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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 14:30


Nous sommes à moins d’une semaine de Noël et j’ai envie de penser à tous ceux qui le vivent autrement qu’ici, au coin du feu, qui ne  rêvent pas de foie gras, champagne et autres plateaux de fruits de mer. Qui ne salivent pas devant les treize desserts ou la bûche Noël.

Au Vénézuela, on raffole de galettes cuites au four dans des feuilles de bananier, aux Antilles on tue le cochon ou on va déguster le crabe sur la plage. On décore les manguiers sous un soleil de plomb car c’est la saison sèche. A la Marina de  Pointe à Pitre, on sirote un tit punch en bras de chemise avec des accras, avant d’aller à la messe.  Je parle ici du climat, de l’ambiance. Tous ceux qui ont vécu Noël au chaud ne comprennent pas qu’on le fête sous la neige. Ceux qui ne connaissent que la morsure  des jours d’hiver, trouvent impensable de le vivre par 30° à l’ombre.

 

A l’hôpital, on a dressé un sapin dans le hall, des Père Noël appelés à la rescousse font rêver des petits malades avides de cadeaux et de férie. Dans les services on offre des chocolats aux infirmières, aux malades quand c’est possible, on améliore l’ordinaire, il y a un repas de fête le 25 décembre. On cajole les petites grand-mères, on rassure les futures mamans,  on écoute les souffrances attentivement. Dans les services de soins palliatifs, on allège les jours qui restent, on les épure autant que faire se peut. Je parle ici de souffrance, de partage, de compassion.

 

A l’armée du Salut, dans les centres de désintoxication, dans les foyers pour femmes esseulées, au bas de chez nous, la détresse est à notre portée. On ne peut pas fermer les yeux quand tous les supers marchés sollicitent notre porte monnaie, non, définitivement, notre générosité. Quand les journaux publient des photos agressives, évoquant la famine et la sécheresse. Je parle ici de combattre l’indifférence, de faire preuve de solidarité.

 

Et je pense à Mohammed, David ou Li pour lesquels Noël ne représente rien. Le 25 décembre est un jour comme un autre, certains jouent le jeu et font la fête pour la famille, offrent des cadeaux aux enfants. D’autres affichent un réel désintérêt et ont raison pourquoi pas. Des fêtes, des occasions de se réunir en famille ou avec des amis, il y en a d’autres dans leurs religions respectives.   

 

Si j’insiste finalement c’est pour dire qu’une fête est toujours un moment d’échange et d’oubli de soi pour aller vers l’autre ou l’imaginer tout simplement dans son cadre de vie. Lutter contre l’égoïsme, contribuer selon ses moyens à conserver au monde son humanité. Alors joyeux Noël à tous !

 

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 14:04










Consigne 55 Début et fin

 

 

 

Début :
Au téléphone, elle a une voix très douce, presque transparente

Fin :
Je pioche mes lettres et fais signe à mon frère de jouer ; il pioche 7 lettres : REVENIR

 

 

Au téléphone, elle a une voix très douce, presque transparente. Comme si elle pouvait se dématérialiser, glisser dans le fil jusque vers le combiné, et sortir  contre ma joue. Pour m’exposer les avantages de l’abonnement internet couplé à mon abonnement téléphonique. Comme si je ne savais pas qu’au fond, elle s’en fiche, que de là où elle m’appelle, Casa ou Tunis, elle voit la mer par la fenêtre. Qu’un soleil tiède et lumineux éclaire son visage, qu’un sourire détend ses traits, enrobe sa voix.

J’imagine ma correspondante, ce léger accent qui la trahit, la pièce réservée aux filles comme elle. Elles séduisent par téléphone, et vendent des tarifs de communication. Mon interlocutrice est brune, fine, porte de longs cheveux cuivrés qu’elle balance légèrement de droite et de gauche. Elle doit jouer avec un crayon ou dessiner des bateaux sur un buvard tout en récitant des «  je vous rappelle donc notre offre monsieur » et encore « cela vous permettra des communications en illimité en France métropolitaine », des « donc pour finir, je vous confirme votre rendez-vous avec notre technicien ».

Je l’écoute et me prends à rêver d’une rencontre fortuite dans un bar. Elle arrive en tailleur pantalon noir, très chic, porte un chemisier blanc. Une ceinture au fermoir carré enserre la taille qu’elle a fine et marquée. Elle se hisse sur un tabouret à mes côtés, ses escarpins cliquètent contre les tubes métalliques de son siège. Elle porte une coupe à ses lèvres.

Son souffle léger me chatouille l’oreille. Je ferme les yeux avec volupté. Je crois sentir la chaleur de sa peau sous mes doigts. Je pourrais l’étreindre à la broyer. « Que puis-je encore pour votre service, susurre-t-elle ». Si elle savait.

Alors je parle, je dis n’importe quoi,  « quel sera le gain financier ? Pourquoi me contactez-vous aujourd’hui ? Est-ce le seul avantage que ça apporte ? ». Je ne veux plus qu’elle raccroche, qu’elle me renvoie à mon désert sans chameau ni oasis. Mais elle se tait, c’est une professionnelle, elle fait bien son travail. Elle attend mon « oui, d’accord, vous pouvez modifier mon contrat ». Le silence rampe le long du fil comme un serpent et cherche à me mordre. Alors j’acquiesce, je suis déjà vaincu de toutes façons, je suis lâche. Son rire  de cristal est ma récompense. Il est mon ivresse, ma chance. Et je raccroche.

A présent, je peux tenter mon va tout. D’habitude je ne suis pas très doué pour assembler des lettres sur une table. Ce  coup de fil reçu au cours de  mon après midi de RTT, vient  de doper ma concentration.  Je ne passerai pas mon tour, je suis en veine aujourd’hui. On ne me battra pas. Je l’ai eue mon évasion, mon escapade, j’ai assouvi mon besoin d’ailleurs, de lointain. Je pioche mes lettres et fais signe à mon frère de jouer ; il pioche sept lettres : revenir.

 

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 15:11

 

72 - Ecrire la suite (Fred)

 

Fred nous a proposé, dans le cadre de l'exercice 61, une petite nouvelle (le fruit magique) dont il reconnaît lui même que la fin est assez abrupte et laisse ainsi plusieurs possibilités de suite et de morale.

 

Et si vous écriviez cette suite ?

 

Il ne s'agit pas d'être obligatoirement fidèle au style, ni même à l'univers, que développe Fred dans son texte, mais de développer le vôtre de manière à ce que le sien soit le début, quelle que soit votre façon de vous y prendre. Continuation, détournement, ou piste parallèle, votre texte peut être ce que vous déciderez d'en faire... alors ne vous génez pas, et comme toujours, un seul mot d'ordre : surprenez vos lecteurs !

 

 

Je me suis dressée sur mon lit, haletante et couverte de sueur. Ce rêve décousu, Perséphone, Hadès son époux, Baptiste et moi, une forêt, une lueur aveuglante et cette grenade dont les pépins conduisent tout droit dans le royaume des morts. Ca ne peut pas être une coïncidence, le passé, mon passé resurgit. Il y a bien longtemps que Baptiste n’est plus qu’un fantôme, un pirate de l’univers de Jack Sparrow, quelque part dans de lointaines Caraïbes. Ma vie s’est construite sans lui, banale, heureuse, un mari, des enfants. Il a réapparu au détour de mes pérégrinations sur Facebook. Il y a son profil actuel, l’homme jeune et séduisant s’est empâté, a perdu sa crinière, son allure. Et que dire de moi Sybilline, je n’ai plus la grâce d’une elfe aujourd’hui, je ressemble à la bonne fée de Cendrillon, dans le dessin animé. Une petite mémère à lunettes et à capuche, voilà ce que je suis.

Il y a dans ses photos, ce fruit, une grenade ouverte et libérant ses pépins. C’avait été un signal entre nous autrefois, un code. Celui de notre première fois. Nous avions juré par la suite de nous perdre, d’aller vers d’autres amours, d’autres partenaires pour ne pas glisser à côté de nos vies, ne rien regretter. Et nous nous étions oubliés. Il n’avait pas été l’homme de ma vie, je n’avais marqué que sa jeunesse. Alors pourquoi l’ai-je recherché sur un site de retrouvailles, pourquoi s’y est-il inscrit ? Pourquoi la grenade ?

Mes dix huit ans sont redevenus très vivants, très présents dans mon cœur et dans ma tête aussi. J’ai coupé mes cheveux, commencé un régime, changé ma garde robe, repris le sport. Je me suis mise à lorgner les petits gars dans la rue, comme ça pour retrouver une ombre, un esprit, pour me rassurer. Guetter un regard, un geste, une surprise, une lueur intéressée. Cela fait deux mois que je me recrée ; mon mari ne se doute de rien, il est amusé, fier. Il semble plus amoureux que jamais. Je me sens prête à entrer en contact, c’est pitoyable.

Mais avec les fêtes en famille, tout ce folklore, ce tourbillon, je laisse passer. Puis les soldes, les occasions à saisir me happent. Enfin arrive l’époque des examens des enfants, leurs angoisses, leurs soupirs, je suis là  pour soutenir, encourager. Dans un coin de mon âme se tapit une silhouette, se dessine un fruit à la pulpe rouge et craquant sous la dent. Jamais je n’oserai.

Alors je tourne autour, je louvoie, consulte d’autres profil sur Facebook, retrouve des camarades d’école, de collège, de lycée. Je me repais de nostalgie, je réinvente mes années. J’élabore un personnage qui n’est pas moi, qui n’est même  pas celle que j’étais avant. Et je m’en aperçois. Tout dégringole, je le sais, je le sens. Je dois visiter sa page de nouveau, ne rien rater cette fois, tout décrypter. Baptiste es-tu un leurre toi aussi, n’es-tu là que pour me faire réagir, m’interdire le négligé, le laisser aller ?

A côté de résidence, tu as inscrit Espagne, Torremolinos. A côté de situation,  pacsé sans enfant. A côté de profession, import export, fruits et agrumes. Je vois  une belle affiche, des grenades, des oranges, des citrons.

Ai-je pleuré sur moi-même, ai-je ri aux éclats, je ne sais plus trop. J’ai supprimé mon profil sur Facebook. Je sais que j’aime mon compagnon de route. Plus que jamais.

 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 17:52










Cher Père Noël,

 

 

Si tu faisais l’effort de comprendre ne serait-ce qu’un instant, tu cesserais de remplir ta hotte, ton traîneau et d’atteler ton équipage de rennes musclés. Tu resterais chez toi bien au chaud.

Toutes ces personnes qui se glissent dans ton costume, déambulent dans les grands magasins et intimident les enfants quand elles ne leur font pas carrément peur, ça ne t’irrite pas ? Moi, ça m’agace, c’est comme si ma voisine de palier se pavanait  dans ma doudoune René Dhéry,  me piquait mes Géoxx, et frimait avec mon sac Lancel. Enfin je dis ça, sans façon, tu me connais j’ai des goûts simples. Et puis je me pose des questions, tous ces copieurs, ils te versent des royalties ? Et puis quand tu poses dans les magazines, sur les cartes postales et les calendriers, quand il suffit d’un clic sur internet pour te voir apparaître, es-tu  grassement rémunéré ? Je me demande pourquoi, dans ces conditions, il faut que je mette la main à la poche en cette période festive. Tu devrais tout prendre en charge comme la sécurité sociale. Je suis certaine que tu ne sais pas ce qu’est un déficit.

A ce propos abordons le chapitre délicat de ta santé. Je sais que tu es vacciné contre la grippe, à ton âge, c’est gratuit. Mais en ce qui concerne ton cholestérol et ton diabète, tu prends des précautions ? Qui est ton médecin référent, j’espère que tu ne comptes pas trop sur le grand Maître de l’Univers, il a trop à faire avec la faim dans le monde et la crise économique. Il est en train de tester des médicaments dans son laboratoire de chimie, mais il va falloir du temps pour les faire approuver. Quand on sait ce que les gens pensent des génériques, ça ne va pas être du gâteau ! Tu vois bien que tu es trop fatigué, trop malmené par des années de galipettes à l’intérieur des maisons.

D’ailleurs comment fais-tu pour glisser comme un gardon le long des cheminées, crapahuter de mur en mur, escalader des haies, des clôtures et des balcons avec l’agilité d’un Tarzan ? Est-ce que tu te choutes à la DHEA ? Est-ce que tu te fais un petit fixe ? Quel exemple pour nos ados !

As-tu pensé à la planète ? Tous ces paquets, cartons, ficelles, papiers et autres sapins plus ou moins dégradables que tu nous obliges à confectionner ou décorer puis à entasser et jeter à la poubelle, c’est un vrai cauchemar. Et encore que moi j’ai des chats, pour eux ce sont de vrais cadeaux de Noël !

 

Je ne vois qu’une seule raison à ton entêtement, tu détestes les enfants. Tu les fais tourner en bourrique durant un mois avant les fêtes, tu leur fais écrire des lettres que tu ne lis même pas car ce sont les membres de ton fan club qui leur répondent. Tu hantes leurs rêves la nuit et tu sers d’appât. Ainsi des parents ordinaires et malléables le reste de l’année, deviennent d’intraitables tyrans à cette époque et obtiennent sagesse et régularité scolaire avec une efficacité surprenante. C’est pourquoi, Bonhomme, je te prierai de t’abstenir cette année. Ou alors pointe le bout de ton bonnet vers la mi janvier, au moment des soldes, que j’ai au moins une compensation financière.

 

Enfin, c’est pas que je fayotte mais bon si tu pouvais passer, comme ça, subrepticement, sur la pointe des bottes, déposer quelque chose à l’appart, je t’ai laissé une petite bafouille un peu plus gentille, j’ai de la pudeur moi, je ne veux pas que tout le monde puisse lire. Parce que tu sais JE T’AIME QUAND MEME….

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:02

48 - Mots Imposés (Kildar)

Utiliser tous les mots dans l'ordre donné

Sens, vie, crise, testament, trivial
toxine, Bible, pleure, superflu, jouer
suivre, crier, venger, clairement, cyniquement.

 

 

C’est en découvrant le dernier prix Fémina attribué à Jean Louis Fournier pour : Où on va, papa ?, que j’ai repensé à Lino Ventura et à son association Perce Neige. Quand il parlait des enfants différents, du sens qu’il faut donner à leur vie, du regard que l’on doit poser sur eux, surtout lorsqu’ils sont en crise. C’était un peu son testament, ce message dont  le regard de l’acteur, pudique, profond, blessé, en aucun cas trivial, sublimait les mots. Le regard de l’autre peut être une toxine inoculée à petites doses, jour après jour, démolissant la confiance et la joie de vivre, deux notions qui constituent habituellement la Bible de toute existence.

Mais il peut aussi empêcher que l’enfant ne pleure, ne se sente rejeté, exclu, que ses efforts afin d’attirer l’attention, l’amour, ne paraissent superflus. Un enfant dont la sensibilité n’est pas la nôtre sait comme tous les enfants jouer, suivre un groupe dans lequel il est à l’aise, crier pour se défouler dans une cour de récréation.

Alors on peut user d’un langage un peu vif et non dénué d’humour, comme un besoin de se venger d’un sort trop cruel, afficher clairement, cyniquement diraient certains, son ras le bol, son manque de patience, ainsi que Jean Louis Fournier le souligne dans son livre. On peut adopter la discrétion de Lino Ventura, mais en aucun cas on ne doit rejeter ces enfants qui sont, avant tout, les fruits de l’amour.

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 12:40

Sur une seconde idée de Mariev, on va se refaire un exercice mixte comme celui proposé par Virginie mais avec un truc de plus... On aurait tort de se priver non ? En avant pour le N° 46

Votre texte devra commencer par : "C'est un glaçon..." , comporter au minimum 10 des 15 mots suivant :

angora - ordinateur - chanter - pousser - allumette - jeune - piscine - sept - rouge - courir - peindre - dépayser - salon - épisodique - linge

et être illustré si possible  (avec une photo, un dessin, un tableau, une photo, une abstraction...)


img--7de4003ccc_s.jpg

 

 

  

-         C’est un glaçon cette fille, tu ne trouves pas ?

-         Tu parles de la fille sur la photo ? C’est idiot ce que tu dis, elle fait de la pub pour la « cosmétique glacée ». Tu sais ces produits de beauté qui se conservent au réfrigérateur.

-         Mais non, je te parle de la nouvelle comptable.

-         Tout de suite les clichés ! C’est facile hein, de juger les filles qui ne s’intéressent pas à toi du premier coup d’œil.

-         Je n’ai pas dit qu’il fallait qu’elle succombe, elle fait sa pimbêche, comme si elle ne me voyait pas !

-         Tu es vexé, voilà tout. Moi, je la trouve juste un peu timide. Et puis toi avec tes vannes vaseuses, tu  ne la rassures pas.

-         Comment ça, mes vannes ? Je l’ai juste un peu taquinée sur son poisson rouge, et puis elle ne marche pas, elle court ! Franchement, s’énerver pour si peu !

-         Ben, tu ne vas pas la séduire comme ça, mon vieux. Pas en lui proposant de lui prêter ton chat pour mettre de l’ambiance dans son studio !

-         Qui te dit que j’ai envie de la draguer ?

-         Tu as des allumettes dans les yeux quand elle passe dans les parages, et incandescentes les allumettes. Tu es incapable de rester concentré devant l’écran de ton ordinateur. Tu n’as qu’une envie c’est de lui chanter Ramona….

-         Ca fait combien de temps qu’elle est dans la boîte, six, sept mois ?

-         Ne fatigue pas, cette fille c’est du beau linge, la classe et tout. Tu vas ramer…

-         Oh ce n’est pas  parce qu’elle tricote des pulls en angora qu’elle dépasse tout le monde. D’ailleurs ça date un peu l’angora, c’était pas du temps d’Anne Sinclair à la télé ? Ma mère m’en a vaguement parlé. Et c’est pour qui ces pulls ?

-         Tu te tracasses pour rien. Elle est jeune, belle, intelligente… Tu vas devoir la sortir, la dépayser, te montrer spirituel.

-         Dis tout de suite que je ne suis pas à la hauteur. Et puis je n’en ai pas envie, elle est réfrigérante, décidément.

-         C’est n’importe quoi, tiens regarde, elle discute avec Alex, il sait s’y prendre lui, il la fait rire.

-         Mais lui c’est un artiste, il peint dans son salon. Je ne peux pas rivaliser dans son domaine. Il a dû réaliser son portrait, un truc du genre, j’ai su saisir ton moi intérieur. Et hop emballé, c’est pesé !

-         Je n’ai qu’une seule chose à te conseiller alors.

-         Ah oui, quoi ?

-         Emmène-là à la piscine, qu’elle voit tes pectoraux. Avec ton QI d’huître, tu ne peux compter que là-dessus pour la faire craquer.

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 21:21

CONSIGNE 58

10 mots vous sont proposés cette fois-ci, et il faut les utiliser "tous"... mais chaque mot est à choisir parmi 4, un mot principal et trois synonymes, tels que l'on peut les trouver dans le dictionnaire en ligne du CNRS et de l'Université de Caen.

Certains mots pouvant avoir de multiples sens, les synonymes peuvent partir dans plusieurs directions. Et c'est justement là que cela devient amusant, car les sens imposés par les mots sont multiples, et il y a fort à parier qu'aucun texte ne ressemblera à un autre, ce qui est bien le but de cet exercice.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez aussi vous constituer 4 listes (chaque liste prenant un mot différent de chaque groupe, mais pas besoin de prendre tous les premiers, tous les seconds, etc... vous avez toute liberté pour composer vos 4 assortiments), et écrire sur chaque, soit quatre textes différents, soit un texte en 4 parties.

Voici les groupes de mots parmi lesquels vous devez faire votre choix :

  • présence, compagnie, fraîcheur, régularité
  • compas, boussole, jambe, règle
  • gémir, murmurer, réclamer, ronchonner
  • fidèle, adepte, constant, immuable
  • convaincant, décisif, persuasif, péremptoire
  • loup, bête, masque, rusé
  • rapide, chute, éphémère, fugitif
  • parallèle, clandestin, recoupement, tranchée
  • courbe, arabesque, cambrure, diagramme
  • tendre, converger, graviter, écarteler

 

TOURBILLON

En sa présence, je perds la boussole et la notion du temps, de l’espace. J’en oublie toutes mes résolutions et  ce serment de fidélité, proféré des larmes plein les yeux en ce jour merveilleux, dit du mariage. Mon corps réclame, sa bouche, ses yeux, le contact de sa peau. Et lui sait se montrer convaincant, arbore le masque d’un prédateur, prône les bienfaits d’un relation éphémère, d’un amour clandestin. Il use de circonvolutions et d’arabesques, il me noie sous un flot de paroles doucereuses et je me sens écartelée entre ce que je  m’oblige à nommer bluette et l’amour de ma vie.

LE CIMETIERE

J’aime m’y promener l’été en compagnie des chats qui se sont rendus maîtres des lieux. Je règle mon pas sur leurs déambulations constantes à travers les allées ombragées. Ce sont des manipulateurs rusés car ils font exprès de s’approcher afin d’engager une conversation persuasive, je dois comprendre ils ont faim. Et puisque je n’ai rien apporté, ils se montrent ronchons. Leur fuite est rapide au détour des sépultures et des marronniers. Parfois tapis au fond d’une tranchée nouvellement creusée, ils aplatissent leurs courbes félines et tendent les oreilles à mon passage. Et si cette fois était la bonne, si j’avais avec moi un sac de savoureuses croquettes…

LES ENFANTS

Ils ont la fraîcheur et la spontanéité des débuts de la vie. Leurs jambes ne savent que trotter et bondir, et parfois patatras c’est la chute. Alors bien sûr, on gémit, on pleure et on se précipite dans les bras des mamans, c’est immuable. Quand ils jouent au loup, ces coquins adoptent la cambrure féroce de l’animal  et convergent  de manière décisive vers les proies les plus faibles avec des grimaces effrayantes. Ils ont un comportement parallèle à celui qu’ils adopteront plus tard, dans les défis de l’existence.

LES PREDICATEURS

Ils tiennent des meetings avec une régularité sacerdotale. Ils se lancent dans des harangues péremptoires, afin de séduire les adeptes qui gravitent dans leur entourage et de rattraper les fugitifs.  Comme des professeurs maniant le compas et élaborant des diagrammes au tableau, ils parlent haut, fort, bannissant les murmures. Je dirais qu’ils poussent des cris de bêtes dans certains cas et  par recoupement qu’ils hurlent comme  des loups les nuits de pleine lune.

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 22:08

Exercice sur le même principe que celui des titres de chansons d'Hubert-Félix Thiefaine et celui des chansons d'Indochine.

Sur cette liste de 20 titres je vous propose d'en utiliser au moins 15.

  • les ailes rouges de la guerre
  • la multiple splendeur
  • les blés mouvants
  • Toute la Flandre
  • Les heures d'après midi
  • Les visages de la vie
  • Les villes tentaculaires
  • Les soirs
  • Les flammes hautes
  • Les bords de route
  • les moines
  • Les vignes de ma muraille
  • Les campagnes hallucinées
  • Les débâcles
  • Les douze mois
  • Les flambeaux noirs
  • Les villages illusoires
  • Les apparus dans mes chemins
  • Les forces tumultueuses
  • Les heures claires

73 - Ecriture sur image (Michel)


Une image un peu particulière vous est proposée cette fois-ci... inspirez-vous en librement, quelle que soit la direction où vous emmène votre imagination, elle sera bonne :-)


Et puis, si cela vous frustre de résumer l'image à une seule interprétation, vous pouvez revenir autant de fois que vous le souhaitez !

 

 

 

 

Ces mains-là me font penser au « Saule » D’Emile Verhaeren. Il s’agit d’un poème que j’avais appris à l’école en CE2, je crois, en partie. Et jamais oublié depuis. Alors j’ai supposé qu’en empruntant ses mots à Verhaeren (consigne 47), et en divagant sur l’image, (consigne 73), l’inspiration viendrait.

Le saule de Veraheren est un vieil arbre, noueux comme le sont les visages de la vie à leur déclin. Il paraît fragile et destructible ainsi que cet ensemble de mains superposées formant des épis de blés mouvants. Mais enchevêtrées et s’élevant telles des villes tentaculaires, ces pinces promptes à bondir ont des forces tumultueuses. Elles ont l’air de buter contre des chocs, telles des jets de lumières face à des flambeaux noirs. Ce sont autant de flammes hautes  se dressant les soirsles ailes rouges de la guerre se font menaçantes.

Au temps des débâcles dans les campagnes hallucinées, elles sont le symbole des heures claires à venir. Ces heures d’après midi où dévoilant leur multiple splendeur , elles s’éloignent et se rapprochent les unes des autres et dansent à engendrer un vertige, à créer un mirage. C’est pourquoi, je crois distinguer en leur creux des villages illusoires nimbés de lumière et grimper le long des bras qui les soutiennent les vignes de ma muraille.

Elles sont la vie dans sa mouvance, dans son éclat, dans son mystère. Elles sont la résistance, la persistance. Elles sont  Le Saule de Verhaeren, l’arbre de vie.

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 21:45


70 - Début et fin + Ecriture sur image (Flora)




Qui ces fauteuils attendent-ils? Ou quoi? Vont-ils être témoins de quelque chose? A vous de le dire en utilisant impérativement les début et fin que voici:


Début: "Les deux hommes attrapèrent leur imperméable puis partirent en toute hâte."
Fin:
"Mais comment pouvait-on donc faire ainsi la pluie et le beau temps?"



Les deux hommes attrapèrent leur imperméable puis partirent en toute hâte. Il était quinze heures trente quand Arnaud reçut un appel téléphonique de la clinique. Il était en réunion ave le grand patron, et la sonnerie de son portable fit mauvais effet. Quand il en expliqua la raison, on le félicita et, en lui tendant son imperméable, on le pria de s’en aller sur le champ.

Il était quinze heures trente six quand Clément entendit retentir : « one, two, three, four », les paroles du dernier tube de Feist. Il bloqua son portable à l’oreille tout en guettant son tour devant les guichets de l’ANPE. Se saisissant de son imperméable déposé sur le dossier d’un siège, il  sortit comme un zébulon.

Arnaud riait tout seul dans la rue et les passants lui trouvaient un air glauque. Il s’engouffra dans le métro et repensa mentalement aux gestes qu’il devrait accomplir. Il s’était tellement préparé à ce jour. Retourner à la maison, prendre les deux valises, téléphoner à sa mère, prévenir la femme de ménage, qu’elle nettoie la poussière dans la chambre bleue.

Clément sentait des ailes lui pousser dans le dos, comme si quelqu’un lui donnait de petites tapes amicales : eh vieux, c’est super ce qui t’arrive ! Il faillit rater les marches du bus. Deux ados lui lancèrent un : dis donc mec, t’es d’jà hors jeu ! Il leur décocha un sourire et s’installa tout au fond. Là où l’on peut mater ses voisins ou tourner le dos au bus, regarder derrière soi comme si la vie d’avant s’éloignait et qu’on lui disait au revoir.

Arnaud manqua sa station et dût prendre la rame en sens inverse tout en pestant contre lui-même : quel idiot je suis, je risque d’arriver quand tout sera fini ! Dans la rue il s’arrêta devant la vitrine d’un magasin de meubles. C’était plus fort que lui, tout ce bleu dans le décor, c’était l’océan, il était Ulysse et cédait à l’appel des sirènes. Il imaginait dans quelques années, ces deux fauteuils occupés par lui et… Il s’ébroua… Eh bonhomme tu es qui, et tu fais quoi ? Il se mit à courir jusqu’à la maison.

Clément, dans le bus,  fut irrésistiblement attiré par une affiche sur un panneau publicitaire. Deux fauteuils très modernes placés l’un à côté de l’autre, pour accueillir des altesses ou des chefs d’états. Qui ?  Leurs altesses sérénissimes des jours meilleurs. Pour quoi ? Pour célébrer le merveilleux événement à venir. Il se mit à rire. Tout seul. Sa voisine se leva et le dévisagea du coin de l’œil. Elle s’éloigna en pressant son sac contre sa poitrine.

Arnaud jeta les valises dans le coffre de sa voiture et calma ses nerfs en fumant une cigarette. Après quoi il démarra en trombe, ignorant les passages cloutés, les piétons et les feux aux carrefours. Il démarrait sans crainte car un bonheur fou le rendait intrépide. Mais il se reprit, ce n’était pas le moment de se montrer imprudent, de briser sa famille à peine constituée.

Clément, descendit du bus en se tapant le front avec le poing. J’aurais quand même pu prendre un taxi, se dit-il. J’ai tellement besoin de la serrer dans mes bras, de lui dire, de penser à nous, à demain… Vite, vite, à nous la vie belle, neuve, à nous et à cet enfant dont nous allons….

Arnaud se gara dans le parking de l’hôpital et pensait ressortir pour passer chez le fleuriste. Mais les valises l’encombraient. Il redescendrait tout à l’heure après avoir embrassé Rosalie et le bébé. Son bébé, ce petit bout d’homme tout rose et vagissant. Cet amour de miniature, à qui ressemblait-il ?

Clément acheta des chocolats, une impulsion soudaine, une envie de femme enceinte ? Décidément... Il pirouetta dans la rue, un petit saut d’allégresse, une fantaisie de gamin. Il manqua de trébucher une seconde fois. Il se composa un visage plus serein, et pénétra dans le bâtiment.

 

Arnaud se renseigna à l’accueil, dépêchez-vous lui dit-on, le travail a commencé, vous n’allez pas tarder à être papa. Clément fut arrêté par la gardienne : monsieur, votre femme… Oui, je sais j’y vais… C’est le courrier monsieur, elle vous demande de le monter… Ah, euh, oui…. Arnaud coupa le cordon ombilical. Clément se précipita dans la salle. Arnaud prit son enfant dans ses bras pour la première fois, tout chaud, moelleux, humide. Clément se rua sur Armelle et l’étreignit à l’étrangler : tu ne t’es pas trompée vraiment, ces sont les numéros exacts du loto. Cette maison dont nous rêvons, cet enfant à venir, tous ces projets vont vraiment réaliser…

Arnaud se plaça devant la fenêtre et bébé cligna des yeux. Il en a fallu des tentatives, des FIV, des pleurs, du courage, pour t’avoir, toi. Arnaud posa ses lèvres sur la joue de  son enfant et effleura celle de Rosalie. Puis il dirigea son regard vers le ciel, remerciant Dieu.

Clément éloigna Armelle et l’observa longuement. Il  prit délicatement le coupon qu’elle lui tendait et y appliqua l’extrémité de ses doigts tel un aveugle lisant en Braille.

A dix sept heures trente dans une chambre de la clinique et à dix sept heures trente six, chez lui, Arnaud et Clément eurent la même pensée : mais comment pouvait-on donc faire ainsi la pluie et le beau temps ?

    

 

 

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 18:47

 

 

 

  Consigne 67

 

 

C'est de saison direz-vous : l'automne, nous le vivons tous. Mais en parlons-nous vraiment, hormis sous forme des clichés sur la chute des feuilles, ou sur l'hiver en avance, ou bien les restes d'été, selon les jours ?
Et si nous redonnions sa vraie place à l'automne ?
Le principe de l'exercice est que vos récits (ou poésies) devront prendre place en automne, lui laisser l'espace pour s'exprimer tel qu'il est vraiment. Il devra influencer l'histoire, lui donner son "climat" (ambiance), guider les pas des personnages, et au final en devenir vraiment un, à part entière.

La fée lui a conseillé de se faire confectionner une robe couleur du temps, de lune et de soleil tout à la fois. Peau d’Ane n’a pas hésité, à ce papa gâteau, elle s’est adressée. Mais lui, le vieux rusé s’est vite tiré d’affaire. C’est une robe couleur de saison dont tu rêves, il a dit. Toute mordorée, avec des reflets pourpres et des brillants, des saphirs. Nous sommes en automne, ça m’arrange, je m’y colle. Vingt quatre heures suffiront.

-         Quant à l’étoffe tu vois, que l’on puisse s’y mirer, et que chacun s’y noie.

-         Qu’on y devine  la pluie, qu’on y sente le vent ? Un taffetas dont le tissu chatoie.

-         Si tu assemblais les feuilles des marronniers du parc derrière le palais. Il ne faut pas que ça gratte, que ça pique, que ça se déchire.

-         Et comment ! Froissons donc le tissu. Que ce parterre doré sur ta peau aimanté fasse que l’on t’admire.

-         Alors reproduis la tiédeur des jours, la chute progressive de l’ensoleillement.

-         Tu oublies les dégradés, du jaune paille à l’ourlet, au corsage de l’ocre éblouissant.

-         Tâche de penser au décolleté, qu’il annonce l’hiver et suggère l’été.

-         Où est le problème ? Un col haut sur la nuque, et la gorge échancrée.

-         Et les manches, quelle sera leur particularité?

-         Rondes comme des pommes, d’un marron de châtaigne, est-ce que cela t’agrée?

-         A la taille j’aimerais un ruban d’un ton plus nuancé.

-         Tes désirs sont des ordres, la couleur du raisin, du beau, de l’italien, est-ce que cela te sied ?

-         Il faut que l’on évoque  l’envol des migrateurs, leur merveilleux voyage au loin vers l’équateur.

-         Un accessoire discret, un sac triangulaire, au fermoir travaillé, pointu dans la hauteur.

-         Et cette odeur de terre, de champignons, venue du sol ?

-         Un parfum, un extrait ?  Les experts du Palais auront l’humeur frivole.

-         Sauras-tu m’envelopper d’un gilet lors des premiers frimas ?

-         Douterais-tu de moi ? En laine duveteuse couleur de mousse, il sera.

-         Et ma coiffure, de quels ornements comptes-tu la parer ?

-         Un bouquet de colchique à ton chignon fixé, sera d’un bel effet.  

-         Je ne pourrai pas te prendre en défaut, en somme !

-         Allons, ma vie est à l’automne et  ton bonheur comblé la rend moins monotone.

 

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