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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:00

 

Ce jeudi en poésie chez Cétotomatix pour les croqueurs de mots: thème "oeufs "ou "eux"

 

amants

Rné Magritte: Les Amants    

 

Leur baiser sur la toile est froissement de chiffon

Le visage de l’amour n’est que trait de crayon

Et pinceau appliqué sur des ombres voilées

La morsure des lèvres pudiquement masquée

Se révèle pourtant ardente et fusionnelle

On devine les yeux, toutes ces étincelles

Sous le drap blanc et gris, sous les creux, dans les plis

Faut-il que l’amour fou se vive à l’abri ?

Libérant des pulsions, attisant des passions

Dont l’aveuglement décuple les sensations

Ils semblent anonymes mais on les reconnaît

Une robe carmine et un costume épais

La rondeur d’un bras nu, le noeud d’une cravate

Il est homme ingénu, elle est femme écarlate

Personnages ordinaires, toi ou moi, tous les deux

Cimentés l’un à l’autre, dans les rues ce sont « eux »

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 15:00

 

 

clochard.jpg

 

 

Samedi 22 mars, métro Place des Fêtes à Paris. Il est dix-neuf trente et ils se préparent à dormir, déjà. Ils se sont installés au milieu des voyageurs et se sont fabriqués une chambre confortable avec des couvertures et des morceaux de cartons. Rien ne les dérange, ni le va et vient des passants, leurs rires ou leurs cris, ni l’air glacé de la rue chassé dans les couloirs, ni le sifflement des trains sur les rails. L’éclairage blafard de la station et les affiches géantes vantant les îles et les douceurs tropicales constituent leur décor mais je doute qu’ils les regardent. A cette heure où les autres sortent et retrouvent des amis, vont au restaurant ou au cinéma, ils s’apprêtent à hiberner.

Ils sont trois, barbus, sales, portant un improbable bonnet sur la tête. Ils opèrent en équipe. Car ils ont hérité d’un matelas pneumatique et de sa pompe. Tandis que l’un actionne le soufflet avec son pied, l’autre maintient le matelas en place. Le troisième trône sur un amas de cartons et lève une canette de bière à leur santé. Son regard plonge dans le mien un instant, glacial. Et je sursaute, je réalise qu’il devait y avoir du rejet, du dégoût, de la pitié dans mes yeux. Je me détourne et juste avant de leur donner le dos, j’aperçois ce gros cabas MONOPRIX, une espèce de gros sac de provisions, en plastique tressé, qui aurait dû recevoir des fruits, de la viande et des conserves,  un de ces sacs pesants et que l’on porte avec peine habituellement, en opérant une halte, en reprenant son souffle, ou que l’on dépose dans un charriot jusqu’à sa voiture,  et qui cette fois déborde de cartons, cordages,  pièces de tissus et autres ingrédients dont s’encombrent les oiseaux qui font leur nid.

Sur le sac une inscription en lettres majuscules bleues et blanches  m’arrête comme un tir de grenaille fauche un pigeon en plein vol. Ca disait :

VOTRE VIE SE DOIT D'ETRE BIEN REMPLIE 

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 08:00

 

Sujet libre pour ce jeudi piloté par Martine:

 

 08-01-2014-4459.JPG

 

 

Telle une vedette incognito

Il se fait beau pour la photo

Se montre d’humeur agressive

Tout en prenant des poses lascives

Etend les bras, hausse le buste

Se donne de grands airs d’Auguste

Tournant avec désinvolture

Comme un modèle de haute couture

Que l’on admire son jabot

Que  l’on repère son chapeau

Et si par mégarde on oublie

D’envier les plis de son habit

Il occupe le paysage

Souffle le vent dans les visages

 Déploie le drap de son manteau

Ce lourd tissu aux reflets chauds

Dont le photographe ébloui

Capte les nuances  et la magie 

 

 

 

 

 

 

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 08:00

Pour illustrer le défi 119 chez Martine:  " annonce pour rechercher l'âme soeur"

 

 

ame.jpg

 

 

Je cherche un partenaire

Pour le look, pour la frime

Qui sache plaire à ma mère

Et épater les copines

Faut qu’il fasse ça bien

Même si ça m’fait rougir

Genre de formule un…

Si tu vois c’que j’veux dire…

L’amour pour  la vie

Ca n’dure jamais bien longtemps

Moi je préfère payer content

L’amour pour la vie

Ca n’dure jamais bien longtemps

Moi, je ne crois plus aux violons !

 

Disait la chanson, interprétée je crois, il y a belle lurette, au temps de mes vingt ans, par Patti Layne.  J'ai retrouvée  cette merveille sur "Bide et Musique" J'ai posté ce que j'en ai retenu, vous pouvez lire le texte intégral et improbable, et écouter le titre ici.  Un texte pile poil dans le thème. Tout y est, le fun, le rire, l’audace.  Un côté nunuche aussi....Une annonce comme ça, j’aurais bien posté, j'aurais pris le risque. Mais j’aurais eu tant de réponses de messieurs pas sérieux du tout, à une dame légère, légère, que j’aurais eu du mal à faire un choix.

J’aurais craqué sur celui qui, se fichant pas mal de ma pseudo liberté, aurait demandé, dans un post romantique  : « de quelle couleur sont vos yeux ? ».  J’aurais craqué sur celui qui aurait fait mentir la chanson.

 

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:00

 

 

 08-01-2014 2729

 

Au crépuscule quand survient le silence

La nuit s'étend, impénétrable et dense

De l'encre noire, un lourd miroir de laque

Satine  l'eau, et la lune s’y plaque

Réfléchissant les hôtes de la berge

Doubles troublants, que les marais hébergent

Les herbes folles qui se pressent  au bord

Filent sur l'onde, étranges météores

Et dans le ciel les nuages s’élancent

Noirs et fumants, enchevêtrés, immenses

Tandis qu’au loin, vaincu, l'astre mourant

Emplit le  ciel de ses  larmes de sang

 

 

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:00

 

08-01-2014 20140316 101916

Photo prise depuis le Square de la Butte Rouge et donnant sur la porte de Pantin

 

Avec le beau temps qui s’installe et malgré la pollution à Paris, ou peut-être à cause d’elle, je me rends au travail à pied au moins un jour ou deux par semaine. Le trajet dure environ une demi-heure et longe le tram et l’hôpital Robert Debré. Paris à sa lisière a un air de campagne, les branchages sont hérissés de bourgeons, les maisons dévoilent leurs fenêtres comme des filles offrant   leurs appâts.  Au-dessus de moi le ciel est poudré, se couvre de terre de sienne rasant les immeubles. Il semble fondu dans une masse brillante et aveuglante comme si le matin était ce « fog » enveloppant les êtres et les lieux. Pourtant je ne traverse pas l’univers opaque et angoissant de Stephen King,  j'avance au milieu les arbres boutonneux du  parc de la Butte Rouge. Dans les hauteurs c'est un bleu pur, immaculé qui auréole les nuages. La ville au loin paraît fantomatique. Malgré la menace sur nos poumons le soleil dore les nuages et défait leurs amas cotonneux. Il nous enveloppe, sa chaleur printanière et bienfaisante agit comme une drogue.  J’ai le sentiment d’être au théâtre au moment des rappels quand on ferme les rideaux pour les rouvrir aussitôt sous une salve d’applaudissements. Nos paysages sont des décors que la nature arrange afin d’agrémenter nos vies, elle  nous envoûte sournoisement si nous la laissons faire. Alors faisons abstraction de cette vague polluante...

 

 

 

 

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 08:00

 

maison-toulouse-fev-2014-036.JPG

 

Dans le ciel gris de février

La nature se poudre le nez

Un léger blush dessus les branches

Qui sous le poids des années penchent

La brise comme un pinceau de soie

Couvre de paillettes le bois

Le dernier assaut de l’hiver

Le  givre sur la rosée, pervers

Peine à glacer les boutons blancs

Semés nombreux, par le printemps

Et tous ces ligneux  bourgeonnant

 Graciles et tendres adolescents

Ces nœuds, ces écorces blessées

Aux feuilles courtes ébouriffées

Ont les armes de la jeunesse

Du renouveau goûtent l’ivresse

 

 

maison-toulouse-fev-2014-035.JPG 

 

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 10:00

 

 

E-P.jpg

Mary Cassatt, Enfants jouant sur la plage

 

Assises sur la plage, elles se donnaient le dos

Attelées à l'ouvrage,  elles se moquaient des flots 

Têtue nue, ruban sage,  elles étaient le portrait

De l’insouciance offerte aux chaleurs de l'été

 

Leurs petits bras dodus se poudraient de soleil

Et de vent et de sable, et toutes deux pareilles

A de ronds coquillages sur la grève échoués

Elles chiffonnaient la nacre de leurs tabliers.

 

Le visage crispé et rougi par l’effort

Et les cils abaissés comme l’enfant qui dort

Elles créaient des images qu'elles délayaient  dans  l'eau

De curieux paysages se noyaient dans leurs seaux

 

Elles ne  se souciaient guère de la course des voiliers

Ni de leurs mâts dressés, de leurs ailes déployées

Absorbées par les jeux des enfants de leur âge

D’un drôle de  navire elles formaient l’empennage

 

 

 

 

 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 08:00

 

GM.jpg

 

La mienne était petite et frêle, elle courait tout le temps. Le matin, c’est à peine si elle chaussait ses lunettes pour parcourir le journal tout en mangeant ses tartines. Elle assemblait ses cheveux blancs et frisés dans un chignon serré, passait le balai dans le salon puis précipitait les poussières dans l’escalier menant à la cave. Gare à qui s’y aventurait à ce moment-là, le risque c’était une pluie de miettes de pain ou d’épluchures sur la tête !

Elle allumait la radio dans la cuisine et s’arrangeait pour que le bruit des casseroles couvre la voix des animateurs. Sauf pour le jeu des Mille Francs de Lucien Jeunesse. Je n’ai jamais compris pourquoi, durant ce jeu, poêles et cuillères, fouets et plats  se taisaient. Personne ne devait franchir le seuil de la pièce quand elle s’y trouvait. Elle pendait un petit tablier bleu à son cou et l’accrochait derrière le dos. C’était sa tenue de capitaine et elle pilotait seule. Je l’apercevais depuis le jardin, sa silhouette virevoltait de la table vers la gazinière, mécanique et sèche comme une marionnette dans les spectacles de Guignol. Quand le repas était prêt, elle rameutait ses troupes, mais elle ne devait pas se répéter sinon elle  laissait tout en plan et allait de se coucher. Nous rappliquions affamés et dociles.

L’après-midi, c’était la sieste. Elle s’allongeait durant une heure et somnolait tout en élucidant  des mots-croisés à moins que ce ne fût le contraire.  Puis elle se levait d’un seul coup, droite et raide, comme téléguidée. Elle m’appelait :

-          Joséphine !

Ca lui plaisait Joséphine, ça lui rappelait l’Impératrice qui était née dans son île, bien qu’elle n’aimât pas beaucoup cette esclavagiste. Mais j’étais sa Joséphine, sa Princesse, son Impératrice. Je lui préparais son goûter, un thé parfumé à la menthe du jardin et une madeleine. C’était un moment privilégié, elle me racontait son enfance, les îles, l’arrivée en Métropole, la guerre de 14 et le grand-père. Ses yeux délavés par le grand âge prenaient alors des couleurs. Ses mains déformées par l’arthrose se posaient sur mes cuisses et elle disait :

-          Profite de ta jeunesse, tu sais, à mon âge, on n’attend rien !

Elle est partie un soir d’avril 1985, elle avait 89 ans. Son pas vif, ses yeux espiègles, sa tendresse un peu rude me manquent. Aujourd’hui c’est ta fête « Mémé », je pense à toi.

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 20:13

 

 

pause

 

 

 

POUR UNE BALLADE AVEC MON CHERI DANS LA VILLE ROSE, A BIENTOT!

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