces gens qu’il frôle le soir, quand le besoin de se perdre se fait sentir.

 

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 08:00

Au Musée Marmottan Monet à Paris, se termine l’exposition « Les soeurs de Napoléon, trois destins italiens », qui me fournit le prétexte de ce jeudi en poésie.

 

 

 

paulinebonaparte.png

 

De Pauline l’aimée, on loua la beauté

 En  Vénus de l’Empire, adorée, convoitée 

Elle éblouit la cour, organisa des bals,

Coquette et infidèle, elle eut une fin banale

Renonçant  à Paris, à toutes ses folies

 Rejoignit l’Italie et Borghese, son mari.

 

 

 

 

elisa-B.jpg

 

 

Elisa, la première, tint salon littéraire

Adapta en Toscane, le Code  de son frère

Mécène éclairée, vint en aide aux artistes

La chute de l’Empire lui fit quitter la piste

Des faubourgs  parisiens et de leurs influences

Et l’archéologie combla son existence

 

 

 

 

 

 

Carolinebonaparte.png

 

Caroline, la cadette, était fort ambitieuse

Appréciait de l’Empire les perles, les pierres précieuses

A Paris ou à Naples, décorait avec goût

Chacun de ses Palais, se passionnait de tout

Ingres ainsi que Gérard firent de beaux portraits

De cette altesse pulpeuse, raffinée et gâtée

 

 

 

Toutes brillèrent dans la lumière du grand frère

Education racée, maintien, démarche altière

Femmes de lettres et esthètes, joyaux de Cour

Ambassadrices, découvreuses,  troubadours

Puis s’éteignirent comme lucioles au petit jour

Ombres de l’Aigle pâle et vaincu, de son amour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:00

 

 

 

 

 

Mendicite.jpg

 

Si j’oubliais un peu mes petits problèmes. Installée au chaud dans ma voiture j’attends que le feu passe au vert. J’écoute FIP, c’est la seule radio que je supporte car on n’y programme aucune publicité. Même si parfois le jazz est un peu trop là, même s’il me plairait que la java s’en aille, je préfère somnoler  au volant plutôt que d’entendre louanger les magasins BUT.  Car attendre au carrefour c’est piaffer d’impatience ou mollir gentiment, selon le moment de la journée et la course qui nous attend. C’est regarder l’heure, fouiller son sac, téléphoner en bluetooth, se pincer les joues devant le rétro ou se colorer les lèvres. C’est abaisser la vitre, allumer une cigarette ou l’éteindre, cracher de la fumée au dehors. C’est regarder les autres alignés dans la file, sourire ou tourner la tête, les yeux dans le vague.

C’est aussi voir venir à soi ces malheureux qui bravent le temps, le vent. Seuls et sales le plus souvent, ils tendent une main calleuse dessous des vêtements froissés, supplient, ne parlent pas français. Jeunes ou vieux, ils sont gris, ridés, plissés. Semblent flotter sur la misère qui les dépasse, s’étale à côté d’eux,  nous frôle et nous apeure. Nous culpabilise. Le feu passe et nous démarrons, vite avant le malaise, l’effroi, le choc des regards.

Dans le rétroviseur, j’aperçois cet enfant, de dos, en anorak aux motifs de treillis qui danse en marchant, une main dans celle de son père. Il claudique en réalité et dodeline de la tête. Il cautionne la mendicité, il est là pour faire misère, pour faire la guerre aux sentiments. Lui et les siens n’ont pas d’autre choix.

 

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