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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:18

Ca y est vous êtes tombés dans le panneau ! Comme dans les pages de yahoo, tous ces tests, les dix comportements qu’il (ou elle) déteste chez nous, est-il (ou elle) fidèle ?, ou encore l’horoscope. Tout ça c’est du blabla pour fidéliser le lecteur. C’est la fin de l’année, la trêve des confiseurs, il faut trouver quelque chose.

 

On nous prend pour des idiots. Tous les conseils qu’on donne sont des évidences. S’il (elle) est amoureux(se), il (elle) est gentil(le), patient(e). Il déteste qu’on picore dans notre assiette au lieu de manger, elle ne supporte pas qu’il passe tout son temps avec les copains. Toutes ces fines remarques attirent des commentaires déçus, désabusés, des ricanements. Mais ça a marché. On a lu l’article, on a répondu. On a fait grimper les statistiques. Quoique, si vous lisez ce post, vous vous demandez quel est mon but.

 

 On nous prend pour des lourdauds, assis entre deux fêtes comme le Roi Babar entre deux chaises. Dans les magasins on nous allèche. Ce sont les soldes avant les soldes, mais pas tout à fait. C’est plutôt moins cinquante pour cent sur le deuxième article acheté. On croit à la bonne aubaine, en réalité on achète un truc qui sert à rien, en plus de ce pourquoi on a craqué. La petite robe qu’on donnera  à Cendrillon, la gamine du dessous, parce  qu’elle nous boudine, en fin de compte. Et fera d’elle une princesse. Ou la chemise qui, une fois déballée, fait ressortir le ventre de monsieur. Et rendra heureux le fils du voisin, Ken.

 

Nous sommes de braves gens qu’il faut occuper avant le cataclysme. Parce que 2012 s’annonce comme un tremblement de terre. Les élections, les JO, la fin du monde.  Il nous faudra choisir entre Astérix et Obélix, nous distraire  dans les arènes et attendre la chute de l’empire romain. Sur Wikipédia, on cite les causes de ce déclin : instabilité politique, invasions étrangères, diminution des revenus et taxes. Véridique, c’était en 476 après JC ! Mon tremblement de terre à moi a eu lieu en 1970, à Casablanca. J’étais gamine mais je revois le lustre de la salle à manger tanguer au-dessus de ma tête. Et toutes ces voitures rassemblées dans un terrain vague en dehors de la ville. Nous avions passé la nuit enroulés dans des couvertures, avions fait circuler biscuits et thermos. C’était fraternel, bon enfant. Ca cassait l’angoisse.

Eh bien 2012, ce sera pareil. D’une manière ou d’une autre, nous saurons casser l’angoisse, nous soutenir et nous retrouver ensemble. En attendant je vous souhaite une très

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 08:35

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : les outils.     

 

Le brouillard ponce les lumières de Noël et rappe les manteaux des passants  qui semblent glisser sur des lames. Je marche dans la rue, c’est plus prudent, pourtant mes pieds se vissent à l’asphalte comme si l’on venait juste de niveler le revêtement gluant.

 

images--1-.jpgJ’avance en renâclant, ce rendez-vous n’a rien de romantique. Je calcule le chemin parcouru depuis le début de notre rencontre, je sais qu’il va m’arracher le cœur. A départ il n’était qu’un contact, un piston, pour tenter ma chance chez L’Oréal.

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Il connaît bien son métier de DRH le bougre, sonder le postulant, percer ses secrets, mesurer ses aptitudes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr, il m’a clouée au pilori. Et je n’ai rien vu venir, j’avais pris ses gants de soudure pour des gants blancs. Il usait de gestes tendres comme de chignoles, forait ma carapace de célibataire au cuir tanné. Mais dernièrement il a changé de comportement

 

 

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A commencé par raboter ma carcasse. Puis a troqué le burin pour un marteau piqueur. Ses petites attaques sont devenues des tentatives de démolition. Comme s’il fallait raser un chantier, tomber des murs, occuper les ouvriers que sont mes nerfs.

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 Le sous-sol du BHV, rayon bricolage. Drôle d’endroit pour une rencontre. Des vendeurs en boléro vert baillent devant leurs rayons déserts. Trompettes et cuivres pour la musique d’ambiance. Une voix dans un haut- parleur vante la cafétéria du cinquième étage. Mas ici, au milieu des clous et des scies, ça sent le plastique et le métal chaud. Pour lui, ce buldozzer, c’est parfait. Le combat est inégal, ses mots  seront des outils de destruction. Pas les miens.

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 17:15

Audrey Lamy. Son spectacle est bluffant. Pas dès le début obligatoirement, ça dépend du goût de chacun. Mais il arrive un moment où sa crinière blonde, ses mimiques, ses effets de gorge, de cuisse ou de ventre font mouche. On est pris aux filets tourbillonnants d’une sacrée bonne femme.

 

Pour moi, le spectacle était aussi dans la salle. Dans la rangée juste devant. Une mère et sa fille, toutes deux seules au spectacle, le soir de Noël. Tête contre tête et enfoncées dans leurs fauteuils, elles s’offraient une soirée d’exception, l’une à l’autre. De dos, elles paraissaient avoir le même âge. Les cheveux longs de l’enfant pendaient, indisciplinés. Ceux plus courts de la mère rebiquaient un peu raidis par du gel.

 

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Avant que le show ne commence, elles s’étreignaient, s’embrassaient, se félicitaient de ces deux heures à vivre hors du temps. Dans les lumières, les applaudissements et la musique d’une soirée féerique. Elles commentaient le décor et les spots,  se rengorgeaient de leurs places au deuxième rang, s’inquiétaient du retard pris par l’artiste. Avaient des éclats de rires, se tournaient pour  apprécier la salle, s’embrassaient de nouveau. Je notai que la femme pouvait avoir trente- cinq ans, l’enfant douze ou treize. J’imaginai deux existences repliées, un amour fusionnel, un mari, un père, absent. Je supposai des larmes, une rupture ou un décès, un sentiment d’abandon, deux cœurs déchirés. Et le cocon de tendresse tissé par-dessus.

 

L’adolescente s’élança vers la scène au moment du salut, elle retenait son souffle, le cœur battant. Sa mère l’encourageait, oui maintenant, vas-y ! Elle brandissait un paquet, un cadeau enveloppé avec fièvre, mais Audrey Lamy, courbée sous les rappels, ne la vit pas. Alors, elle courut se réfugier auprès de sa maman, enfouissant  son visage dans ses bras, au bord des larmes. Des spectateurs émus leur proposèrent de s’adresser au service  d’ordre, ce qu’elles firent. Mon dernier regard  fut pour elles, debout devant l’entrée des artistes, tandis qu’on évacuait la salle. Autorisées à se rendre auprès de l’idole, un air de béatitude sur le visage, elles vivaient la magie de Noël.

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:45

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Le casse-tête cette semaine chez Sherry, qui a pris le relais de Lajemy est: boules et billes.

Il s’est arrêté devant le magasin avec dans la main  une boule  du sapin de Noël. Il a dû l’arracher juste avant de sortir, ses doigts sont couverts de neige synthétique et de paillettes dorées. Il porte un anorak beige avec une capuche, et ses yeux  balaient la vitrine comme deux rayons laser. Il ne bouge pas, préoccupé du spectacle qui s’offre à lui. Des boules foncées comme la nuit descendent du plafond et scintillent juste sur sa tête, d’autres rougeoient depuis le sol, perdues dans des entrelacs de guirlandes. D’autres encore, coiffent le toit d’une cabane en carton  d’un halo doré. Tout contre la vitre, on a peint des bougies, des étoiles, et des boules, d’énormes boules toutes blanches. Et il y a ce baigneur  au milieu, qui porte une culotte bleue et un collier d’ambre, une enfilade de petits yeux couleur de miel, sur son torse nu.

L’enfant n’entend pas les bruits du marché derrière lui, les appels des commerçants, le crissement des chariots sur le sol gelé, les papiers froissés. Il ne sent pas l’odeur du poivre et du jambon, pour une fois les poireaux ne piquent pas le nez, les pommes  ne font pas saliver. Il ne réalise pas qu’on l’appelle, eh petit, tu ne viens pas chercher ta tranche de saucisson ! Un bébé pleure dans sa poussette, l’enfant sursaute un peu.  Il serre sa boule tout contre lui, l’élève haut vers le ciel puis la tend vers le baigneur. Il  dévisage sa mère qui l’a rejoint. Un peu inquiet  de ce Noël qui s’annonce différent des précédents, il questionne:

-         Dis maman, le petit frère qui va arriver, il sera aussi petit que ça ?

Elle n’a pas le temps de répondre, l’enfant hurle. Il vient de casser sa boule, un peu de sang couvre les paillettes. 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 18:44

Décembre est le mois du cadeau du pharmacien. Et croyez-moi, ça se prépare.  Nous commençons par nous demander : on leur offre quoi cette année ? Des stylos, un parfum, des calendriers, une bougie, des savons ? La plupart du temps nous nous y prenons à la dernière minute tout en craignant les retards de livraison. Parce que vous pensez bien que nous pharmaciens, avons d’autres préoccupations. D’abord, il y a nos cadeaux de Noël familiaux et nos factures. C’est que tout tombe en même temps !

Bon ça y est, nous avons fait notre choix et nous sommes tout heureux. Certaines années nous enveloppons flacons et savons avec amour, papier et bolduc s’il vous plaît. D’autres fois, nous avons la flemme et estimons que ça sera aussi bien en conservant l’emballage d’origine. Mais nous n’oublions jamais, nous aurions trop peur de vos réactions.

Ca commence timidement dès le premier du mois : y a pas de cadeau cette année ? Plus les jours passent et plus vos voix enflent et prennent du coffre. Ca vient du ventre, ça tonne : et nos cadeaux ? Mr R. est le plus charmant : avec toute la ouardonnance quej’ti laisse parce que tim’plaît, donne moi queque chose ! Mme T. est la plus menaçante : vous allez  bien nous offrir quelque chose, oui, vous plaisantez !  

 

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 Nous affichons spontanément un sourire franc et bienveillant : mais bien sûr, voyons, j’allais vous le donner. Le geste est léger, aérien, nous vous faisons plaisir. Vos réactions ne se font pas attendre : ben, on déjà eu ça l’an dernier, c’est plutôt chiche cette année, moi j’aime pas les bougies, ya pas autre chose… Heureusement, pour compenser,  il y a ceux qui nous embrassent  comme du bon pain. Rester zen et garder le sourire en toutes circonstances est notre philosophie. Excuses et fermeté. La patientèle n’a pas toujours raison, il faut savoir la gérer. Les clients sont de grands enfants ! Je me souviens que lors du passage à l’euro, nous avions offert une calculette de conversion. Avec la rumeur dans le quartier, les stocks ont fondu en quelques jours. Il a fallu calmer les déçus avec diplomatie. Quel métier !

Alors quand certains disent étonnés : ah bon, vous donnez des cadeaux de fin d’année, moi je n’en ai jamais eu, j’aurais peut-être dû réclamer !, il n’ya plus qu’à se faire tout penaud et plonger dans le sac aux trésors : tenez Monsieur, tenez Madame, ce devait être un oubli de notre part. Pirouette, cacahuète…

Tout ça pour dire que décembre est un mois épuisant pour nos nerfs, mais nous vous adorons, puisque vous nous avez choisi et restez fidèles !

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 11:33

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est: le petit coin.

 

Un beau petit coin de France. C’est ainsi qu’Haakon et Monica parlent de leur séjour à Paris. Dans leurs yeux bleus une lueur brille, de cet éclat particulier des pays nordiques. Une poussière douce, enveloppante, qui vient de Stokholm, cette ville posée sur l’eau.  Haakon et Monica ont la cinquantaine, ils sont ronds et blonds tous les deux.  Haakon est un militaire gradé détaché à Paris pour un an. Son gouvernement lui a octroyé un appartement douillet rue de Rivoli, tout près de la Concorde. Grâce à lui, j’ai pu entrer dans l’un de ces immeubles derrière  les arcades. Comme endormi,  retranché des touristes et des badauds. Ce soir là, j’ai aperçu Marc Lavoine, sortant d’un taxi, juste devant la porte. Et de le voir devant moi, amorçait la magie, le petit plus, le show. Ce côté irréel, un lourd portail, une cour gigantesque, une cage d’escalier majuscule, des tapis rouges sans fin. Un ascenseur  qui se déplie avec un bruit solennel aux étages. Et l’appartement  meublé de cent mètres carrés mis gracieusement à la disposition du couple, est un petit bijou.  Alliant modernité et style, canapé blanc et séjour Louis quinze, cuisine équipée tout confort. Et ce lit immense dans la chambre, une incitation au voyage, à l’Odyssée, la tentation d’Ulysse, le coup de foudre de Nausicaa.  Monica est aux anges, elle secoue ses boucles blondes, les fossettes font des petits cratères dans l’arrondi de ses joues.

 

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Haakon et Monica ne sont pas mariés et n’ont pas d’enfant.  Et la Suède est un pays bienveillant pour ses ressortissants. Monica est infirmière à Stokholm. Elle a pu suivre Haakon à  Paris en conservant son salaire. Quand elle reviendra, elle retrouvera son poste sans problème. Alors elle profite, pendant que Haakon plastronne du côté de l’Ecole militaire, elle visite Paris, à pied. Le métro n’a plus de secret pour elle. Les fins de semaine, le couple parcourt le pays en train. Cette année est une parenthèse, un petit coin de bonheur dans leurs têtes. En ce moment ils se grisent de l’air vif de la capitale, des lumières de Noël. Ils dégustent, amusés, nos saumons importés de Norvège, sabrent le champagne et se gavent de foie gras. La vie est belle, cela dure un an. Jusqu’à la prochaine affectation de Haakon, ailleurs en Europe, une autre capitale. Un autre petit coin.  

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 13:40

« Tous fichés », une belle  exposition au musée des archives de Paris. Cela commence par les premières classifications de Bertillon vers 1860, anthropométrie et caractères physiques. On s’installe pour de longues heures de pose devant d’énormes appareils en accordéon dans les ateliers de Nadar ou Disdéri. Photos de famille et albums, photos plus ou moins réglementaires de repris de justice, français,  étrangers, bagnards, membres de la bande à Bonnot, fille de joies et tenancières, opiomanes. Ecrivains recherchés sous le second empire tel  Zola. Des visages blafards, peu souriants, des costumes d’époque, des coiffures négligées, peu apprêtées, des moustaches, des barbes, des lorgnons, des teints pâles. Quelques remarques sur les cils et sourcils, le rapprochement des yeux, le front, le menton.

Mettre des visages sur des noms, observer toutes ces personnes connues ou non, les rend familiers. Presque palpables, certains semblent contemporains tant l’attitude ou l’expression du visage, la coiffure, ont l’air actuels. Comme Alice, on plonge dans des mondes pas toujours merveilleux, bien sûr, mais on  déchiffre des codes. On approche un quotidien pas si lointain que ça.


 Musée des Archives Nationales, 60 rue des Francs Bourgeois - 75003 Paris

 

Ainsi à l’étage on aperçoit des fiches dans des commodes à tiroirs multiples. On imagine le poste le police, les bureaux du chemin de fer, les casernes de l’armée, les archives des lycées. Car ces militaires, employés des chemins de fer, instituteurs, professeurs des années 20 et 30, écrasent leurs profils et leurs moustaches, apposent des baisers glacés sur d’immenses vitrines. Cela donne le vertige. Des élèves dans des costumes d’un autre temps et leurs carnets de notes qui auraient pu être les nôtres. Réellement troublant. Des demandes de famille, de nomades ou ambulants, avec photos de groupe, pour quitter et traverser un pays, des visas pour des domestiques, on se représente des bateaux en partance, des trains, des gens qui voyagent. Ca grouille sous les vitres, on a le sentiment d’écouter le journal télévisé la veille des grands départs.

 Des juifs sous Vichy, des résistants, des prisonniers dans les camps, des formulaires de recherches de déportés disparus, des nazis, Hitler avant la célébrité, les panneaux consacrés à la guerre 40. Ces vitrines sont autant de griffes sur nos poitrines. Chaque remarque, chaque juif écrit en grosses lettres, chaque à surveiller, dangereux, est une lacération sur nos propres visages.


 Exposition aux Archives Nationales : Tous fichés Du 28 septembre au 27 décembre 2011 | aquarium | Scoop.it

 

Des artistes, Picasso, Pabst, Cocteau ce pédéraste notoire. Fichés aussi bien sûr. Comme les autres. Il n’est pas question de génie, ici, mais d’individus à ranger dans des cases.

 Dans le fond de la salle derrière l’un des tous premiers photomatons,  des photos d’algériens, marocains, tunisiens durant les années cinquante. Il y a là aussi des notes et des remarques, « imprévisible, dangereux, chef de bande ». Derrière tout cela, on devine qu’il s’agit de mater, de brider, pour les uns, autant que de conquérir liberté et indépendance à tout prix, pour les autres.

Ce « Tous fichés » dérange dans la mesure où, bien que répertoriés, nous nous croyons anonymes et noyés dans une foule indistincte et indifférente. Ce « Tous fichés » rassure car nous avons été, sommes et seront quelque part et pour toujours dans des archives. Nous laissons tous une trace. Et nous n'avons pas attendu internet pour ça.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:20

 

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est : Chez le coiffeur.

 

Un sujet que j’adore ! Parce qu’avec mes cheveux fins, frisés et incoiffables, il faut se montrer très diplomate. C’est qu’ils sont susceptibles. Tout d’abord, choisir un jour ensoleillé et sec, afin qu’ils montrent leur meilleur profil à la sortie du salon. Pour la photo. Ensuite, franchir la porte d’un pas assuré et dire, « coupe et brushing, est-ce que Sally est là ou Keltoum sinon ? » Cueillir avec flegme le sourire demi éteint de la fille qui a brandi le cintre en pensant « oh non, je ne vais pas me coltiner celle-là aujourd’hui », sourire qui a fait pops, de soulagement, dès que j’ai évoqué les noms de mes coiffeuses préférées.

 

 

 

 

 

Parce que Sally et Keltoum ont l’habitude. Dans leur pays d’origine, les filles pas gâtée comme moi, sont légion. Et en plus j’ai un « petit capital cheveux », comme me l’a fait remarquer une jolie coiffeuse blonde à la crinière léonesque, perchée sur de hauts talons style Louboutin, dans un quartier chic. En d’autres termes, ça craint. D’abord on lave, ensuite on masque sous serviette chaude, ensuite on coupe. Et là Sally et Keltoum, elles assurent. Elles savent couper juste assez pour que quand ça sèche, ça ne rebique pas trop façon citrouille. Et puis elles demandent, d’un air complice « le brushing, plutôt raide ? ». J’ai pas les mots, c’est ce qu’on dit de l’instant précis où les gens se sentent en phase. Quand c’est magique. En amour c’est quand on se regarde, les yeux dans les yeux, qu’on lit dedans et qu’il y a des feux d’artifices.  En coiffure c’est pareil. Les cheveux obéissent, ils glissent, ils brillent, on se sent belle. Et  dans l’œil du coiffeur,  de la coiffeuse, il y a une étincelle. Ils ne se contentent pas de tendre le miroir  et d’épousseter les épaules. Le travail est bien fait, ils sont aussi heureux que la cliente. Ca n’arrive pas toujours, mais quand ça se produit, quelle osmose!

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:18

Je savais que je n’apprendrai rien de neuf, pas d’inédit, de scoop de paparazzi. Romy c’était ma star préférée et je connaissais bien son parcours. Si j’ai décidé de me rendre à l’expo, son expo à l’espace Landowski, c’est pour la côtoyer, la voir évoluer et m’accompagner de sa voix grave et douce, suave et impérieuse. Je l’ai retrouvée sucrée dans Sissi, endeuillée dans le Crépuscule des Dieux. Mutine dans sa période Sautet, furieusement  sexy, solaire, envoûtante. Avec Zulawski,  elle est magnifique. Ses souffrances, son calvaire, son jusqu’au boutisme dans son jeu d’actrice, ses fêlures de femme. On se cogne à elle sur tous les murs.

On ne parle pas de son addiction à l’alcool, on ne voit que le beau, les amis, les amours, les costumes. La longue et lourde robe bleue de Dommage qu’elle soit une putain, l’austère robe de deuil du Crépuscule, le léger voile de César et Rosalie, le tailleur chic de la Banquière. J’ai envie de tourner autour de chaque costume, des fois que Romy me suive du regard, qu’elle ait ce port de tête, droit, fier, orgueilleux.

Delon bien sûr, les dons viennent de lui, de Sarah, fille de Romy, d’amis, de collaborateurs, de clubs de fans. Les images, reportages, extraits de films, tournent en boucle, sur une photo des grands-mères confondent Dany Carel aux côtés de la star et Dany Saval. Certains se plaignent de ce que les commentaires sont écrits trop bas sur les murs.  Scrutent de vieux journaux, d’anciennes affiches, des extraits de lettre, exemples d’écriture, des bijoux. Comprennent : un père inexistant une mère omniprésente, les nazis proches, l’expiation par les films et les prénoms donnés aux enfants. Et l’inacceptable, la mort d’un fils. Devant l’espace accordé à la piscine, certains se tiennent assis, main dans la main et observent Romy en maillot de bain, plongés dans une semi pénombre bleutée. Peut-être que ça leur rappelle le passé, leur passé.

 

 

Image Detail

 

 

  Il y a ce jour-là, les gars de la télé, leurs perches et leurs fils. Ils se promènent au milieu de nous, sans nous voir mais en risquant un regard coulé, comme les gardiens qui ont l’air de se demander ce qu’on fait là, ce qui nous motive. Et puis un type bavarde devant l’écran et le micro, un type dont on aimerait ne pas entendre le discours savant concernant l’idole. Je dis on, mais je parle pour moi, je ne suis pas là pour apprendre mais pour découvrir comment on a pu ressusciter Romy. Eh bien, j’y suis parvenue,  j’ai ouvert  les yeux tout grands. La mort est présente et fuyante, tout le temps chez Romy. Je ne veux pas évoquer toutes ses vies, tous ses films, ses partenaires, les metteurs en scène qui l’ont  faite tourner. Mais je suis entrée dans cette danse, ce parcours. C’est étrange c’est comme si moi aussi je dansais, à ses côtés. Comme si nous dansions tous, un air de défi, une force, cette exposition est le signe d’une victoire sur la mort. Même si le public n'est pas toujours jeune, Romy est partie il y a trente ans déjà, j'aperçois ici et là, une grand mère et son petit fils, une trentenaire avec une poussette. Méfiance, cela va très vite,  un sourire de Romy sur la toile est un piège. On ne l'oublie plus.

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:42

Proposition 82  pour l’atelier d’écriture créative : composition de textes comprenant un maximum de fois le son « fou ».  Première version ( V1)

                                    

 

                                                    FOUCADE

 

Je me souviens, c’était à Corfou. Cet homme avait quelque chose de Pierrot le fou, ce qui explique ma foucade et tout ce foutoir ensuite. J’avais croisé son regard et c’était foutu. Il a foulé mon cœur de toutes ses forces, l’a piétiné, s’est assis dessus à califourchon.

Il a fouillé mon passé, me questionnant, m’obligeant à dévoiler tout ce que j’avais refoulé. Nos fourchettes tintaient agréablement dans ce restaurant, et le vin de Moscato qui accompagnait nos petits fours colorait agréablement nos verres. Ah cette fournaise ! Je n’avais plus aucun garde fou. Et lui m’observait en entomologiste, me regardait me débattre comme une fourmi dans une toile d’araignée. Il s’était défoulé sur moi, écartant mon foulard, offrant mes cheveux à la caresse de ses doigts impatients, comme fous.

 

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 Dire qu’aujourd’hui j’ai l’air d’une vieille carcasse, bonne pour la fourrière. Je me promène dans les fougères, à la recherche des souvenirs. Je suis fourbie, comme si chacun de mes membres avait subi une foulure. Je frissonne dans ma fourrure, à la recherche d’un semblant de sentiment dans le fourre tout que fut notre histoire. Je l’avais revu à Paris, un  rendez-vous au restaurant cette fois encore. Il avait gardé un côté foufou, ce regard fourbe me séduisait toujours. Il avait enfourné une portion de  fromage et sa langue claquait au palais, avec fougue, tandis qu’il dégustait un vin  délicieux. Rien de tel pour  accompagner la fourme d’Ambert clamait-il.

Dois-je évoquer le malentendu, cette échauffourée qui fut à l’origine de notre rupture. Foutaise !  J’aimerais pouvoir dire que je m’en contrefo.. balance.

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