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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 10:00

 

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….C’est aujourd’hui. Voilà ce que j’ai retenu du film Gatsby le Magnifique, version 2013. J'y ai vu la passion amoureuse,  la fraîcheur,  la naïveté, les barrières sociales teintées de racisme, le plaisir et la fête, les illusions perdues, la corruption, le narcissisme et l’irresponsabilité mondains, le luxe, la condition féminine, New York émergeant de la poussière et de la souffrance. J'ai plongé dans la piscine, ce carré de ciel bleu dans lequel se noient nos espérances, je  me suis agenouillée devant ce Dieu à lunettes qui voit tout, trop. Il y a des regards, de l’émotion, de la violence contenue, de la lumière, des voilages aériens, du cristal, des rubis, l’alcool coule à flot et les filles sont trop maquillées. Sauf Daisy peut-être, si fragile, un rien coquette, indécise, contrariée. Malmenée ?

 

Et si je te disais, vieux frère, que Gatsby s’arrange avec tout ça, qu’il évolue au rythme du rap et des chansons de Beyonce, de paroles susurrées par Lana Del Rey. Ses chemises ne sont belles que défroissées, ses cheveux gominés rappellent Laurent Delahousse, sans la houppette. Ses belles manières cachent des habitudes de caïd de banlieue, une horloge fracassée laisse supposer que le temps n’existe pas, et le téléphone traîné au bord de la piscine est déjà portable. Et si j’affirmais que Léonardo di Caprio est à la fois Scott l'élégant, et Redford le ténébreux. Que Carey Mulligan est moins évaporée que Mia Farrow, aussi lucide ou folle, mais n'est-ce-pas la même chose, que Zelda. Si je prétendais que Nick et nous, sommes ballotés par un monde qui ne demande qu’à nous broyer. Ah cette épingle de cravate sertie d’une molaire, portée par  un mafieux dans le film. Tout un symbole ! L’époque s’efface devant le récit, les blessures intemporelles, les douleurs insoutenables, le passé inoubliable. Devant hier, aujourd’hui, demain et toujours.  Au son de la trompette, une espèce de fatalité nous ralentit et nous pèse, comme dans les romans de Faulkner.  Alors oui, j’apprécie cette version du livre, au Charleston plus qu’épuré, et dont les personnages me hantent encore.

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 10:00

 

Un air de printemps, en textoésie chez Suzâme

 

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Des matins froids, des ciels pluvieux

Des nuages gris, soleil vicieux

Une  longue écharpe et un manteau

Encombrent mon cou et mon dos

Le soir venu quelques frissons

Me font déserter le balcon

A la terrasse des cafés

Les téméraires prennent le frais

Et c’est à peine si l’on pense

A prononcer le mot vacances

Pourtant les arbres ont recouvert

Toutes les branches nues de l’hiver

Des hirondelles s’aventurent

Dans ce labyrinthe de  verdure

Du sol mouillé monte un parfum

De fleurs des près et des jardins

Et les couleurs par petites touches

Maquillent la saison farouche

Qui se démène tant qu’elle peut

Refuse de jouer le jeu

De se laisser percer à jour,

Dévoilant ses plus beaux atours

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:00

Défi 102 chez Jill Bill : Peintre / Peinture

 

Photo-0003.jpg 

 

Il était installé au fond de la boutique

Un rien désabusé en ce lieu touristique

Les curieux promenaient des yeux doux et rêveurs

Sur les oeuvres exposées ; peu de vrais connaisseurs

 On s’extasiait souvent, on vantait les couleurs

Il souriait un peu et soupirait parfois

 Il faisait de son mieux, il élevait la voix

 Répondait aux questions prétendument techniques

 De passionnés causeurs au profil atypique

 Il repérait aussi des amateurs séduits

Muets, admiratifs au visage épanoui

 Dont les yeux s’embuaient de reflets pailletés

 Ne savaient expliquer ce qui les retenait

 Au bord d’un paysage, d’un corps abandonné

Comme si dedans la toile siégeait  la vérité

 Acheter, le plus souvent, dépassait leur budget

Le peintre gentiment alors leur proposait

 De choisir, d’encadrer, une épreuve d’artiste

 De s’offrir un trésor, de piocher dans la liste

 De toutes ces forêts, de ces bois, de ces champs

 Qui donneraient une âme à leur appartement

 Ils repartaient conquis, joyeux propriétaires

 Et l’artiste comblé abaissait les paupières

 

 

Photo-0005-copie-1.jpg 

 

Peintures d'André LHERMET 

 

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 13:00

 

Un repas entre amis, convivialité, bons mots, éclats de rires, échanges, souvenirs partagés. Le plat réussi du maître ou de la maîtresse de maison, félicitations des invités, coups de fourchette enthousiastes, soleil sur la terrasse ou air de jazz flottant dans le salon. Tintement des verres, œil brillant, joues rougies. Et bouteilles de vin. Rouge, blanc, rosé choisi avec amour, maintenu à température, accompagnant chaque mets afin d’en exhausser le goût. Dégustation, claquement de langue contre le palais, léger parfum de cassis ou de pomme, robe transparente, velours sous les papilles, divin mariage avec les fromages.

 

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Mais le vin ce n’est pas que ça. C’est une histoire, une rencontre, des voyages. Nous avons la chance de vivre au pays du bon vin, parcourons le territoire, visitons les caves, questionnons les viticulteurs, écoutons les vanter leur production. Et parfois, s’ils ne mettent pas assez de conviction dans leur voix, méfiance, cela peut cacher des trésors. Aménageons nos propres caves, vérifions les conditions de conservation, de stockage. Un bon vin ça se bichonne comme un bébé, et quand les amis arrivent et s’enthousiasment devant ce petit que l’on exhibe, soyons fiers. Ce n’est que l’étape ultime, l’enfant nous échappe un peu déjà. Ouvrir une bonne bouteille, c’est du bonheur teinté de nostalgie comme lorsqu’on dépose Loulou devant la maternelle !

 

PS : Merci à toi, Pierre, qui parle si bien du vin.

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 18:31

Il faut doux et le soleil brille alors...

 

 

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...Jusqu'à la fin de la semaine

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:00

 

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J’aime beaucoup cette photo, c’est un peu le mythe de la caverne, le moment exact où l’on accède à la connaissance en tournant le dos au confort des habitudes. Et le confort actuellement pour moi, c’est l’écran sur lequel je note tout ce qui me passe par la tête entre deux apparitions du soleil. J’aligne parfois des mots comme ils viennent et sans me demander où ils mènent. Mon chat, à mes pieds se cure les griffes, dans une belle indifférence. Puis il se lève et miaule,  un brusque besoin de barboter dans un rayon jaune avec les moineaux, sur le balcon. Alors je râle, mais quand la campagne entre par la porte-fenêtre dans un bruissement d’ailes et de feuillages, je me dis que j’ai de la chance d’habiter au calme si près de Paris. Et je soupire, contentement d’aise, satisfaction ponctuelle et courte.

Mais la connaissance ! Il paraît que nous n’y accédons pas tous, il y a des élus, plus motivés, plus perméables et avides que d’autres. Plus chanceux aussi peut-être. Le savoir, la perception, des termes bien mystérieux. A mon échelle, je crois  d’abord au bonheur, que l’on acquiert dans les livres et  dans les petites choses de la vie. Des moments partagés, des sensations, des odeurs, des souvenirs et des lieux… L’arrivée du printemps... Et je soupire.

 

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:00

 

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C’est ce qui me manque en moment, la lumière. Celle qui se glisse sur toute chose dès qu’un rayon de soleil paraît. Les couleurs sont sublimées comme dans « Les demoiselles de Rochefort ». On dirait qu’un filtre a été placé devant nos yeux éblouis afin de nous obliger à voir ce que la routine nous a fait négliger.  Une sorte de légèreté, des nuances pastel et acidulées, des feuillages virevoltant sous une brise délicieuse, des chants printaniers gazouillant dans les branchages. Et le miroir. Des facettes clignotant dans l’eau et dans lesquelles plonge tout le paysage environnant, buissons, arbres et fleurs. Comme le regard émerveillé du spectateur envoûté par les  robes rouges des jumelles dans le film.

 

demoiselles

 

Et les jeux d’ombre et de clarté auxquels se livrent les photos ressemblent aux chorégraphies aérées, intemporelles, établies sur mesure pour les demoiselles, l’une blonde et l’autre brune. Ainsi Dame nature offre de beaux spectacles, pour qui se fait son cinéma en l’observant béatement.

 

Photo 019

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:00

Jeudi en poésie, défi 101 chez Hauteclaire : anticipation

 

 

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 Il y aurait la lune comme un toit vermillon

Qui mangerait la brume par-dessus les  maisons

Il y aurait  la pluie blanche et  énigmatique

Un décor métallique, des filles fantastiques

Une dominance de noir, des corps nus et sensuels

Des femmes au regard lourd, des androïdes cruels

Des visages mystérieux et des cheveux bleuis

Des souffrances et des plaies, des pansements rougis

Dans l’ombre et la lumière, un jeu plein de mystère

Et peu de détails crus, que plane une atmosphère

Des chairs, couleur gris clair,  dans l’amour et la guerre

Eros exacerbé, silhouettes altières

Le succès des BD, un univers spécial

Je n’aurais qu’à copier le génie de Bilal

 

 

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:00

Explosion, tel est le casse-tête cette semaine chez Sherry

 

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Figurative: Anabelle Deschenes

 

 

Je n’aime pas que tu me dises ce que je dois porter

Je n’aime pas que tu exiges qu’on aille chez tes parents dîner

Je n’aime pas que tu fasses semblant de m’ignorer

Je n’aime pas que tu passes ton temps à t’entraîner

T’es plus tout jeune, tu veux  toujours gagner

Je n’aime pas que tu louches sur tous les décolletés

Tu me négliges, je sais vingt ans, quel bail ça fait !

Est-ce un prétexte pour vouloir explorer

Des territoires interdits, d'autres contrées

Je n’aime pas voir, sous le lit, tes chaussettes squatter

Je n’aime pas qu’on vive nos dimanches devant la télé

Je n’aime pas qu’tu suives les matches, une bière à tes côtés

Que tu ne me tiennes pas au courant de tes projets

Que tu te taises, ne veuilles rien m’expliquer

Que tu me méprises, dans un regard glacé

Que tu prépares je ne sais quelle joyeuse virée

Avec des potes et des poupées fardées

Et n'essaies pas de me faire accepter

Tous ces travers dûs au poids des années

Comme de la dynamite, je suis près d'exploser !

 

AUCUN LIEN AVEC MON CHER ET TENDRE, EN DOUTIEZ VOUS ?

 

 

 

 

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 08:00

Remonter le temps, tel est le défi 101 chez Hauteclaire.

 

café

 Edgar Degas: Femmes à la terrasse d'un café le soir

 

J’ai toujours su que j’en venais, qu’un jour j’y retournerais. Alors quand on m’a offert d’aller faire un tour chez Tortoni, j’ai cru à un canular. D’abord cela m’a vexée car   les demi-mondaines y élisent domicile, mais  j’avais envie de rencontrer le tout Paris. Et  la machine m’a invitée. Le 22 boulevard des Italiens est le lieu où il faut être. Pas le matin car on s’y rend pour déjeuner, c’est tout. Mais le soir, il y a foule dans les petits salons, on y sert des rafraichissements dans une odeur de tabac, de gaz et de fumée.  C'est une halte obligée au sortir de 'Opéra. J’adore y rencontrer des étudiants, des dandys, des gens de lettres, des politiques. Quoiqu’en cette année 1843, mon ami Flaubert est bien trop pauvre pour s'y pavaner.  Et de toutes manières il s’en moque, écrire est son seul plaisir. Quant à Balzac, ses goûts de luxe et son attrait pour les grandes dames lui font mener cette vie de boulevard qu’on attribue aux dandys, il me plait observer sa bedaine rebondie que son génie fait oublier. Eugène Sue passe aussi chez Tortoni, il discute cheval avec Orsay et je les écoute en dégustant des glaces. Surtout qu’en ce moment se prépare le derby de Chantilly où l’on peut admirer ces dames et leurs belles toilettes. La mode anglaise influence tant nos grands hommes ! Et j'en vois tellement défiler que j'en ai le tournis, Dumas, Barbey d'Aurevilly, Hugo, George Sand. J’ai aussi entendu parler des bains chinois au 27, c’est un hammam de luxe, non mais je rêve. On parle déjà de bains de vapeur, aromatisés, de massages, et toute la déco est de style chinois ! Comme tout cela est délicieusement tendance !

 Evidemment,  les dandys refusent de fréquenter les boursiers et les hommes d’affaire qui sont d'un autre monde selon eux. S’ils savaient que dans le prochain siècle ceux-ci les détrôneront.

Moi j’adore me trouver là en famille avec mon époux et mes enfants, j’arbore des robes de taffetas, un magnifique chapeau, des gants.  Et je pense au choc qu’ont dû éprouver les Rémusat ce 28 juillet 1835, quand un attentat fut perpétré non loin de là sur le passage du  cortège du roi Louis Philippe qui se rendait à la Bastille.

Et la machine me ramène aujourd’hui chez moi. Loin des luxes d’autrefois et de la vie trépidante du  boulevard de l'époque. Pourtant dans les cafés de Paris, boulevard des Italiens et des Capucines, flotte encore un air du dix-neuvième. La touche française, la distinction, une certaine forme de légèreté qui donne envie d’écrire n’importe quoi.

 

 

 

 

 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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