Jeudi 5 novembre 2009

Dernier thème de la semaine pour Dana: divagation personnelle.



C’est le dernier texte pour Dana. Et curieusement j’ai envie de parler de la tombe des petites filles modèles. C’est l’époque, novembre, la Toussaint, et une communauté qui  s’arrête c’est un peu une petite mort. Or, pour moi les cimetières  sont très gais, très doux. On y côtoie des âmes qui se promènent et ont tout plein de choses à raconter. Et comme Dana passe le relais à Lajemy, il n’y a pas vraiment de fin.

 

Camille et Madeleine sont enterrées à Verfeil, dans le sud ouest, au nord de Toulouse. Un petit musée leur est consacré dans une salle de la mairie. Pour le visiter, il faut téléphoner, prendre rendez-vous. Et j’aime l’idée qu’on ouvre la porte rien que pour moi. C’est tout petit, un peu vieillot, dans les vitrines on aperçoit des trucs de mémé, dirait ma fille. Des bijoux de baptême, des gants de communion, des coquetiers, quelques robes et jouets, tout jaunis, couverts de rouille. Quelques lettres, quelques photos couleur sépia. Et l’esprit de la comtesse flotte au dessus, on pense à Sophie, à ses malheurs, à ses bêtises. On contemple les exemplaires des célèbres romans : Les petites filles modèles, Les vacances, Les malheurs de Sophie.  Des éditions de l’époque à celles de la bibliothèque rose. Et  quand on est une grande bécasse comme moi, on redevient petite fille.

 

Camille est morte jeune, phtisique, à trente quatre ans. Son fils disparaît à dix huit ans. Madeleine  a vécu jusqu’en 1930. Restée célibataire, elle s’est occupée de sa célèbre grand-mère dans ses dernières années. Camille et Madeleine ont réellement existé disait la Comtesse : « ce sont des portraits, la preuve en est dans leur imperfection même ». Leur tombe, à l’entrée de la ville, isolée du reste du cimetière de Saint Sernin par un enclos,  est peu visitée mais fleurie. Les inscriptions sur les dalles de marbre sont presque effacées. Aller à Verfeil, c’est faire un curieux détour dans l’enfance. La nôtre.

 

J’aimerais ajouter, que « Le thème de la semaine », a réellement existé, la preuve en est dans son imperfection même. Imperfection ? Je ne vois vraiment pas où.

Par mansfield - Publié dans : ecriture de soi - Communauté : LE THEME DE LA SEMAINE
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Dimanche 1 novembre 2009

Cette semaine le thème est, chez Dana: coutumes et traditions de nos régions.


Coutumes et traditions de ma région…. A Paris, dans une foule cosmopolite, colorée, communautaire ? Mais de quoi je vais parler moi ? Ya pas de tradition régionale, de petits riens qu’on se transmet jalousement et qui font le « cachet » du coin. Il y a des villages.  Pour les illustrer, j’ai choisi des images de marchés comme celui de Belleville, du marché d’Aligre ou de la place Monge. On y rencontre des maghrébins, des asiatiques, des africains, des libanais et des français de souche dans une joyeuse cacophonie.

 









Au milieu du marché à Belleville, le métro.












De bons petits plats d'Afrique du nord et du  Liban










Dégustation à la japonaise















 Tradition française, avec le sourire.










Boucherie musulmane et même sourire.





Chacun a ses habitudes, religieuses, culinaires,
sportives, culturelles. On pratique entre soi, en petits groupes, je ne vais pas décrire par le détail. Je me contente de citer : le couscous du vendredi des gens d’Afrique du Nord, le sabbat des juifs, la messe dominicale des chrétiens, les dragons en papier du nouvel an asiatique, l’apéro au café, non, on dit le happy hour des djeuns, les virées théâtre, resto, expo des bobos, la piscines des musclés, le tennis, le golf en banlieue. Aller au ciné, fleurir son balcon ou son coin de jardin  quand c’est possible, inviter ses amis.

 

Ah, j’y viens… Quand tout ce petit monde se côtoie, se frotte et confronte ses diversités, ça fait de belles choses. On compare les religions, les cuisines, on donne son avis sur les films et les expos, on s’invite pour le thé ou l’apéro. Enfin, dans l’idéal. Souvent le bonjour dans l’ascenseur ou devant les boites aux lettres, fait le lien tout simplement. On se souhaite les fêtes respectives, on se questionne, on se complimente. Parce que c’est Paris, ça ne va pas plus loin. Respect de l’intimité et indifférence sont proches. Sourire, poignée de mains et questionnement poli sur la santé des adultes et la scolarité des enfants suffisent.

J’ai envie de dire que la coutume à Paris est de s’observer du coin de l’œil. Cela peut être suspicieux, conflictuel ou solidaire. C’est comme des boules de billard  qui se tamponnent. C’est Paris, certains adorent et ne pourraient pas vivre ailleurs. D’autres fuient. Moi j’ai choisi d’y résider, j’aime l’anonymat commode de la ville. Mais je m’en échappe souvent, il y a de belles  traditions à découvrir partout en France.

 

 

 

 

 

Par mansfield - Publié dans : ecriture de soi - Communauté : LE THEME DE LA SEMAINE
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Dimanche 25 octobre 2009

Le thème est cette semaine chez Dana: Les petits bonheurs qui suffisent à parfumer la vie.








L'odeur qui convient le mieux à mon parcours
est celle de la menthe. On dit "nana" en arabe.
Elle symbolise l’Afrique du Nord.








Les premières phrases que j’ai apprises durant mon enfance à Casablanca sont : « shrob la té et gib el roubs ». Verse le thé et donne le pain. La té, le parfum de menthe et le glouglou de la théière, les étals au marché et les gâteaux, divins, juste à côté. Les après midi chez la voisine et les festins les soirs de ramadan, toujours la menthe et la quesra, le bon pain rond tout juste sorti du four et tartiné de miel ou de beurre.




 








Il y avait la menthe à l'eau, avec les parents à la terrasse des cafés. Et plus tard le GET 27, en virée avec les copains.











C’est médicinal aussi la menthe. L’alcool de menthe sur un sucre avant le long voyage qui menait de Casa vers Toulouse où je retrouvais mes grands parents durant les vacances. Et plus tard, le macaron au menthol sur les tempes pour des lendemains qui déchantent après les soirées arrosées.










 





C'est intellectuel la menthe, je me souviens de
Diabolo Menthe, un film des années 70, de
Diane Kurys  je crois, où l’héroïne découvrait le monde désenchanté des adultes. Et le
générique d’Yves Simon a marqué toute une génération. Et puis j'y pense tout à coup il y a cette chanson d'Eddy Mitchell: "couleur menthe à l'eau"...








C’est culinaire. Exotique bien sûr, dans le taboulé et accompagnant les nems. Mais  sur le bord de l’assiette, ça fait très nouvelle cuisine dans les restaurants branchés. Et dans les mojitos, c’est planant… Vous l’avez
compris, je festoie un peu, parfois.

 

La menthe c’est l’évasion, le bien-être, le retour aux sources. C’est la fraîcheur.  

Ça pousse tout seul dans les jardins et ça plaît beaucoup aux chats. Mais souvent on l’oublie, elle grandit, la tige carrée se développe et les inflorescences coniques aussi. Elle n’a plus de saveur, il faut la couper. Dommage.



 







Mais la menthe c’est aussi les bonbons, dans les séminaires, au cours des exposés. Dans les hôtels, à la réception, un geste machinal, et hop. Et les pastilles Vichy, ça sert d’alibi à mon mari, qui ne veut pas que je m’aperçoive qu’il en a grillé une petite, le soir juste avant de rentrer.
Par mansfield - Publié dans : ecriture de soi - Communauté : LE THEME DE LA SEMAINE
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Samedi 17 octobre 2009




Le thème de la semaine dans la communauté de Dana est, "Boîte aux lettres".

Autrefois c’était la boîte à émotions.  On y postait des cartes de vœux, d’anniversaire, des lettres d’amour parfumées et d’autres, de rupture, empoisonnées. Il y avait les cartes postales, de partout en France. Les feuilles étaient manuscrites, on y dessinait de petits cœurs, on y collait les lèvres pour laisser la trace de son rouge à lèvres. Des grains de sable s’en échappaient parfois, des articles de journaux découpés, des larmes écrasées aussi.

Dans les boîtes aux lettres il y avait de la vie. Des échantillons, des fragrances  se libéraient dans nos mains. On pouvait conserver jalousement sous le matelas, ou froisser avec rage et jeter à la poubelle.

 

Aujourd’hui, c’est un fourre tout impersonnel. Les émotions c’est pour internet, on ne reçoit plus de courrier mais des messages qu’on lit et qu’on efface avec le doigt. On effleure une touche, doucement, pas de trace. Les sentiments sont balayés, délayés. Dans la boîte aux lettres, ya les factures, les impôts, les frais d’hôpital, les promos de la Redoute et l’avis d’abonnement à Elle ou Picsou magazine. Des pubs aussi pour le restaurant japonais qui vient d’ouvrir et cartons du mage Amidou qui fait revenir l’amour avec un talisman. Les cartes postales arrivent encore, de partout dans le monde. On voyage et on le fait savoir. Quoiqu’internet c’est pas mal aussi, pour ça. Pour se parler d’ailleurs.

 

Ma boîte aux lettres à moi, est dans ma tête. C’est ma réserve à trémolos puisqu’il n’y a plus vraiment d’endroit où empiler  les  moments d’humeur. Où caser des souvenirs. Ca n’est pas plus mal, j’entasse et quand ça déborde, je refoule dans ma mémoire, je fais le ménage. C’est comme le facteur quand il passe et qu’il ramasse le courrier. Jusqu’à la prochaine levée.

Par mansfield - Publié dans : ecriture de soi - Communauté : LE THEME DE LA SEMAINE
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Mercredi 7 octobre 2009

Le thème de la semaine est cette fois chez Dana: instrument de musique


Il ne s’agit pas tant de musique et d’instrument que de la motivation de l’artiste.  Tout est là. L’artiste est  tellement inspiré que composer, se concentrer, enregistrer des notes, des rythmes, des séquences musicales, occupe une bonne partie de sa journée. Il est  si doué, tellement génial !  D’ailleurs dans le groupe, il est  considéré comme le boss. C’est lui que les filles veulent voir, entendre. Devant lequel elles se pâment. Ses solos à la guitare sont divins, je vous dis pas. Quelle présence, à force de se passer des DVD de Dylan et de Jimmy Hendrix, il est passé maître. Dans l’art de bluffer les minettes,  de cristalliser l’attention. Et cet air de ne pas y toucher, ce côté poète incompris. Rimbaud s’en allant les mains dans ses poches crevées…

 

Ca y est vous avez saisi le truc.  Le temps que ça prend pour devenir populaire, voire célèbre. Et l’énergie que ça demande, il faut se donner à fond, aller au bout de son potentiel. Y comprennent pas les parents, y n’ont pas de projet, pas d’ambition. La guitare, ça se pratique, ça s’entretient, ça se peaufine. Alors les cours, le lycée, les devoirs sur table…

 

Merci j’ai donné, tempété, hurlé. Et puis je me suis résignée. J’ai fait confiance… En tremblant… N’empêche aujourd’hui, mon étudiant, me nargue avec trois accords. Il a trouvé sa voie et la musique, c’est pour le fun, l’équilibre. C’est important. La guitare c’est sacré. Tant pis pour moi si je ne comprends pas. Ou si je fais semblant.

 

Par mansfield - Publié dans : ecriture de soi - Communauté : LE THEME DE LA SEMAINE
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  • mansfield
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  • : PARIS
  • : Amatrice de thrillers et de romans psychologiques,j'aime particulièrement les personnalités bizarres ou fragiles, enfin tous ceux qui n'ont pas peur de montrer leurs failles, ce qui souligne les nôtres par ricochet.

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