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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:20

 

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est : Chez le coiffeur.

 

Un sujet que j’adore ! Parce qu’avec mes cheveux fins, frisés et incoiffables, il faut se montrer très diplomate. C’est qu’ils sont susceptibles. Tout d’abord, choisir un jour ensoleillé et sec, afin qu’ils montrent leur meilleur profil à la sortie du salon. Pour la photo. Ensuite, franchir la porte d’un pas assuré et dire, « coupe et brushing, est-ce que Sally est là ou Keltoum sinon ? » Cueillir avec flegme le sourire demi éteint de la fille qui a brandi le cintre en pensant « oh non, je ne vais pas me coltiner celle-là aujourd’hui », sourire qui a fait pops, de soulagement, dès que j’ai évoqué les noms de mes coiffeuses préférées.

 

 

 

 

 

Parce que Sally et Keltoum ont l’habitude. Dans leur pays d’origine, les filles pas gâtée comme moi, sont légion. Et en plus j’ai un « petit capital cheveux », comme me l’a fait remarquer une jolie coiffeuse blonde à la crinière léonesque, perchée sur de hauts talons style Louboutin, dans un quartier chic. En d’autres termes, ça craint. D’abord on lave, ensuite on masque sous serviette chaude, ensuite on coupe. Et là Sally et Keltoum, elles assurent. Elles savent couper juste assez pour que quand ça sèche, ça ne rebique pas trop façon citrouille. Et puis elles demandent, d’un air complice « le brushing, plutôt raide ? ». J’ai pas les mots, c’est ce qu’on dit de l’instant précis où les gens se sentent en phase. Quand c’est magique. En amour c’est quand on se regarde, les yeux dans les yeux, qu’on lit dedans et qu’il y a des feux d’artifices.  En coiffure c’est pareil. Les cheveux obéissent, ils glissent, ils brillent, on se sent belle. Et  dans l’œil du coiffeur,  de la coiffeuse, il y a une étincelle. Ils ne se contentent pas de tendre le miroir  et d’épousseter les épaules. Le travail est bien fait, ils sont aussi heureux que la cliente. Ca n’arrive pas toujours, mais quand ça se produit, quelle osmose!

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:18

Je savais que je n’apprendrai rien de neuf, pas d’inédit, de scoop de paparazzi. Romy c’était ma star préférée et je connaissais bien son parcours. Si j’ai décidé de me rendre à l’expo, son expo à l’espace Landowski, c’est pour la côtoyer, la voir évoluer et m’accompagner de sa voix grave et douce, suave et impérieuse. Je l’ai retrouvée sucrée dans Sissi, endeuillée dans le Crépuscule des Dieux. Mutine dans sa période Sautet, furieusement  sexy, solaire, envoûtante. Avec Zulawski,  elle est magnifique. Ses souffrances, son calvaire, son jusqu’au boutisme dans son jeu d’actrice, ses fêlures de femme. On se cogne à elle sur tous les murs.

On ne parle pas de son addiction à l’alcool, on ne voit que le beau, les amis, les amours, les costumes. La longue et lourde robe bleue de Dommage qu’elle soit une putain, l’austère robe de deuil du Crépuscule, le léger voile de César et Rosalie, le tailleur chic de la Banquière. J’ai envie de tourner autour de chaque costume, des fois que Romy me suive du regard, qu’elle ait ce port de tête, droit, fier, orgueilleux.

Delon bien sûr, les dons viennent de lui, de Sarah, fille de Romy, d’amis, de collaborateurs, de clubs de fans. Les images, reportages, extraits de films, tournent en boucle, sur une photo des grands-mères confondent Dany Carel aux côtés de la star et Dany Saval. Certains se plaignent de ce que les commentaires sont écrits trop bas sur les murs.  Scrutent de vieux journaux, d’anciennes affiches, des extraits de lettre, exemples d’écriture, des bijoux. Comprennent : un père inexistant une mère omniprésente, les nazis proches, l’expiation par les films et les prénoms donnés aux enfants. Et l’inacceptable, la mort d’un fils. Devant l’espace accordé à la piscine, certains se tiennent assis, main dans la main et observent Romy en maillot de bain, plongés dans une semi pénombre bleutée. Peut-être que ça leur rappelle le passé, leur passé.

 

 

Image Detail

 

 

  Il y a ce jour-là, les gars de la télé, leurs perches et leurs fils. Ils se promènent au milieu de nous, sans nous voir mais en risquant un regard coulé, comme les gardiens qui ont l’air de se demander ce qu’on fait là, ce qui nous motive. Et puis un type bavarde devant l’écran et le micro, un type dont on aimerait ne pas entendre le discours savant concernant l’idole. Je dis on, mais je parle pour moi, je ne suis pas là pour apprendre mais pour découvrir comment on a pu ressusciter Romy. Eh bien, j’y suis parvenue,  j’ai ouvert  les yeux tout grands. La mort est présente et fuyante, tout le temps chez Romy. Je ne veux pas évoquer toutes ses vies, tous ses films, ses partenaires, les metteurs en scène qui l’ont  faite tourner. Mais je suis entrée dans cette danse, ce parcours. C’est étrange c’est comme si moi aussi je dansais, à ses côtés. Comme si nous dansions tous, un air de défi, une force, cette exposition est le signe d’une victoire sur la mort. Même si le public n'est pas toujours jeune, Romy est partie il y a trente ans déjà, j'aperçois ici et là, une grand mère et son petit fils, une trentenaire avec une poussette. Méfiance, cela va très vite,  un sourire de Romy sur la toile est un piège. On ne l'oublie plus.

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:42

Proposition 82  pour l’atelier d’écriture créative : composition de textes comprenant un maximum de fois le son « fou ».  Première version ( V1)

                                    

 

                                                    FOUCADE

 

Je me souviens, c’était à Corfou. Cet homme avait quelque chose de Pierrot le fou, ce qui explique ma foucade et tout ce foutoir ensuite. J’avais croisé son regard et c’était foutu. Il a foulé mon cœur de toutes ses forces, l’a piétiné, s’est assis dessus à califourchon.

Il a fouillé mon passé, me questionnant, m’obligeant à dévoiler tout ce que j’avais refoulé. Nos fourchettes tintaient agréablement dans ce restaurant, et le vin de Moscato qui accompagnait nos petits fours colorait agréablement nos verres. Ah cette fournaise ! Je n’avais plus aucun garde fou. Et lui m’observait en entomologiste, me regardait me débattre comme une fourmi dans une toile d’araignée. Il s’était défoulé sur moi, écartant mon foulard, offrant mes cheveux à la caresse de ses doigts impatients, comme fous.

 

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 Dire qu’aujourd’hui j’ai l’air d’une vieille carcasse, bonne pour la fourrière. Je me promène dans les fougères, à la recherche des souvenirs. Je suis fourbie, comme si chacun de mes membres avait subi une foulure. Je frissonne dans ma fourrure, à la recherche d’un semblant de sentiment dans le fourre tout que fut notre histoire. Je l’avais revu à Paris, un  rendez-vous au restaurant cette fois encore. Il avait gardé un côté foufou, ce regard fourbe me séduisait toujours. Il avait enfourné une portion de  fromage et sa langue claquait au palais, avec fougue, tandis qu’il dégustait un vin  délicieux. Rien de tel pour  accompagner la fourme d’Ambert clamait-il.

Dois-je évoquer le malentendu, cette échauffourée qui fut à l’origine de notre rupture. Foutaise !  J’aimerais pouvoir dire que je m’en contrefo.. balance.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 14:20

Il avait d’abord demandé que l’on réduise ses horaires. A dix huit mois de la retraite, il avait tous ses trimestres, alors il pouvait se permettre de lever le pied. Le mardi c’était bien, il avait cessé de travailler le mardi. Il avait repris la guitare, des répétitions, des spectacles pour les amis et la famille. Il avait rangé ses placards et ses armoires, s’était débarrassé du superflu. Il s’était allégé.

Il s’était laissé pousser les cheveux afin de retrouver ses années bohême, ses années yéyé, plaçant ses cheveux gris en un catogan. S'était mis à sortir, de musées en expositions, de salles de cinéma en représentations au théâtre. Il fréquentait les bals costumés, choisissant ses costumes avec délectation comme un  enfant. La retraite, ça se prépare, déclarait-il.

 

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Il perdit ses deux parents en peu de temps, réalisant que la vie est courte, il faut en profiter vite, là, de suite. Alors il souhaita réduire son emploi du temps, encore. Ce qui fut refusé. Soit il partait en préretraite, soit il travaillait. On ne pouvait à la fois le garder, et employer quelqu’un d’autre. Il en perdit l’appétit et le sourire. Il maigrit, son visage devint inexpressif, crayeux.  Comme chez un clown triste, on distinguait la bouche,  les yeux tombants, et les deux sillons encadrant le nez. Les rides avaient disparu comme liftées.

Il se prétendit malade durant quelques mois, puis la médecine du travail le convoqua. On somma la direction  d’aménager ses horaires, un moment. Mais quatre mois avant la date de sa retraite effective, il n’y tint plus. I l remit sa démission et l’obtint. Il était ravi, soulagé, apaisé. Les rides à son front reparurent, témoignage du temps parcouru jusque là, gage de celui qui restait à couvrir.

 

Il recommença de sortir, vendit la maison des parents, tondit le jardin de la belle-mère. S’occupa des impôts, fit des travaux dans sa maison de campagne. Puis il s’installa dans la routine, promenant son catogan de mousquetaire fatigué et sans panache.

Tous les après midi, vers quinze heures, on peut le croiser sur un banc du jardin public. Il s’ennuie.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:37

 

 

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Mon grain de sel n’est qu’un avis de plus à diluer dans un potage déjà très épicé. Pourtant je me lance, comme une commère. Parce que la page ne discute pas, ne contrarie personne, elle se laisse imbiber de mots.

 

On dit DSK, on écrit, on  moque, on  condamne ou on absout.  Chacun selon ses critères, ses convictions, son appartenance politique. Selon son sexe ou son rang social. Trois lettres ont volé son identité à un homme. J’ai le sentiment de parler d’une banque ou d’une compagnie d’assurances côtés en bourse. Sans jeu de mots graveleux. J’imagine tous ces loups guettant la chute, pendus au téléphone, rachetant ou vendant du DSK. Je les vois dans des bureaux  sans fumée, tombant la cravate, scotchés à l’écran de leur ordinateur.

J’ose à peine évoquer les petits épargnants au bout de la chaîne, qui de toutes façons se font gruger. Vous, moi, qui suivons les péripéties dans les journaux avec plus ou moins d’intérêt. Parce que nous n’avons pas tous misé sur cette action-là.  Sur ces idées, sur cet homme, précisément.

 

Et Dominique derrière DSK, c’est qui au juste. Monsieur Sinclair, un grand politique, un économiste, un séducteur ? Seul face à lui-même, que ressent-il ? Je me demande quels mots, quelles phrases le font tenir debout. Le soutien bienveillant des proches, l’argent, la notoriété est-ce que ça construit un homme, est-ce que ça le fortifie ? Quand la télé réalité happe un individu, elle le malmène forcément. Il doit faire bonne figure, se battre coûte que coûte. Or Dominique s’appuie sur des pointures du barreau, il a déjà été confronté au scandale. Ce n’est pas quelqu’un de fragile. Et il a des critères, des valeurs, qui l’empêchent de flancher.

 

Je me demande ce qui motiverait monsieur Lambda  s’il était mêlé à  tout ce cirque. S’il avait abusé de son  pouvoir, si des femmes avaient eu à se plaindre. Pas facile de se mettre à la place de. Le bien, le mal, ce qui est juste ou pas, tout est relatif. Nous aurions tort de croire qu’il existe une vérité universelle. En réalité, nous naviguons  sans capitaine mais équipés de bouées, sur l’océan de nos vies. Certains appellent ça la résilience. Je préfère détermination, instinct de survie. Petits arrangements avec soi, quand ça n’est pas joli, joli. Peu importe, que l’on se tienne à la poupe ou à la proue du navire, la règle est de s’accrocher au bastingage. Et de flotter quand on a passé  le bord. Dominique a compris cela bien sûr.  

 

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 11:53

Cette semaine chez Lajemy le thème est : Roses et roseraies.

Eh bien j’ai choisi d’évoquer les cimetières. On s’y promène  comme dans un jardin, on fait rouler bébé dans son landau dès les premières brises, on va visiter les gens célèbres parce qu’enfin ils paraissent proches et accessibles. On croise grand-mère dans les allées qui époussette grand -père avec une balayette. Et ça baragouine, ça charabia dans toutes les langues. Il y en a qui portent des arrosoirs, d’autres brandissent des plans ou harcèlent les gardiens en quête de l’allée F tout près de la tombe de … Enfin vous savez bien ce grand écrivain !

Certains s’émeuvent devant la guitare miniature sur la tombe de Fred, le compagnon de Catherine, vous savez Marcia, elle danseeee ! Et puis on est stoppé net : une photo d’enfant, une parole, naïve, évidente, gravée dans la pierre par des parents inconsolables. On est ravi, voilà la statue en pied de l’amoureuse de Gigi. On guette, on observe. Ils sont là, nombreux, fiers, bien nourris et déambulent, indifférents. Pas de caresse, pas d’approche sauf si, vous avez pensé aux croquettes, alors ils miaulent de bonheur.

Et toutes ces fleurs donnent des couleurs  à l’endroit qui vit et respire. Moi ça me va, ces hortensias, ces géraniums, ces campanules, ces roses. C’est du bonheur, des odeurs, de petits pincements au cœur. Et je dépose tout ça sur les tombes des miens lorsque je leur rends visite.

 

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LA TOMBE DIT A LA ROSE

La tombe dit à la rose :  

-         Des pleurs dont l’aube t’arrose

Que fais-tu, fleur des amours ?

La rose dit à la tombe :

-         Que fais-tu de ce qui tombe 

Dans ton gouffre toujours ouvert ?

La rose dit : - Tombeau sombre,

De ces pleurs je fais dans l’ombre

Un parfum d’ambre et de miel.

La tombe dit : - Fleur plaintive,

De chaque âme qui m’arrive

Je fais un ange du ciel !

VICTOR HUGO

     

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 14:10

 

 

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Mes vacances cette année débutent à la fin du mois d’août. C’est long parce que les autres sont partis, et dans la rue les boutiques ont baissé vitrine. Au travail tout est ralenti, et le temps ne remplit pas sa mission.  C’est vrai quoi, il n’avait qu’à se faire beau, se raser de près, porter costume blanc et panama comme sous les tropiques. Au lieu de ça, il a enfilé l’imper tout froissé de Colombo cette année. Depuis le début juillet à Paris, j’ai compté deux week end durant lesquels j’ai pu jouer à l’été comme on joue au docteur.  Une robe légère à bretelles en guise de stéthoscope.

Alors j’ai foncé.  Les pieds nus dans mes sandales, l’appareil photo en bandoulière et les gafas, pardon les lunettes de soleil sur le nez, j’ai fait du tourisme. Chatelet, Rivoli, Place de l’Etoile retour par la Gare de l’est, Jaurès et La Villette, chez moi dans le 9-3. Ou alors Montparnasse, Bastille, Le Père Lachaise et la Porte de Bagnolet. L’itinéraire, c’est pour que vous compreniez. Je me suis totalement investie, j’ai oublié de parler français. De le comprendre, de l’écouter. Je me suis dit look, mira, chouf, ouvre grand tes yeux. Tu n’as pas à surveiller l’heure pendant ta pause déjeuner, à courir au Monop avant la fermeture. Vois comme Paris est beau sous le soleil. Langoureux, couvert de dorures, promenant ses entrelacs de pierre,  avec la Seine en écharpe  autour du cou, rappel triomphant d’un défilé de la Gay Pride. Et exclame toi : wonderful, magnifico, zouïn ! Pense-le en allemand ou en grec, même si tu ne parles pas ces langues. Puisque tu ne pars pas tout de suite, sois celle qui ne pars pas du tout. Le tourisme ça s’apprend. Nul besoin de  dépasser le péage de  Saint Arnoult ou de franchir les océans. De te présenter au bureau, colorée comme un pruneau dans un tajine, pour faire joli. 

Les vacances c’est oublier internet, se libérer l’esprit et vagabonder le nez au vent. Sans pour autant crever ses poches. C’est regarder autour de soi. Décider que Râ et zéphyr sont des muses.  Leur être redevable, s’enivrer de leur apparition. Voilà le véritable objectif des vacances.

 

Etre un touriste c’est partir à la découverte d’horizons nouveaux et trouver cette griserie, ce bonheur, ailleurs. C’est aussi réinventer son environnement  habituel en écarquillant les yeux comme un étranger.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:10

 

Pris sur le net.

 

C’était la saison, non ? Mai, juin on se marie ces mois-là, en général. Alors on invite du monde pour le fun et pour plaire aux parents. Parfois on le fait en tout petit comité, juste quelques proches, on n’a pas de sous ou on n’aime pas les tralalas. Mais on établit des listes, on prépare la cérémonie, on envoie des faire-parts, on pense au repas, aux fleurs, à l’orchestre. On organise les noces chez Campanile ou dans un château sur les bords de Loire. Et on choisit son costume, ses chaussettes, sa robe et sa jarretière. Ca demande du temps, de la réflexion, de l’énergie et on s’y donne. A fond. Ca occupe et ne laisse aucune place à l’imprévu, à la surprise.

 

 

Mais nous les invités, recevons des mots à l’encre dorée gravés sur un bristol. On dit chouette, le 15, dans trois mois, j’ai un mariage. On bloque sa journée. Et on range le carton dans un tiroir. Et puis ça se met en place dans nos têtes, lancinant, excitant, fatigant. Je porterai quoi? Ils ont vingt, trente, ou quarante ans ? Je choisis mon style ou le leur, décontracté, collé monté. Talons hauts, bibi, gants, robe ou tailleur. Costume ou jaquette, cravate ou nœud pap. J’investis ou je fais cheap. Pour le cadeau, des sous dans une enveloppe ou  une liste sur le net. Je demande autour de moi, c’est selon, on me dit. Ils vivent  ensemble depuis un moment ou pas ? Tu sais moi, je ne m’embête pas, j’appelle les parents, ils ont bien une idée.

 

Je ne stresse pas vraiment, j’ai hâte d’y être, j’ai hâte que ce soit terminé. Parce que j’y  vais avec mon homme, que ça me rappelle des choses, des minutes solennelles, de l’émotion, des pleurs de midinette. Trop manger, trop danser, trop boire. Trop de monde, des inconnus, des sourires, des présentations à des gens qu’on ne reverra pas. Des retrouvailles avec ceux qu’on ne côtoie pas assez et d’autres, qu’on n’aimerait mieux ne pas rencontrer. Du social, de l’hypocrisie. A peine, à peine.

 

Et puis en fin de compte, on regarde les photos, on est moins crispé, d’avoir attendu sous le vent, la pluie ou un soleil de plomb. D’avoir attendu les familles, le photographe, la fin du mariage précédent et l’arrivée des mariés. On se pose devant l’écran de l’ordinateur ou celui de la télé, une semaine après.  On se dévisage. Mon homme et moi, on soupire, c’est comme un « dégoût » de nous et des autres, une victoire de la vie, une promesse pour l’avenir. C’était quand même un beau mariage ! 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 18:40

Le casse-tête cette semaine chez Lajemy est : les cinq continents, Océanie.

 

 

Je n’ai du sujet qu’une vision de carte postale, je ne peux pas évoquer les couleurs, leur foisonnement, les odeurs, la langueur des femmes, leur sensualité,  leur longue chevelure de jai,  la transparence de l’eau, la richesse des grands fonds, la douceur de vivre, des codes sociaux si différents des nôtres, sans inventer, sans raconter des salades. Ca paraîtrait banal et ça ne viendrait pas du cœur. Alors laissons parler les artistes, français bien sûr, restons chauvins. Eux savent, partagent, et  livrent leur ressenti.

 Comme Jacques Brel :

 Ils parlent de la mort
Comme tu parles d'un fruit
Ils regardent la mer
Comme tu regardes un puits

Les femmes sont lascives
Au soleil redouté
Et s'il n'y a pas d'hiver
Cela n'est pas l'été
La pluie est traversière
Elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs
Qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise
Le temps s'immobilise
Aux Marquises

Du soir montent des feux                                                              
Et des pointes de silence
Qui vont s'élargissant
Et la lune s'avance
Et la mer se déchire
Infiniment brisée
Par des rochers qui prirent
Des prénoms affolés
Et puis plus loin des chiens
Des chants de repentance
Des quelques pas de deux
Et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise
Et l'alizé se brise

Le rire est dans le cœur
Le mot dans le regard
Le cœur est voyageur
L'avenir est au hasard
Et passent des cocotiers
Qui écrivent des chants d'amour
Que les sœurs d'alentour
Ignorent d'ignorer
Les pirogues s'en vont
Les pirogues s'en viennent
Et mes souvenirs deviennent
Ce que les vieux en font
Veux tu que je dise
Gémir n'est pas de mise
Aux Marquises

paul-gauguin-te-poipoi.jpg

 Comme Gauguin:

 paul-gauguin-matamoe

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 09:54

 

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Je suis allée voir l’exposition Manet au Musée D’Orsay à Paris. Comme toujours, si on n’a pas réservé son billet sur internet, c’est bain de foule garanti pendant des heures au milieu des étrangers visitant la capitale. Et puis ça bouchonne à l’entrée devant le grand panneau où défilent les années clés du grand homme, son enfance, ses études, ses rencontres, ses partis pris politiques et intellectuels. Et puis on avance, on s’exclame, des réflexions pertinentes fusent dans le public. Et puis soi-même, on ne peut s’empêcher de remarquer savamment, que c’est beau, quel réalisme, oh ces couleurs, on croirait que tous ces personnages vivent ! 

  

  cavaliere-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Evidemment la foule stagne devant les tableaux mythiques et conspués pour certains, à l'époque de l'artiste : Olympia, Le fifre, Le déjeuner sur l’herbe. Ceux-là qu’on est venu voir tout spécialement, devant lesquels on aimerait rêvasser davantage et sans tout ce brouhaha autour. Evidemment on ne va pas cogner la foule mais on lui en veut un peu quand même.

 

 

olympia-copie-1.jpg

 

Et puis il y a des tableaux moins connus, juste pour nous, des personnages, des natures mortes, des scènes religieuses, des paysages. On admire les contrastes, la transparence des dentelles, le soyeux des mousselines, l’expression des visages.

 

 

 vasePivoines.jpg

 

 On découvre le peintre, sa famille, ses contemporains, Zola et le jeune Monet, son amitié pour Baudelaire, à travers son œuvre. On s’étonne de sa défiance envers les impressionnistes auxquels il refuse de se lier au début. On s’imprègne d’un homme et son temps. Mais cela n’est pas spécifique à Manet. La démarche qui consiste à s’enrichir, à apprendre, approfondir sa culture est la même partout, tout le temps, que ce soit au Musée, au théâtre, au ciné.

 zola-copie-1

  

 

 

 

 

Portrait de Zola.

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 Ce qui compte au fond, c’est le sentiment qu’on éprouve, dès qu’on sort, une fois dans la rue, aujourd’hui en 2011. Et pour moi, c’est un trio de couleurs, rouge, blanc, noir qui danse. Un foisonnement de nuances pour chacune. Et ça claque au vent comme si Manet était un pays en fête, le drapeau national flottant au sommet de chaque toit. 

 

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