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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:00

Texte  publié chez Miletune d'après la photo-sujet de la semaine

 

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Le flacon, c’est le flacon que j’ai d’abord choisi, pour ses facettes et son ventre rebondi. Celui-là porte la couronne comme un prince. Le verre fait chanter des reflets mordorés,  happe les nuances. Le corps est voluptueux, la base fine.  Posté sur ma coiffeuse, tout l’hiver, il m’invite et je m’exécute. Un nuage vaporeux, à peine perceptible, comme un léger brouillard pénétrant  les pores de la peau. Mais ce n’est pas une fragrance ordinaire.

L’époque est ce qu’il m’a fallu définir ensuite. Quel mois, quel jour, quel moment? Quelle seconde exactement ? Quand recueillir le précieux parfum, constitué de pollens et d’arômes fleuris, de sève et d’herbe coupée, de l’odeur des pierres chaudes, des murs pétris de soleil. Comment harmoniser, séduire, définir une note de tête.  Envoûter, inciter à fermer les yeux, débusquant les souvenirs, le passé, l’enfance, au cours d’une séance hypnotique.

Pour la couleur, le choix fut facile. J’avais à emprisonner ce qui se dérobe comme les faces d’un kaléidoscope. A contenir et restituer, graduellement, les impressions, les émotions. L’ambre est la couleur des bijoux d’antan, de l’exotisme et de l’Orient, des peaux gorgées de soleil,  des boissons fraîches et maltées, de la lune les nuits d’été. L’ambre était une évidence.

Car, aux instants  les plus  ternes, les plus glacés  de l’hiver, il est ma force, il est ma drogue. Je  m’imbibe jusqu’à l’ivresse de l’éther, des voiles d’un Printemps dont  j’ai fait la capture aux heures les plus sensibles de la saison.

 

 

 

 

 

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 10:00

Cette semaine chez Sherry le casse-tête est : vitesse.

 

 

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Moi c’est pas mon truc, surtout durant les vacances. J’avance doucement et le plus moelleusement possible. Et puis les parents sont tellement gaga qu’abuser est tout à fait normal. Je les ai d’abord traînés dans ce magasin, un « petshop » qu’ils appellent ça. Un drôle de nom pour un endroit rien que pour nous. Des vêtements sur mesure, des baballes, des os imités, mal d’ailleurs, des laisses, on se demande pour quoi faire, des croquettes, et là je sais, j’adore. Comme mes parents envisagent d’adopter une petite sœur de la race féline, ils se sont extasiés bêtement devant des souris en mousse avec des poils, et des bouts de cartons rugueux qu’ils appellent des grattoirs. Et là je me suis énervé, on n’était pas là pour ça. J’ai aboyé comme je fais d’habitude avec les étrangers, très fort, très longtemps, et en reculant, pas fou le chien.

Ils se sont enfin intéressés à la poussette tout terrain que je réclamais depuis un moment déjà. Je l’avais repérée au télé-achat, et j’avais fait semblant de boiter jusqu’à ce qu’on obtempère. J’ai choisi la couleur en sautant, péniblement quand même, dans l’engin qui me plaisait le mieux. Et voilà, le tour était joué.  Vous ne trouvez pas que j’ai l’air d’un Lord comme ça ? Ne dites pas que vous me trouvez ridicule parce qu’auprès des copains, rien à dire ça en jette !

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 08:00

 

Défi en poésie cette semaine chez Eglantine: La campagne, la nature, les arbres, les petits oiseaux etc...

 

 

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Roulées dans le printemps

Et la caresse du vent

A nous l’herbe des prés,

Bien tendre et arrosée

Un doux parfum de terre

 Et de bois, de mystère

Au centre de l’univers,

Une joie éphémère

 

 

 

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Tout au bord de la route

La saison en déroute

Dépose ses couleurs

Comme un mouchoir qu’on jette

Un soir, le cœur en miettes

Alors que le ciel pleure

 

 

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Roucouler sur les toits

Tous les deux, toi et moi

Exercice périlleux

Face à tous ces envieux

Qui guettent la chute libre

D'un fragile équilibre

Au centre de la ville

Une matinée tranquille

De l’herbe dans la gouttière

Campagne en bandoulière

On pourrait bien s’y croire

Laisse-moi y pourvoir

 

 

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 14:10

 

Jeudi 6 juin, j'ai fait la connaissance de Catiechris  devant l’école de sophrologie à Paris. C’est son mari qui m’a aperçue le premier tandis que j’attendais devant la porte. Je ne vous dis rien m’a-t-il prévenu, je laisse mon épouse vous raconter. Et j’ai découvert une élève enthousiaste, et motivée. Sa belle humeur et son sourire, ses cheveux blonds et courts illuminant son visage, son parler franc et communicatif, m’ont tout de suite plu. En l’écoutant, je savais déjà pourquoi elle avait entrepris cette démarche vers un univers si différent du sien. La curiosité, le besoin de s’enrichir, de se découvrir, de mettre à jour ses failles et ses capacités sont un moteur. Vivre tout simplement, et avancer. Cette rencontre était de celles qui boostent, qui dopent. Catiechris m’a convaincue de tenter la sophrologie. Une séance, oui pourquoi pas, j’essaierai, je vous raconterai.

 

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Et j’aime les coïncidences, celle-ci est de taille. Catiechris m’avait gentiment invitée à  me rendre à Rouen car en moment se déroule l’Armada. Mais mon emploi du temps ne me le permettait pas. L’Armada c’est la foule, les quais, des navires rutilants, des hommes en uniforme, des enfants éblouis, le cri des mouettes, des voiles déployées avec la prestance des goélands pressés de s’envoler. L’Armada c’est  la fête et ses flonflons, c’est aussi une idée des voyages, la liberté, l’éloignement, la solitude, la vie qu’on laisse à quai, c’est envisager ce triangle amoureux : soi, le vent et la mer.

L’Armada c’est le Belem. Un vieux bonhomme de 117 ans qui avait échappé à la destruction lors de l’éruption de la montagne Pelée en 1902 car sa place au port  de Saint Pierre étant prise, il avait dû chercher un autre emplacement. Le Belem est un rescapé, un chanceux, comme le fut aussi ma grand-mère. Cette année-là elle avait six ans et ce 8 mai, elle était en vacances chez une tante et y demeura une fois devenue orpheline. Alors puisque Rouen et la Martinique ont un lien magnifique, n’étions-nous pas prédestinées à nous rencontrer Catiechris et moi ?

 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 08:00

Défi 104 proposé par Eglantine : La basse-cour est en colère, tous les matins le coq la réveille aux aurores. Imaginez la révolte des animaux de la ferme, en vers ou en prose, de la façon qu’il vous sied le mieux, poème, historiette, dialogue …vous pouvez même convier le voisin qui aimerait lui aussi faire parfois la grasse matinée !

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Pendant quelques jours, nous a-t-on assuré, vous devrez parader devant des citadins, à la  grande ville, dans le petit parc. Il y aura des enclos, un pour le coq ses poules et quelques canards, l’autre pour les cochons, un autre encore pour les chèvres et les moutons. On placera deux ânes dans le dernier. Alors faites comme si. Ebrouez-vous, caquetez, tâchez de braire avec modestie, remuez votre petit derrière au goût de jambon, et vous les vaches que j’ai oublié, vous devrez meugler gentiment, avec un accent qui sent bon l’herbe des prés.

 

Ce seront  des vacances pour vous, un peu comme si vous alliez au musée. Derrière les barrières, il y aura de drôles d’animaux turbulents. Des mains se tendront, des mômes piailleront, d’autres pleureront, d’autres encore se sauveront effrayés. Des parents voudront à toutes forces vous photographier. On tentera de vous nourrir avec de la barbe à papa, car évidemment il y aura des stands tenus par les humains pour les humains. Désolé Naf Naf si ça sent la saucisse, mais les humains ne sont pas toujours délicats. Vous aurez de la chance, le temps sera plutôt frais, ça découragera certains. Sachez les caqueteuses qu’on vous demandera des œufs. Alors je t’en supplie Gallo motive tes demoiselles, pas comme  d’habitude en réveillant la maisonnée dès cinq heures du matin. A la ville on se lève plus tard et les œufs doivent être pondus pour le petit déjeuner. Tu dois montrer que tu es le mâle, hocher la crête et affûter tes ergots mais tu peux quand même diminuer tes trémolos et en ralentir le rythme. A la ville on se retient, on mesure ses actes. Je sais que tu es le chef, le ténor, le Caruso  de la basse-cour, pourtant tu ne vas pas là-bas uniquement pour te faire entendre mais surtout pour te faire connaître.

 

En fin de compte que qu’on attend de nous, est qu’on soit beau, qu’on l’ouvre un peu et qu’on se taise beaucoup. On nous demandera de mimer la campagne, et de nous ébrouer dans la paille. Il y aura même un fermier déguisé qui fera semblant de se plaindre du vacarme. Eh bien Gallo, pour une fois en ce qui nous concerne, il y a contre-ordre. Et nous t’accompagneront dignement. A cinq heures d’ordinaire on n’entend que ton chant strident et malvenu de goujat mal remplumé, mais ces jours-là tu ne seras pas seul. Ca va cancaner, braire, grogner, glousser, glouglouter, piailler, bêler, chevroter un maximum et ils sauront à la ville, qu’on n’est pas des animaux, à moitié. Ils sauront que nous nous unissons quand notre honneur est en jeu.

 

 

 

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 08:02

 

 

Défi 104 chez Eglantine  pour ce jeudi en poésie: le chat

 

 

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Depuis qu’il est parti, elle s’ennuie et s’étiole

De son vieux compagnon elle se languit et miaule

Comme il est difficile de vivre une vie de chat

Au milieu des humains quand on n’a plus que soi

Ne plus bondir à deux, se courser et griffer

Ne plus pouvoir se fuir pour mieux se retrouver

Elle se montrait câline, douce et plutôt sage

Lui savait la mâter, c'était un personnage 

Tout n’est que stratégie, il était fort, viril

Elle jouait la femelle, plus jeune et plus docile

Une hiérarchie tacite, au repas tout un rite

Se servait le premier, elle attendait, contrite

Mais sur le canapé, au soleil tous les deux

Postés l’un près de l’autre, goûtaient les matinées

Aujourd’hui l’âme en peine, elle guette sur le balcon

Les beaux gosses du quartier qui jouent les fanfarons

L’aperçoivent de la rue, et chantent la liberté

Des matous bienheureux qui hantent la cité

Mais on lui a promis un tout petit chaton

Pour combler ses journées et emplir la maison

De fracas,  de désordre et de jeux polissons

Alors, elle se prépare et se lèche le plastron

 

 

 

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 15:45

Casse-tête chez Sherry: la barbe, et sujet-photo chez Miletune

 

escargot

 

Je suis plutôt démuni. Si je souhaite me cacher je « m’encoquille » et me dérobe entièrement aux regards. Je ne connais pas les artifices.  Je n’en ai pas besoin pour circuler librement dans le potager. C’est l’unique endroit où je n’ai pas peur. En ce moment je suis à la fête, l’eau ruisselle sur mon corps lisse et j’aime me frotter aux nervures des grandes feuilles qui bordent le chemin. Je salive et ça se ne voit pas dans les flaques. Je rampe, me hisse et me tortille. Je n’ai pas de complexe, mes yeux antennes voient tout et je capte le jour sous une couche de chlorophylle. La lumière déposée sur ma maison me rend beau. Mon corps de limace a du caractère, je ne suis ni gras, ni laid, ni visqueux avec mon coffre, mon trésor de capitaine, sur le dos. Je suis le roi des terres mouillées à l’odeur forte, entêtante. Je les parcours comme on glisse sur l’océan.

Je me fonds au paysage, c’est inconscient, plus fort que moi. En protection contre les prédateurs, ces gobeurs d’escargot. Ma maison ne suffit pas à envelopper ma chair, là-haut on m’a fabriqué sans penser aux chocs et aux indiscrétions. Comme j'aimerais être menaçant et doux à la fois! Je suis sans barbe et sans mystère, coulant comme un serpent mais je ne sais pas faire de noeud qui enserre et massacre. Je me demande quelles sensations procurent ces poils drus, épais qui accrochent ou arrachent ce qui passe à portée. Je me demande ce que ça fait d’être une chenille. D'être une étape, en transit, de se découvrir autre ensuite. De pouvoir se raser.

 

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 17:14

Attente sous la pluie, un froid de canard, une fouille au corps épique, un musée aux larges baies de lumière et une exposition permanente au milieu des enfants, des fauteuils roulants, de flamands hilares, de gardiens zélés et parfois autoritaires. Et Rubens, lumineux, volcanique, tourbillonnant, magique. Rubens  peintre baroque, flamand, connu  pour ses portraits, ses études, son sens du décor.  Voici quelques tableaux qui m’ont particulièrement touchée.

 

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J’ai découvert Rubens le diplomate, pour lequel traiter « des affaires » passe par la peinture. Ainsi ce portrait d’Anne d’Autriche  vers 1622, au visage bondissant hors de la toile, au plastron chatoyant sous le fil d’or. 

 

 

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Ou bien cet autre encore, dont le velours  empesé caresse l’ Altesse et flatte sa posture.

 

 

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Devant ce "Christ sur la croix",1610-1612, j’ai entrevu le  Catholique, peintre des martyres. De la souffrance dans les muscles pâles et saillants, reproduits avec une observation exacte de l’anatomie humaine, dans ces yeux révulsés et rougis, cette bouche si expressive qu’on croirait entendre un râle. Et le linge au tour de la taille, tache immaculée et torsadée signe le dénuement  de l'homme devant la sauvagerie de son semblable.

 

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Cette « Vierge à l’enfant, entourée des saints innocents » semble entraînée dans une ronde potelée, grassouillette et protectrice où l’or, le rouge et le bleu  apportent douceur, grâce et légèreté.

 

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Rubens grand voyageur, érudit, curieux, analyse froidement les guerres et les hommes à la tête des états. Il célèbre les vertus. Ainsi « La paix étreignant l’abondance », 1633-1634, est une représentation flamboyante aux drapés virevoltants qui s’épousent  aussi parfaitement que les bras s’enlacent. Un élan sublimé par les torsades  branlantes du monument en arrière-plan, les  chevelures bouclées  et clignotantes des personnages, et cette corne lovée dans les draps au premier plan.

 

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En européen fin connaisseur de l’Italie de la Renaissance, Rubens  rivalise avec Michel Ange et le Titien. Et l’œuvre bouleverse : plénitude des corps, extase amoureuse, classicisme des traits, jeu  intense des regards. Ainsi « Vertumme et Pomone » 1617-1619.  La nymphe Pomone est insaisissable, désirable, impassible. Elle s’offre, se refuse et la caresse impossible est crispation dans la main du roi d’Etrurie, Vertumme.

 

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Pour terminer ma brève incursion dans l’univers de l’artiste, j’ai observé ce tableau représentant sa femme,  en parallèle avec le » Méduse » de Bernin qui se profile comme disciple de Rubens. Même intensité, même admiration pour les maîtres de la Renaissance. La tête inclinée et le front nu d’Hélène  Fourment, dépassant du col de fourrure, ont quelque chose de solaire et d’irréel. Et l’on ressort de cette exposition l’œil pétillant, et avec un regard nouveau, avide de rencontres, de génies, découvreurs du corps, de la lumière, de  la douleur, du sentiment amoureux, passionnés d’antiquité, de décors et d’espace.

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 08:00

 

A l'heure où les mots "bombasse" et  "kéké" entrent dans le dictionnaire, je trouve intéressant de vous faire découvrir l'un des poèmes de Malika, dans le cadre du jeudi en poésie proposé par Fanfan.

 

 

Malika Kadri est comédienne et poétesse. Elle a joué dans " Une vieille maîtresse" aux côtés de Asia Argento et  "La journée de la jupe" aux côtés de Isabelle Adjani. Je lui avais consacré un article, il y a quelque temps, en modifiant son prénom. C'est aussi l'une de mes clientes à la pharmacie.

 

 

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Aziza parle de sa langue : le rebeu

 

 

La genèse est à chercher

Dans les caves et les cages d’escalier

 

Cage d’escalier

Antichambre par les deux mondes imposée

 

Loge du comédien pour souffler

Mais aussi académie où le dictionnaire s’est matérialisé

Comme une génération spontanée

 

Torturés, inversés, lavés , inventés et cassés

 

Les mots dans les caves se sont réfugiés

Une sonorité est née

Musique déjà récupérée

J’y étais

 

Des mots de guetteur

Annonçant les arrivées et les départs

Sont les premiers imprimés

 

Petit à petit

L’appartenance à une bande s’est affirmée

 

Les mots «  situation »

ont fait leur apparition

Les mots « émotion »

ont fait leur propre description

 

le rebeu est né de la rencontre des cités

et de la marche sur Paris

il sera remplacé par un nouveau  français

fait de poésie

 

Aragon et Saadi

Sur Elsa Triolet penchés

 

Saint Augustin et Ghazali

Sur le chemin de la vérité engagés

 

Michelet saluant Ibn Kaldoun

L’Histoire à notre portée

 

Mohand O Mohand et Rimbaud

S’échangeant des rimes

Par dunes interposées

 

Le chemin des égarés et les mille et une nuits

Sont nos livres de chevet

 

Che  Guevara et Mandela

Sont nos héros d’aujourd’hui

 

Mais c’est dans les cages d’escalier

Sous des marches dégradées

Que nos rêves d’enfant sont enterrées

 

Malika Kadri


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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 20:09

 

Lancé par Fanfan, voici le défi N°103 

 

 Deux sujets au choix : vous  prenez  celui qui vous inspirera :

 

1- Vous écrirez un petit texte (prose, poème, comme ça vous chante) en utilisant les titres des chansons de Tino Rossi. Il est permis d'utiliser des mots de liaison pour la cohérence du texte

 Pour celles et ceux qui ont un instant pensé au suicide, je propose 

Un second sujet:

2- Vous écrirez un texte dont toutes les phrases commenceront par :"Je me souviens ..."

Et, la dernière se terminera par:

"Mais qu'est- ce que je f... dans cette galère? "

 

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Je me souviens que j’avais choisi le deuxième sujet car il convenait mieux à mon caractère.

Je me souviens que j’avais agi comme on choisit un menu au restaurant, en tenant compte de ses goûts, en se préoccupant de sa ligne et des  circonstances.

Je me souviens qu’il m’avait entraînée là pour un repas d’affaire et  j’avais cru qu’il tenterait autre chose.

Je me souviens que tout en réfléchissant aux arguments qu’il exposait, je regardais ses dents grises, écartées et bien alignées, des dents de négociateur.

Je me souviens de son discours de bonimenteur, sa cravate et son costume bleu sombre, ses cheveux gris, ses yeux perforants, tout en lui paraissait banal, c’aurait pu être n’importe qui.

Je me souviens d’y avoir cru, je m’étais projeté un film depuis le jour où j’avais su que j’allais le revoir.

Je me souviens qu’il avait prononcé mon prénom tout à trac, comme ça au bout de trente ans, puis avait ajouté, c’est bien comme ça que tu t’appelles ? Je me souviens qu’il s’était étonné de ce que je n’avais pas changé depuis tout ce temps. Je me souviens d’avoir ricané, doucement.

Je me souviens de son petit cartable de directeur, de l’imper dessus son ventre bombé. Je me souviens de sa guitare et de  l’allure baba cool de ses vingt ans.

Je me souviens de la fac, de l’amphi, du groupe de copains en bas à droite. Je me souviens qu’il me faisait la cour, alors.

Je me souviens qu’il avait commandé un coca, pas d’alcool surtout. Je me souviens d’avoir réclamé un  pétillant avec des bulles dorées.

Je me souviens d’avoir eu froid, je tremblais et ma tête tournait. Je me souviens de pauses dans sa petite leçon bien sue et récitée en y mettant le ton, comme s’il hésitait, comme s’il pensait : peut-être que…

Je me souviens d’avoir souhaité qu’il arrête ce cirque et me regarde sincèrement en disant : alors toi aujourd’hui, ça va comment ?

Je me souviens d’avoir eu ce besoin réellement,  qu’il mette  fin à cette  mascarade car nous allions bien tous les deux dans nos vies respectives, et  ne savions comment  nous l’avouer.

Je me souviens qu’en partant et en  me faisant la bise, il avait insisté : je compte sur toi, hein, pour ce contrat ?

Je me souviens de m’être exclamée une fois seule dans la rue, et alors que les badauds se retournaient sur mon passage : Mais qu’est-ce que je f… dans cette galère !

 

 

 

 

 

 

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