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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:56





La voix est assurée mais graillonne un peu. C’est l’épuisement, raconter, ressasser, convaincre encore et encore. Il y a quelques hésitations pour trouver le mot exact, il ne s’agit pas de toucher, de faire pleurer mémère mais d’être exacte. Vraie, dépouillée de ressentiment, de rancœur mal digérée. Elle souhaite que l’on comprenne, que ses tripes attrapent les nôtres, que le sursaut de vie qui l’anime encore trouve un écho dans nos vies. Alors elle évoque le Mexique et l’amour, l’exotisme et les violons. Même désaccordés ils ont joué pour elle, comme ils ont joué pour nous aussi. Des concertos en pagaille, avec plus ou moins de bonheur. Et pour son malheur.

 

Des phrases hachées, des mots crachés, un ton désabusé parfois pour ne pas se déclarer vaincue. Son langage est guerrier : menottes, coup, sang, cagoules, tête baissée, photos volées, voyage de nuit, hommes armés,  hélicoptères. La voix parle d’innocence, de conscience, de dignité et d’erreur. Comment peut-on l’aider, lui redonner confiance. C’est ce qui lui manque le plus, croire en son pays, en son gouvernement, en ces associations militantes et en nos blogs. Des marques de soutien, de réconfort en attendant qu’on bouge. Une petite lumière, un rayon laser à scruter inlassablement, éviter de sombrer, échapper à la folie.

Elle sait aujourd’hui qu’il faut s’expliquer devant les médias, que se faire oublier c’est mourir. Prendre le risque de déranger, d’agacer, du ras le bol. Tout plutôt que se comporter comme certains mexicains, penser mal pour approcher la vérité.  

 

C’est ma manière d’agir, poser des lettres les une à côté des autres, une main tendue vers la sienne, vers ce souffle de vie qui influe sur ma vie.

Aller à la  rencontre de  Florence et de la famille Cassez, est un droit, un devoir. C’est montrer qu’on est humain et que cela signifie quelque chose.

 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:42







.... Au mois d’avril. Je les ACHETE à cause de la fille sur la couverture, mince, grande, élégante et surtout pas retouchée. Elle pose en maillot de bain généralement, et ses longs cheveux dorés ondulent au vent des ventilos du studio photo. Ses courbes parfaites expriment l’harmonie à laquelle nous devrions toutes prétendre. Elle est un idéal, un but à atteindre. D’ailleurs les gros titres alléchants affichent une philosophie bouleversante : « Gardez un ventre plat, perdez trois kilos en quinze jours ». A méditer le soir dans le silence, agenouillée sur la descente de lit. Je touche à la psychanalyse là.  Faire le deuil d’un comportement destructeur… Entrer en résilience. Enfin bref, il faut que j’arrête de me goinfrer.

 

Ensuite, je les FEUILLETTE. Pour  voir les pages, à l’intérieur, dedans. Les recettes de cuisine, les erreurs à ne pas commettre, les crèmes à tartiner sur l’âme autant que sur le corps. Les exercices de gym, les sports d’endurance, les recommandations liées à l’âge. Il n’y a que des trucs que je ne soupçonnais pas. D’année en année, je découvre, je m’émerveille, je m’extasie. Et puis de vrais professeurs, des médecins, des coachs y vont de leurs conseils. On nous indique, des salles, des restaurants, des hammams. C’est comme le Guide du Routard, tout a été testé, analysé, critiqué. Si t’essayes t’es prévenue. C’est pour ton enrichissement, ta culture, et qu’après tu étales ton savoir auprès des copines. Hé, c’est pas tout le monde qui va à la piscine du quartier au bas de la rue à droite, ou  contourne le pâté de maisons à l’aise dans ses baskets. C’est un privilège d’aventurier, ma belle ! Tu montres que tu ne te laisses pas aller, que ton équilibre est dans l’effort. Tu ne vas quand même pas avouer que t’as pas le temps, que ça te fais ch…, et que la piscine c’est pas tout près de chez toi. Tu ne vas surtout pas admettre que les revues ne t’apprennent rien que tu ne saches déjà. Et que t’as dépensé des sous pour nada. Moi, j’ose pas.

 

Enfin je les JETTE. C’est une forme de thérapie. Sitôt parcourues, sitôt oubliées. Et ça me calme. Ca canalise une pulsion. Ca m’empêche de passer à l’acte, de plastiquer le siège du journal. Parce que comprenons nous bien, quand on fusille ses journées à travailler à l’extérieur, faire les courses et la bouffe, nourrir le chat, repasser, surveiller les devoirs, câliner monsieur et passer la serpillière dans la cuisine, on aime se caser un petit moment à soi. Alors bien sûr, on lit ou on court, on nage ou on écoute de la musique. Mais ces activités ne sont que détente et repos. Jamais on ne perdra un gramme, nos journées sont stressantes, nous ne sommes pas des stars de magazine. C’est toujours pareil, pour nous aider réellement, il faudrait une nounou à nos côtés, qui nous tienne la main et nous encourage, nous pose des interdits.

 

Toutes ces revues le savent, qui jouent les Super Nanny, juste un instant. Elles nous happent le cerveau le temps de l’achat au kiosque. Une fois ferrée la ménagère, on s’en FOUT. Je me fais avoir autant que vous!

    

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 15:42






Je l’avais appelée Hélène comme la première de ma classe. Le père Noël me l’avait offerte en 67. Sur la photo, elle est tout contre moi avec un gros front bombé et les cheveux sacrifiés  au ciseau, un jour de rage. Parce que la rage, ça me prenait des fois.  Cinq ans plus tard, elle était restée ma poupée préférée. Les bras ne voulaient plus rester collés au tronc et j’avais masqué les trous à son visage par deux yeux dessinés dans du carton. Mais l’amour ne s’explique pas, parfois il se cache. Je me doutais bien qu’on se moquerait de moi, de ma passion pour « Chucky », la poupée tueuse et monstreuse des films d'épouvante. C’est comme  ça que mon mari l’a appelée le jour où je lui ai montré la photo. Il exprimait, des années après, mes craintes de l’époque.

J’ai eu des tas de poupées par la suite, une qui parle, une Barbie, des poupons emmaillotés, mais jamais je n’ai ressenti cette bouffée de tendresse. Elle me submergeait quand je la prenais dans mes bras. C’était en l’absence des copines à qui je réservais des trophées récents et plus valorisants. Dans ces moments je l’embrassais et je passais du rouge à ses joues, à ses lèvres. Elle était mon bébé handicapé, fragile.

 

Un jour,  j’étais en classe de 6ème, et j’avais invité une copine pour goûter. Ma mère avait soudain interrompu nos jeux en brandissant Hélène. En exposant mon bébé. En violant mon intimité. Je l’avais pris comme ça, c’était un crime.  Elles n’ont pas compris, les affreuses, que je hurle, que je trépigne. Que je m'empare d’Hélène pour la dissimuler sous mon oreiller. Et que l’ayant couverte, je l’emporte dans la chambre des parents et m'y enferme à clefs. Ma mère suppliait derrière la porte et ma copine m’assurait qu’il n’y avait rien de grave, qu’Hélène était très jolie. Je n’étais pas dupe. C’étaient des menteuses, des méchantes. Ma copine est rentrée chez elle, désolée et je n’ai ouvert qu’en soirée parce que mon père m’avait promis une sacrée fessée.

Je ne connais toujours pas la raison de cette fureur. Trahison de ma mère ? Regard sacrilège de la copine sur mon trésor ? Fatigue scolaire ? Ou peur qu’on découvre un peu de moi, ce côté bancal, cabossé, qui entrave mes actes encore aujourd’hui. Quand je dresse des barrières pour m'empêcher d'avancer, qui sait…  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:58



On se demande ce qu’ils cherchent et pourquoi ils ne trouvent pas. Evidemment quand on ne sait pas ce qu’on cherche… Bien sûr, il y a la crise sociale, l’immobilier, l’emploi. C’est un faux problème, ça fait un bout de temps qu’ils hésitent, qu’ils attendent, qu’ils se tâtent. Ils veulent vivre, butiner, s’amuser. Découvrir, explorer, se tromper, recommencer, aimer, détester, haïr. Ils souhaitent s’épanouir, s’exprimer, exister. L’amour, le vrai, ils y croient comme à un concept. Ils ne veulent pas faire d’erreur, se marier c’est pour la vie. Avec tout le tralala, les fiançailles, l’église, la robe, la noce et le bal. Mais ça n’est pas garanti. Tout le monde divorce aujourd’hui, on a plusieurs vies. On préfère le PACS et le concubinage, ça fait moins peur, ça fait moins mal. Et ça autorise la teuf à moindre frais. Et puis on a le temps, être parents à vingt ans de nos jours c’est ringard. Ca veut dire que t’as rien vu, rien vécu, rien connu. Et puis t’es bloqué avec des mômes qui braillent, parfois t’en as tellement marre que tu les colles à tes parents parce que tu fais pas tes nuits.

 

Ca y est je vois où le bâts blesse. That’s where the rub is, disent les anglais. Le problème c’est les parents, trop gentils, trop généreux, trop présents. Les jeunes aujourd’hui, ils ont trop tout. Pas de contrainte, pas de soucis. Enfin pour certains. Alors pourquoi se casser la tête à fonder une famille, à en prendre pour vingt ans minimum, à se restreindre. Une règle d’or : PROFITER !

Sauf que, les jeunes, ils deviennent moins jeunes, moins fêtards, moins convaincus d’avoir tout bon. Ils attrapent trente cinq balais comme une angine, ça coince dans la gorge. Et ils paniquent, ils veulent ce qu’ils rejetaient jusqu’alors. Le conjoint, la famille et la maison. Le plus souvent ça se passe bien, ils prennent le coche en route et avant quarante ans tout est bouclé. Sauf qu’ils sont cloués jusqu’à soixante. Quand d’autres abordent la cinquantaine, tout frais et libres comme des ados dès que les enfants sont partis vivre leur vie de conquistadors.
Quelquefois le jeu est truqué, le train déraille. C’est pas facile de trouver un copain, une copine, passé trente ans. Ya moins de choix, ils sont casés ou cassés, les potentiels. Le conjoint, la compagne pour la vie, ça prend du temps. Et question fertilité, à trente huit ans pour un premier bébé, ça craint. C’est le parcours du combattant, le stress, la déprime. On a besoin de soutien, les parents encore, les amis. Et ce sentiment encore diffus qu’on n’a plus toute la vie devant soi. 

 

Je ne sais pas, moi, ce qu’il faudrait pour les réveiller tous ces jeunes. Je sais trop bien en réalité, il faut de la confiance, des valeurs, le goût de l’effort. Et nous les anciens (à cinquante ans je crois faire partie du club), sommes responsables de la banqueroute. Nous avons placé sous leurs pieds un tapis rouge, et ils se sont pris dedans.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 09:50






Pour certains Pâques ne signifie rien. Pas même un changement de saison, l’approche de mai et des ponts, les examens, ou les fleurs, les champs, les randonnées.  Il ne peut s’agir d’une fête religieuse, de sacrifice, de crucifixion, de résurrection. Ce n’est pas la procession aux bougies des orthodoxes, treize jours après la Pâques catholique, et ce n’est pas Pessah, la Pâques juive non plus. Ca n’est pas une orgie de chocolats, des jardins pris d’assaut et le gigot d’agneau. Ce ne sont  pas des œufs peints, des poules et des lapins. Ni les cadeaux de l’école en pâte à papier, le week end à Noirmoutier ou dans la maison de campagne, les premiers barbecues de l’année. Ni Mamie et tonton qui rappliquent avec les cousins et l’anniv du grand frère qui tombe au même moment. Et puis l’énorme gâteau décoré de petits œufs à la liqueur.

Ca n’est pas la semaine de vacances à l’étranger, les « youcaïdi » joyeux et le stage de plongée ; la tournée des parcs d’attraction avec les enfants et l’indigestion de dessins animés au ciné. Pas le temps des semis, des gazons fraîchement tondus, des bourgeons. Pas l’heure des amours, des promenades en tête à tête, des serments éternels échangés deux jours d’affilée. Les journées rallongent, le soleil caresse la peau, la lumière éclabousse les lieux, les êtres. D’ailleurs c’est le printemps ça, pas la fête du bon Dieu et des boulangers.  Pourtant tout se mélange en réalité, tout s’amalgame.

 

Mais pour certains ce n’est pas vrai. Le Chemin de croix et la Messe,  ils suivent, à la télé parfois. Muets, immobiles, esseulés. Il n’y a pas de dimanche, de lundi, de matin, d’après midi. Avril et novembre ne sont que mots. Les rires, le brouhaha sont un luxe. Des contacts, échanger des paroles, exceptions, utopies !  

Mais…Une tranche de gigot, une galette de pain azyme, une bougie allumée, une part de gâteau, de la friture en chocolat, ça se partage sans effort, sans que ça coûte. A nous, les autres, de penser aux personnes âgées ou malades, oubliées, délaissées ou démunies.

Parce que sincèrement, quand on y réfléchit, Pâques est la meilleure période pour se faire  sonner les cloches !

 

 

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 14:40




Gaby a cinquante quatre ans. Elle est dépressive et c’est la faute à sa vie. Il y avait un père autoritaire, une mère soumise et Gaby au milieu. Gaby dévouée, inhibée, annihilée. Depuis toujours. Ca c’est arrêté l’année dernière quand les parents sont partis. Gaby s’est retrouvée seule avec le vide. Ca ne remplit pas une existence le vide. Gaby  ne s’est jamais demandée ce qu’est la vie et si ça servait à quelque chose de la combler. Elle faisait les courses et supportait les jérémiades, elle ne pensait à rien d’autre.

Elle a toujours été coincée sexuellement, les propositions des hommes claquaient comme des affronts. Alors ils se sont détournés, même les plus courageux, les plus persévérants.

Les amies de Gaby ont son âge et ses idées. A plusieurs elles se soutiennent.  Il y en a une qui habite en France, à l’étranger. Elle a une autre mentalité et des projets, un mari, des enfants. Elle ne se morfond pas dans un trou perdu de Bavière. C’est un paradoxe mais il est plus facile de lui confier ses soucis au téléphone, que de s’adresser aux copines en tête à tête. Parce qu’elle ne voit pas, elle devine seulement. Ca préserve la dignité, ça évite l’humiliation. De plus, elle a du recul, elle apprécie mieux la situation, elle réagit, elle s’étonne, elle s’énerve. Elle oblige Gaby à réfléchir.

 

Le problème de Gaby aujourd’hui, c’est son travail. Avec la crise tout s’est compliqué et elle risque sa place. A son âge, en Allemagne normalement on ne peut plus la licencier. Mais il faut que l’entreprise ait signé la convention, ce qui n’est pas le cas. Alors on la harcèle, c’est sournois, c’est vicieux. Ils ont commencé par diminuer son temps de travail, d’une journée puis deux. Pendant dix huit mois, elle aura une compensation versée par l’état, ensuite plus rien. Comme elle travaille moins, on a collé des heures supplémentaires à une collègue. Logique, non ! Et vexant. On lui a demandé de peaufiner son allemand. Parce qu’on a crée une nouvelle langue allemande; c’est l’ancienne revisitée. Et Gaby ça la gonfle, vous imaginez vous, un nouveau français avec des mots au goût du jour. Et d’autres mis au placard. Elle s’est plainte au chef. Elle aurait pas dû. Ca n’a pas plu. Elle a intérêt à se surveiller, à prendre sur elle, sinon…

Sinon, pour se défouler Gaby, elle a le yoga. Et l’amitié. Quand le stress monte et que ses yeux s’embuent, que les médicaments ne font plus d’effet, elle s’offre un billet de train pour Paris. Parce que parfois, la copine au téléphone, ça ne suffit plus. Il faut un contact physique, des embrassades, des bras autour des épaules.  Quel bien fou ça fait !  Pour tenir bon et reprendre des forces et que la prochaine brimade glisse sur la peau sans toucher l’âme. Jusqu’à quand ?   

 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:07





J’ai déjà parlé des voyantes et de leur boule de cristal dans un article que j’ai intitulé " les prédictions de Mme Irma". Mais c’était fantaisiste, j’extrapolais à partir d’une image, je jouais les pseudos devineresses, les rassurantes. En fait je ne racontais que ce que chacun à envie d’entendre, des promesses de félicité.

 

Cette fois, j’observe les femmes du voyage, celles qui opèrent en groupe dans les halls de gare. Au milieu d’une foule bigarrée qui va et vient, pressée, fatiguée, énervée, elles choisissent une personne, comme ça au hasard. Enfin, pas tout à fait. Je ne sais pas comment ça fonctionne, c’est l’instinct, le fluide. Elles ont l’air de mendiantes, portent des robes longues, informes, et se parent de breloques. Elles ont l’accent traînant des gens de l’est, des voix douces, apaisantes, et semblent supplier humblement. Mais quand elles arrêtent un passant, elles le tirent par la manche et l’obligent à stopper sa course. La voix se fait soudain plus forte, décidée, persuasive. Un conseil, si cela vous arrive et si vous êtes vulnérable, bouchez-vous les oreilles, ce qu’elles ont à dire se vérifie parfois. Alors bien sûr, elles peuvent annoncer d’heureuses nouvelles, de quoi bondir au plafond. Eh bien d’accord, cela va arriver, n’est-ce pas, alors que vous soyez au courant, par avance, n’est pas important.

 

Mais j’ai deux mauvais exemples. Deux personnes de mon entourage qui ont accepté d’écouter. Parce que ce jour-là, elles n’étaient pas pressées et curieuses,  ou amusées. Peut-être que la pression sur la manche s’est faite insistante et le ton sans réplique. C’est l’étonnement qui les a paralysées. A l’une, on a révélé que son mariage était en sursis, qu’elle ne finirait pas ses jours avec son compagnon de l’époque. Un an après, elle divorçait. A l’autre, on a appris qu’elle n’atteindrait pas l’âge de soixante ans. Elle a soufflé soixante bougies il y a trois mois, et aujourd’hui, assommée par les morphiniques elle attend que quelqu’un là-haut décide de la rappeler.

Pour ma part, je suis lâche, je rentre les épaules, je scrute le sol, et je fuis. Le futur ne m’intéresse décidément pas. Le préparer, un peu, me suffit bien.  Vive le présent !

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 14:22

Aujourd’hui et pour respecter le THEME DE LA SEMAINE: les collections, je vous présente quelques timbres témoins du parcours de mon grand-père en tant que soldat dans l’Armée Coloniale, à la grande époque de l’Afrique Française. Après Verdun et les Dardanelles mon grand-père, originaire de Martinique,  a parcouru l’Afrique avant se fixer au Maroc où il a terminé sa carrière militaire et choisi ensuite le poste de douanier sur le port de Casablanca.

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous fais découvrir la Côte d’Ivoire, le Dahomey, la Guinée, la Mauritanie, le Liban, le Sénégal, le Soudan, le Togo et les pays du Maghreb représentés par des timbres des années 30 et 40. Avez-vous remarqué mon grand père incrusté dans un timbre de la Martinique ?

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 13:27






Je viens d’achever la lecture d’un recueil de nouvelles : « Petites faiblesses inavouables » de VERONIQUE FISZMAN aux éditions Leo Scheer. J’ai apprécié le ton narquois, moqueur, impertinent, désabusé. J’ai adoré ses phrases courtes, simples. Ses remarques font mouches. Et surtout les personnages sont les gros lourds qu’on croise au quotidien. Ce sont vous et moi, avec nos préjugés sur les riches, les pauvres, les juifs, les blacks, la zone et les gens bien.

 

Je dresserais bien ma liste perso de lâchetés pas jolies, jolies. Je la placerais là sur mon blog mais j’hésite. D’abord ça ne regarde que moi, le principal est que je m’en rende compte et tente de me corriger. Et puis écrit comme ça sur l’écran, tout me paraît criminel. Ou alors c’est du charabia, comme d’entendre Bruel commenter un match de Poker sur Canal. Des petites mochetés, moi je ne peux pas en avoir fait. D’ailleurs si j’interroge les autres, autour, ils  jugeront que je suis quelqu’un d’honnête, franc et loyal.

Plus encore, je suis intelligente donc je sais où se situent les limites. Je ne dépasse pas. Ou si peu. Et je suis la modestie incarnée. En douteriez-vous ?

Si vous affirmez le contraire, c’est par méchanceté, d’ailleurs vous n’êtes pas très malins dans l’ensemble. Je n’attendais pas grand-chose de vous.

Au début je vous trouvais sympathiques, je vous aurais offert le restaurant ou une place de concert sans me poser de questions. J’aimais bien votre compagnie. Mais là, à vous écouter dire que … parfois… je peux être mesquine… Je ne veux plus vous voir. Non, je rigole, mais pourquoi vous faites cette tête ? Allez, je vous offre un verre.

 

Non, pas ce soir. Je suis mal, c’est à cause de ce que vous avez colporté la semaine dernière. Moi, j’aurais critiqué vos amis ? Qu’est-ce que vous avez à parler de moi comme ça derrière mon dos. C’est dingue ! Vous vous êtes passés le mot ou quoi ! Consulter un psy, mais je ne suis pas malade. Il faut juste que je me blinde, que je ne me laisse pas déstabiliser par les idiots qui m’entourent, que je les fuis. Tous des imbéciles. J’ai le cœur vide, je ne ressens rien pour mon prochain.     

 

Tout ça pour dire qu’il y a une palette de travers à combattre en nous, il y a le narcissisme, la perversion, l’indifférence aussi. La vigilance consiste à de ne pas tomber dans ces excès et d’avoir l’œil, toujours. Près de nous quelqu’un est peut-être dans la peine.  

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 19:22





J’ai appris le décès de José Carlos en furetant sur les blogs de la communauté ARCHITECTES D’INTERCHOEURS et je voulais  partager  mon sentiment avec vous. Son blog est toujours là et nous incite à découvrir ses passions, ses goûts musicaux, littéraires, picturaux. Et bien sûr son amour du Portugal. Je m’y suis attardée un peu plus que je ne le faisais d’habitude. Je cherchais quelque chose de particulier, un blog c’est tellement vivant, présent, c’est l’idée du moment qu’on exprime. On guette les réactions, les visites, ou leur absence. Chacun sait qu’il y a quelqu’un derrière, et tout plein d’accros avec leur souris. C’est un échange, un peu comme un salon au parc des expositions à Versailles. On baguenaude de stands en stands, on s’arrête, on discute, on découvre. On trouve même le temps de prendre un café ou un sandwich. Une pause et on repart. En fin de parcours, épuisés mais heureux on ramène des dépliants ou on passe commande.

Tout ça pour emporter chez soi un peu de fièvre et l’ambiance particulière de ces « kermesses » à l’esprit bon enfant. Mais les expositions ont un début et une fin, nous le savons  et somme préparés à çà. On se précipite ou on laisse passer, on ira l’an prochain de toutes façons. Alors que faire quand l’exposition est permanente et que l’un des exposants s’en va en abandonnant son stand. Eh bien, mon premier réflexe est celui du pilleur, je pique des idées, j’ouvre des yeux, mes oreilles. Puis je m’aperçois qu’au lieu de lire le blog, j’essaie de débusquer le bloggeur, sa personnalité, pas vraiment son âge puisque ses choix permettent de le deviner dès le départ.

Voilà j’ai trouvé ce que je cherchais, le départ d’un bloggeur lève le voile sur son anonymat. Il n’est plus seulement sur l’écran, et si comme, José Carlos, il a déposé une photo, on ne voit plus qu’elle, dominant les textes. C’est comme s’il était assis à nos côtés, qu’on feuilletait un album de famille ensemble, et c’est très sympathique.  

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