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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 08:00

 

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C’est en regardant, sur Arte, un film norvégien dont j’ai oublié le nom, que j’ai entendu cette phrase attribuée à Proust : « tenter de comprendre le désir en regardant une femme nue, c’est comme essayer de comprendre le temps en démontant une montre ».

Or depuis hier soir, nous avons démonté le temps ou plutôt nous l’avons délayé. Et je n’ai pas compris grand-chose. Ce matin je me suis levée plus tard que d’habitude. J’aurai dû me réveiller tôt, car je vais à la piscine le dimanche. Et tôt aurait été encore plus tôt, puisque nous avons gagné une heure. Au lieu de me réveiller à sept heures, qui étaient devenues six, j’étais debout à neuf heures. Je croyais profiter d’une journée à rallonge, et j’étais à la bourre. La piscine était pleine à craquer, ce sont les vacances pourtant. Les cours d’aqua biking attirant une population féminine déchainée, tout le monde profitait de la sono à fond. C’est pourquoi, j’arrive très tôt normalement. Il y avait foule aux douches, aux cabines, on se bousculait dans l’eau. Et je suis sortie de là plus énervée que j’y étais entrée. Il était déjà midi, heureusement, mon mari assure question cuisine.

Et puis, l’après-midi s’est étiré comme un gros chat. La journée m’a semblée longue, même si la nuit s’est invitée rapidement coupant ma promenade. Et j’ai eu faim avant l’heure,  me suis prélassée devant l’ordinateur, ai regardé un film à la télé. Ai regardé ma montre, en soupirant. Tenter de comprendre le temps ? J’ai repensé à Proust, au désir. Et je me suis dit en ricanant que peu d’hommes se posent la question. Le désir est là, c’est tout. Le temps n’existe pas.

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 13:37

 

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Elle paraissait perdue dans le ciel de novembre

Comme oubliée du temps, accablée par l’usure

Un vent sec et glacial s’infiltrait dans les chambres

Où les tapisseries prenaient la moisissure

 

Sa façade érodée laissait à voir la pierre

Telle une vieille dame fardée d’un geste malhabile

La chair rose et craquelée et pourtant l’allure fière

D’une coquette poudrée qui se rendrait en ville  

 

Et devant son balcon tout recouvert de rouille

Un amoureux transi aux airs de troubadour

 Balançait son feuillage, comme un peintre barbouille

Une jolie manière de lui faire la cour

 

Les volets grands ouverts qu’on voyait à l’étage

Dénonçant au regard des fenêtres hautes et claires,

Semblaient des bras offerts ; quel beau marivaudage 

Lorsque l’amour surgit et qu’on ne l’attend guère !

 

 

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:00

 

 

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Pour répondre au défi 109 lancé par Fanfan, depuis son blog.

Je savais, en arrivant, que personne ne m’accueillerait. Il n’y a plus de gardien dans les phares, il n’y a plus d’âme. Il m’avait invitée pour me tester, me déstabiliser, jouer avec moi. Et j’avais envie de jouer, je crois. Au pied de cette tour carrée et massive, j’étais toute menue, perdue. J’aimais cette fragilité, qui était celle des gardiens d’autrefois. Je me complaisais dans la solitude de l’être soumis aux caprices des éléments. Je me doutais bien qu’il ne serait pas là.

Avec son caban et son bonnet de travers, il avait de l’allure. Il se disait gardien de phare, le dernier gardien corse, ce qui me faisait sourire, avant automatisation du lieu. Si je voulais dîner en écoutant se fracasser l’écume, si les embruns et le bleu de la mer immense, autour de soi, me tentaient… Si la nuit mouvante et glacée m’attiraient… Si l’odeur d’iode et les baisers de lumière m’excitaient…

J’avais grimpé ces escaliers métalliques  lentement, je dirais plutôt d’un pas tranquille comme si c’était habituel.  Harassant, monotone, habituel. Toutes ses paroles, ses bobards me revenaient en tête. Des regards très appuyés, les yeux mouillés, des larmes versées. Les babioles offertes, le cœur sur la main, les messages enflammés sur mon téléphone.  Je n’avais pas cru à notre histoire, il y avait une anomalie, quelque chose, je me trompais. J’étais là, cœur battant, avide mais résignée. Amoureuse, humiliée. Et joueuse. Dans cette bâtisse immense et blanche, dominant l’océan, fouettée par  le vent, je me savais invincible. Au sommet, dans la tour de verre, je l’aperçus derrière l’enchevêtrement des loupes. Une ombre clignotant dans la nuit. J’écarquillais les yeux. Il me fixait d'un air narquois :

-          C’est ma dernière nuit dit-il,  j’ai envie de la vivre comme une illusion. Et tu ne crois en rien, pas même en moi. Tu es parfaite pour entrer dans mon film… A moins que…

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Prendre la route dès le réveil

 

Sans attendre le plein soleil

 

Longer les champs de tournesols

 

Qui, tête dressée,  me cajolent

 

D’un baiser sec et craquelé

 

Offert sur la voie de l’été

 

Entrer dans l’ombre des sous-bois

 

Telle une musaraigne aux abois

 

Regarder danser les grillons

 

Dans la poussière en tourbillons

 

Une odeur de terre chaude et âcre

 

De la journée signe le sacre

 

Je forme  de  la main une coupelle

 

Et cueille des mûres, des mirabelles

 

Me voici au bord de l’Ariège

 

D’où j’ai l’immense privilège

 

D’apprivoiser la  lueur ambrée

 

Qui couvre le tronc des figuiers

 

Un feu crépite sur l’autre berge

 

Dans les trouées, des flammes émergent.

 

Et la fumée enveloppante

 

Berce mon cœur, sécurisante

 

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:00

 

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Quand l’automne s’impose doucement, on dirait que la saison recouvre nos épaules comme si nous étions des petites choses fragiles à protéger. De petites choses dormantes résignées à subir l’hiver comme une injustice. Et l’automne a horreur des petites choses molles et sans caractère qui se laissent décimer par le froid. L’automne a convenu d’un vaccin remboursé par Dame Nature. Il a fallu choisir le sérum approprié, le virus inactivé, la température adéquate. Il a semblé urgent de définir un dosage efficace chez l’enfant, chez l’adulte et chez les séniors. Il est devenu crucial d’assurer la publicité de l’événement, de vacciner à grande échelle.  De lever les doutes, les questionnements, d’assurer la transition avec douceur, de préparer nos organismes aux frimas à venir. L’automne a misé sur la couleur de la bonne mine et de la vitamine C, sur le craquant des tapis qui jonchent le trottoir. L’automne sait que nous résisterons, et porterons décembre comme un drapeau jusqu’au printemps prochain. L’automne est un ami en or !

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:00

 

Voici un poème extrait du recueil de Suzâme "Ecrits sur ma paume", que j'ai reçu dernièrement. Il me touche particulièrement car ce sont, aussi étrange que cela paraisse, un peu nos regards que nous échangeons sur le net.

Merci à toi Suzâme.

 

20-janvier-2013 4996

 

 

QUETE DE l'AUTRE

 

Entre mille regards

Un seul

Entre mille mains

Une seule

Et pourtant étrangère

Il suffit d'une foule

D'un instant

Pour atteindre l'autre

Gravir monts et âmes

Graver l'atttente

Entre silence et espérance.

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Défi 108 chez les Croqueurs de mots posté cette semaine par M'amzelle Jeanne: Fenêtres.

Au village on voit passer tout le monde. La rue principale c’est un peu les Champs Elysées, il y a les noces bruyantes, des voiles, de la dentelle et des fleurs, des claquements sur les pavés, des chants grivois et des disputes. Il y a les soirs de bal, des filles gloussent, des garçons éméchés leur courent après. Et de gros dégoûtants échangent leur salive juste devant nos rideaux. Il y a des chats sans gêne qui farfouillent dans nos pots de fleurs. C’est la raison pour laquelle on ne nous garnit même plus. Il y a les défilés, Noël, Pâques, 14 juillet et quinze août, le départ des anciens vers la maison de Dieu.

Au village, nous sommes basses et exhibitionnistes, on peut tout voir derrière nous. Nous sommes de gros yeux ouverts sur la rue et dans lesquels on peut lire la vie des gens. On peut nous enjamber et entrer comme ça, c’est comme une invitation, un petit racolage. D’ailleurs, je viens de repeindre mes persiennes, c’est mon petit botox à moi. Il fallait que je me distingue, avec les copines, alignées comme ça nous avons l’air de filles qui attendent le client.

Au village, nous soutenons les pierres qui sentent le lierre et les siècles moussus. Et nous laissons passer le vent qui aère le temps. Comment dire, c’est comme si les âmes passées s’étaient tricotées une écharpe pour mieux voyager à travers les maisons en passant par nous. Et quand ils se promènent près de nous, les vivants d’aujourd’hui soufflent une haleine chaude en passant  comme pour nous embrasser.

Au village, je l’ai toujours dit, nous sommes les gardiennes, les piliers. A la fois canailles et respectables, nous entretenons le feu, nous transmettons la vie.

 

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Octobre accroche son wagon en queue du train

Un peu fébrile et titubant, car il revient

D’une virée trop arrosée, une foire aux vins

Avec septembre a festoyé avec entrain

 

Il sème ses premiers jours gris porteurs de pluie

Ecourte nos soirées et comme l’été s’enfuit

 Pose un voile frais et humide sur nos nuits

Et son empreinte doucement pèse sans bruit

 

Il vit parfois sur des réserves de chaleur

Des records de température, de la douceur

Et sa nuit blanche est un prétexte, un simple leurre

On dirait qu’août s’incruste encore, joyeux,  hâbleur

 

Des feuilles tristes jonchent le sol où elles pourrissent

Et sur le chemin de l’école, des enfants glissent

Octobre se sait en sursis, s’offre un caprice

D’or et de rouge orangé enduit sa pelisse

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 18:49

 

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Cet été, rue Saint Maur à Paris dans le XIème arrondissement, l’amour était à mes pieds. Je m'étais arrêtée comme éblouie lorsque je l’avais aperçu. C’était un matin clair dans la ville désertée, à l’heure où passent les camions poubelle, et l’homme dans son costume vert balayait le bitume devant moi. Je le gênais dans son travail et puis ce texte, il le frotte tous les jours à 9h, juste avant sa pose. Il grommelait. Encore les mots d’un illuminé pas très futé qui s’imagine qu’on attrape les filles avec des lettres. Et on dirait que ça marche. Il y en a qui ont du temps à perdre tandis que d'autres soulèvent la poussière avec conviction!

Il m’avait dévisagée un instant, puis s’était éloigné en hochant la tête avec mépris tandis que je photographiais mon pied avec Amour. Je trouve qu’ils vont bien ensemble, mon pied et Amour, comme un petit couple. Amour a une petite barre au milieu du A, du o, et mon pied avait des sangles ce jour-là. Amour a quatre petits orteils au milieu de lui, comme les miens sur le cliché. Nous étions faits pour nous rencontrer même si c’était un drôle d’endroit. Mais Amour ne concerne pas que moi, Amour est aux pieds de chaque basket, de chaque talon aiguille aussi. Amour est partout, il suffit de le ressentir et de s’arrêter, de l'observer. Amour s’écrit naïvement dans toutes les langues, en lettres rondes et appliquées. Amour interpelle et donne des couleurs à la vie. Au trottoir…  Hélas, Amour est souvent piétiné….

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 08:00

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L’étang use la lumière grise et chaude de midi

Et s’imprègne des chants d’une forêt endormie

Envol de colibris, cris aigus, sursauts brefs

Chuintements  des ruisseaux dévalant le relief

 

Parcours inextricable, nature vierge et farouche

Palmiers, fougères et lianes forment  un mur  qui se couche

Et  nos mains hésitantes fouillent la masse aveuglante

Du désordre tropical  enserrant l’eau stagnante

 

Les pieds nus dans la boue, glissant dessus la mousse

Imprudents, mais heureux comme des chasseurs de brousse

Inventant le danger, butant sur des racines

Nous heurtons les mangoustes fuyant dans les ravines

 

Le décor  brut se prête aux songes  malhabiles

Nous sommes conquistadors en territoire hostile

Le ciel est notre armure et pèse sur nos têtes

Car ce temps chaud et lourd annonce la tempête

 

 

 

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Grand Etang- Guadeloupe 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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