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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 08:00
PRINTEMPS CRUEL

C’est presque le printemps, époque du renouveau de la nature, les cerisiers sont en fleur, les jours allongent entre grisaille et soleil pâle. Le fond de l’air est relativement doux. Les poussettes envahissent les trottoirs, des grand-mères au sourire plissé se penchent sur de petites frimousses aux joues rougies, portant bonnet.  Les parents fiers d’être parents pilotent de petites voitures sophistiquées aux formes arrondies, succombant à la mode et au progrès, dignes des 24 heures. On se toise, on se salue, se complimente sur la vie qui nous pousse irrémédiablement vers la sortie. A coup de chaussons roses ou bleus.

Mais je pense à ces femmes, de plus en plus nombreuses au comptoir et dont les ordonnances renouvelables à volonté préconisent Ovitrelle, Décapeptyl, Gonadotrophine et autre progestérone. Je pense aux espoirs, au découragement, à l’anxiété,  la rage que peuvent déclencher ces tentatives de grossesses. Ces calculs, ces ruses avec les horaires, ces  allées et venues entre hôpital, pharmacie, infirmières. La hantise du temps qui passe, la honte incontrôlable, la frustration qui s’emparent de ces femmes. La timidité, la culpabilité de coûter si cher à la sécurité sociale.  Je pense que le printemps est, dans leur cas, ressenti bien cruellement quand vient l’échec.

 

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 08:00
désolée pour le boudin vert!

désolée pour le boudin vert!

On dirait que mars affolé déclenche la tempête. Trempé, battu, courbé, on souhaite que ça s’arrête. Le printemps délavé ajuste ses couleurs.  Violettes et genêts subsistent avec honneur.  La pluie jaunit les murs,  et blanchit les ardoises. Quand viendra donc le temps des mûres et des framboises ? Le ciel cale ses nuages  au-dessus de nos têtes. Ce qui motive sa rage ? L’hiver qui s’entête. La grisaille est pesante, dans la cour la pluie chante. Un boudin vert au loin, trottine sur l’asphalte. C’est le chien du voisin, son maître dit : stop, halte !  L’un en imperméable, l’autre sous un parapluie. Ils ont l’air adorable, ainsi bien à l’abri. Dans le jardin en face, volent des balançoires, comme des papillons aux ailes roses et noires. La ville est détrempée, et chuintent ses souliers.

Allons, pas déprime, ce n’est qu’une transition. C’est la saison qui frime, juste avant l’abandon. Les beaux jours qui piétinent, début de mois fanfaron.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:00
INDIGESTION

Ce que j’aime dans la cuisine libanaise ce sont les mezze. Les mélanges, une multitude de petits plats dont je ne citerai pas les noms parce qu’étrangement je n’ai pas envie de parler de cuisine. On les apporte ensemble à table, tous mélangés, accompagnés de pain pita libanais. Le profane ne sait pas quels sont les hors d’œuvre et les plats principaux. Le chaud arrive avec le froid, les purées avec la salade, les boulettes avec des chaussons de pâte fourrés également à la viande. Les foies de volailles aillés côtoient des aiguillettes de poulet citronnées. Une branche de menthe flotte dans l’eau de table et le vin de Kefraya à 13, 5 degrés vous entourloupe le jugement. Plus vous mangez  plus il  arrive de plats, plus vous saucez plus on dépose de purées et de haricots à tartiner. Vous ne savez pas vous contrôler, vous arrêter. Tout est bon, tout s’avale. Le thé à la menthe en fin de repas aide à faire passer, à nettoyer l’estomac. On garde le souvenir d’un excellent moment et la digestion commence en douceur.

Mais le thé, la menthe, ne suffiraient pas aujourd'hui à  soulager nos maux de ventre, nos nausées, nos indigestions. Car l’actualité, au seuil des élections nous fait avaler beaucoup trop de couleuvres qui ne passent plus.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 08:00
MADELEINE CASABLANCAISE

Nous avons tous une madeleine de Proust. Un lieu, une odeur, un son, une couleur, une texture qui nous rappelle ou nous ramène vers avant. Cette boulangerie, avenue Mers Sultan à Casablanca est l'une des miennes.

Jusqu'en CE2 j'allais à l'école de filles Mers sultan. Après la classe, je me précipitais à l'intérieur de la boutique et réclamais un beignet à la confiture. Je revois la boulangère une dame rousse aux cheveux frisés. Je revois son sourire, j'entends sa voix douce et chantante. Je peux presque toucher le carré de papier gras dans lequel elle me tend mon goûter. J'entends les exclamations des camarades pour qui c'est un rendez-vous incontournable. Par extension je revois l'école, son architecture en L, le préau. Les souvenirs affluent mais... A vous ils n'apporteraient rien.

Quand je suis retournée à Casa, trente ans plus tard, le boulanger marocain, très souriant,  baragouinait un peu de français, vendait des pâtisseries orientales et proposait du thé  à la menthe. Il m'a regardée avec de grands yeux étonnés quand j'ai évoqué ma boulangerie, mon école. Mais je m'en doutais. J'ai photographié ma madeleine, le marbre gris de la façade demeuré  inchangé.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 08:00
CE SOIR-LA

Ce soir-là, il y aura un match paraît-il. De foot évidemment. Qui contre qui ? Peu importe. Nous les filles, en grande majorité, on s’en fiche. Je précise, en grande majorité, je couvre mes arrières. Il y a des gars qui s’en moquent aussi. Si, si. Il ne sera transmis en principe que par Netflix ou Being sport. Donc peu de chances que la soirée soit compromise. Mais je connais des petits rusés qui essaieront de composer. Pour qui ce jour-là c’est du commerce, du business, de quoi faire marcher les restaurants, les fleuristes, les bijoutiers, les chocolatiers, que sais-je encore… Ils tenteront de vous emmener fêter ça au troquet du coin, devant un pichet de bière et la télé offrant un spectacle de gambettes galopantes sur gazon verdoyant. Ou alors, il faudra bâcler le dîner parce qu’à 21h, ça commence !

Ne vous laissez pas faire, ne leur permettez pas d’évacuer ces habitudes de midinettes d’une pichenette ! Il ne s’agit pas de céder à une mode, de s’obliger à afficher des sentiments. Tout ce qu’on leur demande, c’est d’arrêter le temps, de se retourner sur hier. Constater ce qui a pu s’user, disparaître. Ce qui perdure malgré les années. Qui est à consolider, redéfinir. Ou bannir. Et repartir d’un bon pied !

Ça peut se faire devant un demi et un paquet de chips ! A condition de se vautrer à deux dans le canapé, tête contre tête. De regarder avec les yeux, de voir avec le cœur. S’il n’y a personne à vos côtés ce soir-là, chouchoutez-vous !  Rien ne remplace l’amour, l’estime de soi. Quoi qu’on dise, on est toujours tout seul. Même le 14 février...

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 17:00
Orgueil et Préjugés, version de 2006, ma préférée

Orgueil et Préjugés, version de 2006, ma préférée

La Saint Valentin approche. Indissociable de l’amour, elle m’a donné envie de revisiter certains lieux magiques. Des cadres romantiques, au cinéma et en littérature, que je cite pêle-mêle au gré des souvenirs.

Le bac qui relie Saigon à Sadec dans l’Amant de Marguerite Duras. Propice à la rencontre banale mais symbolique entre une jeune fille sage et un homme à chapeau sur le Mékong. Colonialisme, lenteur, moiteur, pesanteur…

Les rues de Rouen, pour Emma Bovary et Léon, selon Flaubert. Un fiacre, des chevaux à vive allure, des rideaux baissés, un itinéraire vagabond. Des passants étonnés. Et l’amour à l’intérieur, à peine évoqué, tellement suggestif.

Le planétarium de Los Angeles pour  Ryan Gosling et Emma Stone dans La La Land,   de James Dean et Natalie Wood dans La fureur de vivre. Emblème de LA, symbole de l’amour, immensité, envol, infini…

Les quais de Seine, en carton-pâte dans La La Land,  et pour de vrai dans Midnight in Paris De Woody Allen. O Paris so romantic ! Les boutiquiers, la Seine envoûtante, et pourquoi pas un cliché de Doisneau en arrière-plan.

Les hauts de San Francisco pour Matthew Modine et Melanie Griffth, inquiétants tout autant qu’idylliques dans Fenêtre sur Pacifique ; le Berverly Wilshire Hotel  de LA où Julia Roberts s’achète une réputation auprès de Richard Gere dans Pretty Woman. Un salon,  un jeu d’échec au centre, cadre du jeu subtil de chat et de la souris entre Steve Mcqueen et Faye Dunaway dans l’affaire Thomas Crown. Torride !

La plage de Deauville pour les Chabada de  Jean Louis Trintigant et Anouk Aimée; l’appartement reconstitué à Paris, identique à celui des parents d’Haneke pour Amour avec le même Trintignant et Emmanuelle Riva. Quand amour est aussi accompagnement de fin de vie.

Le Pemberley imaginaire  d’Orgueil et Préjugés, collines, boisées, cours d’eau, nature respectée, où Elisabeth et Darcy apprennent à se connaître, selon Jane Austen. Tant d’autres encore…

Beaulieu sur Dordogne, pour mon chéri et moi. Mais je m’égare ! Et pour vous, quels sont les lieux qui font la magie de l’amour, au cinéma, en littérature ou dans la réalité ?

 

 

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 08:00
CE SOIR, OUBLIONS...

Oh et puis zut ! Oublions les élections, Donald et ses couacs de canard, la grippe et la contagion, de nos journées les avatars.

Dirigeons-nous vers le salon. Champagne en robe mandarine, angostura, note sybilline. Quand l’appétit vient au palais, laissons le bonheur s’installer. Roulés de crêpes au saumon, petits fours frais, pâte maison, piments chatouillant les papilles, dans la cheminée, le feu brasille. Je vous ressers ?  Bien volontiers.  Mais sans façon,  pour moi  c’est non.

Passons à table les amis. Saint Jacques aux petits légumes, croûte dorée, percée, qui fume. Un verre de Pernand-Vergelesses ? Entretenez notre faiblesse ! Chut ! Déguster relève de l’art, les bougies voilent les regards. Un rôti farci au foie gras, des pommes de terre à la truffe. Gourmand  ce fabuleux repas, le cuisinier n’est pas Tartuffe ! Une larme de Léo-Pessac ? Encore des tours dans votre sac ? Voyons, salade sans façon. Fromage, dessert : une Pavlova. Ne me dites pas que… vodka ? Café, liqueur de mandarine, comme on a commencé on termine !

Quand la raison hurle prudence, vers la maison rouler patience… Quand partager, se retrouver, échanger fous rires et nouvelles, quand des soucis se libérer, fait dire que la vie est belle.

CE SOIR, OUBLIONS...
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 08:00
PAPILLONS

Il sort en salle mercredi, alors pourquoi en parler avant.  Quoi dire ? Le sujet du film c’est persévérer pour faire reconnaître son talent.  Hollywood, des couleurs pastel ou pétantes, la danse, la musique. Les déceptions balayées par la fougue, l’endurance, la confiance en soi. Les pleurs, le chagrin, la rage. La joie, les rires, de l’émotion en feu d’artifice, le sentiment d’apesanteur. La nuit, des étoiles, des réverbères, le jour lumineux, le blanc immaculé. Des décors, des costumes, des plans magistraux. L’amour plus fort que tout. Voilà ce que You tube enseigne.

Voici sur quoi ce film renseigne avant même que des files se forment devant les cinémas. L’époque, morose, a besoin d’enchantement, de rêve, de folie, de légèreté. Le spectateur a une âme de midinette et le cœur fait pour la romance. On ne le stimule jamais assez.  Il aime s’échapper sans recourir aux paradis artificiel.  Il est beau jeune, en pleine santé, il a un avenir, une raison de vivre. Et quand le générique de fin se profile, il atterrit en douceur. Dans sa tête, des papillons pollinisent les petites cellules grises. La semaine peut démarrer.  

1967 avait ses Demoiselles, 2017 a La La Land

 

PAPILLONS
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:05
NEIGE

Elle doit arriver cette nuit. Ça fait une semaine qu’on nous l’annonce. Le vent, la pluie, de la glace fondue l’ont précédée. Elle se fait attendre. Derrière la brume, elle prend le pouls de la ville. Elle entend : « C’est à toi dans deux minutes ! » Elle s’ébroue, le ciel claironne : « Et maintenant, la voici, c’est elle, faites une ovation à.. ». A la télé  Laurent Delahousse prévient : « Madame, monsieur, bonsoir. Grands froids attendus dans les jours à venir. EDF est sur les dents. »

Elle secoue sa crinière cotonneuse, fait voltiger ses paillettes, tourbillonne dans un grand show, tant de lumière, tant de blancheur. Et le silence se fait, un public ébahi la regarde évoluer, électriser l’atmosphère, réinventer le décor. Attention, la touche ultime, la chute des derniers flocons.

La star s’éloigne, qui voulait mourir sur scène.  Avec son manteau blanc le rideau est tombé. 

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 08:00
COMME LUI

Elle lui ressemble. Elle est icône, on se la représente, ronde, joufflue, dorée. Il est pictogramme, on le dessine jaune, circulaire, rayonnant. On la relie à l’enfance, à la naïveté. Il évoque douceur, lumière et clarté. On  l’associe au cidre, à la fève ou à la couronne comme lui au ski, à la plage, aux vacances. On la photographie, entière ou  tranchée,  on zoome sur le feuilleté de sa pâte. On l’immortalise sur disque dur par goût des clichés,  pour épater ses amis ou se créer de radieux souvenirs. Elle est coutume, tradition, il est phénomène culturel. Elle est remède, réjouit, rassemble. Il est médicament, réchauffe, apaise. Elle est divinité païenne, il est astre providentiel.

Alors pourquoi ne pas le temps d’un partage, les réunir.

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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