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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 08:00

Défi 115 pour ce jeudi en poésie chez Cétotomatix : hasard

 

 

Magritte.jpg

René Magritte: Les Charmes du paysage

 

 

Un lieu, un coin, un paysage

Courir les champs après l’orage

Les bottes humides de rosée

Sourire au ciel bleu délavé

Nager sans but loin de la plage

Nue dans les vagues, bonheur sauvage

Plonger encore dans l’eau salée

Ensevelir de noires pensées

Redevenir une enfant sage

Jouer à des jeux de mon âge

Oublier ce fusil , danger

Dont l’ombre ne cesse de me narguer

Cueillir du liseron sauvage

Le délivrer de tout branchage

L’assembler  en  gracieux bouquets

Et l’univers, redécorer

Quand le hasard crée  des images

 L'esprit, douteux vagabondage,

Se laisse volontiers hanter

Et fuit tout cadre imposé

 

 

 

 

 

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 08:00

En suivant la consigne du défi 115, chez CETOTOMATIX,  à partir d’un court roman de Jérémie Guez : « Paris la nuit », j’ai extrait les mots suivants :

Lequel/une/ viennent/ toujours/ gars/ à /air/ prouve/ Paris /remerciements

A placer dans un texte de mon invention.

 

C’est un petit GARS A l’allure démodée qui hante le PARIS de Montmartre et des touristes. Il se promène le soir, la casquette  vissée de travers sur la tête, un foulard rouge autour du cou. Il a l’œil vif et la démarche chaloupée de ceux dont la vie se construit au hasard des rencontres. Car il avance lentement et pas TOUJOURS  droit. Il sait qu’on le croit éméché, on suppose que  son cerveau  est embrumé. Il vit dans le Paris des années 50, fredonne le « gamin » de Mick Micheyl, ses héros ont le visage de Gabin ou de Lino. Dans sa faune nocturne, dans son Pigalle, de petites pépées michetonnent pour le compte de caïds qui carburent au whisky.  Il se crée un film dans LEQUEL il évolue en vedette et règle ses comptes avec le milieu.  En réalité il se contorsionne sur  la scène d’un cabaret de pacotille.

 

histoire-casquette.jpg

 

Il n’a rien à PROUVER,  on le laisse tranquille. Trop léger pour la boxe, trop frêle pour fourguer de  la dope, un gun dans la poche de son jean, trop gentil pour castagner les filles qui mouftent, on lui fiche la paix comme à ces étrangers au sourire « nice » qui vont et VIENNENT, s’encanaillent au Moulin Rouge ou préfèrent les beaux gosses dénudés des Folies Pigalle. Il sifflote, le nez dans le caniveau, Gavroche déconnecté, au rire tonitruant. Quand Ali et le Gang  du 9 3 à Aubervilliers,  déboulent dans  le XVIIIème le samedi, ils se moquent de sa trogne anachronique. Avec son AIR efféminé, et sa mèche décolorée, il affole les brésiliennes sous hormones qui arpentent la place Clichy. Il attend son heure, espère la gloire. Ah, faire la UNE des journaux! Il souhaite écrire  un livre qui parle d’aujourd’hui avec la gouaille d’hier, usant de dialogues empruntés à Audiard ou copiés sur ceux, très actuels,  de Jérémie Guez, un petit jeune de l’âge de mon fils. Que les époques se mélangent créant un genre nouveau. A la fin de son texte on publiera des REMERCIEMENTS adressés à tous ces gens qu’il frôle le soir, quand le besoin de se perdre se fait sentir.

 

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 08:00

Au Musée Marmottan Monet à Paris, se termine l’exposition « Les soeurs de Napoléon, trois destins italiens », qui me fournit le prétexte de ce jeudi en poésie.

 

 

 

paulinebonaparte.png

 

De Pauline l’aimée, on loua la beauté

 En  Vénus de l’Empire, adorée, convoitée 

Elle éblouit la cour, organisa des bals,

Coquette et infidèle, elle eut une fin banale

Renonçant  à Paris, à toutes ses folies

 Rejoignit l’Italie et Borghese, son mari.

 

 

 

 

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Elisa, la première, tint salon littéraire

Adapta en Toscane, le Code  de son frère

Mécène éclairée, vint en aide aux artistes

La chute de l’Empire lui fit quitter la piste

Des faubourgs  parisiens et de leurs influences

Et l’archéologie combla son existence

 

 

 

 

 

 

Carolinebonaparte.png

 

Caroline, la cadette, était fort ambitieuse

Appréciait de l’Empire les perles, les pierres précieuses

A Paris ou à Naples, décorait avec goût

Chacun de ses Palais, se passionnait de tout

Ingres ainsi que Gérard firent de beaux portraits

De cette altesse pulpeuse, raffinée et gâtée

 

 

 

Toutes brillèrent dans la lumière du grand frère

Education racée, maintien, démarche altière

Femmes de lettres et esthètes, joyaux de Cour

Ambassadrices, découvreuses,  troubadours

Puis s’éteignirent comme lucioles au petit jour

Ombres de l’Aigle pâle et vaincu, de son amour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:00

 

 

 

 

 

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Si j’oubliais un peu mes petits problèmes. Installée au chaud dans ma voiture j’attends que le feu passe au vert. J’écoute FIP, c’est la seule radio que je supporte car on n’y programme aucune publicité. Même si parfois le jazz est un peu trop là, même s’il me plairait que la java s’en aille, je préfère somnoler  au volant plutôt que d’entendre louanger les magasins BUT.  Car attendre au carrefour c’est piaffer d’impatience ou mollir gentiment, selon le moment de la journée et la course qui nous attend. C’est regarder l’heure, fouiller son sac, téléphoner en bluetooth, se pincer les joues devant le rétro ou se colorer les lèvres. C’est abaisser la vitre, allumer une cigarette ou l’éteindre, cracher de la fumée au dehors. C’est regarder les autres alignés dans la file, sourire ou tourner la tête, les yeux dans le vague.

C’est aussi voir venir à soi ces malheureux qui bravent le temps, le vent. Seuls et sales le plus souvent, ils tendent une main calleuse dessous des vêtements froissés, supplient, ne parlent pas français. Jeunes ou vieux, ils sont gris, ridés, plissés. Semblent flotter sur la misère qui les dépasse, s’étale à côté d’eux,  nous frôle et nous apeure. Nous culpabilise. Le feu passe et nous démarrons, vite avant le malaise, l’effroi, le choc des regards.

Dans le rétroviseur, j’aperçois cet enfant, de dos, en anorak aux motifs de treillis qui danse en marchant, une main dans celle de son père. Il claudique en réalité et dodeline de la tête. Il cautionne la mendicité, il est là pour faire misère, pour faire la guerre aux sentiments. Lui et les siens n’ont pas d’autre choix.

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:00

Jeudi en poésie chez Jeanne Fadosi Fadosi : concret

 

 

caillebotte.jpg

Caillebotte: Canotier ramenant sa périssoire ( 1878)

 

A l’instant clair où l’onde se pare de reflets

Un  soleil vif déploie sa tunique mordorée

S’empare du feuillage et longe le rivage

Comme un athlète fend la rivière à  la nage

 

La saison est discrète, on ne peut affirmer

 Si l’éclat du printemps tiédit la matinée

Ou si l’été caresse la peau avec  le vent 

 Dorures sur la berge, automne débutant ?

 

Il ramène sa barque, douceur et geste lent,

Rouillée et pivotante, elle découpe  le temps

L’eau plisse sous la charge comme un tissu froissé

 Présenté aux pieds nus  du  mince canotier

 

C’est  le bonheur  du peintre qui s’exprime en secret

C’est plus qu’un paysage,  un univers concret,

Emotion, connivence, si belles à partager

Quand le talent rencontre l’âme en liberté

 

 

 

 

 

 

Les

 

 

 

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 08:00

 

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Défi 114 chez Jeanne Fadosi pour les croqueurs de mots cette semaine : le génie de la lampe d’Aladin me permet d’exaucer trois vœux…

 

Ce n’était pas une simple lampe mais un soliflore qu’on m’avait offert lors d’un dîner organisé à la maison. Il avait d’abord contenu une rose et de l’eau, trôné sur la table au début du repas puis fini sur un guéridon au dessert. Et je l’avais oublié. Ce furent les pétales étalés sur le bois qui m’alertèrent tout d’abord. Et le gargouillis au fond de l’eau croupie ensuite. J'étais en train de rincer le vase quand j’entendis une voix, rauque, mâle, déterminée, surgie du col :

-          Fais donc trois vœux, je les exaucerai !

J’avais d’abord souri, moquant mon imagination fertile. Mais la voix insistait, monotone, comme un message de répondeur. Puis elle se fit cajoleuse, persuasive. Je m’inventai un Prince au physique irrésistible tel Alain Delon dans La Piscine. Et tout naturellement je demandai :

-          Montre-toi, c’est mon premier vœu !

Il  y eut un rire tonitruant, un rire de gorge. Et l'autre de répondre que c’était impossible, je devais me creuser la cervelle, quoi, il n’y avait rien qui me tentait ? Je venais de gaspiller un vœu, il ne m’en restait que deux.

Je  trouvais ce vase moins sympathique soudain. C’était un objet tout bête en verre filé, sa place était sur le guéridon. Il se mit à chanter, à siffler : fais un vœu, fais un vœu…. Je me bouchai les oreilles :

-          Tais-toi donc !

-          Si tu y tiens mais il  te reste un... dernier vœu, penses-y, c’est ta seule chance.

Je m’étais assise dans le canapé à côte de lui. Je le fixai un instant, de la buée perlait sur le verre, on eût dit qu’il respirait. Je réalisai que c’était la première fois que je me tenais ainsi, n’écoutant que mon souffle calme. J’étais en paix, détendue. Je fermai les yeux, laissai pendre mes bras contre mes cuisses. J’entendais le ronronnement de la machine à laver, et  le chuintement des voitures dans la rue. Je m’endormis. Ce fut la lumière vive et clignotante de la guirlande accrochée au lampadaire devant ma fenêtre, à l'occasion des fêtes de fin d'année, qui me réveilla à la nuit tombée. Je sursautai et renversai le guéridon. Un rayon de lune  balayait les bris de verre au sol.

 

 

 

 

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:00

 

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Défi  114  chez Jeanne fadosi pour ce jeudi en poésie : imaginaire.

 

Etretat, ses falaises dans la craie et le vent

L’aiguille sous la pluie, le vol des goélands

Grimper et s’acharner, les oreilles brûlées

Agripper son bonnet, buter dans les terriers

Dominer du regard, le golf et les embruns

Le ciel à l’horizon  coupant la mer, en vain

Téméraires et obtus,  certains narguent les vagues

Persuadés que la mer leur fait une de ses blagues

N’écoutent pas la plainte sifflante, renouvelée

Des galets fracassés  par  les hautes  marées

La bave énamourée d’une mer démonstrative

Fantastique explosion,  puissance   érosive

Au milieu du sentier, longeant les barbelés

Envoûtée et  grisée, je me prends à rêver

Si je pouvais planer, indifférente, ailée

Et le crachin, la houle, de mon œil rond défier….

 

 

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 08:00

 

 

 

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Quitter Paris après les fêtes, suivre les nuages, aller vers les plaines, les vaches et la Seine serpentant jusqu’à  la mer. Cabourg est vide, ensoleillée mais triste, l'air est vif. Les digues ont des flancs couverts de couteaux échoués, qui craquent sous les pas de touristes encapuchonnés. Deauville semble morte, ainsi que Trouville. La foule est à Honfleur agglutinée autour des quais, promenades en famille et dégustations dans les nombreux restaurants du port. Sous un ciel nuageux s’accrochent les mâts des bateaux. J’ai le sentiment d’être un puceron désorienté projeté au sol comme si l’on  avait donné un coup de pied dans mon nid. Je me sentirais mieux en haut  des mâts crissant au vent, loin de cette  fourmilière qui va m’engloutir.  Mais je m’accroche au sol. Le temps est doux, je déambule au milieu des chalets disparates du marché de Noël, dans l’odeur de beignets et de pain chaud qui, trop c’est trop, me soulève le cœur. Des gamins courent, bavards, bruyants. Leurs parents  ont l’air heureux et détendus car les jeunes sont supportables au dehors, courant dans les embruns, les joues rouges et piquées au sel. Au reste, je suis en train de tomber amoureuse de l’instant. Honfleur bulle dans le soleil couchant comme une framboise dans une coupe de champagne.  J’ai le nez dans la mousse et je ressens une sorte de félicité.

 

 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 16:06

 

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La fin  de l’année approche et ça se voit. Le mannequin pisse et le père Noël a la tête à l’envers. Avant de prendre de belles résolutions pour l’année prochaine, chacun fait la nique à toutes celles qu’il n’a pas tenues cette année. De petites mortifications pas indispensables, comme reprendre la course à pied, perdre trois kilos ou arrêter de fumer. Quoique arrêter de fumer… Il y a une sorte de plaisir à se débarrasser de l’année et de ses contraintes, c’est une petite mue, un dépouillement, une remise à niveau. Les enfants sacrifient leurs vieux jouets sans état d’âme, nous jetons nos promesses au panier de la même manière.  

 

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Je me demande ce qui nous incite à faire la fête le 31 décembre. Le fait d’avoir vécu une année de plus ou celui d’en être délivré. Nous avons tous le syndrome de la fin des cours, le début des vacances, le départ vers ailleurs. Je dis syndrome car ce moment de bonheur découle de l’école, des obligations qu’on laisse derrière soi. Comme on se projette vers  les jeux,  les balades à vélo, les fou-rires sur la plage, on croit toujours que ça ira mieux  l’année prochaine. Ce soir-là, c’est un peu la fin des cours, la délivrance. La trêve. Champagne, huitres, foie gras… peut-être… ou pas… Mais l’envie de se sauter au cou, de s’embrasser sous le gui, d’échanger vœux et souhaits est forte. On peut tout vouloir, tout croire à minuit. C’est  comme sortir de l’école en  jetant  le cartable et courir dans la rue, vers sa vie. Insouciance, inconscience, liberté. C’est avoir huit ans tous les ans, un court instant.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !

 

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

En réponse au "textoésie" de Suzâme: chevelure

 

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Et s'en servir comme d'une armure

Rideau épais, mèches partagées

Sublimant ainsi la posture

Lourds et tombants, raides et figés

Couvrant la fuite du regard

Prière, piété ou pénitence

Cadrant un visage sans fard

Piège sournois ou innocence

 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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