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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:24

A la manière de : bref ! Ceux d’entre vous qui ont Canal plus, regardent le Journal de Michel Denisot et sa séquence Culte : Bref ! me comprendront. Pour les autres : tout est dans le ton, et dans l’absurde.

 

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Bref ! Hier soir j’ai organisé une crêpes-partie.

J’avais acheté du lait, des œufs, de la farine.

On fait mini, pour l’apéro j’ai dit : tomates cerise, olives, trois cacahuètes.

Jojo a dit : moi j’aime ton cake au jambon.

Bref j’ai dit : pas cette fois, après t’auras plus faim pour le reste.

Ouais, a soupiré Jojo. Ca va pas être marrant ta soirée.

J’avais acheté du fromage, des champignons, de la charcuterie.

Sa copine avait déjà préparé vingt crêpes quand Jojo a dit :

T’aurais dû poser le fromage et des champignons et couler la pâte par-dessus, c’est meilleur.

La copine et moi on s’est regardés. Bref ! Je crois que j’ai un ticket avec cette fille.

La copine  a recommencé. Elle a failli se brûler, je lui ai fait un pansement, elle m’a inscrit son 06 sur le carton des œufs.

Jojo a râlé : t’as pas autre chose à mettre dans les crêpes et puis ça manque, ton cake au jambon.

Bref ! J’ai dit : t’as qu’à voir dans le frigo.

Sa copine et moi on s’est roulé une pelle.

Jojo est revenu avec du persil  de la pancetta, et de l’ananas.

L’ananas c’est pour tout à l’heure, quand on passera au sucré, j’ai dit.

Jojo a dit : là, j’ai envie de sucré.

Avec le persil, j’ai dit ?

 Ouais.

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Lulu a dit : Jojo franchement t’exagères !

A la copine il a dit : j’sais pas comment tu fais avec ce type.

Je l’ai regardée. On s’est regardés.

Jojo a dit : t’as pas du rhum ?

Dans la cuisine, je te dis !

Bref, j’ai glissé ma main dans la chemise de la copine.

Jojo est revenu avec la confiture, le sirop d’érable. Et le rhum.

T’as plein de trucs, il a dit, pourquoi tu les caches ?

J’allais pas lui avouer que c’était pour qu’il me laisse avec sa copine.

On s’est goinfré de crêpes, on a bu du cidre, Lulu et Jojo ont failli se taper dessus pour des bêtises, la copine a dit j’en ai marre, j’me tire.

Bref !  J’ai organisé une crêpes-partie et j’ai volé sa copine à Jojo mais dans l’ensemble, ça m’a soûlé !

Jojo a dit : la prochaine fois, tu nous fais ton cake au jambon.

 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:00

 

 

 

Manet Rochefort Orsay

 

L'évasion de Rochefort (1880)

 

 

Casse-tête cette semaine chez Sherry: En transparence.

 

 

Si j’essayais de  me mettre à sa place, si moi, la béotienne, je prétendais deviner comment Manet a plaqué  la transparence des flots sur sa toile. Une toile vierge, une esquisse au départ, le choix minutieux de l’emplacement de la barque. L’œil doit être attiré par les personnages, leur petitesse dans l’océan immense. L’œil doit être hypnotisé par les vaguelettes claires, laiteuses, par leur clapotis, jusqu’au vertige, jusqu’au mal de mer.

 

Ensuite une couche de peinture bleue pour le fond,  très fine, on doit deviner le dessin au travers. Puis j’insisterais sur  les zones sombres, la ligne d’horizon à l’arrière-plan, le triangle de touches  bleues foncées à l’avant de la barque. J’appliquerais du blanc avec un tout petit pinceau, sur ce grand vide au premier plan, de la lumière, de l’éclat. Puis toutes les nuances de couleur, bleu cobalt, verts clairs et sombres pour le mouvement. Un peu de brun, d’ocre ou de rouge délayé tout là-haut, tout au fond. Des gris, des noirs pour  accentuer la brillance. Devrais-je tapoter la toile avec un gros pinceau derrière la barque et devant elle, pour simuler les embruns ?  Clair, foncé ? J’augmenterais les contrastes, créerais des silhouettes comme le bateau dans le fond, pour la symétrie, pour l’infini, la solitude.

Donner de la profondeur, du réalisme par le souci du détail, des vagues ourlées, tournoyantes. Je zoomerais sur un personnage dans la barque.  Je rendrais compte de sa  fragilité, de sa peur. Car l’océan est clair en surface, avec ses reflets changeants,  noir en profondeur, abyssal.

 

Pour achever de happer les regards, qu’ils se noient dans la transparence, et pour entretenir l’illusion, le trouble, je vérifierais l’harmonie des couleurs, les ombres, les lumières, les brillances, la texture fluide, impalpable, de l’eau. Et j’apposerais la touche finale, ma signature.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:00

Il m’arrête alors que je sors de ma Twingo.   "C’est chouette hein comme voiture, on se gare n’importe où avec ça, dit-il. J’en ai une moi aussi, pas ce modèle, celui d’avant un peu plus rond qui lui donnait un air de gros bébé. Je vais partout avec ça, c’est que c’est cher maintenant les voitures, et vu le prix de l’essence..."

Il porte un blouson ouvert sur un gros pull marron à col roulé et un jean. Il a les cheveux gris et le sourire d’un homme à la quarantaine lisse. Il ne se complique pas la vie. Les rides sont dessinées pour lui donner de la profondeur, le rendre crédible.  De près, ça à ressemble du maquillage, elles ne sont pas creusées, tout juste à peine esquissées. Ses dents brillent comme des gouttes de lait. Je l'aperçois dans le quartier depuis un moment déjà. Je sais qu'il n’est pas marié, n’a pas d’enfant, exerce un job pépère. Il arbore une boucle à l’oreille gauche. Dans ce matin brumeux qui promet la pluie, un peu de brouillasse dans laquelle le soleil a délayé  un rayon pâle, il semble heureux, il a l’air jeune, insouciant. Je me demande quelle est sa vie,  a-t-il une compagne, un compagnon peut-être? Je me demande ce qui le motive, quels sont ses amis, ses loisirs, ses sorties.

Je m’interroge sur moi, cette curiosité malsaine qui voudrait que ça cache quelque chose, cette existence douce, sans aspérité, ce personnage dont rien dans l’allure ou le contexte familial n’accroche, ne dérange, ne montre une difficulté ou une souffrance. Je ne devine aucune faille. Pourtant il doit bien y en avoir une.

 

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Et je me dis qu’il ne camouffle rien, il relativise. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde. Lui est joyeux de nature. Campé devant moi et les jambes légèrement arquées, il me dépasse d’une tête. Il a le regard clair, son œil pétille comme s'il me faisait une farce. Ou allait disparaître dans la brume tel un lutin.

Il me quitte sur une pirouette : "je n’ai pas les moyens de changer de voiture, ou alors dans dix ans peut-être, je prendrai une voiture à pédales !" Son petit rire sec résonne à mes oreilles comme un grelot.

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:00

Puisque tu m'obliges à la solitude, je me réfugie dans ma carrière aux "vampires". Assis en tailleur, à même le sol, je soulève de la poussière blanche avec mes chaussures. Je me détache, je dénigre, je détruis l’idole. J’essaie, Bon Dieu, j’essaie. Et j’éternue, la craie emplit mes poumons. Il y a une niche creusée dans la roche au loin et qui borne le regard. C’est un repère que je m’impose. Il est incontournable. Je n’irai pas voir à l’intérieur. Je ne dérangerai pas les chiroptères. Ils hibernent, immobiles, depuis le début de novembre. Je préfère les imaginer dans leur cache, froide, humide, sans courant d’air. Ils sont en léthargie, leur cœur bat lentement. Leur température interne est tombée à quatre degrés. Enveloppés dans leurs ailes, ils referment leur manteau. Combien de temps vivront-ils ainsi, protégeant les membranes de leurs ailes et leurs oreilles, fines comme du papier ?

 

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L’amour m'a donné de grandes ailes ouvertes. J’ai des périodes délirantes au cours desquelles je me sens invincible. Je suis capable d’exécuter des rotations, des ellipses dans les airs, d’inventer des joutes horizontales, de déployer un manteau de chair qui  apaisera le corps de ma bien-aimée, comme les membranes de ces renards volants, compagnons de ma retraite, s’étalent et se plient sur leur fourrure duveteuse et engourdie. Mais elle se débarrassera de moi quand elle le décidera. Un jour elle en aura la volonté. Je ne suis ni aveugle, ni sourd, je l’ai parfaitement compris.

 

Combien de temps vais-je tenir, apprivoisant la peur ? Quand ressentirai-je une sorte d’harmonie, d’unité, d’équilibre ?  Je ne veux plus voir les fantômes projetés sur les parois de la cavité par  la flamme de ma lampe à pétrole. Ces spectres m’épouvantent. Ils me renvoient l’odeur de soufre de nos ébats. Tu ne t’es jamais offerte. A aucun moment tu n’as baissé la garde, ouvert une brèche dans ton cœur. Je n’ai pas osé t’imposer mon  amour. Tu aurais compris que ma rage, ma violence, mon désir ont atteint un paroxysme, que je suis aliéné. Actuellement, je ne suis pas seul, je ne dois pas déranger mes amies, les chauve-souris. Je ne vais pas hurler.

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 10:39

Je viens d’achever la lecture difficile (pour moi), de « Mondo et autres histoires », de JMG Le Clézio.  L’écriture est limpide, l’exploration par des enfants de la nature et ses mystères minutieuse, le fantasme et l’onirisme sont très présents. Par moments, on s’imagine volant avec l’auteur vers des univers parallèles où tout  n’est que beauté, où l’on oublie sa peur.

 

Mais pour moi qui suis incapable de fixer mon attention trop longtemps, c’est beaucoup trop détaillé, fouillé. L’exploration des nuages et des bruits venant de la terre, les chuintements du vent incitent à l’évasion. Et je m’évade dans mes pensées. Je décroche du texte et, un ou deux paragraphes plus loin, je m’aperçois que j’ai perdu une partie de l’histoire. Alors j’essaie de revenir en arrière. Mais je bâcle, et je lis plus vite encore pour dépasser l’endroit où je m’étais réveillée.

J’ai des morceaux d’histoire, des gorgées d’émotion pure, d’ivresse, et des passages à vide. Alors je me lève, je me fais une tasse de thé, je mange un fruit ou je sors.

 

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Dehors, le ciel est bas, gris, vide de nuages. Ou trop plein. Il pleut des gouttes sur mes lunettes. Les flaques d’eau polluée sur le goudron n’ont rien à voir avec les sols détrempés de Le Clézio. J’ai beau lorgner sur mes bottes, je n’aperçois que d’autres pieds sanglés, et des amis à quatre pattes. Nul petit rongeur, ou scorpion laissant ses traces comme de petits cheveux sur le sable.  Le temps est étonnamment doux pour un début de janvier. J’enlève mon écharpe tellement j’ai chaud, malheureusement ça n’a rien  à voir avec la douce chaleur des rayons d’un soleil caressant et déversant une lumière irréelle. Je marche, j’ai chaud c’est tout. Pourtant, ça vient peu à peu, une sorte d’apaisement, de délassement. Comme si ma lecture influait sur mon mental. Comme si l’on pouvait mettre en  parallèle  des mondes différents et éprouver des sensations identiques. Comme s’il ne suffisait de presque rien. Un bon livre même difficile, pour partir, ailleurs, et se sentir bien, ici. Je rentre, il est temps. 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:00

Pour  illustrer le casse-tête  de Sherry cette semaine : ASIATIQUE, je me suis inspirée d’un article trouvé sur le net. Marie Pierre Noguez  dans L’Usine Nouvelle N° 2875.

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J'ai un job de gagnant dans cette entreprise, j’ai complété ma formation de base par l’achat de deux bibles du management et de la stratégie : l’Art de la Guerre de Lao Tseu et le Traité des cinq anneaux de Misashi. 

Et dans ma vie privée pour décompresser, pour compenser, j’ai besoin de me détacher des valeurs matérielles, de dépouillement. Alors j’ai découvert le Boudhisme.  Je me sens en accord avec cet individualisme religieux, la souplesse qui l’accompagne, la tolérance, l’absence de formalisme.thumbnail--4-.jpg

J’ai envie de me soigner par les médecines naturelles aussi. L’acupuncture, le Feng Sui, le Shiatsu, le yoga tant de disciplines, de choix de vie! Et si j’essayais les arts martiaux. C’est fou ça, je me lance un peu dans toutes les directions. Mais comment rechercher le bien-être, l’harmonie, comment rester zen.  C'est ma quête identitaire, ma croisade. J’aimerais faire cohabiter mon yin et mon yang sans trop de heurts.

 


A la maison, je m’initie à la cuisine au wok et j’ai acheté un livre de recettes à la vapeur. Sur la tablette, à côté de la cuisinière, j'ai ajouté de l'huile de sésame, du nuoc mâm, de la sauce soja. Dans mon réfrigérateur, il y a du lait de soja et du tofu. Je vais tenter les sushis ce week-end, je viens d'acheter du thon et du saumon frais.  Et puis je bois du thé vert toute la journée.

 

 

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Mes sorties ? Le Musée Guimet tout d’abord, arts et traditions asiatiques. Je dois absolument voir l'exposition sur le maîtres calligraphes contemporains du Japon.     Puis le ciné, je ne rate aucun film de Wong Kar Waï depuis « In the mood for Love ». Un film qui parle d'amour, d'adultère et... d'autocuiseur. A la maison je lis des mangas depuis peu. Ca me rajeunit et ça me décoince un peu, cette idée du double qui a des allures de bombe sexuelle.

 

 

 

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Et je ne vous raconte pas mon goût pour les kimonos et  les icônes de la mode asiatique. Des vêtements droits, lisses, de la soie. Prêts du corps, aux lignes épurées, mon rêve! Je ne sais pas  si c’est moi, est-ce que j’en fais trop ? Est-ce que je vais me lasser ?thumbnail--5-.jpg

 

Je suis la tendance et je m'épanouis comme ça. J'ai commencé un cursus universitaire en langues O. Cet été je parcours la Chine, j'ai tracé mon parcours à l'aide du Routard. Je impliquée vraiment, je suis une caricature.

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:00

 

 

 

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Delphine Gay est née en 1804, la même année que George Sand, à Aix-la- Chapelle. Fille de Sophie Nichault de la Valette, dont les parents ont été ruinés par la révolution, et d’un homme de finance, elle fait son entrée dans le monde en 1822, dans les salons du faubourg  Saint Germain. Elle déclame des poèmes devant Nodier et Hugo et devient vite célèbre, admirée par Goethe et par le roi Charles X.  Elle publie des essais poétiques en 1824 et 1825. Lamartine écrit en la voyant  contempler une chute d’eau : «  elle avait les joues pâlies par l’émotion du spectacle et un peu déprimées par la précocité de la pensée. Et sa voix complétait son charme : elle avait l’accent des poètes avec la bienséance de la jeune fille ». Elle fréquente les plus beaux noms d’Europe, est accueillie en Italie en 1827 et couronnée au Capitole.

Sa situation est délicate, elle est à la fois femme publique c’est-à-dire qui publie, et fille à marier. De plus elle déclame ses vers avec des accents de tragédienne. Cela met ses contemporains  mal à l’aise. Elle n’a pas de dot et la mère d’Alfred de Vigny lui refuse le mariage avec son fils. Mais elle est l’amie des romantiques. A la première de Hernani, en 1830, Gautier (photo)  la décrit comme une apparition dont le charme suspendit le tumulte et provoqua les applaudissements des jeunes gens.

 

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Sa chance est la rencontre avec Emile de Girardin, photo ci-dessous,  qu’elle épouse en  1831 à vingt- sept ans. Ensemble ils conquièrent la Société par l’entremise des journaux pour « l’ambition personnelle et l’utopie sociale ». A cette époque E. De Girardin a fondé «  Le voleur »,1828, et «La Mode »,1829. Tous les jeunes talents y écrivent  des articles: Dumas, Karr, Sue, Balzac, G. Sand

 

 

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Il crée ensuite le « Journal » et l’ «Almanach de France ». Et la « Presse » en 1836 dans lequel Delphine tient la chronique « Courrier de Paris » sous le nom de Vicomte de Launay. Le Vicomte raconte l’érection de l’obélisque place de la Concorde, tient les lectrices au courant des tendances de la mode, chapeaux, manches bouffantes ou ajustées, dentelles, plis, volants. Va écouter l’Opéra, applaudir Rachel au théâtre français, frissonne à la Porte Saint Martin, rit aux Variétés. Contemple le défilé de Longchamp, mange des glaces chez Tortoni, assiste aux séances de l’Académie française. Visite le salon de peinture, les expositions de produits de l’industrie. Détaille les toilettes dans les bals. Delphine de Girardin exprime ainsi son sens comique.

 

 

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Le vicomte de Launay évoque une société parisienne, un ensemble de phénomènes vestimentaires, de bonnes manières et la présence de personnes éminentes dans tous les domaines. Delphine de Girardin admire l’ancien régime, elle écrit à la mort du roi Charles X en 1836 : « Nous pleurons le roi de la France chevaleresque, brillante et poétique, de la France dame de qualité,  de la France enfin qui n’est plus ».  Aujourd’hui le vaisseau de l’état est «  un lourd bateau à vapeur, chargé de charbon et de pommes de terre, partant à heure fixe, arrivant à jour fixe au port qui lui est assigné… »  Elle apprécie donc peu, la monarchie du roi Louis Philippe plus bourgeois qu’aristocrate et se plaint de la dégradation des mœurs. Au mariage du prince d’Orléans en 1837 elle écrit : « Quelles sont toutes ces femmes dans les voitures de suite Quels vieux chapeaux ! Quelles robes fanées ! ».

 

Delphine Gay est aussi connue pour son salon au 41 rue Laffite, à Paris puis dans l’Hôtel  Marbeuf  sur Les Champs Elysées. Elle reçoit ses intimes tous les soirs mais sa soirée de réception où l’on fait de la poésie et de la musique  se tient le mercredi. Elle ne supporte la médiocrité, il faut se distinguer par la naissance, ou posséder un talent réel. Elle convie Gautier notamment, en lui disant que le but de la soirée est de prendre des glaces et de dessiner des girafes.  Après l’Opéra ou avant d’aller dans le monde, entre onze heures et minuit viennent Lamartine, Hugo, Balzac, Musset… Mais aussi des politiques tel  le ministre Guizot, le préfet de police Delessert, un homéopathe à la mode, le docteur Cabarrus. Le couple De Girardin réunit charme, talent, pouvoir, influence, intelligence et humour. La caricature ci-dessous montre Balzac à gauche et Hugo à droite à l'une de ces réceptions.

 

 

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Delphine de Girardin meurt d’un cancer en 1855, à l’âge de cinquante et un ans, soit cinq ans après Balzac. George Sand a encore vingt et un ans devant elle.

Ses œuvres de fiction les plus connues sont : le marquis de Pontanges 1835, Contes d’une vieille fille à ses neveux 1832, La canne monsieur Balzac 1836, Il ne faut pas jouer avec la douleur, 1853.

 

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Si je parle de Delphine de Girardin aujourd'hui, c’est que certains de nos contemporains me la rappellent. Ils font très parisiens ou distingués, ont ce côté "grande bulle du grand monde".  Ainsi Inès de la Fressange est son double  de mode et Fanny Ardant la tragédienne. Elle prête sa plume à Sophie Fontanel de l’hebdomadaire ELLE, très rigolote sous le pseudo de Fonelle et prie Nadine de Rothschild  de nous inculquer les bonnes manières. Elle décide de nos soirées intellectuelles en imposant certains noms aux directeurs de chaînes en fin de semaine : Pivot, Drucker, PPDA ou Beigbeder. Il ne me vient pas de nom féminin à l’esprit dans ce domaine, et je le déplore…

 

 

SOURCES : Wikipédia, LAVIE ELEGANTE par Anne MARTIN-FUGIER, Editions FAYARD.

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 08:00

 

 

DEFI 73 de Tricôtine: autoportrait.

 

 

 

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Pris sur le net.

 

 

 

Il m’observe depuis le placard au milieu des soutiens gorge.  Parce que dans ce désordre de bretelles et de dentelles, il est aux premières loges. Et là au moins, je  ne perturbe pas sa vie de chat. Je m’agite, je fais du vent, je déplace l’abat -jour, des gestes nerveux de sale gosse. Je secoue les draps  du lit et un tas de cochonneries tombe sur le parquet. Il prend la pause, s’étire de tout son long comme pour signifier : avec cette tornade, je ne vais pas stresser! Je m’assieds  devant la coiffeuse, jette un œil à la glace, replace une boucle frisée dans mon catogan. Retire mes lunettes, traque une petite ride autour des yeux. Jaunes, verts, marrons, ils sont comme ceux du chat mes yeux. Changeants selon la lumière. Je me relève, me cogne au coin du meuble. Ramasse une chaussette et le dernier ELLE sur le plancher. Un plastique de chez ESPRIT, une pochette ETAM. La montre de mon fils à faire réparer, le pull de Chéri.

Je cours dans la cuisine, revient avec l’Ajax vitres, un rouleau de sopalin et la carte vitale de ma fille. A mettre dans mon sac. Penser à son ordonnance.

 

 

 

 

Prise sur le net. Ce n'est pas moi bien sûr! Prendre la pause comme ça, jouer les vamps, pas le temps!

 

 

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Je range la chaussette, le ELLE, la pochette… Refait le lit. Enfile des gants en caoutchouc taille sept et demi. Pschitt sur la glace de la coiffeuse et sur les vitres. Mon portable sonne.  Oter les gants. Vite mon sac ! Des gants en peau, les clés, le plan du métro, quatre paquets de kleenex entamés, un tube de Labello plus tard… Je trouve mon portable. Il a cessé de sonner. Je crie M… Retour à la cuisine, mon bol de thé, une tartine pain confiture, mon comprimé hypoquelquechose. Un œil sur le réveil et, croche pied involontaire au chat qui m’a suivie, on ne sait jamais… Alors que j’ai versé des croquettes dans sa gamelle il y a une demi-heure. Je me maquille, j’ai deux minutes.

 

J’enfile mes bottes. Dessous le jean, et plates les bottes, c’est que je marche tout le temps moi. J’enroule l’écharpe de laine mauve autour de mon cou, enfile ma doudoune. Une bise à Chéri. Un dernier regard  au miroir dans l’entrée. Mes cheveux sombres  sont tirés, j’ai l’air sévère et les joues rouges. Je porte ma  besace dans une main, mon casse-croûte et le sac poubelle dans l’autre. Il faut que je fasse attention à ne pas jeter mon repas dans le local. Où sont mes clefs de voiture? Dans la poche du manteau. Pierrot se frotte à mes bottes, je le tapote entre les oreilles. Pierrot c’est mon chat.

Ouf la journée peut commencer…

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 10:00

Je rencontre Malika à la piscine. Elle m’arrête dans le couloir alors que je reviens des douches. J’ai  froid, mes cheveux dégoulinent. Elle entreprend ce qu’elle fait chaque fois qu’elle m’aperçoit, elle évoque sa vie, sa sœur, le théâtre et la poésie. Elle s’excuse, elle m’effleure le bras, légèrement. Elle ouvre la bouche et ses mots chahutent, ils s’écorchent. On ne suit pas totalement le fil des paroles, il y a des à-coups, des silences. Des larmes se perdent dans la peau granuleuse de ses cernes. D’habitude ses cheveux gris tressés au-dessus de la tête lui donnent un air de petite fille triste. Car son regard fiévreux, ses paroles éloquentes et l’amour du théâtre lui garantissent une jeunesse éternelle.  Cette fois, ses hublots de piscine sont dressés sur son crâne comme des radars. Ils semblent dire, je vois, j’entends, j’écoute. Ou encore, reste là, ne bouge pas, attend. 

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Malika évoque ses origines algériennes. Parle de sa sœur, de ses problèmes identitaires. Elle veut discourir davantage, elle cherche à me retenir, raconte ses misères, se demande si elle m’ennuie. Explique que déballer tout à trac comme ça, se confier, est un soulagement, c’est de l’oxygène pur. C’est euphorisant. Et le besoin de déclamer monte en elle. Elle a soudain des airs de tragédienne, de Grande Rachel, de Sarah Bernhard. Elle a beau être en maillot de bain dans les douches avec sa serviette à la main et moi, grelottant à la recherche de la mienne, il y a la scène et il y a un public. Elle et moi, l’une en face de l’autre, tandis que le personnel d’entretien essuie le carrelage autour de nous.

 

Malika a pitié, je me dirige vers mon casier. Je sais que des poèmes se bousculent dans sa bouche  et encombrent sa tête. Je sais qu’un jour prochain, elle me les récitera.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:27

Pour les jeudis en poése de Tricôtine : Par la fenêtre.

 

 

 

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                                    Une femme à sa fenêtre

                                    Découvre l’amour peut-être

                                    Dessous un chapeau blanc

                                    Abrite un cœur tremblant

                                    Et celui qu’elle adore

                                    Poursuivi, pauvre sort

                                    Est la passion d’une vie

                                    Le bonheur, la folie.

                                    Qui sait rendre vivant

                                    Un rêve au bois dormant.

 

 

 

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