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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 08:00

Jeudi en poésie chez Jeanne Fadosi Fadosi : concret

 

 

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Caillebotte: Canotier ramenant sa périssoire ( 1878)

 

A l’instant clair où l’onde se pare de reflets

Un  soleil vif déploie sa tunique mordorée

S’empare du feuillage et longe le rivage

Comme un athlète fend la rivière à  la nage

 

La saison est discrète, on ne peut affirmer

 Si l’éclat du printemps tiédit la matinée

Ou si l’été caresse la peau avec  le vent 

 Dorures sur la berge, automne débutant ?

 

Il ramène sa barque, douceur et geste lent,

Rouillée et pivotante, elle découpe  le temps

L’eau plisse sous la charge comme un tissu froissé

 Présenté aux pieds nus  du  mince canotier

 

C’est  le bonheur  du peintre qui s’exprime en secret

C’est plus qu’un paysage,  un univers concret,

Emotion, connivence, si belles à partager

Quand le talent rencontre l’âme en liberté

 

 

 

 

 

 

Les

 

 

 

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 08:00

 

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Défi 114 chez Jeanne Fadosi pour les croqueurs de mots cette semaine : le génie de la lampe d’Aladin me permet d’exaucer trois vœux…

 

Ce n’était pas une simple lampe mais un soliflore qu’on m’avait offert lors d’un dîner organisé à la maison. Il avait d’abord contenu une rose et de l’eau, trôné sur la table au début du repas puis fini sur un guéridon au dessert. Et je l’avais oublié. Ce furent les pétales étalés sur le bois qui m’alertèrent tout d’abord. Et le gargouillis au fond de l’eau croupie ensuite. J'étais en train de rincer le vase quand j’entendis une voix, rauque, mâle, déterminée, surgie du col :

-          Fais donc trois vœux, je les exaucerai !

J’avais d’abord souri, moquant mon imagination fertile. Mais la voix insistait, monotone, comme un message de répondeur. Puis elle se fit cajoleuse, persuasive. Je m’inventai un Prince au physique irrésistible tel Alain Delon dans La Piscine. Et tout naturellement je demandai :

-          Montre-toi, c’est mon premier vœu !

Il  y eut un rire tonitruant, un rire de gorge. Et l'autre de répondre que c’était impossible, je devais me creuser la cervelle, quoi, il n’y avait rien qui me tentait ? Je venais de gaspiller un vœu, il ne m’en restait que deux.

Je  trouvais ce vase moins sympathique soudain. C’était un objet tout bête en verre filé, sa place était sur le guéridon. Il se mit à chanter, à siffler : fais un vœu, fais un vœu…. Je me bouchai les oreilles :

-          Tais-toi donc !

-          Si tu y tiens mais il  te reste un... dernier vœu, penses-y, c’est ta seule chance.

Je m’étais assise dans le canapé à côte de lui. Je le fixai un instant, de la buée perlait sur le verre, on eût dit qu’il respirait. Je réalisai que c’était la première fois que je me tenais ainsi, n’écoutant que mon souffle calme. J’étais en paix, détendue. Je fermai les yeux, laissai pendre mes bras contre mes cuisses. J’entendais le ronronnement de la machine à laver, et  le chuintement des voitures dans la rue. Je m’endormis. Ce fut la lumière vive et clignotante de la guirlande accrochée au lampadaire devant ma fenêtre, à l'occasion des fêtes de fin d'année, qui me réveilla à la nuit tombée. Je sursautai et renversai le guéridon. Un rayon de lune  balayait les bris de verre au sol.

 

 

 

 

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:00

 

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Défi  114  chez Jeanne fadosi pour ce jeudi en poésie : imaginaire.

 

Etretat, ses falaises dans la craie et le vent

L’aiguille sous la pluie, le vol des goélands

Grimper et s’acharner, les oreilles brûlées

Agripper son bonnet, buter dans les terriers

Dominer du regard, le golf et les embruns

Le ciel à l’horizon  coupant la mer, en vain

Téméraires et obtus,  certains narguent les vagues

Persuadés que la mer leur fait une de ses blagues

N’écoutent pas la plainte sifflante, renouvelée

Des galets fracassés  par  les hautes  marées

La bave énamourée d’une mer démonstrative

Fantastique explosion,  puissance   érosive

Au milieu du sentier, longeant les barbelés

Envoûtée et  grisée, je me prends à rêver

Si je pouvais planer, indifférente, ailée

Et le crachin, la houle, de mon œil rond défier….

 

 

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 08:00

 

 

 

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Quitter Paris après les fêtes, suivre les nuages, aller vers les plaines, les vaches et la Seine serpentant jusqu’à  la mer. Cabourg est vide, ensoleillée mais triste, l'air est vif. Les digues ont des flancs couverts de couteaux échoués, qui craquent sous les pas de touristes encapuchonnés. Deauville semble morte, ainsi que Trouville. La foule est à Honfleur agglutinée autour des quais, promenades en famille et dégustations dans les nombreux restaurants du port. Sous un ciel nuageux s’accrochent les mâts des bateaux. J’ai le sentiment d’être un puceron désorienté projeté au sol comme si l’on  avait donné un coup de pied dans mon nid. Je me sentirais mieux en haut  des mâts crissant au vent, loin de cette  fourmilière qui va m’engloutir.  Mais je m’accroche au sol. Le temps est doux, je déambule au milieu des chalets disparates du marché de Noël, dans l’odeur de beignets et de pain chaud qui, trop c’est trop, me soulève le cœur. Des gamins courent, bavards, bruyants. Leurs parents  ont l’air heureux et détendus car les jeunes sont supportables au dehors, courant dans les embruns, les joues rouges et piquées au sel. Au reste, je suis en train de tomber amoureuse de l’instant. Honfleur bulle dans le soleil couchant comme une framboise dans une coupe de champagne.  J’ai le nez dans la mousse et je ressens une sorte de félicité.

 

 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 16:06

 

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La fin  de l’année approche et ça se voit. Le mannequin pisse et le père Noël a la tête à l’envers. Avant de prendre de belles résolutions pour l’année prochaine, chacun fait la nique à toutes celles qu’il n’a pas tenues cette année. De petites mortifications pas indispensables, comme reprendre la course à pied, perdre trois kilos ou arrêter de fumer. Quoique arrêter de fumer… Il y a une sorte de plaisir à se débarrasser de l’année et de ses contraintes, c’est une petite mue, un dépouillement, une remise à niveau. Les enfants sacrifient leurs vieux jouets sans état d’âme, nous jetons nos promesses au panier de la même manière.  

 

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Je me demande ce qui nous incite à faire la fête le 31 décembre. Le fait d’avoir vécu une année de plus ou celui d’en être délivré. Nous avons tous le syndrome de la fin des cours, le début des vacances, le départ vers ailleurs. Je dis syndrome car ce moment de bonheur découle de l’école, des obligations qu’on laisse derrière soi. Comme on se projette vers  les jeux,  les balades à vélo, les fou-rires sur la plage, on croit toujours que ça ira mieux  l’année prochaine. Ce soir-là, c’est un peu la fin des cours, la délivrance. La trêve. Champagne, huitres, foie gras… peut-être… ou pas… Mais l’envie de se sauter au cou, de s’embrasser sous le gui, d’échanger vœux et souhaits est forte. On peut tout vouloir, tout croire à minuit. C’est  comme sortir de l’école en  jetant  le cartable et courir dans la rue, vers sa vie. Insouciance, inconscience, liberté. C’est avoir huit ans tous les ans, un court instant.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !

 

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

En réponse au "textoésie" de Suzâme: chevelure

 

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Et s'en servir comme d'une armure

Rideau épais, mèches partagées

Sublimant ainsi la posture

Lourds et tombants, raides et figés

Couvrant la fuite du regard

Prière, piété ou pénitence

Cadrant un visage sans fard

Piège sournois ou innocence

 

 

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 08:00

 

 

Photo-0003 (2)

 

Les couleurs se retirent  du ciel de Paris

Les oiseaux, tout là-haut, ont des griffes d’argent

Et  déchirent la nuit d’un trait de métal blanc

Echappant à  Noël,  à la foule, à ses  cris

 

Place de  la Concorde, aux rumeurs du marché

Aux illuminations, aux phares des voitures

La tranquille Obélisque dérobe sa  figure

Et hausse vers les cimes  la pointe de son  nez

 

Afin de  l’observer qui tutoie les étoiles

Je saisis mon smartphone, piégeant sa silhouette

Juste à l’instant où Râ, à l’horizon projette

Les lueurs moribondes de ses  tout derniers voiles

 

Et puisque je suis là pour me joindre à la foule

Je gagne l’avenue, m'oublie parmi ces gens

Les branches de la nuit ont de grands bras plongeant

Dans les nuées violettes où leurs ombres s’enroulent

 

 

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Petit clin d'oeil à  ABC et à ses "avaleurs de vie photographes"

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 08:00

Ce 113ème défi chez les Croqueurs de mots s’attaque au : «  nez », par lequel doit débuter mon texte.

 

 

jeunes

 

Le nez dans un verre de Pouilly frais et attablée devant un Irish Stew au Corcoran’s de la Porte des Lilas, je défie le temps. Impermanent, irréversible, conduisant à la mort de manière inéluctable, c’est ainsi qu’on qualifie le temps. Insaisissable dirais-je.

A la table d’à côté, les filles ont un petit coup dans le thème du défi. Elles s’excitent, s’exclament, applaudissent l’orchestre au fond de la salle. Elles jouent avec leurs cheveux, prennent les photos, les smartphones crépitent. On ne s’entend plus, les guitares couinent, mes oreilles explosent. Les garçons ont des yeux de loups de Tex Avery, une petit mère Noël en jupette au ras des fesses se trémousse à côté d’une dame dont la danse efface l’âge respectable.  Tout le monde sympathise avec chacun et Noël approchant clignote au bar en guirlandes multicolores. Les tables se vident et dehors on trépigne, la clope au bec, des jeunes glissent leurs bras sous le coton de leur tee shirt en quête de chaleur. Ils claquent des dents. Puis retournent dans la fureur et dans le bruit. Police et Dire Straits ont toujours la côte en 2013, je ne ressens pas de décalage. Mes doigts pianotent sur la table, mes pieds tambourinent au sol. J’ai vingt ans. Je suis bien, dans mon temps, à l’instant qui passe, déjà. Pour un peu je me lèverais, me déhancherais en musique. Quelque chose me retient qui n'est pas un lumbago ou de l'arthrose. Quelque chose d'impalpable....

Il faut bien rentrer, quitter l’illusion, refermer la parenthèse, retourner chez soi, le nez au vent glacé. Je revêts l’uniforme de cinquantenaire bien dans sa peau, je fais croire au monde que du temps a passé, que je l’accepte.

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 20:29

 

Je ne vous oublie pas et passerai vous visiter bientôt.

Cette semaine est un peu chargée pour moi,  ne m'en voulez pas si je ne réponds pas à vos commentaires.

A très bientôt pour échanger souhaits et émotions de Noël.


 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 10:00

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Matins glacés, automne frileux

Ciel recouvert de coton bleu

Mes bottes bruissent sur le tapis

Déroulé au sol par la pluie

 

Midi poudré, soleil doré

Le nez au vent, les mains givrées

Je suis sous le charme de la ville

Auréolée de  feuilles graciles

 

Les marronniers dans la lumière

Ont des guirlandes éphémères

Dont la chute bercée par Eole

Amuse les enfants de l’école

 

Décembre mêle avec aisance

 La joie, les fêtes, l’exubérance

Au classique renoncement

D’un mois d’hiver se dépouillant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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