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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:00
FOLKLORE

Décembre en place, c’est Noël qui s’oublie. La fête approche et file entre nos doigts. Se prépare dans l’effervescence. Dans une débauche de lumière, de couleurs. La foule gesticule, se masse, se bouscule. Odeurs de parfums et de sueur, chaleur oppressante des grands magasins. Nourriture étalée, coffrets, boites, papier glacé, bolduc, ficelles. Sapins emmaillotés, jacinthes pailletées, thuyas enneigés. Etoiles en vitrine, marchés, épicerie fine, repas d’entreprise, cadeaux surfant sur la crise, robes scintillantes,  bourses parfois défaillantes. Surprendre et faire plaisir. Offrir et recevoir. Un mois de frénésie, de courses et de folies. D’intenses préparatifs, d’assauts démonstratifs.

Pour un soir pareil aux autres, dont la  magie est de rassembler ceux qui s’aiment. Au-delà du folklore de décembre.

 

 

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 08:00
BAL D'HIVER

Comme une abeille au bal d’hiver, elle a dansé devant l’estrade. Son insouciance était son arme, la force des purs, des innocents, qui luttent sans cesse contre le vent. A la périphérie de Paris, bien loin du cœur et des poumons, la vie semble arrêtée. Les commerçants s’en sont allés, banques et médecins ont déserté. Le supermarché fait grise mine, Noël oublie de s’installer, avec son cortège de lumières. Alors danser dans la poussière, en écoutant chanter le groupe, se  remuer au bal d’hiver, c’est indiquer qu’on est vivant, qu’il est  encore  temps. De bousculer monsieur le Maire et ses adjoints, tous les élus. Loin des endroits favorisés, loin des grands axes oxygénés, certains quartiers sont asphyxiés. Nous sommes les extrémités de Paris, ses doigts gelés. Réchauffez-les, donnez à d’autres abeilles en devenir, à leurs parents, à leurs aînés les moyens de profiter du temps présent.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 08:00
LA BOITE

Il a dit : la prochaine fois je ramène la boite. De chocolats bien sûr.  Il y a le plaisir de recevoir, la gourmandise, le goût sucré dans bouche. C’est ce à quoi on pense tout d’abord. Il y a la période aussi. Quand les chocolats circulent, c’est que Noël ou Pâques  approchent. Ce n’est pas une question de religion mais de coutume, le sens de la fête, du partager ensemble. Il y a le plaisir d’offrir. Quand les chocolats circulent, c’est aussi pour remercier, sans s’encombrer de mots. Quelle que soit l’époque de l’année.

Il y a le geste. Touchant chaque fois. Parce qu’on n’est pas obligé, qu’on n’attend en retour, rien de plus que ce qui l’a motivé. Parce qu’il est pensé, réfléchi, qu’il n’est pas anodin.

Pour nous pharmaciens, comme pour d’autres professions de service,  en cette période, la gourmandise, le plaisir, les remerciements contenus dans une boite de chocolats sont un petit supplément. La preuve d’un échange, d’une communication, d’un lien précieux avec le client.  

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 08:00
Hommage à Delacroix  par Fantin Latour ( Le peintre en blanc, Baudelaire face à lui)

Hommage à Delacroix par Fantin Latour ( Le peintre en blanc, Baudelaire face à lui)

J’ai voulu rattraper mon retard. Trois expositions en trois semaines. Fantin Latour, Baudelaire et Oscar Wilde  m’ont fait revisiter le XIXème siècle. J’ai admiré les peintures du premier, ses portraits de groupes saisissants, ses natures mortes. Adoré les commentaires du second sur les toiles de ses contemporains, étonnée quand même de découvrir qu’il rejetait les productions de Manet, précurseur des impressionnistes. Me suis régalée des remarques grinçantes du dernier, ses boutades, ses impertinences de dandy irlandais. «  Vivre est la chose la plus rare du monde. La plupart des gens ne font qu’exister »

Comme souvent durant mes visites, j’ai eu à observer de loin, sauf pour Baudelaire avec qui j’ai pu converser en tête à tête, des œuvres devant lesquelles s’agglutinait une foule dense, immobile, des groupes accompagnés d’un guide volubile, un peu précieux. Subir les foudres des gardiens lorsque j’approchais les murs d’un peu trop près. Ecouter les commentaires d’une grand-mère s’extasiant devant les cadres dorés à l’or fin qui lui rappelaient ceux de sa maison de campagne. Et m’apercevoir, effarée qu’on devait épeler le mot « esthète » aux élèves d’une classe de troisième, leur indiquer qui était Verlaine. Quoique, à leur âge, ça me disait quoi Verlaine? Bref comme toujours, j’en ai autant appris sur des hommes illustres du passé que sur mes contemporains anonymes. Tout cela m’a fait du bien.

 

Oscar Wilde

Oscar Wilde

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 08:00
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:00
BALLET

Ils entrent timidement le samedi jour de marché, dans l’officine. Choisissent un moment où la foule se fait moins dense ou une période de vacances scolaires. Ils ont l’air sérieux, sont conscients de l’importance de la tâche qui leur incombe. Ils ont une sacoche en bandoulière ou portent un cartable d’écolier qui ne pèse vraiment pas. Leur voix est douce, ils parlent tout bas, leurs yeux observent nos mimiques, notre langage. Arrivés au comptoir ils déterminent le nombre de personnes qui composent l’équipe, ouvrent leur précieux bagage, tendent la main discrètement mais fermement, interrogent : «  Tout le monde est là, personne  à l’arrière ? » Et distribuent de belles affiches. Avec au recto le portrait flatteur d’un candidat au sourire ravageur. Au verso de belles promesses établies à l’encre noire sur du papier bleu, rouge ou blanc.

Le ballet précédant  la course à l’Elysée vient de commencer, et chez nous commerçants, cabrioles, pas chassés et changements de pied se succèdent avec virtuosité.

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 08:00
TROIS COULEURS

J’aime que l’automne ait trois couleurs. Qu’il se débatte entre les saisons, qu’il peine à trouver sa place, qu’il se croit jeune et fort encore, qu’il s’épanouisse en rougissant, qu’il disparaisse en s’asséchant. L’automne correspond à un âge idéal, où l’on définit ce qui est important et ce qui reste à accomplir. Il se sent vert et plein de sève, il fait de l’ombre sous les tonnelles. Il se croit riche, se couvre d’or, porte des habits scintillants.  Lorsqu’il se penche vers l’eau d’un lac, ce sont pourtant larmes de sang qui miroitent et l’affaiblissent. Bientôt le givre et les grands froids le dépouilleront. Décharné, décoloré il enfilera sans regret le manteau de  neige poudrée que  l’hiver tendra de bon gré.

 

 

TROIS COULEURS
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:00
SONATE

L’automne c’est le bruit des feuilles sous les pas, un craquement sec comme l’huile de friture. Mais il faut aller aux champignons dans les sous-bois, avec un canif et un panier en osier. Parce que là c’est magique. Le sol est rouge, doré, personne ne l’a encore foulé, les bottes s’enfoncent et ça crisse, ça crie, on dirait que la terre rouspète. Ça vole dans tous les sens, ça s’éparpille et ça revient se coller aux semelles. En réalité la terre aime qu’on la chatouille, qu’on la gratouille. Qu’on déplace des graines, qu’on emporte de la mousse. Sans la dépouiller totalement. Qu’on lui laisse quelques bolets pour la repousse comme on lui a gardé des jonquilles il y a peu. En mélomane, elle a aussi d’autres joies au mois d’octobre.  Car la course des lièvres, la fuite des biches, le galop des chevaux ont un rythme particulier, composent  une musique qui sonne et claque, une sonate sur le tapis rouge de l’automne.

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:00
A L'AMERICAINE

Des élections comme leurs pâtisseries, colorées chimiques, aromatisées. Echange de mots verts, bouillonnants, au parfum douteux. Une scène politique comme un ring où deux adversaires peu crédibles se font face. Aucun ne convainc, aucun ne séduit, ils pérorent, tous deux vautrés sur le lit de crème et de fleurs en sucre que constituent les électeurs déroutés. A chacun sa couronne, celle qu’il, ou elle, rêve de porter au grand soir. Voyez comme madame arbore un joli nœud sur le crâne, voyez comme monsieur ironise de ses gros yeux globuleux fixés sur elle. Pas de doute, si l’on aime la gastronomie et le raffinement, cette course à la Maison blanche tient ses promesses ! 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 11:35
Dinard vue depuis Saint Malo

Dinard vue depuis Saint Malo

Coucher de soleil. La nature fait son théâtre, être spectateur. Se placer dans le décor, parmi les ombres, observer le ruban  luisant sur la Rance. Le disque solaire devenu soucoupe, s’étale, se fond aux nuages et embrase Dinard. D’ici on croit à la magie d’une ville en feu se précipitant dans la mer. On devine ses toits noircis, découpant l’horizon et la roche abrupte qui la fait danser sur l’eau. Se perdre dans les branchages d’une nuit en marche, observer un coin de ciel récalcitrant, parcelle de jour déclinant avec panache.  C’est beau une ville… au crépuscule !

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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