Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 10:00

Consigne de Michel, sur le site de E-criture

Le principe de cet exercice, connu aussi sous le nom de logorallye, est plutôt simple : utiliser dans un texte que vous écrirez pour l'occasion (quel qu'en soit le genre littéraire) l'ensemble (ou une partie, comme dans le cas présent) des mots de la liste qui vous est proposée.

Les verbes peuvent être conjugués, vous pouvez jouer avec singulier / pluriel, masculin / féminin, et si possible les mots doivent être bien mis en évidence dans votre texte quand vous le publierez (en gras idéalement, ou soulignés)

La liste qui vous est proposée est la suivante :

 

Décence, grille-pain, chuchoter, doigts, ombres,
léthargie, miser, jaune, diantre, scission,

chapeau, boulanger, amers, décor, solution.

Parmi ces 15 mots, il vous est demandé d'en utiliser au moins 10 (mais vous pouvez en utiliser plus, même tous pourquoi pas ^^) pour nous amener là où vous aurez choisi d'aller. Car le vrai but de cet exercice est bien de réussir à dompter les mots, de rester maître de l'histoire qu'ils vous racontent.

 

 

 Incendie1.jpg

 

Ils n’ont pas eu la DECENCE d’attendre que juillet soit à la fête. Ils souhaitaient que ça pétille bien plus tôt,  que ça pétarade. Cela avait commencé dès mai, comme si leur objectif avait été de  réveiller  le mois de la LETHARGIE dans laquelle ce long hiver l’avait plongé. Comme pour planter par avance le DECOR d’une saison chaude,  aux nuits de fournaise,  aussi embrasées et parfumées que le four d’un BOULANGER. Tels  des magiciens ôtant leur CHAPEAU pour un effet de surprise, hier soir, ils ont mis le feu à la rue. L'acharnement a payé.

Se déplaçant en bandes joyeuses, arpentant les trottoirs, ils ont jeté quelques pétards ça et là, comme des OMBRES  rôdant au bas des immeubles. DIANTRE me direz-vous, il faut bien que jeunesse se passe ! En cette période estivale, tout le monde ne se dore pas au soleil, au bord de la mer, en caressant le sable chaud du bout des DOIGTS. Certains ont trouvé la SOLUTION, de quoi faire brûler des feux de joie et oublier d’AMERS destins, les yeux captivés par la danse lascive des flammes CHUCHOTANT sur le bitume, par cet or JAUNE jaillissant du claquement sou.rd de la poudre consumée.  Ils regardaient flamber les voitures comme on observe les tranches roussies oubliées dans le GRILLE-PAIN, d’un air bovin, impuissant.  Et subjugué.

Je ne MISERAI  pas sur le bonheur des pompiers appelés à étouffer l’embrasement de cités, si promptes à faire part de leurs SCISSIONS et de leurs frustrations aux yeux du pays.

 

Incendie2

Repost 0
Published by mansfield - dans fiction
commenter cet article
8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 10:00

 

Selon les consignes de Michel sur le site de E-criture: d'après photo.

 

 

t02.jpg

 

On dit que c’est regarder dans la même direction. Se tenir par la main, avancer d’un pas léger, dynamisme, insouciance ou naïveté, enthousiasme, beaucoup d’optimisme. On dit que c’est élaborer des projets, planifier l’avenir, décider de fonder une famille, trouver sa place au sein de la société, s’épanouir. On dit que c’est indispensable et qu’on avance beaucoup plus vite, beaucoup plus loin à deux. On dit  que mes doigts à tes doigts mêlés sont une force, une protection, une cuirasse inattaquable.

Je dis que ça perturbe et bouleverse, et renverse. Je dis que ça propulse et que ça entrave. Ca élève et ratatine aussi. Ca étire la silhouette et brouille le profil. Irrésistible désir : sortir de la foule,  hurler de bonheur,  se perdre au milieu des ombres. Danser sur la pointe des pieds, écraser les pavés de tout le poids de son amour.  Dépasser le monde, afficher de l’insolence, de l’arrogance, de la jouissance. Ivresse, intensité de la vie, tourbillon. Perte de repères, oubli de soi et des autres. Besoin impérieux de l’autre. Je dis que ça met la tête à l’envers.  

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 10:00

 

Photo-028.jpg

 

C’est mon état d’esprit en ce moment. Plus tout à fait au travail, pas encore en vacances. Juste dans l’espace-temps qui rend euphorique, l’espace du ouf, enfin, bientôt, combien de jours encore ? Au travail tout le monde pose la question à tout le monde, et chez le boulanger, chez le médecin ou à Carrefour Market. Cette période semble interminable parce que les têtes sont déconnectées des corps, comme détachées. Les cerveaux baignent dans de petites vagues bleues et les yeux créent des plages de sable fin sur les murs du métro et les flancs des bus. Parfois même ils ne créent rien, les villes fabriquent des plages sur les bords des fleuves. Afin de faciliter le travail des neurones, je suppose.

Et puis c’est l’époque des soldes,  l’été se pare de tenues légères à moindre coût, il est tellement grisant de le suivre dans sa course aux bonheurs éphémères. Ne penser à rien d’important ou de grave, lézarder au soleil dès la sortie du bureau, profiter des longues soirées d’avant les vacances. Car elles en ont la saveur et la couleur, en offrent la promesse. Etablir un programme, planifier chaque jour de congé ou ne rien envisager du tout, se laisser guider. Se projeter dans, s’élancer vers….

Et réaliser que c’est la plus belle étape, où l’on respire, on est vivant. Car les vacances se déroulent vite et ne laissent que des photos pour trace, le souvenir ne suffit pas. A lui seul, il ne rétablit pas l’intensité des vacances, leur volupté.  L’avant départ procure chaque fois un plaisir intense, comme une petit drogue, il dévisse la tête ! Et ceux qui ne partent pas, qui ne vont loin, jamais ? Ceux-là ont des projets, des idées pour le lendemain, décident d’une balade, d’une visite. Ils connaissent l’avant, peut-être moins exotique ou surprenant, ils se représentent l’après. Mais dans la tête, ce petit flottement précurseur du projet, qui signifie qu’on oublie le quotidien banal pour un temps,  est souvent présent.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 13:43

 

Dans le cadre de l’atelier E-criture  chez Michel fondateur de « Ecriture Ludique », selon le thème : La première fois.

 

La-Premiere-fois-quatre-ados-se-confient-a-Elodie-Gossuin-s

J’ai tout de suite pensé aux chansons de France Gall. Pas uniquement parce qu’elles parlent d’amour. Toute première fois s’accompagne d’une mélodie acidulée dans la tête, un frisson, de l’innocence, beaucoup d’enthousiasme. La première fois a quelque chose de lent, doux, comme un rêve, dont on émerge à peine, avec peine. La première fois provient d’une sorte de torpeur. On s’ébroue, se secoue, la vie est là qui invite aux expériences, aux excès. Bonheurs extatiques, déconvenues cuisantes. Et à l’instant des réminiscences, on ne dort pas, comme la toute, toute première fois où l’on  a dormi dans ses bras. On se rappelle, avec fulgurance… Allégresse, détresse… Puis c’est de nouveau, la léthargie, l’engourdissement comme après une séance d’hypnose. La première fois fut un cataclysme, une révélation.

La première fois concerne des événements qui ont bousculé nos vies et dont nous avons conscience. Nos premiers pas ou nos premiers mots ne le sont que pour nos parents. Première balade à vélo, premier ciné, premier plongeon dans la piscine, premier baiser, premier enfant… Nos premières fois marquent les âges de nos vies. Nos premières fois, quelles qu’en soient les conséquences, sont nos avancées.

La première fois, on se retient pas chante France, de sa voix tendre, aigüe, édulcorée. Sa blondeur et ses fossettes, ses mouvements saccadés de la tête,  lui apportent un supplément d’enfance. L’enfant tapi au fond de nous, ne nous quitte jamais, avec cet air buté, il est sur ses gardes.  Il résiste, imprégné de la candeur, de la fraîcheur des premières fois. Dès que le souvenir s’impose à nous, il remporte une petite victoire.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:00

 

Dali.jpg

 

Pour illustrer le thème proposé par Brunô en ce 105ème jeudi en poésie: le Peintre

 

Quand le jour à grands flots entre par les verrières

Quand les blés dans les champs attrapent la lumière

Le peintre se révèle, l’artiste se dévoile

Emprisonne les sens qu’il jette sur la toile

 

Et quand du bout des ongles  il palpe la matière

Son pinceau virtuose peut restituer le verre

Quand sa main frôle, anime, et caresse la soie

Glissée dans le tableau, l’étoffe vit et chatoie

 

A l’heure du crépuscule quand l’orange bouscule

Les ormes, les passereaux, les frêles campanules

L’homme trempe les crins de son outil fidèle

Dans l’or et le vermeil, Dieu lui greffe des ailes

 

Quand dans son atelier la muse pose en silence

Allongée, dévêtue, immobile indécence

Exhibant de la chair, une main sur les hanches

Il transcrit le désir,  la pulsion, l'avalanche

 

Il est victime du plomb et du blanc de céruse* 

Les couleurs se dérobent, il peaufine sa ruse

Travaille en noir et  blanc, porté par cette foi

Qui définit le monde, avec son cœur, ses doigts

 

 

*allusion à Goya

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans poésie
commenter cet article
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 10:00

 

Photo-015.jpg

 

L’agitation d'une foule martelant le sol en tous sens comme se croisent les fils sur la trame d’un métier à tisser, les voix suaves échappées des hauts parleurs, les tortues empilées les unes sur les autres, dans les bassins tropicaux aménagés au cœur de la gare, l’inspirent. Moi aussi, postée  pour le photographier. Il a pour obsession de capter une atmosphère, un paysage, de saisir un geste, une attitude, dresser un portrait. Il rêve  d’accrocher de la magie, de  l’étrange, l’essentiel de la beauté, la pureté, la laideur. Il crée de mémoire ou s’applique à restituer ce que voient ses yeux. La pointe de son crayon glisse sur la page, traçant des courbes ou posant les mots qui viennent à l’instant où le jour décline, les voyageurs s’affolent, et  sa vie à lui… est pleine de grâce.


Photo-010-copie-1.jpg

 

Son costume ajusté et son air sérieux trompent le passant qui le croit rigide et solitaire, un rien dédaigneux. Et s’imagine que cette  gare atypique et végétale, en plein centre de Madrid, l’intrigue peu.  Ne peut comprendre que les mots, les lignes sont suspendus aux palmiers et aux escaliers roulants, aux arcades, au toit métallique et vitré, aux panneaux indicateurs, aux langages cosmopolites qui s’entrecroisent. Au crissement des valises et à l’odeur de frite et  de hamburger provenant du fast food. Ne peut admettre qu’il soit aisé de tromper la faim, la soif, et les heures filantes. Ne sait pas voir que cet état, proche de la lévitation et de l’extase,  fait de l’artiste un Prince au-dessus de la mêlée, dont l’existence toute entière est contenue dans ces moments-là.

 

Photo-016-copie-1.jpg

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:00

Défi 105 chez Brûno, divagation à partir  d'un tableau de Balthus:

 

ob_bbd3e1_balthus-le-peintre-et-son-modele-1980-1981-huile-.jpg

 

Je peux recommencer à travailler mes cours, ouf ça y est. Elle a compris. Jusqu’ici, je m’agenouillais et m’accoudais à cette chaise, je fermais les yeux en priant le Seigneur qu’elle réagisse et sorte de sa torpeur. Elle se postait devant la fenêtre et regardait courir la route comme on regarde passer les trains, en spectatrice de sa propre vie. Les bras raides le long du corps, le souffle court, immobile, elle écoutait le temps filant dans ses veines. Elle tressaillait parfois, quand les souvenirs devenaient chagrins et la submergeaient. Et se reprenait bien vite, devinait que je m’agitais dans son dos,  l’onde de sa détresse avait dépassé la mienne, en se propageant. Dans la maison vide, nos souffles s’entrechoquaient. Ces deux chaises et la table exceptées, nul mobilier ou bibelot, nulle étoffe n’atténuait la douleur. Elle nous emportait toutes deux au cœur de la tempête dans ce néant qui arrache et soulève les cœurs. Elle persifflait, elle scandait : il est parti. L’homme  qui vous tenait debout, et faisait la vie douce et bonne.  Vous avez perdu, elle, un amant et toi, ton père.

Aujourd’hui elle a sorti l’escabeau, et tiré le rideau d’un geste nerveux. Elle  regarde la route comme le ferait un pilote de course avant de sauter dans son bolide : avec gourmandise ; elle a un foulard dans les cheveux en guise de casque. Elle soupire. Un râle long, puissant se muant en un rugissement provenant des entrailles. Une délivrance, je le perçois ainsi. Elle me tourne  le dos mais sa nuque n’est pas raide et son bras accroché à la toile ne tremble pas. Les murs, on va s’attaquer aux murs, c’est ce qu’elle a dit. Du blanc partout, plutôt que ce jaune moutarde. On va racheter des meubles, une ligne fluide, moderne, des couleurs claires.

Je peux recommencer de vivre mes folies d’adolescente, de m’offrir de l’insouciance pour un temps. Maman va mieux, ses yeux pétillent et les miens aussi. Papa n’est plus, il est en nous, il rayonne, pour toujours.

 

 

 

 

a

Repost 0
Published by mansfield - dans fiction
commenter cet article
20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 10:12

105ème jeudi en poésie chez Brûno, avec un peu de retard: En attendant l’été.

 

 

20-janvier-2013-4415.JPG

 

Un bourdon volète et murmure

Tout contre un géranium lové

Et son message par  sa tournure

 Fustige l’imposture de mai

 

 Relayé sur tous les balcons

Par  des trilles vains, désenchantés

Il se pavane le ventre rond

Tandis qu’on donne la becquée

 

Les roses ont perdu leurs pétales

Au velours  lavé par la pluie

Un frêle  tapis de soie étale

 Orne  le sol, le soleil fuit

 

Un  lourd parfum de terre humide

S’accroche à mes vêtements secs

Poltron, maladif et acide

Printemps digère son échec

 

Dans l’aube grise, une trouée blanche

Signe la progression du jour

Sur mon épaule, midi se penche

 Et  me témoigne son amour

 

Moi,  les yeux clos, je veux bien croire

Que les tulipes vont faner

 Les murs de ma cité dortoir

Ont la pâleur des blés  fauchés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans poésie
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:42

 

 

Dans le cadre des textoésies de Suzâme : un peu, beaucoup de ciel

 

20-janvier-2013-4410.JPG

 

Posé sur moi comme un linceul

Telle une chape  de poussière

Le ciel s’éteint, craintif et veule

Dans un grondement de tonnerre

 

La pluie s’abat rossant la ville

Un lourd rideau de cordes mêlées

Les oiseaux ont des plaintes fébriles

Les arbres plient échevelés

 

La nuit se colle à mon visage

Luisant et recouvert de suie

Les bâtiments dans les nuages

Ont l’air de spectres qui s’ennuient

 

Du sol trempé, des vapeurs âcres

Un long ruban de fumée blanche

S’enroulent dans un simulacre

De riposte doublée de revanche

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans poésie
commenter cet article
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:00

Texte  publié chez Miletune d'après la photo-sujet de la semaine

 

ob_e11cef57d2ba1167590fc1f4f106c5f7_atomiseur-parfum.JPG

Le flacon, c’est le flacon que j’ai d’abord choisi, pour ses facettes et son ventre rebondi. Celui-là porte la couronne comme un prince. Le verre fait chanter des reflets mordorés,  happe les nuances. Le corps est voluptueux, la base fine.  Posté sur ma coiffeuse, tout l’hiver, il m’invite et je m’exécute. Un nuage vaporeux, à peine perceptible, comme un léger brouillard pénétrant  les pores de la peau. Mais ce n’est pas une fragrance ordinaire.

L’époque est ce qu’il m’a fallu définir ensuite. Quel mois, quel jour, quel moment? Quelle seconde exactement ? Quand recueillir le précieux parfum, constitué de pollens et d’arômes fleuris, de sève et d’herbe coupée, de l’odeur des pierres chaudes, des murs pétris de soleil. Comment harmoniser, séduire, définir une note de tête.  Envoûter, inciter à fermer les yeux, débusquant les souvenirs, le passé, l’enfance, au cours d’une séance hypnotique.

Pour la couleur, le choix fut facile. J’avais à emprisonner ce qui se dérobe comme les faces d’un kaléidoscope. A contenir et restituer, graduellement, les impressions, les émotions. L’ambre est la couleur des bijoux d’antan, de l’exotisme et de l’Orient, des peaux gorgées de soleil,  des boissons fraîches et maltées, de la lune les nuits d’été. L’ambre était une évidence.

Car, aux instants  les plus  ternes, les plus glacés  de l’hiver, il est ma force, il est ma drogue. Je  m’imbibe jusqu’à l’ivresse de l’éther, des voiles d’un Printemps dont  j’ai fait la capture aux heures les plus sensibles de la saison.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher