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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 08:00
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:00
BALLET

Ils entrent timidement le samedi jour de marché, dans l’officine. Choisissent un moment où la foule se fait moins dense ou une période de vacances scolaires. Ils ont l’air sérieux, sont conscients de l’importance de la tâche qui leur incombe. Ils ont une sacoche en bandoulière ou portent un cartable d’écolier qui ne pèse vraiment pas. Leur voix est douce, ils parlent tout bas, leurs yeux observent nos mimiques, notre langage. Arrivés au comptoir ils déterminent le nombre de personnes qui composent l’équipe, ouvrent leur précieux bagage, tendent la main discrètement mais fermement, interrogent : «  Tout le monde est là, personne  à l’arrière ? » Et distribuent de belles affiches. Avec au recto le portrait flatteur d’un candidat au sourire ravageur. Au verso de belles promesses établies à l’encre noire sur du papier bleu, rouge ou blanc.

Le ballet précédant  la course à l’Elysée vient de commencer, et chez nous commerçants, cabrioles, pas chassés et changements de pied se succèdent avec virtuosité.

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 08:00
TROIS COULEURS

J’aime que l’automne ait trois couleurs. Qu’il se débatte entre les saisons, qu’il peine à trouver sa place, qu’il se croit jeune et fort encore, qu’il s’épanouisse en rougissant, qu’il disparaisse en s’asséchant. L’automne correspond à un âge idéal, où l’on définit ce qui est important et ce qui reste à accomplir. Il se sent vert et plein de sève, il fait de l’ombre sous les tonnelles. Il se croit riche, se couvre d’or, porte des habits scintillants.  Lorsqu’il se penche vers l’eau d’un lac, ce sont pourtant larmes de sang qui miroitent et l’affaiblissent. Bientôt le givre et les grands froids le dépouilleront. Décharné, décoloré il enfilera sans regret le manteau de  neige poudrée que  l’hiver tendra de bon gré.

 

 

TROIS COULEURS
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:00
SONATE

L’automne c’est le bruit des feuilles sous les pas, un craquement sec comme l’huile de friture. Mais il faut aller aux champignons dans les sous-bois, avec un canif et un panier en osier. Parce que là c’est magique. Le sol est rouge, doré, personne ne l’a encore foulé, les bottes s’enfoncent et ça crisse, ça crie, on dirait que la terre rouspète. Ça vole dans tous les sens, ça s’éparpille et ça revient se coller aux semelles. En réalité la terre aime qu’on la chatouille, qu’on la gratouille. Qu’on déplace des graines, qu’on emporte de la mousse. Sans la dépouiller totalement. Qu’on lui laisse quelques bolets pour la repousse comme on lui a gardé des jonquilles il y a peu. En mélomane, elle a aussi d’autres joies au mois d’octobre.  Car la course des lièvres, la fuite des biches, le galop des chevaux ont un rythme particulier, composent  une musique qui sonne et claque, une sonate sur le tapis rouge de l’automne.

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:00
A L'AMERICAINE

Des élections comme leurs pâtisseries, colorées chimiques, aromatisées. Echange de mots verts, bouillonnants, au parfum douteux. Une scène politique comme un ring où deux adversaires peu crédibles se font face. Aucun ne convainc, aucun ne séduit, ils pérorent, tous deux vautrés sur le lit de crème et de fleurs en sucre que constituent les électeurs déroutés. A chacun sa couronne, celle qu’il, ou elle, rêve de porter au grand soir. Voyez comme madame arbore un joli nœud sur le crâne, voyez comme monsieur ironise de ses gros yeux globuleux fixés sur elle. Pas de doute, si l’on aime la gastronomie et le raffinement, cette course à la Maison blanche tient ses promesses ! 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 11:35
Dinard vue depuis Saint Malo

Dinard vue depuis Saint Malo

Coucher de soleil. La nature fait son théâtre, être spectateur. Se placer dans le décor, parmi les ombres, observer le ruban  luisant sur la Rance. Le disque solaire devenu soucoupe, s’étale, se fond aux nuages et embrase Dinard. D’ici on croit à la magie d’une ville en feu se précipitant dans la mer. On devine ses toits noircis, découpant l’horizon et la roche abrupte qui la fait danser sur l’eau. Se perdre dans les branchages d’une nuit en marche, observer un coin de ciel récalcitrant, parcelle de jour déclinant avec panache.  C’est beau une ville… au crépuscule !

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 08:00
OSER

Je vais oser. Evoquer dans un même texte Monument Valley et le Cap Fréhel dont j’ai parlé la semaine dernière. Je vais oser car les lieux m’impressionnent davantage par leur pouvoir de suggestion que par leur incroyable beauté. Et Monument Valley à la frontière de l’Utah et de l’Arizona, c’est le Far West, les bottes à éperon, les chapeaux des cowboys et leurs foulards.

Quand arrive on a envie de s’asseoir devant un feu de camp, de partager un repas frugal, la main sur le colt, des fois que… les indiens ! On galope à cheval, on chasse au lasso, on envoie des éclaireurs repérer des tepees. On est "Prisonnière du désert", amoureuse d’Eclair, ce grand indien balafré, envoûtée par John Wayne cowboy pur et dur, presqu’insensible.

Quand on arrive on est accueilli par les indiens Navajo du XXIème siècle à bord de jeeps tout terrain, hurlant « Ça roule ma poule ! », pour amuser le français en goguette. On découvre des rochers au nom évocateurs, main gauche, main droite, Snoopy, W. On pique-nique à l’indienne, Hum… On s’isole, parce qu’on a envie de s’asseoir devant un feu de camp… Et ça fonctionne.

Puis on apprend que les Navajo n’ont jamais emprisonné quiconque en Utah, contrairement aux Comanches du Texas. Que la prisonnière à qui c'est arrivé en vrai et qui a inspiré John Ford, est devenue folle car elle n'a jamais pu se réhabituer aux siens une fois délivrée. Monument Valley, le décor était un caprice du réalisateur. De biens d’autres après lui. Tout est faux mais ça sonne bien. Cette vallée ocre, immense, désertique, évocatrice est si belle qu’on entre sans peine… dans le film.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 08:00
FREHEL

On m’en avait parlé comme d’un joyau de la Manche, le long de la côte d’Emeraude. Ce n’est pas le Grand Canyon mais a-t-on réellement besoin d’aller si loin pour que la séduction opère ? Manque-t-on à ce point de lieux extraordinaires, de sites époustouflants, de paysages envoûtants ? La magie n’a-t-elle lieu qu’après 12 heures de vol et 9 de décalage ?

Je prétends que non.  Le Cap Fréhel c’est d’abord une mer aux reflets de phosphore, du granit rose, des falaises découpées de 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. La lande à perte de vue, bruyère, ajoncs, aux couleurs exubérantes, jaune, bleu, vert, rose selon la saison. Un perchoir aux oiseaux, des rochers brise lames. Des sentiers de promenade, le phare, le Fort La Latte, Jersey dans la brume.

Fréhel c’est aussi pour la midinette que je suis, et bien que les Cornouailles soient de l’autre côté, le bruissement des jupes de Catherine, les bras musclés de Heathcliff. Pour l’histoire, les fantômes des navires de corsaires, voguant toutes voiles déployées. La griserie des espaces, le danger, les gouffres, le vertige, les vents tourbillonnant, des cris d’oiseaux incessants, des nappes de brouillard, un ciel plongeant dans l’eau. C’est du bruit, des couleurs, l’odeur du large, le sel sur la peau.

C’est ce qu’il reste quand on ferme les yeux, qu’on se souvient. Dire "je suis allé" ne suffit pas. Encore faut-il être capable de reformuler ce dont on se rappelle. De restaurer la magie.

 

FREHEL
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 11:30
PARENTHESE

Je rentre aujourd’hui. Les vacances sont déjà loin car c’est du temps qui pschitt. On les attend avec frénésie, on compte les jours, on envie ceux qui partent avant soi et on jalouse ceux qui, de retour, ont des étoiles plein les yeux. Mais c’est du vent tout ça. Les vacances, ça se vit pendant, se photographie, se chahute, s’avale comme une gorgée de bière. Pas la première, intense et irremplaçable. Les vacances c’est désaltération et amertume. Survient le moment où l’on aimerait rester là, en stand by, entre chez soi, Saint Malo ou Los Angeles. Si, si, je compare des extrêmes, mais ça fonctionne quel que soit l’endroit. Les jours déconnectés paraissent irréels, particulièrement savoureux, font de la mousse.

Il faut revenir. Retrouver son monde d’écolier, d’étudiant, travailleur acharné, retraité surbooké. Ou demandeur d’emploi motivé, refusant la déprime. Car cette vie quotidienne, routinière, rend la parenthèse intense bien qu’illusoire.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 08:00
EN PAUSE

CA COMMENCE POUR MOI MAIS PAS DE BATEAU CETTE ANNEE,

 

A BIENTOT, JE CONTINUE DE PIANOTER SUR VOS BLOGS!

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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