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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 08:00

Défi 111 chez Eglantine: chaises, exploré en poésie

 

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Le monde est là, dessous la table, car je l’invente

Je le construis  d’après  les rêves qui me hantent

Je me faufile entre les pieds d’un jeu de quilles

Puis je m’arrête, pour la photo, voyez ma bille

 

C’est dans l’odeur de bois ciré et d’encaustique,

Dans la poussière où je pratique ma gymnastique

Dans cet enclos pour chat des villes, doux et feutré

Que je conçois de grands chemins de liberté

 

Je me raconte des histoires de brigands

Une souris de pacotille entre les dents

 Et la tête au travers des barreaux  de ma geôle

Je me surprends à roucouler plus  que je ne  miaule

 

Toutes les chaises qui parcourent mon territoire

 Tous les obstacles dressés sur  mon sentier de gloire

Sont le décor dans lequel je soigne mes névroses

Je me blottis au milieu d’eux, je prends la pose

 

 

 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 10:00

 

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Ainsi taillés dans le marbre ce sont des géants au fait d’un immense édifice. Ils paraissent surplomber un hall solennel, il n’y a qu’eux, sur qui tout repose. Ils concentrent la lumière, comme couverts de paillettes blanches, embrasés. Nous aimerions tendre les bras et les enlacer, absorber un peu de leur rayonnement. C'est qu'ils brûlent de l’intérieur, il y a de l’électricité dans l’air. Ils ont le charisme des idoles, le pouvoir des icônes. Ils focalisent le regard. Et les points lumineux disséminées ici et là sont autant de briquets allumés dans la foule en hommage aux stars tout là-haut sur une scène un peu statique, figée…

 

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La couleur  anime le tout.  Avec leurs grandes jambes prêtes à plier et à danser en musique, ces piliers tentent de rejoindre  la foule des admirateurs, une foule qui ne serait plus si lointaine. Lumière et chaleur viennent de partout.  Au spectacle et dans la salle, lorsque l’osmose entre un artiste et son public est telle qu’ils  se fondent ensemble, on parle, au-delà du talent, de communication, de partage, élan, enthousiasme. Et lorsqu’un lieu provoque cette mystérieuse alchimie, qu’on s'y sent bien, les yeux ouverts ou fermés, il y a du bonheur… De l’apaisement…

 

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 12:06

 

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File d'attente devant le Musée de la Reine Sophie à Madrid

 

 

Elle se forme par tous les temps

Et rien ne brise son élan

Esquif balloté par  la houle

Elle se constitue dans la foule

 

Elle avance à tous petits pas

Elle trépigne quelquefois

Elle serpente, en rangs serrés

Ses mille-pattes prennent le frais

 

Elle sursaute et s’impatiente

Claque des dents ou bien s’évente

Mais en hiver comme en été

Porte son flot déterminé

 

Accepter de battre le pavé

Par la bruine être transpercé

Rôtir sous un soleil de plomb

Et assouvir une passion

 

Découvrir une œuvre, un artiste

S’ouvrir au monde, entrer en piste

Approfondir ses connaissances

Apprendre est une réelle jouissance !

 

La file ondule, elle s’allonge

Et cette obsession qui la ronge

Dans un langage universel

Signe un fort  besoin culturel

 

 

 

 

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 12:21

 

 

 

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Marseille depuis Notre Dame de la Garde. C’est un matin de la fin août où le soleil forme un dôme sur la baie. La lumière provient d’un projecteur placé juste au-dessus de moi. On dirait que quelqu’un a planté le décor et attend que je situe l’action juste là, face à moi.  Que je place mes personnages. Ce pourrait être un couple arrêté au milieu des escaliers menant vers la Basilique et plongé dans l’amour de soi, le regard ébloui par les lames d’argent qui balaient la mer. Ou un amateur perdu dans la contemplation de voiliers fondus dans la brume de chaleur au large. Et pourquoi pas la ville elle-même douillettement lovée au pied de la vierge et dormant, bercée par le ressac. Ou le ciel bordé d’orange et tentant de joindre la mer à l’horizon, dans un nuage de poudre. J’ai mon scénario, un couple, une ville, la mer. Une intrigue banale, rien d’excitant. Pourtant, je n’arrive pas à détacher les yeux du spectacle. Les romances, les  cadres idylliques ont toujours un public. J’en fais partie.

 

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 14:11

Défi 110 chez les croqueurs de mots pour ce jeudi en poésie : éclabousser.

 

 

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Il s’est imposé sur la toile

Comme une muse qui vous obsède

Le tronc offert dessous des voiles

Manipulés par  un vent tiède

 

Ses bras ont envahi l’espace

Comme d’innombrables tentacules

Qui, ondulant, pleines de grâce

Charment, de l’aube au crépuscule

 

Il semble frêle, il est orgueil

Et se tient droit malgré la charge

Il ploie sous  un manteau de feuilles

 Aux pans voluptueux  et  larges

 

Ensorcelé par ses manières

Monet l’a pris dans ses pinceaux

Eclaboussant de sa lumière

Giverny, son jardin, ses eaux

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 08:00

 

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Le défi 110 est proposé par Cétotomatix chez les croqueurs de mots

J’enfilai mes bottes machinalement et me retrouvai sur le palier, avec les clés de la maison dans la main. Elle m’attendait dans sa voiture avec chauffeur, je détaillai sa longue silhouette brune, sa main gantée. Elle avait sur le  front un épais  bandeau de cheveux. Abaissant la vitre, elle  cria « montez ! », sèchement. J’obéis, conquis par ses beaux yeux en amande. Je ne savais pas résister à ce ton sévère, je n’étais pas intuitif.

Nous traversâmes la ville comme on entre dans un couloir éclairé par des lucioles, nous parcourûmes des bois, des champs dans le brouillard. C’était comme franchir des miroirs, plonger dans des lacs, se noyer. C’était bondir sans se retourner, vers une destination qui m’était inconnue. Assis à l’arrière, je ne distinguais pas le trajet indiqué par le GPS, et quelqu’un déclamait  sans arrêt des poèmes à la radio. J’étudiai le profil de ma voisine, son nez mutin, sa  haute queue de cheval, ses jambes fuselées. Elle vapotait, la buée sentait le chocolat.  Et autre chose encore, bien autre chose…

Je me réveillai contre une dune au bord de la mer. Le cri des mouettes, le bruit des vagues... Et le sable dans mes yeux. J’étais seul et sale, j’avais faim. J’avais été drogué, ma tête pesait des tonnes. J’atteignis la route, la voiture attendait. Une porte s’ouvrit à l’arrière et… J’hésitais avant de grimper, je regardais la fille. Je crus voir ses lèvres briller ; sa gorge frémir. Je me frottais les yeux, ma vue se troublait.

Je me réveillai dans une salle, à l’hôpital, on s’acharnait sur moi. « Je le perds, il revient », ces mots  me tournaient autour, j’étais relié à des liquides et à des machines par des fils. Mon lit roula jusqu’à une chambre où mes bottes attendaient sous un fauteuil. Un infirmier crut bon de plaisanter : « La faucheuse n’a pas voulu de vous, vous revenez de loin, avec ces bottes, vous l’avez semée ! »

 

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 10:00

 

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Elle jette dans le fleuve ce  feu qui la nourrit

Incendiaire, pétillante, elle vit son heure de gloire

Se mire comme Narcisse jusqu’au bout de la nuit

Et cherche son reflet, se tordant,  doux espoir

 

Elle manie les contrastes, s’enveloppe d’orange

Tremblote sous le vent et se couvre d’écarlate

Se pare de filets d’or que l’eau, sous elle, arrange

Quand derrière les nuages, au loin  l’orage éclate

 

Elle brode sous mes yeux, croise des fils de coton

De petits point serrés sur une trame liquide

Des carreaux de lumière filant  à l’horizon

Pour combler tout ce bleu, tout cet espace vide

 

Elle longe les berges, ondule à s’étourdir

Charrie sur son passage de sombres  rubans de soie  

Postée sur l’autre rive, je ne veux plus partir

On dirait que  l’automne se tortille pour moi

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 08:00

 

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C’est en regardant, sur Arte, un film norvégien dont j’ai oublié le nom, que j’ai entendu cette phrase attribuée à Proust : « tenter de comprendre le désir en regardant une femme nue, c’est comme essayer de comprendre le temps en démontant une montre ».

Or depuis hier soir, nous avons démonté le temps ou plutôt nous l’avons délayé. Et je n’ai pas compris grand-chose. Ce matin je me suis levée plus tard que d’habitude. J’aurai dû me réveiller tôt, car je vais à la piscine le dimanche. Et tôt aurait été encore plus tôt, puisque nous avons gagné une heure. Au lieu de me réveiller à sept heures, qui étaient devenues six, j’étais debout à neuf heures. Je croyais profiter d’une journée à rallonge, et j’étais à la bourre. La piscine était pleine à craquer, ce sont les vacances pourtant. Les cours d’aqua biking attirant une population féminine déchainée, tout le monde profitait de la sono à fond. C’est pourquoi, j’arrive très tôt normalement. Il y avait foule aux douches, aux cabines, on se bousculait dans l’eau. Et je suis sortie de là plus énervée que j’y étais entrée. Il était déjà midi, heureusement, mon mari assure question cuisine.

Et puis, l’après-midi s’est étiré comme un gros chat. La journée m’a semblée longue, même si la nuit s’est invitée rapidement coupant ma promenade. Et j’ai eu faim avant l’heure,  me suis prélassée devant l’ordinateur, ai regardé un film à la télé. Ai regardé ma montre, en soupirant. Tenter de comprendre le temps ? J’ai repensé à Proust, au désir. Et je me suis dit en ricanant que peu d’hommes se posent la question. Le désir est là, c’est tout. Le temps n’existe pas.

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 13:37

 

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Elle paraissait perdue dans le ciel de novembre

Comme oubliée du temps, accablée par l’usure

Un vent sec et glacial s’infiltrait dans les chambres

Où les tapisseries prenaient la moisissure

 

Sa façade érodée laissait à voir la pierre

Telle une vieille dame fardée d’un geste malhabile

La chair rose et craquelée et pourtant l’allure fière

D’une coquette poudrée qui se rendrait en ville  

 

Et devant son balcon tout recouvert de rouille

Un amoureux transi aux airs de troubadour

 Balançait son feuillage, comme un peintre barbouille

Une jolie manière de lui faire la cour

 

Les volets grands ouverts qu’on voyait à l’étage

Dénonçant au regard des fenêtres hautes et claires,

Semblaient des bras offerts ; quel beau marivaudage 

Lorsque l’amour surgit et qu’on ne l’attend guère !

 

 

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:00

 

 

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Pour répondre au défi 109 lancé par Fanfan, depuis son blog.

Je savais, en arrivant, que personne ne m’accueillerait. Il n’y a plus de gardien dans les phares, il n’y a plus d’âme. Il m’avait invitée pour me tester, me déstabiliser, jouer avec moi. Et j’avais envie de jouer, je crois. Au pied de cette tour carrée et massive, j’étais toute menue, perdue. J’aimais cette fragilité, qui était celle des gardiens d’autrefois. Je me complaisais dans la solitude de l’être soumis aux caprices des éléments. Je me doutais bien qu’il ne serait pas là.

Avec son caban et son bonnet de travers, il avait de l’allure. Il se disait gardien de phare, le dernier gardien corse, ce qui me faisait sourire, avant automatisation du lieu. Si je voulais dîner en écoutant se fracasser l’écume, si les embruns et le bleu de la mer immense, autour de soi, me tentaient… Si la nuit mouvante et glacée m’attiraient… Si l’odeur d’iode et les baisers de lumière m’excitaient…

J’avais grimpé ces escaliers métalliques  lentement, je dirais plutôt d’un pas tranquille comme si c’était habituel.  Harassant, monotone, habituel. Toutes ses paroles, ses bobards me revenaient en tête. Des regards très appuyés, les yeux mouillés, des larmes versées. Les babioles offertes, le cœur sur la main, les messages enflammés sur mon téléphone.  Je n’avais pas cru à notre histoire, il y avait une anomalie, quelque chose, je me trompais. J’étais là, cœur battant, avide mais résignée. Amoureuse, humiliée. Et joueuse. Dans cette bâtisse immense et blanche, dominant l’océan, fouettée par  le vent, je me savais invincible. Au sommet, dans la tour de verre, je l’aperçus derrière l’enchevêtrement des loupes. Une ombre clignotant dans la nuit. J’écarquillais les yeux. Il me fixait d'un air narquois :

-          C’est ma dernière nuit dit-il,  j’ai envie de la vivre comme une illusion. Et tu ne crois en rien, pas même en moi. Tu es parfaite pour entrer dans mon film… A moins que…

 

 

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