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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 08:00
OSER

Je vais oser. Evoquer dans un même texte Monument Valley et le Cap Fréhel dont j’ai parlé la semaine dernière. Je vais oser car les lieux m’impressionnent davantage par leur pouvoir de suggestion que par leur incroyable beauté. Et Monument Valley à la frontière de l’Utah et de l’Arizona, c’est le Far West, les bottes à éperon, les chapeaux des cowboys et leurs foulards.

Quand arrive on a envie de s’asseoir devant un feu de camp, de partager un repas frugal, la main sur le colt, des fois que… les indiens ! On galope à cheval, on chasse au lasso, on envoie des éclaireurs repérer des tepees. On est "Prisonnière du désert", amoureuse d’Eclair, ce grand indien balafré, envoûtée par John Wayne cowboy pur et dur, presqu’insensible.

Quand on arrive on est accueilli par les indiens Navajo du XXIème siècle à bord de jeeps tout terrain, hurlant « Ça roule ma poule ! », pour amuser le français en goguette. On découvre des rochers au nom évocateurs, main gauche, main droite, Snoopy, W. On pique-nique à l’indienne, Hum… On s’isole, parce qu’on a envie de s’asseoir devant un feu de camp… Et ça fonctionne.

Puis on apprend que les Navajo n’ont jamais emprisonné quiconque en Utah, contrairement aux Comanches du Texas. Que la prisonnière à qui c'est arrivé en vrai et qui a inspiré John Ford, est devenue folle car elle n'a jamais pu se réhabituer aux siens une fois délivrée. Monument Valley, le décor était un caprice du réalisateur. De biens d’autres après lui. Tout est faux mais ça sonne bien. Cette vallée ocre, immense, désertique, évocatrice est si belle qu’on entre sans peine… dans le film.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 08:00
FREHEL

On m’en avait parlé comme d’un joyau de la Manche, le long de la côte d’Emeraude. Ce n’est pas le Grand Canyon mais a-t-on réellement besoin d’aller si loin pour que la séduction opère ? Manque-t-on à ce point de lieux extraordinaires, de sites époustouflants, de paysages envoûtants ? La magie n’a-t-elle lieu qu’après 12 heures de vol et 9 de décalage ?

Je prétends que non.  Le Cap Fréhel c’est d’abord une mer aux reflets de phosphore, du granit rose, des falaises découpées de 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. La lande à perte de vue, bruyère, ajoncs, aux couleurs exubérantes, jaune, bleu, vert, rose selon la saison. Un perchoir aux oiseaux, des rochers brise lames. Des sentiers de promenade, le phare, le Fort La Latte, Jersey dans la brume.

Fréhel c’est aussi pour la midinette que je suis, et bien que les Cornouailles soient de l’autre côté, le bruissement des jupes de Catherine, les bras musclés de Heathcliff. Pour l’histoire, les fantômes des navires de corsaires, voguant toutes voiles déployées. La griserie des espaces, le danger, les gouffres, le vertige, les vents tourbillonnant, des cris d’oiseaux incessants, des nappes de brouillard, un ciel plongeant dans l’eau. C’est du bruit, des couleurs, l’odeur du large, le sel sur la peau.

C’est ce qu’il reste quand on ferme les yeux, qu’on se souvient. Dire "je suis allé" ne suffit pas. Encore faut-il être capable de reformuler ce dont on se rappelle. De restaurer la magie.

 

FREHEL
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 11:30
PARENTHESE

Je rentre aujourd’hui. Les vacances sont déjà loin car c’est du temps qui pschitt. On les attend avec frénésie, on compte les jours, on envie ceux qui partent avant soi et on jalouse ceux qui, de retour, ont des étoiles plein les yeux. Mais c’est du vent tout ça. Les vacances, ça se vit pendant, se photographie, se chahute, s’avale comme une gorgée de bière. Pas la première, intense et irremplaçable. Les vacances c’est désaltération et amertume. Survient le moment où l’on aimerait rester là, en stand by, entre chez soi, Saint Malo ou Los Angeles. Si, si, je compare des extrêmes, mais ça fonctionne quel que soit l’endroit. Les jours déconnectés paraissent irréels, particulièrement savoureux, font de la mousse.

Il faut revenir. Retrouver son monde d’écolier, d’étudiant, travailleur acharné, retraité surbooké. Ou demandeur d’emploi motivé, refusant la déprime. Car cette vie quotidienne, routinière, rend la parenthèse intense bien qu’illusoire.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 08:00
EN PAUSE

CA COMMENCE POUR MOI MAIS PAS DE BATEAU CETTE ANNEE,

 

A BIENTOT, JE CONTINUE DE PIANOTER SUR VOS BLOGS!

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 08:00
DE VELOURS

A vingt-deux heures il fait nuit. Ça n’a l’air de rien comme ça mais ça commence. Les nuits rallongent...  En journée, août est à son zénith, le soleil est chaud, juste comme il faut, pour justifier la saison. On s’entasse sur des plages, on bulle aux sommets avec les edelweiss. On travaille avec ou  sans la clim, une lumière vive de plein été accompagne nos efforts. Les J.O. occupent nos loisirs, un peu. « La fille de Brooklyn » aussi, on tourne ses pages sur un transat, on ne la quitte qu’à la tombée de la nuit.

La nuit, c’est bien le problème. Elle arrive trop tôt, trop vite. Elle est chaude, enveloppante, se déguste à la terrasse des cafés, au bord d’un lac,  dans l’odeur de foin coupé. Ou accoudé à la rambarde du balcon... Elle emprunte ses couleurs à la lune et à un ciel particulièrement clair et étoilé, ses odeurs aux fleurs dont elle exhausse les parfums. Elle s’étend, elle grignote le jour. Elle fraîchira, foncera peu à peu. Nous sommes à la période des nuits de velours, assez longues encore. Blottissons-nous dans leur douceur.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 08:00
La voyez-vous?

La voyez-vous?

Elle s’était invitée au milieu de la conversation. Hélène et moi avions décidé de nous retrouver dans une brasserie bien longtemps après nos premiers émois d'écolières, à Casablanca. Je ne dirai pas où. Dans quel établissement nous étions bien sûr, ça ne serait pas convenable. Nous nous étions retrouvées comme des gamines à la sortie des cours.  Avions renfilé nos panoplies. Papoter, parler d’avant, ailleurs. Quand l’avenir nous souriait, qu’on lui faisait des pieds de nez. Rappeler des odeurs, des couleurs, des lieux magiques. Evoquer d’autres petites filles à couettes, à nattes ou à cheveux courts devenues femmes épanouies, blessées, éprouvées ou résilientes. S’étonner, s’esclaffer, s’exclamer, commenter des photos ou des coupures de journaux. Raccourcir le temps, déterrer des souvenirs, vivre.

Ce ne serait pas convenable de nommer l’établissement. Pour sa réputation. Quoique. Paris en a vu d’autres. Notre invitée sans gêne et débrouillarde avait quatre pattes, deux oreilles pointues, une longue queue et se faufilait entre les tables. Elle déchiquetait une tranche de tomate. Etre souris à Paris, ça a du bon.

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 08:00
A LA PECHE

Si on allait à la pêche. Un matin à la fraîche, avant le défilé des maillots de bain et des paniers de pique-nique. Installer les cannes dans l’herbe. Observer les frémissements de l’onde, y voir danser les nuages. Se dire que le soleil est magicien. Il fait de l’étang un miroir poudré, dore les papillons, piège les libellules. Gloussement des poules d’eau, ballet les canards. Bruissements d’ailes, plongeons soudains, murmures du vent dans les feuillages.

La chaleur monte, vite de la crème et une casquette ! La ligne plonge, dextérité et épuisette. Se vider la tête, ici le quotidien s’arrête. Se mettre au vert, toutes nuances confondues, la nature offre une palette étendue. A l’ombre d’un saule, placer une natte, sortir les sandwichs et la bière. S’étendre, ne plus bouger, fermer les yeux comme en prière. Offrir son corps par la ville malmené, à la caresse bienfaisante de l’été.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:00
LES VACANCES

Les vacances, il se peut que se soit ça. Du bruit, des cris, et pas un carré de libre sur la plage. La queue chez le marchand de glace et réserver deux jours auparavant au restaurant du bord de mer, toujours plein de célébrités, de Porsches garées sur le trottoir, de fêtards en mode décontracté. C’est se lever tôt pour prendre sa douche au lieu de poireauter avec son savon et sa serviette  à l’espace toilette du camping. Siroter un verre de Ricard en écoutant la Lambada tout en coupant à cœur face au voisin de mobil home. C’est se pomponner tout l’après-midi et retrouver les potes à l’entrée de la boite sur la jetée, après un tour jusqu’au phare. Patienter dans la foule et le vent sur la place, en attendant le cinéma de plein air. C’est le moyen-âge et ses remparts, ses ponts levis et ses boutiques bio, ses épées en plastiques, ses restos chics sous la pergola, qui vous kidnappent l’air de rien. C’est le monde, la chaleur, les vagues ou l’histoire de très loin... Et vous, noyés au milieu.

C’est aussi ça. Toi, moi, une barque, un coin de ciel, un bord de rivière et le temps qui coule avec des reflets dorés. Pour certains c’est rasoir, moi, ça me va.

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 08:00
L'AUTRE....

…. Putain de camion ! Les mots de Renaud peuvent resservir. Tels quels pas même détournés, pour exprimer la douleur. Et cela uniquement. La perte, les cris, l’horreur. Ne montrer personne du doigt, n’en vouloir à personne, accuser le chagrin.

« Et qu’est-ce qu’y foutait là ? » : on aimerait comprendre.

« J’espère au moins qu’là-haut

Ya beaucoup moins de salauds » : on voudrait ne pas penser ça.

« Tu nous laisse avec les chiens…

J’aimerais me blottir dans un coin » : pour l’éviter on se rassemble, on se recueille, on se donne la main.

« Putain j’ai la rage

Contre ce virage » : ce virage que prend l’humanité se détruisant elle-même au nom d’idéaux.

« Putain d’camion, putain d’destin, tiens ça craint » : que dire aux familles orphelines ? Quel réconfort apporter?

« Dans ma tête y fait froid » : dans la nôtre aussi car il faut vivre en espérant ne jamais être touché soi-même, en étant sur le qui-vive, en affrontant le drame au travers des journaux télévisés. Il faut continuer malgré. L’instinct, le besoin de poursuivre, de croire en un monde pacifié sont ancrés en nous. Mektoub !

 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 08:00
POUR LE FUN

Les jeux c’est pour bientôt. On termine avec le foot et hop ça redémarre. Cérémonie d’ouverture, foule en liesse, drapeaux ondulant au vent, pronostics, paris aux terrasses des cafés. Les « Tu te rapelles 2012 à Londres », les « Mon premier souvenir c’est 84 ! » fleurissent. On évoque Comaneci si, si encore, et Manaudou, la soeur,  on espère Usain Bolt et Manaudou, l’autre si, si, le frère. On s’habille en jaune et vert comme des serins, on investit la FAVELA CHIC rue du Faubourg du Temple à Paris, pour s’imaginer qu’on y est. On entonne « esa moça ta diferente » de Chico Buarque. On se repasse « L’homme de Rio » pour le fun. On se goinfre de feijoada et on verse la Cachaça sur de la glace pilée. Ça y est, on ouvre grand les bras, on se prend pour le  Christ Rédempteur du Corcovado?

Décollage, atterrissage, dépaysement.  Calmos, cette fois, on ne verra pas grand-chose…Décalage horaire oblige !

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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