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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:00

 

 

 

220px-Louis Hersent - Delphine de Girardin

 

 

Delphine Gay est née en 1804, la même année que George Sand, à Aix-la- Chapelle. Fille de Sophie Nichault de la Valette, dont les parents ont été ruinés par la révolution, et d’un homme de finance, elle fait son entrée dans le monde en 1822, dans les salons du faubourg  Saint Germain. Elle déclame des poèmes devant Nodier et Hugo et devient vite célèbre, admirée par Goethe et par le roi Charles X.  Elle publie des essais poétiques en 1824 et 1825. Lamartine écrit en la voyant  contempler une chute d’eau : «  elle avait les joues pâlies par l’émotion du spectacle et un peu déprimées par la précocité de la pensée. Et sa voix complétait son charme : elle avait l’accent des poètes avec la bienséance de la jeune fille ». Elle fréquente les plus beaux noms d’Europe, est accueillie en Italie en 1827 et couronnée au Capitole.

Sa situation est délicate, elle est à la fois femme publique c’est-à-dire qui publie, et fille à marier. De plus elle déclame ses vers avec des accents de tragédienne. Cela met ses contemporains  mal à l’aise. Elle n’a pas de dot et la mère d’Alfred de Vigny lui refuse le mariage avec son fils. Mais elle est l’amie des romantiques. A la première de Hernani, en 1830, Gautier (photo)  la décrit comme une apparition dont le charme suspendit le tumulte et provoqua les applaudissements des jeunes gens.

 

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Sa chance est la rencontre avec Emile de Girardin, photo ci-dessous,  qu’elle épouse en  1831 à vingt- sept ans. Ensemble ils conquièrent la Société par l’entremise des journaux pour « l’ambition personnelle et l’utopie sociale ». A cette époque E. De Girardin a fondé «  Le voleur »,1828, et «La Mode »,1829. Tous les jeunes talents y écrivent  des articles: Dumas, Karr, Sue, Balzac, G. Sand

 

 

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Il crée ensuite le « Journal » et l’ «Almanach de France ». Et la « Presse » en 1836 dans lequel Delphine tient la chronique « Courrier de Paris » sous le nom de Vicomte de Launay. Le Vicomte raconte l’érection de l’obélisque place de la Concorde, tient les lectrices au courant des tendances de la mode, chapeaux, manches bouffantes ou ajustées, dentelles, plis, volants. Va écouter l’Opéra, applaudir Rachel au théâtre français, frissonne à la Porte Saint Martin, rit aux Variétés. Contemple le défilé de Longchamp, mange des glaces chez Tortoni, assiste aux séances de l’Académie française. Visite le salon de peinture, les expositions de produits de l’industrie. Détaille les toilettes dans les bals. Delphine de Girardin exprime ainsi son sens comique.

 

 

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Le vicomte de Launay évoque une société parisienne, un ensemble de phénomènes vestimentaires, de bonnes manières et la présence de personnes éminentes dans tous les domaines. Delphine de Girardin admire l’ancien régime, elle écrit à la mort du roi Charles X en 1836 : « Nous pleurons le roi de la France chevaleresque, brillante et poétique, de la France dame de qualité,  de la France enfin qui n’est plus ».  Aujourd’hui le vaisseau de l’état est «  un lourd bateau à vapeur, chargé de charbon et de pommes de terre, partant à heure fixe, arrivant à jour fixe au port qui lui est assigné… »  Elle apprécie donc peu, la monarchie du roi Louis Philippe plus bourgeois qu’aristocrate et se plaint de la dégradation des mœurs. Au mariage du prince d’Orléans en 1837 elle écrit : « Quelles sont toutes ces femmes dans les voitures de suite Quels vieux chapeaux ! Quelles robes fanées ! ».

 

Delphine Gay est aussi connue pour son salon au 41 rue Laffite, à Paris puis dans l’Hôtel  Marbeuf  sur Les Champs Elysées. Elle reçoit ses intimes tous les soirs mais sa soirée de réception où l’on fait de la poésie et de la musique  se tient le mercredi. Elle ne supporte la médiocrité, il faut se distinguer par la naissance, ou posséder un talent réel. Elle convie Gautier notamment, en lui disant que le but de la soirée est de prendre des glaces et de dessiner des girafes.  Après l’Opéra ou avant d’aller dans le monde, entre onze heures et minuit viennent Lamartine, Hugo, Balzac, Musset… Mais aussi des politiques tel  le ministre Guizot, le préfet de police Delessert, un homéopathe à la mode, le docteur Cabarrus. Le couple De Girardin réunit charme, talent, pouvoir, influence, intelligence et humour. La caricature ci-dessous montre Balzac à gauche et Hugo à droite à l'une de ces réceptions.

 

 

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Delphine de Girardin meurt d’un cancer en 1855, à l’âge de cinquante et un ans, soit cinq ans après Balzac. George Sand a encore vingt et un ans devant elle.

Ses œuvres de fiction les plus connues sont : le marquis de Pontanges 1835, Contes d’une vieille fille à ses neveux 1832, La canne monsieur Balzac 1836, Il ne faut pas jouer avec la douleur, 1853.

 

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Si je parle de Delphine de Girardin aujourd'hui, c’est que certains de nos contemporains me la rappellent. Ils font très parisiens ou distingués, ont ce côté "grande bulle du grand monde".  Ainsi Inès de la Fressange est son double  de mode et Fanny Ardant la tragédienne. Elle prête sa plume à Sophie Fontanel de l’hebdomadaire ELLE, très rigolote sous le pseudo de Fonelle et prie Nadine de Rothschild  de nous inculquer les bonnes manières. Elle décide de nos soirées intellectuelles en imposant certains noms aux directeurs de chaînes en fin de semaine : Pivot, Drucker, PPDA ou Beigbeder. Il ne me vient pas de nom féminin à l’esprit dans ce domaine, et je le déplore…

 

 

SOURCES : Wikipédia, LAVIE ELEGANTE par Anne MARTIN-FUGIER, Editions FAYARD.

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 08:00

 

 

DEFI 73 de Tricôtine: autoportrait.

 

 

 

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Pris sur le net.

 

 

 

Il m’observe depuis le placard au milieu des soutiens gorge.  Parce que dans ce désordre de bretelles et de dentelles, il est aux premières loges. Et là au moins, je  ne perturbe pas sa vie de chat. Je m’agite, je fais du vent, je déplace l’abat -jour, des gestes nerveux de sale gosse. Je secoue les draps  du lit et un tas de cochonneries tombe sur le parquet. Il prend la pause, s’étire de tout son long comme pour signifier : avec cette tornade, je ne vais pas stresser! Je m’assieds  devant la coiffeuse, jette un œil à la glace, replace une boucle frisée dans mon catogan. Retire mes lunettes, traque une petite ride autour des yeux. Jaunes, verts, marrons, ils sont comme ceux du chat mes yeux. Changeants selon la lumière. Je me relève, me cogne au coin du meuble. Ramasse une chaussette et le dernier ELLE sur le plancher. Un plastique de chez ESPRIT, une pochette ETAM. La montre de mon fils à faire réparer, le pull de Chéri.

Je cours dans la cuisine, revient avec l’Ajax vitres, un rouleau de sopalin et la carte vitale de ma fille. A mettre dans mon sac. Penser à son ordonnance.

 

 

 

 

Prise sur le net. Ce n'est pas moi bien sûr! Prendre la pause comme ça, jouer les vamps, pas le temps!

 

 

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Je range la chaussette, le ELLE, la pochette… Refait le lit. Enfile des gants en caoutchouc taille sept et demi. Pschitt sur la glace de la coiffeuse et sur les vitres. Mon portable sonne.  Oter les gants. Vite mon sac ! Des gants en peau, les clés, le plan du métro, quatre paquets de kleenex entamés, un tube de Labello plus tard… Je trouve mon portable. Il a cessé de sonner. Je crie M… Retour à la cuisine, mon bol de thé, une tartine pain confiture, mon comprimé hypoquelquechose. Un œil sur le réveil et, croche pied involontaire au chat qui m’a suivie, on ne sait jamais… Alors que j’ai versé des croquettes dans sa gamelle il y a une demi-heure. Je me maquille, j’ai deux minutes.

 

J’enfile mes bottes. Dessous le jean, et plates les bottes, c’est que je marche tout le temps moi. J’enroule l’écharpe de laine mauve autour de mon cou, enfile ma doudoune. Une bise à Chéri. Un dernier regard  au miroir dans l’entrée. Mes cheveux sombres  sont tirés, j’ai l’air sévère et les joues rouges. Je porte ma  besace dans une main, mon casse-croûte et le sac poubelle dans l’autre. Il faut que je fasse attention à ne pas jeter mon repas dans le local. Où sont mes clefs de voiture? Dans la poche du manteau. Pierrot se frotte à mes bottes, je le tapote entre les oreilles. Pierrot c’est mon chat.

Ouf la journée peut commencer…

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 10:00

Je rencontre Malika à la piscine. Elle m’arrête dans le couloir alors que je reviens des douches. J’ai  froid, mes cheveux dégoulinent. Elle entreprend ce qu’elle fait chaque fois qu’elle m’aperçoit, elle évoque sa vie, sa sœur, le théâtre et la poésie. Elle s’excuse, elle m’effleure le bras, légèrement. Elle ouvre la bouche et ses mots chahutent, ils s’écorchent. On ne suit pas totalement le fil des paroles, il y a des à-coups, des silences. Des larmes se perdent dans la peau granuleuse de ses cernes. D’habitude ses cheveux gris tressés au-dessus de la tête lui donnent un air de petite fille triste. Car son regard fiévreux, ses paroles éloquentes et l’amour du théâtre lui garantissent une jeunesse éternelle.  Cette fois, ses hublots de piscine sont dressés sur son crâne comme des radars. Ils semblent dire, je vois, j’entends, j’écoute. Ou encore, reste là, ne bouge pas, attend. 

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Malika évoque ses origines algériennes. Parle de sa sœur, de ses problèmes identitaires. Elle veut discourir davantage, elle cherche à me retenir, raconte ses misères, se demande si elle m’ennuie. Explique que déballer tout à trac comme ça, se confier, est un soulagement, c’est de l’oxygène pur. C’est euphorisant. Et le besoin de déclamer monte en elle. Elle a soudain des airs de tragédienne, de Grande Rachel, de Sarah Bernhard. Elle a beau être en maillot de bain dans les douches avec sa serviette à la main et moi, grelottant à la recherche de la mienne, il y a la scène et il y a un public. Elle et moi, l’une en face de l’autre, tandis que le personnel d’entretien essuie le carrelage autour de nous.

 

Malika a pitié, je me dirige vers mon casier. Je sais que des poèmes se bousculent dans sa bouche  et encombrent sa tête. Je sais qu’un jour prochain, elle me les récitera.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:27

Pour les jeudis en poése de Tricôtine : Par la fenêtre.

 

 

 

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                                    Une femme à sa fenêtre

                                    Découvre l’amour peut-être

                                    Dessous un chapeau blanc

                                    Abrite un cœur tremblant

                                    Et celui qu’elle adore

                                    Poursuivi, pauvre sort

                                    Est la passion d’une vie

                                    Le bonheur, la folie.

                                    Qui sait rendre vivant

                                    Un rêve au bois dormant.

 

 

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est: chance.

 

 

 

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Ceci ne concerne pas l’économie du pays évidemment. Comme nous, les espagnols sont dans la panade. La crise économique n’a épargné personne. Bulle immobilière, chômage en hausse libre, endettement des ménages. Perte des marchés extérieurs, augmentation des importations, ça n’est pas vraiment folichon.

Comme chez nous la taille des familles diminue, le divorce est fréquent. Au moment de la croissance économique, soit avant  2005, de nombreux jeunes quittaient le système scolaire et entraient dans la vie active relativement tôt notamment dans le secteur de la construction. Aujourd’hui la plupart d’entre eux, non diplômés, se retrouvent au chômage et sans qualification. Et ceux qui ont un niveau supérieur élevé, acceptent des emplois sous qualifiés. D’où une réelle frustration. Les jeunes se sentent oubliés par le système.

 

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Les prestations sociales s’épuisent et certains plongent dans la marginalisation ou dans le repli familial : retour chez les parents. Et l’endettement fait des ravages, occasionne des saisies sur salaire, des délogements ou des disparitions sans laisser d’adresse.

 

 

 

 

 

Et pourtant, et pourtant…. L’espagnol est un homme heureux. 68% de la population trouve qu’il fait bon vivre dans ce pays. C’est que l’ibère a une botte secrète, un gri-gri, qui éloigne le mauvais sort et lui redonne le moral quoiqu’il arrive. Son pays détient un triple A. Le plus convoité, le plus jalousé d’entre tous et qui garantit une chance exceptionnelle:

sangriA, tapAs y BarçA.

 

Parce que s’il fallait que nous comptions sur la bière, les chips, le PSG, l’OL ou l’OM pour nous procurer du bonheur et des frissons… Nous ferions mieux de croiser nos doigts dans le dos… Sans y croire. 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 10:00

Ca y est, elles ont commencé. Je m’étais préparée. Mentalement je veux dire. Cette année, ce serait un sac. Un vrai, un grand, de marque. J’ai prospecté sur internet. J’en ai d’abord sélectionné quelques-uns par le prix. Sur un site de vente d’accessoires de luxe par correspondance. Pas moins de huit cent euros, c’est vrai quoi, si je veux du luxe, faut ce qui faut.

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Ensuite la forme et la couleur. Droit, rectangulaire et rouge. Et grand, je l’ai déjà écrit. Pas n’importe quel cuir, pas de croûte, pas de daim. Du solide, souple qui se malaxe avec plaisir. A l’intérieur deux grands compartiments séparés par une poche à fermeture éclair. Et d’autres poches pour le smartphone et les clés. De grandes anses aussi, un beau sac se porte à l’épaule. D’ailleurs internet c’est limité, je devrais porter ce sac, observer mon allure dans un miroir.

J’irai aux Galeries pour commencer, dès le premier jour ? Dès le premier jour. Et à l’ouverture. Je prends sur mes congés, un mercredi ça risque de tiquer à cause des collègues qui ont des enfants. Mais il me semble que Lola veut bien échanger avec mon samedi. Yes ! J’ai besoin de la journée, parce que si je ne trouve pas, je ferai un tour au Printemps et au BHV. Je vais me limiter questions marques, deux grandes dont le nom débute par un L, rien d’autre. Bon, j’y vais... Je l’ai, c’est SUPER! Exactement ce que je cherchais, et mieux encore, neuf cents euros! Je le range tout de suite, pour ne pas le salir ou le griffer avec mes ongles. Dans le placard, à côté des cinq autres…

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 Tout compte fait, il n'est pas très pratique ce sac. Trop rouge, non? Trop grand. Trop... Je vais le donner ou le revendre. L’offrir à maman ? Et puis les soldes durent cinq semaines, j’ai le temps. Je crois que j’ai envie d’un manteau, long, cher. De marque.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 10:00

 

 

Le XIXème siècle fut celui des romantiques Hugo, Nerval et tant d’autres, des parnassiens Coppée, Banville, des voyants tels que Rimbaud. Balzac en fit une peinture minutieuse, Sand et Maupassant eurent des visions bucoliques, Zola des considérations ouvrières. La France était un Royaume, connut les fastes de l’Empire et se rebella en une fière République dans ses trente dernières années. L’esclavage fut aboli et le savoir divulgué au moyen des journaux. Les idées circulèrent dans les salons, les théâtres, les cafés. Les français voyageaient, les plus fortunés, bien sûr, les grandes familles, artistes, peintres, photographes. Le monde s’ouvrait enfin. Pour le bonheur de tous ceux qui, avides ou curieux, souhaitaient s’entretenir de l’évolution culturelle, économique et sociale du pays.

Parmi ces nantis, ces chanceux, bien nés ou parvenus, il était un personnage méconnu et attachant. Victor Cochinat est né en 1823 en Martinique.  Issu d’une famille de noirs affranchis, il fut avocat, puis journaliste au Figaro et au Petit Journal entre autres. C’était aussi un chroniqueur théâtral très connu et considéré.

 

 

 

 

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 Cochinat est un vrai noir et non un métis comme Dumas, dont il fut le secrétaire. Alors bien sûr, durant le second empire colonialiste, on raille sa toison épaisse et crépue et son nez épaté. Cela fait de lui un « vilain bonhomme » par le physique, on utilise sa propre expression lorsqu’il moque les parnassiens, ces vilains bonshommes. Eh oui, son esprit vif et son sens critique lui ont apporté la célébrité mais aussi de solides inimitiés.  Il s’imposa par sa gaîté, son dévouement, et un don particulier pour la causerie et le conte. Victor Cochinat sut attraper les manières de son temps et les consigner sur le papier, les rendre vivantes, amusantes ou grinçantes. Sa fraîcheur, son pétillant ont charmé un siècle fourmillant d’idées nouvelles.  Sa caricature par Gill fait la  première page de l’Eclipse du 10 mai 1868. Elle est blessante, avilissante et ne passerait pas aujourd’hui. Mais elle est une preuve de sa popularité, de sa notoriété au même titre que son portrait par Le Gray, exposé dans un musée danois.

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 De nos jours on parlerait de mode, de tendance, de vagues. On ferait des rubriques au journal de vingt heures, ou un film sur sa vie. Nul doute que Cochinat tiendrait un blog à son nom !

 

 Il apparaît dans les correspondances de Banville, Wagner, Paulus, Hugo ou Maupassant.  Il a écrit un livre sur le célèbre brigand Lacenaire, un autre sur les vertus du tabac. Il a vécu l’abolition de l’esclavage et donné son avis sur l’indépendance d’Haïti au risque de déplaire. Ami de Victor Schoelcher, il devint, grâce à lui, conservateur de la bibliothèque de Fort de France sur la fin de sa vie.   

 Différent mais reconnu par ses pairs, côtoyant l’élite, moqué mais considéré, Victor Cochinat est l’un des témoins  d’un siècle où foisonnaient les talents littéraires. Il meurt en 1886 en Martinique, soit un an après Hugo, cinq ans avant Rimbaud, sept ans avant Schoelcher. Peu avant que le siècle se termine et son faste avec lui.  

 

 

  

 

 

 

 

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:00

 

 

 

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Terminus Nord vingt heures, c’est l’heure de pointe. Un incessant ballet de placeurs, d’hôtesses et de serveurs encadre une foule impatiente. Affiche un sourire systématique, obligatoire, c’est du commerce.  Et tripote l’ordinateur car les tables se libèrent informatiquement. La clientèle est  aisée, costumée, étrangère souvent, âgée quelquefois. Epicurienne. Elle aime la France, enfin l’idée qu’elle s’en fait : fruits de mer et Chablis, viande rouge ou canard en confit et Bordeaux. Des serveurs zélés manient la poêle en salle, des flammes hautes s’élèvent et des cris de surprise. Des odeurs de grill chatouillent les narines. D’autres messieurs en tenue, essuient le bord des assiettes avant de servir des clients gourmets qui salivent, beurrent des tartines et aspirent des huîtres. S’essuient le coin des lèvres, avec distinction.

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Certains croient aux déclarations  et roucoulent en se tenant par la main. Font peu de cas du cliquetis des fourchettes, du tintement des verres, de l’effervescence  des discours et du martèlement des pas sur le carrelage.L’amour ça fait qu’on patauge dans la ouate n’importe où.

 


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Ici et là un homme ou une femme, esseulés, se délectent  en tutoyant la foule du regard. Dans la lumière ocre et vive, leurs yeux sont rieurs ou étonnés, jamais tristes. C’est comme lire un roman de gare. Ou visionner un  film. Et il est plus rigolo de se frotter aux gens, en vrai. De lire dans les yeux, de décrypter les gestes. La spontanéité, le mensonge, l’ennui sont gratuits à table. De même que le sel, le poivre ou le pain.

 

Tout compte fait, on n’est pas seul dans une brasserie. C’est un établissement qui porte bien son nom, on est tous brassés, remués, on fait partie d’un grand mouvement.On n'est pas là pour le cadre, la décoration années vingt, les affiches à la Toulouse Lautrec, les miroirs ouvragés. Ou si peu. On s’agite un soir pour couper la semaine et lui prouver qu’elle n’est pas forcément banale ou monotone. Ca fait des bulles, ça pétille, et puis on laisse reposer jusqu’au week-end. L’attente semble moins longue.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : carte.

 

 

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Je pense être à mon avantage, perchée comme ça sur les remparts. Je prends la pose, à angle droit, le corps horizontal, tête et cou à la verticale. Mon plumage accroche le soleil, ce beau gris ardoise est d’un chatoiement exquis. Quel toucher soyeux, quelle élégance ! Et mes plumes se devinent comme les muscles huilés d’un culturiste. Mon cou, un peu dans l’ombre, se détache avec beaucoup de grâce. Je le hausse fièrement.  Mes pattes sont fines et me soutiennent avec vaillance. Je brandis le bec comme un étendard. Il y a du panache dans mon allure, il y a de la Générale d’armée ! Je porte la redingote comme une caporale, que dis-je comme une Impératrice ! Voyez la finition de mon costume, cette majestueuse queue noire de mouette victorieuse. J’ai l’œil perçant du chef, l’air grave avant la bataille. Peuples ennemis, l’ombre d’une géante plane sur vous ! Du haut des remparts de Bonifacio,  je tourne le dos aux dangers. Il m’attendent, nombreux,  au-delà de l’immense étendue indigo couverte d’écume. Juste  avant mon envol,  je contemple mon île.

 

Regardez-moi bien, je suis une carte postale.

 

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 08:00

Défi N° 72

Vous écrivez une lettre d'amour délirante ou romantique, ou les

 deux à la fois, à votre boucher(e), votre boulanger(e), à votre curé (sans "e"), à votre facteur (trice), votre crémier(e), et que sais-je encore ....à qui vous voulez. Dans cette lettre (pas trop longue), vous introduisez 14 mots (dans l'ordre, de préférence ) d'une chanson que vous connaissez tous  :

" Ne me quitte pas " ; voici les mots : 

Oublier- s'enfuit- malentendus- coeur - couvrir- domaine -amour - mort - feu- blé- rouge -ombre- chien- quitte 

 

Ma chère Aurore,

J’ai promis de ne pas t’OUBLIER, je ne peux pas d’ailleurs.  Jamais ton souvenir ne S’ENFUIT, tes livres sont des repères pour moi dans ma vie, aujourd’hui. Tu as connu les MALENTENDUS, avec les hommes de ton siècle, qui n’admettaient pas que tu puisses être femme, libre, indépendante et pensante. Tu as ouvert ton CŒUR à des créateurs  illustres, entre 1833 et 1847, époque qui a dû COUVRIR ta période scandaleuse.  Des hommes que tu as conviés dans ton DOMAINE au nom de l’AMOUR que tu leur portais. Je parle de Musset et de Chopin bien sûr, je parle de Nohant, Ô Bonne Dame ! Je t’aime parce que tu as su porter, soutenir ces génies, leur donner des ailes.  

Tu as eu la douleur de les perdre tous les deux et leur MORT te fit souffrir et te consumer à petit FEU. A celle du  premier, tu écrivis un livre pamphlet sur votre relation difficile (Elle et lui). Et tu veillas le deuxième comme une mère, jusqu’à sa disparition. J’admire ta capacité à rebondir, j’admire ton dévouement.

 

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Certains de tes romans parlent d’âmes pures et de fêtes au milieu des champs de BLE. Pas seulement pour louanger la campagne et  critiquer la ville, mais pour exalter la nature, cette fée que nos écologistes tentent de préserver. J’ai adoré ton conte, « le Marteau ROUGE », que tu as inventé pour tes enfants. Un conte à lire aux nôtres inlassablement. Pour Dame Nature. Puisque j’aborde la vie familiale, je vois aussi planer l’OMBRE du petit CHIEN blanc Marquis qui avait élu domicile à Nohant et dont Chopin parle dans des lettres aux siens. Que tu aies été une amie des bêtes te rend encore plus chère à mon cœur.


Je vois la vie, l’amour, la douleur, la joie, tout ce qui fait nos existences et que tu as su raconter magnifiquement. Je te QUITTE pour le moment, à regret. Pour mieux te retrouver, plus tard, dans un fauteuil à la campagne, l’un de tes livres entre les mains.

Comme Hugo, je: pleure une morte, je salue une immortelle!

 

A bientôt, Aurore. Ou plutôt George Sand.

E.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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