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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 12:02

 

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est: cloches et chocolat.

 

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De beaux papiers dorés, froissés, peinturlurés,

De gros pompons élaborés avec adresse,

Des boules, des poules, toute une basse cour endimanchée,

Enveloppée dans des paniers quelle prouesse,

De la friture, de grands poissons multicolores,

Des cloches et des lapins, des œufs et des poussins,

En classe on imagine d’incroyables dessins,

Des rites et des usages, coutumes et traditions,

Un commerce bon enfant entoure la religion,

Pour vous, je ne sais pas, mais enfin moi j’adore.

 

Et oh surprise, douce émotion quand bien plus tard,

Minet retrouve un chocolat dans un placard.

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:43

Nous les avons rencontrés dans un restau-pub à Dublin. Musique celtique, Guiness à flot et spectacle de danse folklorique pour l’ambiance. Applaudissements, verres entrechoqués, envoûtement. Les chants de la lande, les rires, une lumière rasante sur des visages subjugués. Par les cordes des guitares, les voix au registre impressionnant, les jambes tricotant l’air.

 

Ils se sont installés à nos côtés, éméchés d’ailleurs, et résolus à poursuivre, titubants, hilares. Ils étaient quatre et arboraient une soixantaine chauve et bedonnante. Ils avaient l’air de petits garçons. Parce qu’il ne suffit pas d’avoir dix ans et une play, pour être un petit garçon. C’est dans les gestes, le regard, la malice. C’est dans l’envie de s’amuser, un soir avec les copains, de fêter un anniversaire vaguement, comme si ce n’est pas la véritable raison. Apercevant nos gueules d’étrangers qui s’encanaillent, ils nous ont demandé :

-         Where do you come from?

-         From France, I said.

-         ……..........

-         Je ne comprends pas, j’ai dit

-         Oh excuse me for my accent, répondit l’un d’eux. I’ll try to speak slowly, we’re from Scotland. Et il ajouta dans un français bon enfant, suivi d’un baise main:

-         Enchanté de vous connaître, oh, oh, oh, oh, oh…. That’s all I can say in french. Do you enjoy the show, you don’t have this in France!

 

J’ai évoque le French cancan et il a ri aux éclats. Nous avions remarqué que tous les quatre avaient la Guiness confortable. Sitôt qu’une chope s’élevait dans leurs mains, quatre autres apparaissaient sur le comptoir. Et leur entrain, leur tangage, leurs baise main évoluaient à mesure. Nous nous demandions comment nous dépêtrer de ce gentil piège.  Ils se sont mis à chanter et l’un d’eux me renseigna dans son anglais « exprès pour moi »: 

      -  Nous venons tous les ans ici, la dernière semaine de février depuis dix ans.

         Pour boire. To get drank.

Et moi grosse bête, j’ai tenté :

       -   Why ?

Il m’a regardée surpris, décontenancé d’abord puis amusé :

       -   Why not ?

 

Eh bien oui,  pas besoin de justifier qu’on apprécie la vie.  De temps en temps on décompresse, on s’offre une petite folie. On ne fait de mal à personne. On s’oublie un peu. Enfin dans leur cas, il y a quand même la notion d’habitude, on ne tient pas l’alcool comme ça. Mais je ne creuserai pas davantage. J’aime le principe, sortir des rails  pour mieux s’arrimer ensuite et supporter le quotidien, banal, et parfois stressant, angoissant. Afin de gérer les surprises, les problèmes et les baisses de moral.  

 

Nos quatre amis se sont inquiétés plusieurs fois, do you enjoy ?, nous ont poussé à danser, et devant notre refus timide, nous ont souhaité bonne continuation. Ils avaient été enchantés de nous connaître. Really.

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 11:21

Le casse-tête cette semaine chez Lajemy est : « Aromates et épices ».

 

Il m’est difficile d’évoquer tous les exhausteurs de goût sans citer les mets délicieux qu’ils accompagnent. Tous les bœufs mirotons, pâtes au pistou, couscous, colombos et autres poulets Tikka.
Sel, poivre, basilic, paprika, ras el hanout, mélanges aux cinq épices, curry…. Et j’en passe… Je suis une piètre cuisinière, je l’ai déjà dit et … Heureusement ça ne dérange personne à la maison. 

 

Je ferai autrement. La vie offre une quantité de bons petits plats qu’il faut savoir assaisonner avec intelligence pour leur ôter acidité et amertume. Et leur permettre de croustiller sous la dent, titiller les papilles, fondre au palais. Doser savamment, apporter de la couleur, du liant, ouvrir l’appétit. Tout un programme !


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Je commence, suivez-moi. Vous enregistrez ? Vous notez ? Vous salivez ? Déjà !

Chaque jour a besoin d’une  bonne dose d’enthousiasme, levez-vous du bon pied, étirez-vous, expirez, inspirez. Si  vous souhaitez que la matinée se déroule agréablement, greffez-y des sourires en gousses.  Chaque heure demande une pincée d’humour. Saupoudrez vos week-ends  d’oisiveté. Vaporisez de l’ironie,  ici et là. De l’imagination, mettez du sel dans vos soirées: sorties, amis, conversations au téléphone. Un peu de poivre, mais léger, léger : de l’imprévu, des coups de folie, des dépenses idiotes. Pas trop de piment : imprudence, étourderie. Gare à l’estomac ! 

Et parfois, quand vous souhaitez vous recroqueviller, comme un pâté sous sa croûte, que la solitude est votre réconfort, n’oubliez pas de déposer une couche de bonne humeur en surface. Car la vie n’est supportable qu’aromatisée et parsemée d’épices. 

  

 

 

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:40

Un petit récit en partie autobiographique pour illustrer  deux "casse-tête de la semaine" chez Lajemy: Le cuir et le sport.

Ce soir là, j’avais ôté ma veste en cuir rouge, je l’avais suspendue à un cintre et rangée dans mon armoire. Jusqu’à la prochaine fois. Quand j’aurai envie de la porter avec un jean et un tee shirt en toute  décontraction. J’adore cette veste, c’est un beau cuir souple et brillant, une marque bien connue. Et je l’avais payée à moitié prix durant les soldes.    9037983414.jpg

Quand j’ai voulu retrouver les copines dans un bar, hier soir, j’ai pensé à ma veste dans l’armoire. Je l’ai enfilée en toute hâte, comme d’habitude. A toujours vouloir tout faire au dernier moment ! Un coup d’œil dans la glace avant de partir. Mais quelque chose clochait. Je me suis rapprochée, ai tiré la manche à me tordre le bras. Foutue la veste ! Je ne sais quel félin rageur avait lacéré le cuir consciencieusement, histoire d’entretenir le tranchant de ses griffes. Ou plutôt, si, je sais. Il me regardait d’un air angélique et délicieux. J’ai enfilé mon pull noir en laine.

 

Mais ce matin pour ne pas réclamer une piqûre assassine au  vétérinaire, j’ai enfilé mon maillot et j’ai couru à la piscine, un bassin de 50 m aux longueurs monotones et bienfaitrices. D’habitude j’y vais pour combattre le stress, j’inspire, je souffle, durant un kilomètre, sans m’arrêter. Je m’abrutis et je rentre, une bonne douche et hop, un somme sur le canapé avec l’affreux Ronron sur les genoux. Cette fois, au lieu de m’exercer à une brasse magnifiquement déliée, j’ai cogné l’eau comme un putching ball, ça calme, ça détend. Ca casse. C’est bizarre, il m’a semblé qu’on s’écartait de mon chemin.


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Sitôt rentrée, sitôt douchée, je me suis enfermée dans ma chambre. Ronron miaulait devant ma porte, j’ai pas cédé. Non mais !    

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 21:37


Voici ma participation au casse tête de Lajemy cette semaine : les quatre saisons.



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D’abord ce sont des clichés : les bourgeons, les moissons, les vendanges et la neige. Et Vivaldi pour les mélomanes, les mois en R pour ceux qui apprécient les fruits de mer, les saints pour les chrétiens : Jean, Barnabé, et les dictons qui vont avec. Il y a la Saint Glin glin pour les athées, en quelle saison déjà ?  Il y a les marchands… des quatre saisons.  A la saison des soldes, on se précipite, on fait comme tout le monde. Quand c’est pas la saison, on se résigne et on attend. Et on soupire. A mi-saison, on s’impatiente, on ne sait plus comment s’habiller. Et des fois même, ya plus de saison, on va où ma brave dame !



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Si on a de la culture, des saisons, on en fait le tour. Comme un vieux « Singe en hiver », on raconte des « Légendes d’automne » ou on ressasse le « Songe d’une nuit d’été » en attendant qu’une « hirondelle
fasse le printemps".








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Si on a de la constance, on sait que l’amour en comporte plusieurs. La rencontre est la plus exaltante, la plus trompeuse aussi. Suivie de l’idéalisation, elle se frotte au quotidien banal, puis à la tendresse. C’est une saison bien douce, pour les plus chanceux.  

On avance dans la vie à quatre, deux puis trois pieds, droit puis courbe au gré des saisons. Celles-ci sont longues et ne reviennent plus, dommage. Comme les autres cependant, elles rythment le temps.

 

Pour conclure, je pense à ceux pour qui saisons, ne veut rien dire. Enfin, au nombre de quatre. Les tropicaux, les îliens, qui se foutent pas mal des collections automne-hiver et printemps-été des couturiers. Ceux qui ont chaud tout le temps. Car pour ces petits veinards, il n’y a qu’une saison sèche et une saison des pluies. Et j’en connais qui rêvent d’un manteau bien chaud et lourd qu’ils ne porteront jamais !

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:18

 
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Hier j’ai assisté à lecture d’une nouvelle de Zola relatant la crue de la Garonne en 1856 : l’Inondation.

Un texte bouleversant, désespéré, cruellement humain. C’était à la mairie du XVIIème à Paris, le comédien JC Dreyfus en faisait la lecture.  Il avait la prestance et la truculence, le coffre nécessaires à des mots qui sonnent comme un témoignage. Ses petites manies autour de lui,  son thé, ses gâteaux, la lampe sur son visage, ses bras, ses mains qui volent et tourbillonnent. Il postillonne, il éructe, sa voix graillonne, rauque, tombante parfois, aphonie, grattement de gorge. Sa petite chanson en fin de lecture apporte une gouaille et une note désabusée à un texte dont le malheur infini accable l’auditeur qui aimerait que cela cesse. Pas la lecture, pas la truculence, pas la vie dans la voix mais tout ça, la couleur d’un ciel moqueur et blanc, comme pur, la lente montée d’une eau sans pitié, l’allongement de la liste des cadavres, et la survie d’un vieillard  qui sait l’injustice de survivre aux siens.

 

Un texte à découvrir ou redécouvrir, d’une actualité poignante en ces jours dramatiques que vit la Vendée.   

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 16:25

Pour répondre au casse de la semaine chez Lajemy: La renaissance.

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Me mettre en scène comme une fleur bercée par un vent tiède et délicat.

Faire fi du temps qui passe et rabote l’âme, et creuse les rides.

M’ébrouer tel un chien mouillé, éclabousser les autres autour. Gentiment, sans brusquer.

Me regarder dans la glace, me trouver  belle, et digne. D’être là, d’exister, de rire.

Réapprendre à m’aimer, m’écouter, me cajoler.

Avoir confiance, en moi, en l’avenir. Redéfinir mes priorités, à mon âge.

Savoir évoluer, regarder devant, derrière. Sur le côté.

M’installer au milieu des autres, affirmer : ma place est ici, je ne veux pas encombrer. Je ne veux pas non plus qu’on m’écrase.


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M’autoriser, des caprices, des bouderies, des sautes d’humeur.

Ouvrir mes bras, recueillir, applaudir, complimenter.

Pratiquer l’indulgence, le pardon.

Me sentir pousser des ailes, emplir mes poumons, m’élever.

Offrir, partager. Avec humilité, sincérité, bonheur.

Naître à la vie, à nouveau.

Laisser Narcisse à son profil, dans l’eau. Qu’il s’y noie jusqu’au vertige. Comme l’hiver s’enfuit.

Savourer le printemps sur  ma peau neuve. 494px-Michelangelo_Caravaggio_065.jpg

 

 

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:29

Pour répondre avec un peu de retard au casse tête de Lajemy cette semaine: le contenu de mon sac. 

Si je l’entrouvre ne serait-ce qu’un tout petit peu, j’en dévoile déjà trop. Vous saurez tout de moi, que je suis coquette, organisée, un rien maniaque. Que je fais attention à ma ligne, que je suis enrhumée en ce moment. Que j’ai des enfants, oui mais vous ne saurez pas leur âge car je trimballe toujours les mêmes photos depuis dix ans, et le porte-clefs personnalisé que l’on m’a offert au CM2. Le leur, de CM2.

Si je l’ouvre grand, que je déballe tout mon attirail, vous découvrirez des trucs qui font pchitt, ou cling, ou craquent sous la dent. Pulvérisateur anti-allergies, coupe ongles ou chewing gums à la menthe. Vous connaîtrez mon emploi du temps de la semaine, ma liste de courses de lundi,  trouverez le carton du vétérinaire. Tiens, ça me fait penser qu’il faut que je prenne rendez-vous pour  Mimie. Ben oui, son vaccin.

Vous devinerez où j’ai passé ma soirée de samedi. Soupèserez  mon porte monnaie  alourdi de pièces cuivrées. Reniflerez quelques gouttes de mon parfum. Extirperez une boucle d’oreille de la doublure, j’ai perdu l’autre chez le coiffeur. Poufferez à la lecture de "Voici "que je cache dans la même doublure. Sifflerez avec dégoût, les doigts pincés sur un stylo sans capuchon emmailloté dans un kleenex.

Alors j’ai fait impersonnel donc secret. J’ai déballé mon sac à dos. Dedans ya le guide du routard, destination Dublin. Faut pas pousser quand même, j’allais pas risquer Bangkok. Des chaussures de marche, une bouteille d’eau. Pour la Guiness, ya les pubs. Des mouchoirs, des pansements, un parapluie, eh oui, Dublin… Un plan de la ville, mon passeport, des sous comme à Paris, mon dico d’anglais. Et des gants pour cacher mes mains. On ne sait jamais, là bas, ils ont beau avoir une Henry street, les compatriotes d’un certain Thierry peuvent avoir des susceptibilités.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 13:04

Pour répondre aux "casse tête" des quinze derniers jours, chez Lajemy: Contes et légendes et histoire de coeur.

Si je racontais une histoire alliant personnages de légendes et passion amoureuse, je ferai je crois, d’une pierre deux coups. Il s’agit d’un conte haïtien extrait des « Contes et légendes des Antilles ».  

 

Le soir tombe tôt dans les îles et nous sommes installés, vous et moi, sur la véranda d’une habitation créole. Notre hôte est un antillais aux cheveux tout blancs et crépus. Il est vêtu d’une chemise et d’un pantalon blancs. Il porte un chapeau bakoua sur la tête et se balance sur une chaise à bascule. C’est l’heure  du ti punch coco et des accras. Ecoutez ses paroles, elles lui sont soufflées par des volants, ces humains qui se transforment en oiseaux et voyagent au-dessus de nos têtes.



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Zilia était la fille de Ménélas. Elle faisait rêver tous les  jeunes hommes  du village. Elle ensorcelait les cœurs des humains mais les animaux et la nature étaient aussi sous emprise. Ainsi Thézin un joli poisson argenté tomba fou amoureux d’elle. En bondissant au bord de la rivière, il fit miroiter ses écailles au soleil et réussit à se faire aimer de la belle. 363-903-large.jpg

Zilia lui rendait visite en cachette de son père et se baignait à ses côtés. Mais dès qu’elle s’en allait Thézin troublait l’eau de la rivière, pour s’amuser. Et quand Jean, le frère de Zilia voulait en ramener une jarre pleine, elle était toujours boueuse. Jean se faisait gronder, alors que sa sœur, elle, ramenait toujours de l’eau claire comme du cristal. Alors il voulut accompagner Zilia qui se dérobait chaque fois. Il la suivit en cachette.

 

Il la vit chanter langoureusement au bord de l’eau :

-         Thézin, mon bel ami, me voici… Me voici…

Et à son étonnement, il aperçut un poisson nageant en direction de la pierre où sa sœur était assise, dans un petit bassin dissimulé par une branche.

Il raconta cette aventure à son père, exprimant sa surprise devant l’étrange tendresse qui liait sa sœur à un petit poisson.

Ménélas connaissait les histoires des divinités haïtiennes comme « Maîtresse d’l’eau » et leur redoutable pouvoir de séduction. Il décida de délivrer sa fille malgré elle.

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Un jour,  Thézin prévint Zilia : « Dès que tu verras trois taches de sang sur ta robe blanche, tu sauras que je ne suis plus ».

Le coeur de Zilia battit la chamade. Un grand froid l'envahit.  Le lendemain, tandis qu’elle vendait des légumes au marché,  Jean et Ménélas se rendirent au bord de la rivière, imitant la voix chantante de la jeune fille.  Thézin, d’abord méfiant, ne se montra pas. Ménélas prononça alors les mots  magiques des dieux de Guinée. Une force surnaturelle contraignit l’amoureux à présenter ses flancs au sabre de Ménélas.

 

A la même heure, trois petites taches de sang apparurent sur la robe de Zilia qui se précipita à la rivière. Elle chanta longtemps, en vain.

Assise derrière la maison de son père, elle reprit ses chants désespérés des heures durant.  Peu à peu, elle disparut sous terre. Ménélas qui passait là, ne put que retenir une mèche de ses cheveux.

Par delà la mort, le bel amour triomphait. Zilia et Thézin, le poisson argenté prolongèrent leur idylle jusqu’aux limites du bonheur.

 

Il fait un peu froid ce soir, vous ne trouvez pas ? Si nous reprenions un tit verre de punch ?

 

 

 

 

 

 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 11:36


Le casse tête cette semaine chez Lajemy est: j'aurai aimé être...

J’aurai aimé être écrivain. Quelqu’un d’exceptionnel, dont le succès éclate dès le premier roman. Pas ce galère, ni de doute. Qu’à l’âge de dix huit ans on ait découvert que j’étais géniale, que j’avais déjà tout saisi, tout vécu d’instinct.

 

270px-Am%C3%A9lie Nothomb 14 mars 2009

Que ma sensibilité égale celle de Françoise Sagan ou d’Amélie Nothomb. Un côté snob et léger ou totalement déjanté. Qui vend des milliers d’exemplaires et qu’on adore et qui dédicace pendant des heures, à tour de bras dans les salons. Traduite  dans plusieurs langues et préfacée par PPDA ou Philippe Besson, des types qui vendent plutôt bien eux aussi. Intellos du juste milieu, pas trop rasoirs, entre Modiano et Marc Lévy.

Pour ça il faut du talent, bien sûr, et connaître quelqu’un, qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… Je n’en démords pas, faut des relations, faut de l’influence. Pour faire éditer de plates histoires d’amour. Et ça me rassure de le croire, j’ai l’air moins bête, moins nulle. On bien il faut vivre des événements passionnants, un peu graveleux, un viol un inceste, une catastrophe. Il faut avoir survécu à la guerre, à la famine, à la misère. Etre marqué, blessé, entamé, à vie.

 

Ou alors, le génie consiste à créer un univers à la JK Rowlings et son apprenti sorcier de Poudlard. Ou  une atmosphère de bonnes femmes. Katherine Pancol, elle sait faire. Pancol c’est cool, ces petites nanas qui aiment et qui doutent et qui se trouvent godiches face à des princes super charmants. Ou bien si on préfère, écrire des polars, bien psychologiques, bien noirs, sanglants, haletants. Il faut se faire peur pour faire peur.    

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Tout ça pour dire que moi, avec ma vie bien réglée, lever le matin à 6 h 30, nourrir les chats, emporter la liste des courses pour après le boulot, boulot, courses, repassage, repas du soir en famille et télé, j’ai une vie exaltante. Et que j’envisage le Goncourt avec un bouquin dont le titre serait : « J’ai entendu du bruit chez le voisin du quatrième ». Je peux toujours espérer, ça ne mange pas de pain. Qui ne tente rien, n’a rien.  

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