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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Prendre la route dès le réveil

 

Sans attendre le plein soleil

 

Longer les champs de tournesols

 

Qui, tête dressée,  me cajolent

 

D’un baiser sec et craquelé

 

Offert sur la voie de l’été

 

Entrer dans l’ombre des sous-bois

 

Telle une musaraigne aux abois

 

Regarder danser les grillons

 

Dans la poussière en tourbillons

 

Une odeur de terre chaude et âcre

 

De la journée signe le sacre

 

Je forme  de  la main une coupelle

 

Et cueille des mûres, des mirabelles

 

Me voici au bord de l’Ariège

 

D’où j’ai l’immense privilège

 

D’apprivoiser la  lueur ambrée

 

Qui couvre le tronc des figuiers

 

Un feu crépite sur l’autre berge

 

Dans les trouées, des flammes émergent.

 

Et la fumée enveloppante

 

Berce mon cœur, sécurisante

 

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:00

 

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Quand l’automne s’impose doucement, on dirait que la saison recouvre nos épaules comme si nous étions des petites choses fragiles à protéger. De petites choses dormantes résignées à subir l’hiver comme une injustice. Et l’automne a horreur des petites choses molles et sans caractère qui se laissent décimer par le froid. L’automne a convenu d’un vaccin remboursé par Dame Nature. Il a fallu choisir le sérum approprié, le virus inactivé, la température adéquate. Il a semblé urgent de définir un dosage efficace chez l’enfant, chez l’adulte et chez les séniors. Il est devenu crucial d’assurer la publicité de l’événement, de vacciner à grande échelle.  De lever les doutes, les questionnements, d’assurer la transition avec douceur, de préparer nos organismes aux frimas à venir. L’automne a misé sur la couleur de la bonne mine et de la vitamine C, sur le craquant des tapis qui jonchent le trottoir. L’automne sait que nous résisterons, et porterons décembre comme un drapeau jusqu’au printemps prochain. L’automne est un ami en or !

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:00

 

Voici un poème extrait du recueil de Suzâme "Ecrits sur ma paume", que j'ai reçu dernièrement. Il me touche particulièrement car ce sont, aussi étrange que cela paraisse, un peu nos regards que nous échangeons sur le net.

Merci à toi Suzâme.

 

20-janvier-2013 4996

 

 

QUETE DE l'AUTRE

 

Entre mille regards

Un seul

Entre mille mains

Une seule

Et pourtant étrangère

Il suffit d'une foule

D'un instant

Pour atteindre l'autre

Gravir monts et âmes

Graver l'atttente

Entre silence et espérance.

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Défi 108 chez les Croqueurs de mots posté cette semaine par M'amzelle Jeanne: Fenêtres.

Au village on voit passer tout le monde. La rue principale c’est un peu les Champs Elysées, il y a les noces bruyantes, des voiles, de la dentelle et des fleurs, des claquements sur les pavés, des chants grivois et des disputes. Il y a les soirs de bal, des filles gloussent, des garçons éméchés leur courent après. Et de gros dégoûtants échangent leur salive juste devant nos rideaux. Il y a des chats sans gêne qui farfouillent dans nos pots de fleurs. C’est la raison pour laquelle on ne nous garnit même plus. Il y a les défilés, Noël, Pâques, 14 juillet et quinze août, le départ des anciens vers la maison de Dieu.

Au village, nous sommes basses et exhibitionnistes, on peut tout voir derrière nous. Nous sommes de gros yeux ouverts sur la rue et dans lesquels on peut lire la vie des gens. On peut nous enjamber et entrer comme ça, c’est comme une invitation, un petit racolage. D’ailleurs, je viens de repeindre mes persiennes, c’est mon petit botox à moi. Il fallait que je me distingue, avec les copines, alignées comme ça nous avons l’air de filles qui attendent le client.

Au village, nous soutenons les pierres qui sentent le lierre et les siècles moussus. Et nous laissons passer le vent qui aère le temps. Comment dire, c’est comme si les âmes passées s’étaient tricotées une écharpe pour mieux voyager à travers les maisons en passant par nous. Et quand ils se promènent près de nous, les vivants d’aujourd’hui soufflent une haleine chaude en passant  comme pour nous embrasser.

Au village, je l’ai toujours dit, nous sommes les gardiennes, les piliers. A la fois canailles et respectables, nous entretenons le feu, nous transmettons la vie.

 

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Octobre accroche son wagon en queue du train

Un peu fébrile et titubant, car il revient

D’une virée trop arrosée, une foire aux vins

Avec septembre a festoyé avec entrain

 

Il sème ses premiers jours gris porteurs de pluie

Ecourte nos soirées et comme l’été s’enfuit

 Pose un voile frais et humide sur nos nuits

Et son empreinte doucement pèse sans bruit

 

Il vit parfois sur des réserves de chaleur

Des records de température, de la douceur

Et sa nuit blanche est un prétexte, un simple leurre

On dirait qu’août s’incruste encore, joyeux,  hâbleur

 

Des feuilles tristes jonchent le sol où elles pourrissent

Et sur le chemin de l’école, des enfants glissent

Octobre se sait en sursis, s’offre un caprice

D’or et de rouge orangé enduit sa pelisse

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 18:49

 

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Cet été, rue Saint Maur à Paris dans le XIème arrondissement, l’amour était à mes pieds. Je m'étais arrêtée comme éblouie lorsque je l’avais aperçu. C’était un matin clair dans la ville désertée, à l’heure où passent les camions poubelle, et l’homme dans son costume vert balayait le bitume devant moi. Je le gênais dans son travail et puis ce texte, il le frotte tous les jours à 9h, juste avant sa pose. Il grommelait. Encore les mots d’un illuminé pas très futé qui s’imagine qu’on attrape les filles avec des lettres. Et on dirait que ça marche. Il y en a qui ont du temps à perdre tandis que d'autres soulèvent la poussière avec conviction!

Il m’avait dévisagée un instant, puis s’était éloigné en hochant la tête avec mépris tandis que je photographiais mon pied avec Amour. Je trouve qu’ils vont bien ensemble, mon pied et Amour, comme un petit couple. Amour a une petite barre au milieu du A, du o, et mon pied avait des sangles ce jour-là. Amour a quatre petits orteils au milieu de lui, comme les miens sur le cliché. Nous étions faits pour nous rencontrer même si c’était un drôle d’endroit. Mais Amour ne concerne pas que moi, Amour est aux pieds de chaque basket, de chaque talon aiguille aussi. Amour est partout, il suffit de le ressentir et de s’arrêter, de l'observer. Amour s’écrit naïvement dans toutes les langues, en lettres rondes et appliquées. Amour interpelle et donne des couleurs à la vie. Au trottoir…  Hélas, Amour est souvent piétiné….

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 08:00

20-janvier-2013-4572.JPG

 

L’étang use la lumière grise et chaude de midi

Et s’imprègne des chants d’une forêt endormie

Envol de colibris, cris aigus, sursauts brefs

Chuintements  des ruisseaux dévalant le relief

 

Parcours inextricable, nature vierge et farouche

Palmiers, fougères et lianes forment  un mur  qui se couche

Et  nos mains hésitantes fouillent la masse aveuglante

Du désordre tropical  enserrant l’eau stagnante

 

Les pieds nus dans la boue, glissant dessus la mousse

Imprudents, mais heureux comme des chasseurs de brousse

Inventant le danger, butant sur des racines

Nous heurtons les mangoustes fuyant dans les ravines

 

Le décor  brut se prête aux songes  malhabiles

Nous sommes conquistadors en territoire hostile

Le ciel est notre armure et pèse sur nos têtes

Car ce temps chaud et lourd annonce la tempête

 

 

 

20-janvier-2013-4579.JPG 

Grand Etang- Guadeloupe 

 

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 08:00

 

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Pour ce  107ème défi, ABC nous invite à parler de : rien. Je me suis inspirée des paroles de « Shangaï Palace »,  une chanson (sortie en 1996), d’Isabelle Mayereau, artiste discrète que personnellement j’adore.

Elle jouait au mah-jong
Au Shangaï palace
Elle changeait de nom
Pas laisser de trace

Elle buvait du thé
Et des cocktails maudits
Se photographiait seule
Nappée dans la magie

Hong-Kong, Shangaï, 
Macao, Baie d´Along, 
Lisbonne, Coimbra, Venise

Elle explorait les villes
Les chemins indiscrets
Dévoilés au pencil
Sur du papier glacé

Elle aimait aussi
S´étirer au soleil
Sans le peignoir rayé
Marqué du nom de l´hôtel

Berlin, Amsterdam, 
Saint-Pétersbourg, 
Vienne, wagon 17, cabine 12

Elle posait ses empreintes
Sur les beaux cuirs usés
Des boudoirs demi-teintes
Le goût des voix feutrées

Quand loin lui faisait trop
Elle aimait revenir
Dans les jardins secrets
Cachés dans son cachemire

Dublin, Oslo, Stockolm, 
Moscou, Barcelone, 
Madrid, Munich, Rome

Les soirs de chair de poule
Elle glaçait l´Frascati
Elle voyait Istanbul
Un peu de Sainte-Sophie

Elle reprenait la route
En voiture et chauffeur
L´amour, il n´y a pas de doute, 
Ça lui faisait trop peur

Pera Palas Hôtel, Metropol Taj-Mahal, 
Savoy Ritz, Danieli Plaza, l´Oriental
Rambagh palace, le Continental.

 

Je trouve que ça illustre bien une certaine idée du « rien », lorsqu’une vie aisée et commode,  la facilité et l’argent n’apportent plus  ou peu d’exaltation. Les voyages ne sont que déplacements pour combler le vide, les hôtels des écrins, des fourreaux afin qu’aucun événement ou rencontre ne perturbe un état confortable et léthargique. On peut imaginer que ce « rien » est un choix de vie, un refus des souffrances et du risque. Ou la crainte d'une punition, d'un châtiment, cette femme se cache, se dérobe. C'est peut-être une espionne, une Mata Hari, une personne d’âge mur lassée du spectacle des humains… Observer le monde avant de s’y jeter, s’en détourner après y avoir goûté jusqu’à l’écoeurement…

Ce « rien » est mouvement, fuite, mise à distance. Avec mon imagination de midinette, j’invente de longues robes de mousseline, des chapeaux à larges bords, des châles, des boucles de cheveux  roux couvrant les épaules. Je crée un personnage évanescent et secret qui rend les hommes amoureux. Une sorte de Madone, une Zelda inaccessible, à moins qu’il ne s’agisse d’une jeune fille à la recherche d’un temps à venir et dont les fleurs ont fané.

Chaque fois que j’entends cette chanson, dans ma tête, je bâtis sur rien.

 

PS: j'ai bien un CD comportant cette chanson mais elle est introuvable sur le net!

 

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 08:00

 

 

Jeudi en poésie chez les Croqueurs de mots. Sujet libre.

 

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Quand s’imposent de l’hiver, la rudesse, les morsures

Je sais que me suffisent, ainsi, paupières fermées

Des images incrustées, des fils blancs dans l’azur

Un de ces instants doux au cœur du plein été

 

 La caresse sur mes pieds, l’écume, le sable chaud

Les algues courent au loin, se couchent sous mes pas

Les yeux sur les mouvances et les reflets de l’eau

Je m’invente des îles, un paradis à moi

 

Or dans le ciel aussi les nuages s’évadent

S’éloignent avec eux les grosses pluies des tropiques

Un soleil implacable s’invite à la promenade

Et le vent en ami lui donne la réplique

 

Ils s’entortillent autour des côtes érodées

Et la plage blondit, une anse claire  protégée

Qui roule et s’épanouit au creux des alizées

Et maintient  tout décembre  dans  un rêve éveillé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 14:18

 

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Exercice proposé cet été par Michel sur le site de E-criture et  auquel je participe avec un peu de retard, et après une rentrée qui a démarré sur des chapeaux de roue mardi. Atterrissage depuis la Guadeloupe à sept heures et hop au boulot à quinze heures, avec six heures de décalage au compteur….

 

Pour cet exercice, il vous est demandé d'utiliser pour écrire un texte au moins dix mots parmi les quinze de la liste ci-dessous. Vous pouvez conjuguer les verbes, et utiliser le pluriel et le féminin si cela vous aide.

 

Entendre, possible, souple, lancer, fiable, début, tourner, source, matière, rapport, compagnon, oeil, beaucoup, événement, familier

 

 Je ne sais pas ce que vos YEUX voient, ce que vos oreilles ENTENDENT. Ce décor nous est tellement FAMILIER, que mon COMPAGNON et moi n’y trouvons plus MATIERE à nous extasier. Un ciel capricieux LANCE un arc  au loin dans la mer des Caraïbes. Il est fugace et si peu FIABLE, que nous lui TOURNONS le dos avec mépris. En quoi est-ce un EVENEMENT ?

Ah, ces vacanciers blêmes au DEBUT, et couverts de piqûres de moustiques, ont BEAUCOUP d’enthousiasme en débarquant de l’aéroport. Il faut supporter leurs exclamations. Le ciel est bleu, le temps au beau fixe, l’eau à vingt-neuf degrés… Et alors ! Ils viennent chauffer leurs articulations rouillées sur notre belle toile SOUPLE, sans aucune honte. Et plongent dans notre piscine le soir après de belles expéditions dans nos forêts tropicales comme pour se rafraîchir dans l’eau de nos SOURCES. Ces jours-là bien sûr, ils ne se sont pas vautrés au soleil, sur nos plages de sable blond ou noir et n’ont pas batifolé avec palmes, masques et tubas le long du rivage. 

A l’heure où le jour se lève, les grenouilles cessent de chanter et il n’y a personne. Pas un bruit si ce n’est le clapotis des vagues au loin. Est-ce POSSIBLE ! Goûter ce calme, ce silence sans RAPPORT avec l’hystérie des soirées d’été  parasitées par des gamins hurleurs, éclaboussant nos pieds de bois ou de plastique. Ah vivement que les cyclones s’installent, faisant fuir tous ces affreux. On nous abritera gentiment sous un carbet, d’où nous aurons droit à des vacances bien méritées! 

                                      

 

 

 

 

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