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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 13:29

 

oranges1

 

 

Cette semaine chez Lajemy le thème est : petites gourmandises de Noël.

 

 

Ce sont les écorces d’orange  ou de citron confites que l’on mange ici. De petits bâtonnets sucrés particulièrement prisés à Noël.

Jusqu’à l’âge de treize ans j’ai vécu à Casablanca au Maroc. A l’époque, Noël se voyait dans les vitrines des grands magasins, notamment aux Galeries Lafayette. Tout près de la place Mohammed V. Je ne sais pas si aujourd’hui Noël occupe la même place là-bas, mais à la fin des années soixante, il y avait de l’électricité dans l’air, que l’on soit catholique ou musulman. C’était magique.

 

Miloud s’occupait du jardin de mes grands parents avant l’indépendance. Ensuite il a travaillé dans une coopérative agricole. Le mardi, il nous apportait dix kilos d’oranges dans un grand panier en osier. Et le samedi, il ne restait plus rien. A Noël nous avions pour consigne, mon frère et moi, de couper proprement les oranges en quartier, de ne pas les arracher à la main comme des goinfres. Ma mère gardait les peaux les plus épaisses, recoupait les quartiers en deux. Les faisait bouillir, les enrobait de sirop de sucre et les mettait au four pour les caraméliser. Ils ressemblaient alors à de la couenne de cochon séchée d’où le nom que nous leur avions donné.   Malgré cet aspect, ils étaient délicieux et croquants.

 

Ma mère faisant de petits paquets comme les confiseurs, dans du papier glacé et fermés par du  bolduc. Elle les distribuait aux amis, aux voisins, à Miloud et sa famille. Tout le monde se régalait. Noël était l’occasion de partager, de faire la fête, de sourire, de tout de rien. Noël n’était plus religieux, ni même communautaire. Noël était fraternel.  C’était bien.  

 

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 14:37

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est : Potiche

 

 

 

 

 

 

Evidemment ça rime avec godiche et avec pouliche. L’idiote, naïve, à qui l’on peut faire faire ou croire n’importe quoi. Toute seule elle n’ose pas, elle demande l’avis de Paul et celui de Jacques. Devrait-elle continuer, laisser tomber, est-ce qu’elle n’en fait pas trop ? Elle a l’air d’une grande dégingandée gaffeuse, elle casse tout, on rigole. D’elle, grâce à elle. On ne lui en veut pas, elle n’est pas méchante, un peu bête seulement.

 

Quand elle avance crinière au vent, le muscle saillant, le cheveu lustré, elle fait penser à ces belles alezanes qui courent  sur les champs de courses. On l’admire, on l’observe, elle occupe l’espace, sert le décor. Elle est sexy, elle rend fier, on l'arbore comme un trophée. Elle agace un peu... Les autres...

 

Mais potiche ça rime aussi avec fortiche. Et gare à celui qui l’ignore. Quand elle dit ça suffit maintenant ! Je ne suis pas un faire valoir, quelqu’un que l’on montre ou que l’on méprise, que l’on néglige. Il est temps de bousculer l’image que l’on a de moi. Il est temps que je défriche! J'ai des courbes et de l'allure, j'ai une tête aussi. Et si je montre ce qui vous plaît, si je m'exhibe, c'est parce que je suis un tout. Une femme, un corps, des idées, des sentiments.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 20:29

Cette semaine chez Lajemy le casse tête est : la déco.

 

Sujet piège qui mine de rien permet de cerner nos personnalités, notre âge, nos goûts, nos humeurs.  Parler de la déco, montrer ce qui nous plaît,  révéler quelles sont nos couleurs préférées,  le mobilier qui nous entoure, c’est nous dévoiler,  nous déshabiller, un peu.

Internet fait de nous des amis qui se reçoivent et échangent des idées, il ne manque  que le cake aux olives, les cacahuètes, les olives et l’apéro. Et l’ambiance aidant, les fou rires arrivent, les vannes fusent. On s’enfonce dans les canapés, on met de la musique, et on allume des bougies. On a les joues rouges et les yeux brillent. La déco, le décor sont nos cadres de vies, les cocons douillets de nos existences. En parler, c’est nous permettre de nous rencontrer, intimement. Même si, en ce qui me concerne,  je montre  peu de choses. En  écrivant sur mon blog, je plante mon décor. Je suis persuadée que vous le voyez ! 

 

Vous savez moi, la déco....

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 14:41

Pour illustrer avec un peu de retard le casse tête cette semaine chez Lajemy : les yeux, le regard.

 

 

 

 Blueye.jpg  

 

 

J’ai laissé un post la semaine dernière chez les « croqueurs de mots » évoquant un de mes collègues de travail. J’ai écrit que ses yeux étaient bleus.  Je le connais depuis quinze ans et dans ma tête, ils sont bleus. Ses yeux rieurs, malicieux, coquins parfois sont bleus.  Que je discute avec lui, raconte des bêtises ou raisonne sérieusement, je fixe nettement ses yeux bleus. Sauf que… Ils sont verts.

Et ça l’a un peu gêné que ça m’ait échappé. Comme s’il était transparent, que mon comportement était mécanique, un jeu social. Comme si je regardais les gens sans les voir, juste pour me fondre dans la masse. Tout passe par le regard, les émotions, les sentiments, la vérité, le mensonge. On dit que les yeux sont beaux, en amande, que le regard est ténébreux, électrique. Il peut sembler caressant, cinglant, hypnotique. Il reflète notre âme, notre personnalité, nos névroses.

 

Je m’attarderai davantage sur les visages, leurs plis, la couleur des yeux, le froncement des sourcils dorénavant. Je ne regarde pas assez les personnes auxquelles je parle, je bouge, je vaque à mes occupations. Tout en écoutant. Retenir de quelle couleur sont les yeux n’est pas anodin car la personne qui vous fait face peut imaginer que vous l’intéressez peu.

Ce n’est pas  obligatoirement vrai. Ceux qui nous entourent font partie de notre univers familier, quotidien. On ne détaille plus, ils sont là, c’est tout. On les regarde mentalement, pas avec les yeux. Un oubli, une négligence qu’il faut s’efforcer de

combattre.    

 

 

 

Oups, pas très humain celui-là!real oeil noir

 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 14:06

Arsène m’a aidée à descendre une lourde banquette de l’étage pour le déposer dans l’espace client de l’officine. Ca n’a aucun intérêt pour vous bien sûr, mais pour lui si. Il m’a demandé de relater l’événement, que tout le monde sache qu’il est gentil et serviable.

Alors pour lui faire plaisir, et parce que ça fait briller ses yeux bleus de cow boy de la banlieue parisienne, je raconte.

Il est monté  derrière moi dans le bureau, en faisant claquer ses talons dans l’escalier. Il roulait des épaules au même rythme, j’en suis certaine. Il n’a pas pu se retenir, avec une gouaille de titi, il a dit :

-         Ah ouais, ça y est, on se retrouve enfin seuls !

Il ne rate jamais une occasion de parader, de draguer au milieu des poulettes.

Et puis il a fait des manières,  oh mais c’est gros, ça ne passera pas dans l’escalier, mais c’est lourd. Et pourquoi tu veux faire ça.

Aussitôt suivi d’un :

-         Attends cool, ne stresse pas, laisse moi faire !

Et de pousser, de tirer, d’avancer peu à peu, de redescendre. Avec des mimiques, des soupirs. Mais l’air sérieux, pour ne pas tomber, ne pas glisser, ne pas casser la banquette.  Je l’ai encouragé, je me suis inquiétée, lui ai crié fais attention, va doucement !!! Mais j’avoue que je ne l’ai pas beaucoup aidé.

Il a claironné :

-         Bien voilà, c’est fait, t’as vu le chef !

Il a tendu la joue, avec le doigt pointé dessus :

-         Alors, hé, j’attends !

Mais je l’ai nargué :

-         Non et puis quoi encore !

 

Arsène est parti. Joyeux, il a continué  de livrer les pharmacies sur sa  tournée. Et quand il est revenu l’après midi, je lui ai demandé : ça va ?

Il s’est écroulé sur la banquette, prétendant qu’il s’était esquinté le dos le matin, qu’il fallait que je fasse quelque chose. Les filles ricanaient derrière nous. Elles ont dit :

-         Ouais, ouais, c’est encore un truc pas honnête que tu demandes.

Il a ouvert grand les yeux, deux billes dans un visage aux couleurs des vacances :

-         C’est pas possible, toutes les mêmes, toujours l’esprit mal placé.

Et il est parti rouler des mécaniques ailleurs, frimer, faire l’important. Parce c’est léger, que ça amuse la galerie et fait passer le temps. Il a bien raison.

Je te l’ai promis, je l’ai fait. J’ai parlé de toi Arsène. C’est pour te dire merci à ma manière.

   

 

   

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 22:36

Cette semaine le casse tête chez Lajemy est : Le camping.

 

Moi, j’ai choisi. Ce n’est pas la campagne ou le bord de la mer, les champs ou le terrain municipal. Il n’y a pas trop de voisins et je n’ai pas pris le temps de monter la tente. Et la superette, les douches, les soirées à thème, ce n’est pas pour moi. Le pastis de 19h, les plongeons dans la piscine, les concours de tee shirt mouillé…. Les raviolis en boite et la toile dégouttant sous les averses d’août non plus.

Moi, je prends mon pied sur le balcon familial, et plus on est haut, plus c’est bien. J’ai le sentiment d’être une hôtesse de l’air, de passer ma vie en l’air. Et même si je ne campe pas vraiment, je suis plutôt bien campée non !

 

 

06-01-2010 2073

 

 

 

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 19:40

Pourquoi t’es-tu caché, ce matin-là ? J’avais pourtant besoin de tes rayons sur ma peau, de ta caresse. Cela m’aurait aidé que tu fasses un effort, que tu compatisses. Parfois il y a des jours de m…, où tout s’y met. Et toi, tu en as rajouté. J’étais plantée devant la boutique avec mes clés dans la main. J’avais l’air cloche, je regardais bêtement le rideau métallique qui refusait de se lever. Et les passants avaient leurs mots. Encouragement, agacement, moquerie et colère même. Et bien oui, c’était fermé et ça embêtait  tout le monde.

«  Vous ne faites rien, pourquoi c’est pas ouvert ? Et c’est quand que vous ouvrez ? » J’avais envie de répondre, à la Bigard  « Ben oui, c’est fermé, vous ne voyez pas, et puis je reste assise là, à attendre que ça se passe, que le bon Dieu fasse un miracle ! »

Parce que le dépanneur quand on l’appelle un samedi, il est débordé. Il dit qu’il arrive dans un quart d’heure, et on l’attend une heure et demie. C’est l’été, il fait chaud d’habitude mais l’autre avait choisi de se cacher. J’étais gelée dans ma petite robe courte. Le premier dépanneur a crié : «  oh, la la ma pauvre dame, c’est pas une serrure c’est un rideau métallique, j’peux rien pour vous ! j’appelle un confrère »

J’ai attendu encore, avec ma petite apprentie. Je tremblais, un commerçant voisin de la boutique est arrivé avec sa petite bouteille d’huile qu’on met dans les serrures. Et qui n’a servi à rien. Le marchand de fruits sur le marché est venu avec un grand costaud. Qui n’a servi à rien. Une mamie, très remontée, a plié ses genoux arthrosiques et s’est mise à secouer la serrure de toutes ses forces. Sous l’œil goguenard du grand costaud. « Nous on n’est pas arrivé, et elle croit qu’elle va y arriver, elle ! »

Dorothée, la vendeuse de légumes, est arrivée avec une polaire qu’elle a posée sur mes épaules. Et Mme S., une mes clientes, a apporté sa bouteille thermos avec du sucre et des tasses à café. Magnifique la solidarité de quartier ! Ca compense. Parce que s’il avait fallu compter sur toi vieil ingrat, j’aurais gelé sur place !

 

La porte a été débloquée  à midi moins le quart. Le samedi j’ouvre de neuf heures à treize heures. J’aurais mieux fait de rester couchée. Enfin ! Mais tout ce brouhaha autour  de moi, les gens qui râlent ou sont pleins de bonne volonté, et apportent un réel soutien, ça fait chaud au cœur. C’est  de  la vie et ça grouille. Ca aide à ressentir que, sans les autres, on n’est pas grand-chose. 

 

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 19:31

Pour illustrer le thème du bal, et répondre au casse tête de Lajemy,  j’ai fait comme au BAC, j’ai ressorti un texte dans l’univers de FLAUBERT. Je le commente à ma manière.

 

 M930.50.6.57.jpg

 

 

Flaubert - Madame Bovary (1857), I, 8
Le bal à la Vaubyessard


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A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. CA C’EST POUR LA FRIME, COMME PARTOUT. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. LA  PAUVRE , ELLE N’EST PAS A SA PLACE. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient; un autre, des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval. AUJOURD’ HUI ON CAUSE TIERCE.


L'air du bal était lourd; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysan qui regardaient. EH OUI,  YA LES NANTIS ET YA LES AUTRES, YA LE TAPIS ROUGE ET LES SPECTATEURS AU LOIN. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait toute entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. ALLER AU BAL, C’EST VIVRE DANS UN REVE, FUIR SON QUOTIDIEN BANAL ET ROUTINIER. Elle était là; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents. C’EST CENDRILLON CHEZ LES ROTHSCHILD.
A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, mademoiselle d'Andervilliers elle-même et la marquise. [...]
Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte, et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient: tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'ériflait au pantalon; leurs jambes entraient l'une dans l'autre; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place; elle se renversa contre la muraille et mit les mains devant ses yeux. LA GRISERIE DES DEBUTANTES, LE VERTIGE, L’ENVOLEE, LE SEPTIEME CIEL.
Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres. ELLE EST JEUNE, ELLE EST BELLE, ELLE A UNE DISTINCTION QUI NE S’APPREND PAS.
On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps. Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist, sans y rien comprendre. C’EST COMME REGARDER LE POKER SANS LES COMMENTAIRES DE BRUEL. Aussi poussa-t-il un soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.  ELLE RESSENT L’IVRESSE DES SOIRS DE FETE, QUI TIENT EVEILLE ET REND MELANCOLIQUE
Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Mais elle grelottait de froid. LE CONTRE COUP, LES NERFS QUI LACHENT ? Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait. JE DOUTE QU’ELLE DORME DE SUITE.

 

AH EMMA! POURQUOI Y-A-T- IL UN PEU DE TOI DANS CHACUNE D’ENTRE NOUS ?

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 14:19

Pour illustrer l'exercice proposé par "les croqueurs de mots": évoquer une scène estivale en utilisant les couleurs de l'arc en ciel dans le texte.

 

 

 

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Au bord de la mer, l’été est magique.  Les vacances, le soir, c’est prendre le temps, assis sur un parapet, de chercher au fond de soi, de l’extraordinaire. L’eau n’est pas seulement BLEUE, elle se couvre de lames argentées et INDIGO. Comme dans les îles elle se soumet  aux fantaisies d’un soleil ORANGE, parfaitement à l’aise dans ce décor. Cabotin, il mène la revue et descend les marches d’un grand escalier imaginaire. On est fasciné jusqu’au bout et parfois on aperçoit le fameux rayon VERT. Celui qui porte chance. On veut le photographier, le saisir dans l’objectif, mais il pirouette, insaisissable tandis que le ciel se voile.  L’escalier disparaît dans les coulisses et bientôt surgit une danseuse prise dans les rayons et qui virevolte dans de la mousseline ROUGE. Son numéro est bien rôdé, il s’agit de nous obliger à patienter, à attendre la venue du prochain artiste.

 

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La vedette, le clou du spectacle, qu’on a remarquée en gros sur l’affiche à l’entrée du cabaret, doit se découper, distincte, majestueuse sur l’horizon VIOLET. Elle doit promettre des rendez-vous et des mots doux, des promenades et des piques niques nocturnes, des jeux d’ombres et de lumière, sous le halo JAUNE pâle de son croissant. Alors la petite chanson de l’ami Pierrot trotte dans nos têtes, et on se met à applaudir sous le regard de passants médusés 

 

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 20:00

Cette semaine le casse tête chez Lajemy est : Petites expressions habituelles.

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C’est décidé, je m’attaque à « tu sais quoi ? » ou « vous savez quoi ? ». Pronom, verbe et pronom. Oui, justement quoi ? Je déteste cette formule. On l’entend partout, dans la rue, au travail, au ciné. C’est actuel, c’est tendance, c’est djeune’s peut-être ! C’est surtout moche et ça ne veut rien dire. En tout cas si ça prétend remplacer : j’ai quelque chose à te (vous) dire, c’est moche.

 

J’ai l’air d’un mammouth fossilisé, d’une mémère rabat-joie, n’empêche, j’assume. Tu sais quoi, quoi ? Est-ce que j’ai une gueule de tu sais quoi ! Imaginez : j’ai les poings sur les hanches, un fichu sur la tête et je me trouve sur le pont face à l’hôtel du Nord. J’ai ma gouaille à moi, mes  ras le bol et je m’énerve.  J’éclate : mais t’es ouf, tu racontes n’importe naouak. Et parfois pour la jouer relou, je lance : ouaich, ouaich, t’as raison. Mais je transforme, je déforme les mots, je crée un langage ou je le crois. Je me la joue jeune d’aujourd’hui. Et encore, selon Mes critères. Ca n’engage que moi, c’est un effet de mode et ça passera.

 

Mais « tu sais quoi ? », ce sont des mots exacts, en bon français accolés les uns aux autres sans que cela ait un sens. C’est le ton, l’expression de l’interlocuteur qui donne le sens. C’est passé dans le langage courant et risque d’y rester. Tout comme « ce truc, c’est trop beau !».  Pourquoi trop, très ne suffit pas, et puis trop par rapport à quoi? Ou « t’as vu ce type, il est grave ! » Il est dingue, bizarre, marginal ? D’accord c’est un langage de jeune aussi. Avec des mots sortis de leur contexte. Ca vieillit comme tout le monde les jeunes. Alors vous savez quoi? AU SECOURS !  

 

Au fait (tiens ça aussi c'est une expression de tous les jours), je blague. On ne peut pas aller contre l'évolution du langage. Je n'ai qu'à me laisser porter. 

 

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