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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 08:05
Courseulles sur Mer, 25 juin

Courseulles sur Mer, 25 juin

Les couleurs du temps sont incompréhensibles en ce moment et on ne peut pas s’y fier. Car sitôt que la pluie s’est installée en gouttelettes fines et tièdes crachées par un nuage nonchalant, voilà que le vent souffle et la transforme, elle se fait drue, agressive. Le ciel a des mèches grises, moutonne et  cherche son reflet dans l’eau. La plage a l’air d’une vilaine bouche ouverte, grimaçante, tirant une langue de sable roux,  où les maisons figurent des gencives noircies et  les cabanons clairsemés des dents déchaussées.  Ce sont les premiers jours de l’été…

Et puis comme un jeune homme, le temps se fait beau, ciel azur et mer turquoise, sable doré et soleil franc. L’écume  borde les vagues et ça se voit. Si la chaleur se fait attendre, l’œil est ravi. Les tropiques prêtent  volontiers leurs couleurs à qui sait les regarder, saisir l’instant et se laisser porter le pouvoir de la lumière sur le moral.

SUR LE MORAL
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:00
PARALLELISME

 

Dès qu’il entre dans la cuisine, il se laisse tomber à terre comme une masse. C’est l’odeur d’huile d’olive qui l’enivre et la perspective d’une caresse. C’est aussi faire comprendre que sa gamelle est vide. J’avais pensé à un trouble neurologique, on m’a rétorqué votre chat est  tout simplement zen. Il se présente le flanc à l’air, les yeux fermés, abandonnant toute crainte, il attend un gratouillis là, dans le cou. Si rien ne vient, étonné il ouvre des yeux jaunes et dresse les oreilles, l’air de dire, tu attends quoi, un ron ron ? Tu peux te brosser !

Dès qu’ils pénètrent dans le stade, ils se ruent sur le ballon en masse. Ce sont les supporters qui les galvanise et la perspective de marquer un but. C’est aussi faire jouer l’esprit d’équipe. Je trouvais qu’ils s’économisaient parfois, on m’a répliqué qu’ils testaient l’adversaire. Ils ont des passes nulles ou grandioses, se blessent, s’écroulent, attendent les cris de la foule, ses chants, ses hurlements.  Quand on siffle, quand on se bat, quand la fumée aveugle les gradins, quand le spectacle déborde terrain, quand  ce n’est plus du spectacle, ils pourraient se figer, se donner la main et avertir, vous espérez quoi, une ovation ? Rentrez chez vous, on arrête, la fête est finie !

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:00
ET MÊME SI...

… On n’y comprend rien au foot, on ne sait pas ce qu’est un ailier, un arrière, un avant-centre, on ne connaît pas l’importance d’un penalty, d’un coup franc ou d’un hors-jeu, on ignore si cette fois le but va être accordé par l’arbitre, s’il y a eu faute et attribution d’un carton aux couleurs de l’Espagne, on se demande ce qu’on attendait de Pogba, on félicite Giroud et Payet qui, dit-on, se sont montrés remarquables, on se fiche pas mal de parier ou d’échafauder des stratégies quant aux nombres de buts ou aux éventualités de rencontres futures, même si on n’aime pas la foule, les cris, la craie sur les visages, les sifflets, la pub à la mi-temps, les mines hilares ou désespérées des entraineurs, les ralentis, les arrêts de jeu…

… On apprécie de se retrouver entre amis et/ou en famille, de clamer son chauvinisme, de critiquer, vibrer, hurler, retenir son souffle, taper dans ses mains, jurer comme un charretier, assis sur le canapé, avec devant soi, un verre de vin ou une chope de bière, des jus de fruits, une pizza, du saucisson, des chips. On fait le vide, on recharge les batteries, on ne pense à rien et surtout pas que cette thérapie de groupe se facture en contrats juteux et démesurés.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 08:00
LA CATA

Adapatation libre et plus ou moins contrôlée de" La Mamma", si Aznavour chante à vos oreilles durant la lecture, j'aurais un peu gagné mon pari...

 

Ils sont venus

Ils sont tous là

Dès qu’ils ont constaté ce fait

Elle est arrivée la cata

Ils sont venus

Ils sont tous là

Même ceux qui détestent Paris

Et ceux de banlieue, ébahis

Les appareils en bandoulière

Pas de chichi pas de manière

Autour du lit noir de la Seine

On flashe, on crie, on s’interpelle

Quand les brigades se démènent

On a répondu à l’appel

De la cata

 

Fi du danger, quelle inconscience

A-t-on mesuré l’importance

Elle est arrivée la cata

Petit navire gonflant les voiles

Drapeau déployé, fière toile

A ta rescousse on se hâte

Allons Paris viens, fluctuat !

Paris fluctuat !

 Ya tant de passerelles et de statues

De pierres usées, de ponts en métal

Qui t’enjambent et qui te saluent

Et ya le zouave qui se sent mal

A cause de toi, la cata

 

Et le pays est en émoi

Qui n’a pas vu briller le soleil

Il souffre tant parce que c’est toi

Qui le contrôle, la cata

Les caoutchoucs et le ciré

Sont l’uniforme des cités

Un œil sur la météo

On n’ose faire de pronostic

Par les fenêtres dans le ciel gris

On guette en vain une trouée bleue

Le bourdonnement de la pluie

Nous rend tous bien malheureux

 Mais pas toi la cata

 

Le Louvre et le musée d’Orsay

Ne peuvent trouver le sommeil

Elle est arrivée la cata

Depuis des siècles, des merveilles

Tant de trésors à préserver

Méfiance, chacun te surveille

Et les guichets restent fermés

Paris fluctuat

Ya tant de passerelles et de statues

De pierres usées, de ponts en métal

Qui t’enjambent et qui te saluent

Et ya le zouave qui se sent mal

Or jamais, jamais, jamais,

Tu ne le noieras…

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 08:00
PEU IMPORTE....

Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. On ne cherche pas à savoir si le jour se lève ou s’il s’achève, tout ce qu’on voit c’est que le soleil est posé dessus et qu’il s’étale. Il semble dépasser le cadre et vouloir étendre ses rayons à l’extérieur. Ou alors il accroche le spectateur et l’entraîne avec lui jusque derrière les arbres et l’aveugle. Attraction, rejet, on ferme les yeux malgré soi. On les ouvre de nouveau, les remplit de turquoise, d’orange et d’or. Le vertige s’installe lentement, on a le sentiment de marcher sur l’eau bercé par les clapotis, le vent fait danser la ligne de flottaison et le temps s’arrête.

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:00
BOUTONNEUX

Cette année le mois de mai est un peu coincé. Il ne veut pas s’exprimer et gesticule tel un adolescent dégingandé et boutonneux qui ne sait pas quoi faire de ses jambes. Il est timide et peu bavard, se cache derrière les nuages et le vent parfois glacé. Pour le muguet, pour ses clochettes il s’est fait beau durant une semaine. On a pu croire qu’il osait et s’affranchissait, atteignait l’âge des responsabilités et se coulait dans le printemps comme on s’éloigne de ses parents pour décider de sa vie. Mais, sans surprise, il a respecté le gris des nuages et les saints de glace, il n’est ni rebelle, ni précoce. Il prend son temps, grandit en famille, celle des jours qui s'étirent. Et puis voilà qu’il se réchauffe, capte le soleil et sa lumière, alterne orages et éclaircies. Avant que juin ne se profile, il deviendra adulte.

 

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 09:48
Cracovie, Pologne, Le Rynek, Place du marché

Cracovie, Pologne, Le Rynek, Place du marché

BLOG EN PAUSE, A BIENTÔT​

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 08:00
statue de Jan Matejko (1838-1893), Planty park, Cracovie, Pologne

statue de Jan Matejko (1838-1893), Planty park, Cracovie, Pologne

M’asseoir dans un coin du cadre et comme le peintre, observer les couleurs du printemps qui s’installe. Rester assise le jour entier, patiente, attentive, déterminer l’ensoleillement propice à la création d’une œuvre.

Je scrute le ciel et l’horizon, respire sous les frondaisons et j’ai pour tapis le gazon. Le  vent  court dans mes cheveux,  les oiseaux  me picorent le crâne. Le temps a suspendu son vol, je flotte. C’est le moment que je préfère, apesanteur artificielle, quand le monde semble tout petit, s’agite sous mes pieds afin que je le réinvente.

Si l’artiste couvre la toile de ses pinceaux, moi je me sens en verve. Les mots se pressent sous mes doigts, légers comme les robes des filles, sensuels ainsi que leurs bras nus. Des phrases entament une valse, des lettres distillent leur parfum, des sons s’élancent dans les arbres et font le tour de la ville. Si mon regard a ses limites, rien ne freine mon imagination.

 

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 17:27
DEFI 165 : SI JE DEVAIS CHOISIR

Durgalola a choisi pour le 165ème défi des croqueurs de mots: Dites à quelqu'un que vous aimez... Quelque chose... Contrainte supplémentaire, citer le nom d'un fleur.

Si je devais choisir un endroit, un mets, un livre, un film, une pièce de théâtre,  une activité, s'ii m'était possible de sélectionner, déclarer une fois pour toutes,  trancher sans aucun doute, sans trémolo dans la voix, hésitation, grimace, ou hochement de tête, haussement des sourcils, sans me gratter le crâne ou me curer l'oreille, trépigner, me ronger les ongles, scruter le ciel dans l'attente d'un signe, même invisible, comme le sourire d'un nuage ou ses pleurs sur mes joues, si te convaincre me paraissait évident, enfantin, t'amener à aimer ce que j'aime parce que je l'aime n'était que formalité, je ne douterais ni de mes goûts ni de ton amour.

 

Mais je me connais, je suis d'humeur changeante et capable de renier ce que j'ai adoré et j'ai une confiance limitée en l'amour, en son intensité,  je sais que parfois il ne dure que ce  que durent les ROSES. Mais j'apprécies, et toi aussi, j'en suis à peu près certaine, les moments partagés, le quotidien banal, comme ce soir-là, toi et moi ensemble, quelques macarons, un verre d'alcool de fruits, un  orchestre de jazz...

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 08:00
QUAND ON LA VOIT

Depuis la rue quand on la voit, on se la représente dans ses années folles. Quand sa toiture griffait le ciel au lieu de lui creuser une place dans la charpente. Quand ses murs enduits de torchis, peints et enfarinés lui faisaient la peau douce, le teint diaphane et l’air avenant. Quand des fleurs se hissaient à hauteur de fenêtres, répandaient les odeurs du printemps dans chaque pièce. Quand un jardin verdoyant et ombragé la parait de mystère. Quand sa beauté et son éclat attiraient les admirateurs.

Depuis la rue quand on la voit, on se demande ce qui la hante. Les vieux fantômes d’autrefois sont dans une forme insolente. Et par la porte entrebâillée, par les fenêtres démontées, le soupirail et le grenier, ils se faufilent, surfent et chantonnent. Ont des histoires à raconter, secrets de famille bien gardés et par les mulots colportés. Ils murmurent dans les branchages, chahutant  bourgeons et feuillages. Et puis s’échappent tout là-haut, nuage blanc effiloché porteur de rêves en fumée.

 

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