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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 20:00
POURTANT DEJA

Saison grise et pluvieuse, jours tristes et nuages, soleil fier mais timide, lumière incertaine,  matins flous et midis ternes, vent giflant l’après-midi, façades décolorées, arbres nus, frileux et chancelants, réverbères flirtant avec le jour, muselant la nuit, balcons en berne, froid insidieux, vieilles douleurs, vacances lointaines, projets diffus, carnavals déjantés, ronflements sous la couette, séries TV, soupe aux vermicelles, pommade Vicks, Doliprane.

Pourtant déjà, fragiles, précoces, soulevant le bitume…des jonquilles.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 08:00
DEFI 159: VALENTINE, VALENTINE

Défi 159 proposé par Fanfan pour les Croqueurs de mots, poster une annonce sur MEETIC en utilisant les mots suivants : foire, poirier, carambar, marchandise, bois, tagada, rose, yatch.

MEETIC je m’en fiche un peu, alors l’annonce sera fantaisiste et/ou plausible selon l’inclination des cœurs.

 

Et si la société n’avait qu’à faire silence, si nous nous offrions des ROSES sans offense

Si nous nous embrassions mêlant nos CARAMBARS, le rouge de nos lèvres, et de nos joues les fards

Si allier nos odeurs, allier nos phéromones, s’opérait sans pénis et sans testostérone

Si l’union de nos cœurs était une vaste FOIRE où l’absence d’œstrogène était plus qu’une gêne

Si dans les bras d’une fille, n’étant que MARCHANDISE, j'apprenais le plaisir, l’amour et le désir

Et si je le savais, depuis longtemps déjà, m'exerçant au POIRIER gavée de fraises TAGADA

Et si intimement ce n’était que cela, une femme pour une femme, elle et moi, elle émoi

Je hurlerais au BOIS ou sur le pont d’un YATCH 

M'exprimerais sans honte, légère,  avec fierté,

Je hurlerais la vie, la joie, la volupté

D’être la Valentine d’une Valentine aimée

D’être une âme câline par une autre adorée

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 10:00
DANS LA TETE

Il est entré dans l’officine d’un pas lent et hésitant, en appui sur une canne, un feutre lui couvrait le crâne. Sa voix chevrotait mais ses yeux noirs pétillaient, il savait parfaitement ce qu’il voulait : un médicament pour le transit. J’ai annoncé des noms : DULCOLAX, MICROLAX, PURSENNIDE, MODANE etc…

« Oui c’est ça » il a dit, et puis « mais non, cherchez dans votre ordinateur. »

J’ai demandé s’il voulait des suppositoires ou des comprimés. Il a dit : « des comprimés marron » puis a affirmé « MICROLAX, c’est ce que je veux !

  • Ce sont des suppositoires, monsieur.

  • Eh bien, je ne sais pas moi. La dernière fois, vous aviez trouvé tout de suite et si je reviens chez vous, c’est pour ça.

  • La dernière fois, vous deviez avoir une référence à nous montrer !

  • Oui et alors ! Vous n’avez qu’à chercher dans votre ordinateur! »

Il s’entêtait, faisait les cent pas le long du comptoir, levait les bras, tapait le sol avec sa canne. Ses joues rosissaient, sa bouche édentée frémissait de colère. Alors j’ai tourné l’écran vers lui, ai fait défiler les photos de tous les laxatifs connus, il niait chaque fois : « Non, ce n’est pas ça ! ». J’étais à bout d’arguments, je l’ai laissé repartir… Bredouille. Arrivé à la porte, me tournant le dos et secouant la main avec impatience, il a déclaré : « Franchement à notre époque, je ne comprends pas que vous aussi, vous ne soyez pas des ordinateurs !»

Nous nous regardées ma préparatrice et moi, ce petit intermède psychédélique était peut-être une caméra cachée, qui sait !

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 10:00
SUR PAUSE

Prendre la zapette et mettre le temps sur pause. On en a tous envie, ne serait-ce que pour juger du temps parcouru, se confronter à soi plus jeune, aux autres et essentiellement à ceux de notre génération. Voir comment ils ont grandi, physiquement et dans leur tête. Mesurer l’importance qu’ils avaient ou ont encore à nos yeux, repérer des erreurs, lever ou instaurer des doutes, pousser des soupirs. Regrets, soulagement, bien-être.

Les occasions ne manquent pas, le retour sur soi est quasiment obligatoire aujourd’hui grâce au net, aux réseaux sociaux, aux communautés. On se souvient, on se revoit ou pas, on se raconte aussi, on poste des photos d’hier ou des clichés actuels. On fige le temps. C’est ce qu’on croit.

Si je dis ça c’est que je viens de revoir Marius sur Arte, le tout premier évidemment, celui de Pagnol et d'Allégret. La première fois que ça « m’a fendu le cœur » j’avais huit ans et j’écoutais le texte dans la chambre de mes parents. On avait placé un trente-trois tours sur un tourne disques. Alors pour raviver mes huit ans, mon insouciance, pour me retrouver vautrée sur le lit avec mon chien Moustache et ma poupée Hélène, il a fallu que je ferme les yeux, que je me détourne de l’écran. Car le film regardé avec mes yeux d’adulte n’avait pas la saveur du passé.

On se raconte des « trucs de couillon ». Le passé c’est comme la poussière, ça se dépose. Alors pour le remuer on soulève les bibelots, les souvenir quoi, on passe un chiffon et on ne repose pas le cendrier ou la photo de grand-mère exactement au même endroit. Les souvenirs, ils ont bougé et c’est déjà plus les mêmes. Du temps a encore passé.

 

 

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 08:00
ORDINAIRE

Constater que les jours allongent, comparer les galettes, les tailles les prix, la quantité de beurre et de frangipane, sortir emmitouflée par un temps froid et sec, débusquer un rayon de soleil pris dans le ciel glacé, courir les soldes et ne rien trouver à acheter, finir les boites de chocolat, faire un tour du côté du Canal Saint Martin vidé et exposant ses trésors, découvrir les impacts de balle sur les murs de l’hôpital Saint Louis face au Petit Cambodge, souhaiter une bonne santé à chacun mais pas trop car ça nuirait au commerce, faire la queue pendant deux heures devant le Grand Palais afin de saluer Mme Vigée Le Brun, relire Baudelaire et apprivoiser le mal en attendant les fleurs,  partager les points de vue d'autres blogueurs, renouer avec le passé en parcourant Facebook, me recueillir au cimetière du Père Lachaise et réaliser que Michel Delpech est tout prêt d'un caveau ami,  me répéter que, sous terre, les hommes et  l’humus c'est pareil,  et… Continuer une vie ordinaire car l’année qui démarre, au-delà des projets ou des objectifs que l’on se fixe, c’est aussi la routine.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 08:00
DEFI 157: PENGUIN

Défi 157 chez Quai des rimes pour les Croqueurs de mots : Prendre six résolutions pour la nouvelle année, en choisissant de faire rire et en utilisant dans chacune l’un des mots suivants : humour, TGV, toit, solution, arbre, silence.

Ma fille a passé le réveillon à Londres et m’a demandé : »Veux-tu que je rapporte quelque chose ? ». J’ai tout de suite pensé aux chocolats PENGUIN de mon adolescence. Ici ils sont introuvables. Ces biscuits chocolatés à la crème de chocolat sont pour moi une … Tuerie. Je dois l’avouer. Ils font partie de mes madeleines, j’ai treize ans quand j’en mange, je suis en vacances à Felixtowe near Ipswich, ma copine c’est Marie Françoise, les beaux gosses se nomment Dany et Bernard ( il faut prononcer le d), je me goinfre de jelly verte, de fishs and chips qu’on achète dans les guitounes devant les cinés et qu’on emballe dans du papier journal, je vais à la fête foraine, la même que dans Barnaby sans les crimes, ma chambres est violette des rideaux au papier toilette, je grimpe dans des double decker buses et chante le générique de «Autobus-à-impériale». Sitôt ma dernière bouchée avalée, je retrouve la Place de la République à Paris et je déprime.

Alors ma résolution, la seule qui vaille la peine comporte six conditions, six trucs à respecter pour savourer le Graal, Hercule avait bien eu douze travaux à effectuer avant d’accéder à l’immortalité.

Je respire une bonne fois et vous lance tout en vrac : La SOLUTION est de poser mes fesses dans le TGV trans Manche, l’Eurostar bien sûr, et de foncer chez Harrod’s, de dévaliser les étals, tous les étals. Agir avec maîtrise, sang-froid et en SILENCE, remplir un sac à la Mary Poppins de lingots de chocolat. Grimper sur le TOIT du monde ou dans les tours de Westminster Abbey, tutoyant les ARBREs alentour. Répondre aux curieux amassés devant le portail ouest, et m’agressant avec HUMOUR d’un « What’s the matter ? »

  • I miss them, you know. I love these chocolates! Can you imagine one day without Prince William, Princess Kate and their babies ? That should be awfull !

  • Car l'Angleterre sans sa famille royale, c'est juste insupportable et c'est aussi à la mesure de mon manque.

 

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:00
ANNIVERSAIRE

Dans trois jours, il y aura l’anniversaire. On aurait préféré ne rappeler que celui-là qui fut violent, bouleversant, tragique. On aurait évoqué des hommes et un journal, la liberté d’expression, dénoncé le radicalisme religieux, l’embrigadement, la cruauté. On aurait loué la solidarité, la chaîne humaine, mondiale, inaltérable. On aurait chanté, allumé des bougies, prononcé des discours solennels. Et affirmé, péremptoire : PLUS JAMAIS ÇA ! avec l’innocence d’un entre-deux guerres.

Mais on ne fera pas. Pas comme ça en tout cas. On avouera des peurs, des craintes, les limites de la nature humaine. On confessera des failles, des défaillances, les complexités d’un système. On déplorera les filatures, les fouilles, les surveillances tout en les jugeant nécessaires. Les propos seront circonstanciés, les cérémonies prudentes, les gestes retenus.

Parce qu’il y eut un après, sanglant, gratuit, vengeur. Parce que d’autres suivront qui sait… Parce que nous n’avons plus ni sécurité, ni certitudes.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:00
SAINT SYLVESTRE

Cette Saint Sylvestre a pour moi un caractère particulier. Il y a trente ans, le 31 décembre 1985 j’avais rencontré celui qui allait devenir mon mari. Je mesure le temps parcouru bien sûr mais chaque 31 décembre est une rencontre avec soi-même.

On partage un repas gastronomique, des cotillons et du champagne, démarre un compte à rebours juste avant minuit, échange des embrassades sous le gui. On danse, on chante, effectue une retraite aux flambeaux, est volontaire aux restaurants du cœur, s’endort en serrant son ours en peluche, va au théâtre, veille un parent malade, regarde un film à la télé ou de vieilles photos, converse avec soi-même, par choix… Ou pas.

On a l’esprit léger, l’avenir nous appartient. On est préoccupé, inquiet, on a des soucis, des chagrins. La famille va s’agrandir ou perdre l’un de ses membres, le chemin semble tracé bien droit, ou tortueux semé d’embûches.

La vie s’enroule à notre cou comme une écharpe, moelleuse ou étouffante. Faire le deuil d’une année c’est la garder en soi, finie et sans plus de surprise, c’est se cogner à elle, à l’âge que nous avions à son passage, c’est donner un tour de plus à l’écharpe. Avancer vers 2016, c’est se retourner sur 2015, buter dessus comme dans des starting blocks avant d’explorer une nouvelle facette de soi, de la frotter aux autres. Je vous souhaite une année agréable et riche en découvertes.

 BONNE ANNEE 2016!

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 08:00
JUSTE AVANT

Juste avant, je dînerais de potages à la courgette et m’empiffrerais de salades aux noix et au comté. Je croquerais carottes en bâtonnets, radis et tomates cerises, savourerais filets de merlans pochés et aiguillettes de poulet grillées aux endives. Me régalerais de jambon aux épinards et de steaks hachés sur lit de haricots vert nature. J’accompagnerais le tout d’un Château la Pompe bien frais servi dans un grand verre à Bordeaux. Je privilégierais yaourts et petits suisses, pommes vertes et poires Williams.

Enfin bref, si j’étais raisonnable, en ce moment, je me restreindrais. Mais nous sommes dans la période, donc juste avant, et pleuvent les invitations. Samedi 19, Dimanche 20, Jeudi 24 et vendredi 25. Que faire sinon m’y rendre, résignée à entasser des kilos sur mes hanches. Si encore j’étais une marmotte se préparant à hiberner…

J’oublie ma ligne le temps des fêtes, advienne que pourra. Et je vous souhaite un joyeux Noël. Qu'il ait une connotation religieuse ou pas, ce sera un jour férié, un jour pour la famille, les amis ou pour vous-même, un bon repas, des kilos qui se posent et s’imposent…

Non mais, je ne veux pas être seule à engraisser !

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 15:40
DEFI 156: PAS AU POINT

 

Selon le souhait de lilousoleil pour ce 156ème défi des Croqueurs de mots, et avec un peu de retard, voici mon conte ou plutôt mon délire de Noël

Attrape Noël par les cheveux, c’est ce qu’on m’a demandé. Tu le trouves, tu le captures, tu me l’amènes et on lui fera sa fête. Pas facile comme consigne et puis qu’ai-je à y gagner, faire sa fête à Noël, ça signifie quoi ? Le couper en quatre ou lui porter un toast ? Et puis à quoi ressemble-t-il, est-ce un enfant ou un homme, une grenouille ou un prince ?

J’ai demandé à Sancho de m’accompagner. Sancho n’est pas espagnol ni mexicain, il a le sang chaud tout simplement. Et pour emprisonner Noël, il valait mieux prendre quelques précautions et solliciter l’aide d’un vrai bagarreur. Nous en avons parcouru du chemin tous les deux, Sancho a souhaité courir la pampa, euh la campagne, et s’est arrêté devant la boutique de Jo le boucher. Il lui a promis une livraison d’enfants tout frais à dépecer rapidement. Nous avions tout prévu. J’avais enfermé trois mômes dans un sac en plastique et tandis qu’ils gigotaient je leur avais chanté une berceuse à ma façon. Ils n’ont pas tardé à s’endormir.

Alors là mes trois petits neveux, qui m’écoutaient bouche bée et les yeux grand ouverts, se sont bidonnés :

« Toi, tatie, tu chantes comme une casserole, ça les a sûrement assommés ! »

Impossible d’effrayer ces morveux !

Avec Sancho nous avons installé nos trois victimes sur l’étal de la boucherie. Il a fallu le nettoyer et jeter tous les morceaux de graisse et de nerfs qui traînaient partout. Pour faire du saucisson d’enfants il est obligatoire d’attendrir la viande par des chatouilles. On entendait des rires jusque dans le ciel. Tout naturellement Noël, curieux, est descendu. Il avait une tête de papi avec une barbe blanche. J’étais stupéfaite et Sancho lui tournait autour en criant « Arriba arriba ! » Bon oui, d’accord, Sancho a un petit côté hispanique.

 

« T’as jamais vu le Père Noël m’a dit un neveu et on parie que tu ne sais même pas qui te paye pour lui tendre un piège. Et puis t’es bête parce que c’est toi qui va tomber dedans…

- Tu peux m’essuyer parce que j’ai fini de faire pipi ! a demandé l’autre »

 

Sancho a attrapé le père Noël par la hotte mais elle s’est déversée sur lui. Un train électrique lui a râpé le nez et une poupée qui avait un arc et des flèches l’a éborgné. Il court encore ! J’ai voulu réagir mais un renne m’a embrochée par les fesses.

 

Mes petits neveux se sont pliés et roulés à terre en me traitant de dinde !

« Tu vois ce que c’est que de travailler pour le père fouettard ! »

 

Je ne savais pas moi pour qui je bossais. J’avais reçu mes instructions par la poste avec un chèque. Ça m’apprendra car les trois enfants, libérés par le père Noël ont attaché le boucher et l’ont pendu par les pieds dans la chambre froide. Et moi j’ai un gros pansement où vous savez. Plutôt compliqué pour m’asseoir !

« Ecoute tatie, au lieu de raconter des histoires idiotes, où tu confonds Saint Nicolas et le père Noël, tu ferais mieux de poster notre courrier de Noël, ou de le lire, ça te donnerait peut-être des idées ! »

 

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