Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 10:00

 

 

images (58)

 

La mairie du XIXème à Paris est le principal attrait  de la place Armand Carrel, avec le Parc des Buttes Chaumont juste en face.  Très pratique pour les photos, lors les mariages. C’est la frontière entre le côté bobo des Buttes et le look  populaire de la Villette. Ce fut mon quartier pendant plus de vingt ans avant que je ne m’interroge sur Armand Carrel. Qui était-il ?

 

220px-Armand_Carrel_1.jpg

Armand Carrel naît en 1800 à Rouen. Sorti de Saint Cyr, il intègre l’armée et veut renverser les bourbons en 1822, souhaite rétablir une République. Il combat même aux côtés des espagnols en 1823 dans la guerre avec l’Espagne. Il apparaît comme le défenseur d’idées nouvelles. Les Etats Unis l’inspireront beaucoup, Washington notamment.

 

L’historien Augustin Thierry lui apprend le style. Et tout naturellement il s’oriente vers le journalisme. Publie des articles dans le Globe, La Revue Française, le constitutionnel.

En 1830, il fonde avec Thiers et Mignet « le National », journal républicain. Il combat le régime de Charles X, revendique la liberté de la presse. Il soutient  la Révolution de 1830  mais la monarchie de Juillet qui s’installe ne lui accorde aucun rôle politique. De même, Louis Philippe s’oppose au divorce et Carrel ne peut épouser la femme mariée avec laquelle il vit. Alors il poursuit son combat.

 

Chacun lui reconnaît une figure de républicain convenable, présentable, faisant sortir son parti de l’ornière anti propriétaires, nobles ou prêtres. C’est un orateur ayant de la prestance, une sorte de Mélanchon des temps anciens. Je m’égare… Il s’attire de nombreux procès et séjourne même en prison (1834-1835).

Le 1 janvier 1836, Emile de Girardin fonde «La Presse », journal dont le prix devient imbattable  grâce à l’insertion d’encarts publicitaires. De Girardin menace de dévoiler sa vie dissolue lorsque Carrel crie à la concurrence déloyale. Ce dernier  perd la vie le 24 juillet 1836, à trente-six ans au cours du duel qui en découle, entre les deux hommes. A ses obsèques se côtoient des royalistes comme Chateaubriand et des figures de l’opposition comme Arago et Dumas.

 

Il illustre parfaitement la notion du Dandy  sous sa facette intellectuelle, telle que l’évoque Alfred Nettement en 1844. Celui-ci parlant alors d’Eugène Sue, écrit :

«  Il remplace Benjamin Constant, ….. Mr Thiers, Mr Mignet, CARREL. Il aborde tous les sujets,  la question d’Orient, la question d’Espagne, les frontières du Rhin. Il se développe dans sa gloire et dans sa majesté, il dit tout ce qu’il veut, fait tout ce qui lui plaît, ne reconnaît ni barrière ni obstacle. Il arrange comme il entend la morale, l’histoire, la société, l’administration, la politique. Il est roi, il est prêtre, il est Dieu ».

 

Sources : Wikipédia ; La vie élégante d’Anne Martin- Fugier,  Ed Fayard.

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans personnage singulier
commenter cet article
30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:00

En janvier, il y avait une exposition Boris Vian à la BNF. Je ne sais pas pourquoi j’en parle seulement aujourd’hui. Ou plutôt si : Vian est de la génération de mes parents et me plonger dans sa jeunesse, les années 45 à 59, c’est un peu marcher à côté d’eux. Comme si le temps, les heures, avaient fondu. C’est cette histoire de pendule qui me perturbe. En fermant les yeux, j’ai le sentiment d’entendre la voix douce et grave de Juliette Gréco ou  le rire franc, explosif d’Henri Salvador, me racontant leur ami.

 images--55-.jpg

 

Je n’aime pas raconter les expositions mais l’effet qu’elles produisent sur moi. Eh bien, je suis tombée amoureuse. Complètement sous le charme d’un homme dont j’ai admiré l’élégance, le charme, la fragilité obligée d’un corps qui se refuse. Un homme grand, beau, à  œil visionnaire et inquisiteur, au nez long, fin. Un banlieusard de Ville d'Avray  portant costume et imperméable. Un parisien des beaux quartiers, qui ne connut pas la guerre. Il fréquentait les boites de jazz,  et célébrait la vie qui s’écoule, insaisissable. Les photos, les films  le montrent évoluant au milieu d’une jeunesse dorée, dans une bulle. Pourtant  qui mieux que lui, dont les jours étaient comptés, savait ce que le temps, les heures, les mots confiés au papier, pour la dernière fois peut-être, voulaient dire.

 

images--56-.jpg

 

Il était joueur de jazz mais n’avait pas assez de coffre, écrivain mais n’était  pas assez conventionnel, il avait à vivre vite, tout essayer, tout explorer : le théâtre, la chanson, la traduction de polars américains. Et le parcours tracé tout au long de l’exposition était un long tourbillon  au rythme de ses idées, de son bouillonnement, de ses conquêtes aussi. Il avait le sens de la formule ; « Un homme digne ce nom ne fuit pas, la fuite c’est pour les robinets » « Le travail de construction du désert commence par une  destruction ».

 

 A la sortie, un vieux monsieur m’ a abordé, disert, ému.  A salué les compagnons de route de Vian, Serge Gainsbourg, Gérard Philippe qu’il avait vu sur scène au théâtre, m’a parlé de Mouloudji, du groupe Octobre qu’il accompagnait. S’en est allé, m'a souhaité une bonne journée. Puis est revenu sur ses pas, a glissé une anecdote sur Vadim qu’il n’appréciait pas particulièrement, sur Jeanne Moreau qui échange quelques répliques avec Vian dans les" liaisons dangereuses",  et sur les grenouilles du fils Rostand, ami d’enfance de l’auteur.

Imperméable, écharpe, il  promenait ses années cinquante avec lui. Et l’ombre de Boris. Et l’ombre de mon père qui était fou de jazz. 

 

images--57-.jpg

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 10:00

Cette semaine le casse-tête chez Sherry est : Pendule

 

 

imagesCAAZYIMU.jpg

Un pendule ça se tortille et ça endort

Une pendule ça se balance avec effort

Un pendule vous nargue au bout d’un fil

Une pendule  vous assomme de son babil   

Un pendule se cabre, s’arrête et puis repart

Une pendule s’élance, revient, quel tintamarre !

Un pendule évolue dans l’espace

Une pendule se dandine en surface

Un  jour, un pendule facétieux, m’a  prédit l’avenir

Une nuit, une  pendule redoutable, m’a entendu  rugir

Un pendule a des pouvoirs, argent comptant, serait-ce un leurre ?

Une pendule a des devoirs, égraine le temps, dicte les heures

Un pendule se pose, se couche et puis s’endort.

Une pendule  se grippe, s’enraye, et puis c’est mort.

Mais un pendule se tend d’instinct, au bout d’un fil

Une pendule reprend  au loin, le cours de son babil.

 

 


images--54-.jpg

 

Repost 0
Published by mansfield - dans poésie
commenter cet article
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 10:00

J’ai revu un ami l’autre jour et ça m’a fait tout bizarre.  Il avait une barbichette grise d’ayatollah que je ne lui connaissais pas car il souhaitait changer de look. Mais ça me démange, il a dit, je vais tout raser. Hum c’est bon quand ça passe et que ça vous refait une peau de bébé, ce bonheur. Il se grattait la paume de la main avec ses doigts rentrés dedans en disant ça et puis il s’est tamponné les  deux genoux de jouissance.


images--52-.jpg 

Je me demande ce qui se cache derrière la barbe ou la moustache des hommes. Et comment ils décident un jour de les laisser pousser. Pourquoi ils les rasent aussi. Cachent-ils un défaut physique, se protègent-ils ? Est-ce une tactique de séduction ? Qu’ont-ils à y gagner ? Le désir de se différencier ou de masquer une différence. Ou rien de tout cela.

 

Je repense à ce film d’après un roman d’Emmanuel Carrère ou le héros, portant moustache depuis toujours, s’en défait  un beau jour, et autour de lui, personne ne réagit. Complot contre lui ou folie du héros ? Cet accessoire n’en est pas un. Il est la marque de l’individu. S’il décide de s’en débarrasser, c’est une évolution personnelle, un acte réfléchi.

En revanche, mon ami s’est laissé pousser la barbe par coquetterie puis l’a rasée  avec désinvolture. C’était un passage, une lubie, une envie soudaine. Un «  ras le bol ». C’était : pourquoi pas ?

Je pourrais tenir le même raisonnement à propos de longues crinières féminines sacrifiées symboliquement afin de tirer un trait sur la vie d’avant ou comme ça, pour changer.

 

 

images--53-.jpg 


Alors tout aussi symboliquement, je m’interroge sur ce qui nous motivera les 22 avril et 6 mai prochains. Certains voteront par conviction, idéologie, après mûre réflexion. Et d’autres penseront : pourquoi pas ? Ils seront nombreux.

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 10:00

Le casse- tête cette semaine chez Sherry est : bouton.

 

Sur un téléphone portable on le nomme touche. Il dépasse à peine, on l’effleure, on le caresse. Il peut être virtuel, on le balaye d’un doigt rapide. On parle de portable tactile. Il n’y a pas ce geste appuyé quand l’outil résiste et se dérobe. Un  téléphone portable grâce à ses touches, vous donne de l’allure, un maintien. C’est comme une cigarette en moins nocif, quoique…Ca vous pose et vous impose une légèreté avec quelque chose de vaguement érotique. Ce bouton-là vous définit.   A la manière dont vous le tripotez, frénétique, agacée, étonnée, on vous juge, on vous déshabille.

 images--50-.jpg

 

Moi je suis une étonnée. Toujours surprise quand mon portable vibre ou sonne. Je le déteste et on le sait. On m’appelle rarement.  Alors au cinéma, je le laisse allumé, comme un défi.  Et au moment le plus palpitant, quand le héros déclare son amour, que les visages se confondent, les peaux, les salives, les larmes, les cheveux s’amalgament, se collent, s’emmêlent, que c’est beau, que ça remue les tripes et le cœur, voilà que cet idiot se met à sonner. Comme s’il n’y avait que dans ces moments-là, quand je suis indisponible, que l’on  daigne m’appeler. Comme si je faisais exprès de me rendre injoignable. Je ne fais pas exprès, je n’aime pas ça ! Alors je deviens frénétique et agacée et j’appuie sur la touche comme une forcenée, pour faire taire l’engin… Et encore, dans ce cas, ce n’est qu’un vulgaire bouton !

 

 

images--51-.jpg

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 10:00

 

 Devant le 4 rue Chauveau Lagarde, je n’éprouve pas grand-chose, je n’ai pas la sensation de mettre mes pas dans ceux de ma mère. Est-ce dû au luxe trop présent, aux façades rose bonbon de Fauchon, aux rideaux rouges de chez Hédiard, au  site prestigieux de l’église de la Madeleine. Ces hommes en costume, ces femmes en tailleur, le ballet circulaire des voitures et les grands magasins à deux pas, me donnent le tournis. Alors  ma ferveur retombe devant l’entrée du 4.

 

 

 

images--31-.jpg

 

La porte repeinte en vert foncé est ouvragée et représente des paons qui se font face. Le couloir menant à la cour est couvert de décorations en plâtre.

La cour carrée est pavée, proprette. On a accroché des géraniums aux fenêtres. Tout là-haut, ce sont les chambres de bonne, ma mère occupait l’une d’elles. Je ne m’attarde pas, la gardienne armée d’un balai me demande si je cherche quelqu’un. Je réponds que j’effectue un pèlerinage,  que ma mère a habité là entre 56 et 58. Elle hausse les épaules, sourit et me laisse à ma rêverie.

Avant de sortir, je jette un coup d’œil à l’escalier que maman grimpait chaque jour jusqu’au sixième, essoufflée. Dans la rue, j’aperçois un panneau : Maison Henriette fondée en 1848. Ca me perturbe de voir ce que les yeux de ma mère ont vu, exactement.

 

Je m’installe dans un café, cent mètres plus loin. Le garçon dédaigneux qui me sert, se demande ce que je peux faire attablée et lisant de vieilles lettres. J’écoute la conversation de deux hommes portant Rolex et écharpe en cachemire. Ce sont des directeurs d’hôtel évoquant les exigences de leur clientèle. Des nantis qui réclament des chambres face à l’église. Je suis au chaud, un peu ankylosée  et ces gens sont futiles. Il est doux et facile de plonger dans tes lettres comme s’il me fallait ce décalage, ce décrochage entre hier et aujourd’hui, entre mon monde et celui-là pour m’extraire de ma peau  et entrer dans la tienne : tu avais trente- cinq ans en 1957.  Dans mes yeux, il y a ce brouillard humide. Et je détiens un trésor entre les mains, le témoignage d’une époque, les bases de ta relation avec mon père, la naissance de votre amour. J’en ai pour un moment, je crois.

 

 t-MadeleineJPG1.jpg

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 08:00

 

C’est Betty que je vois. Avec sa grande bouche et ses dents écartées, ses seins aguicheurs et ses fesses comprimées dans un bleu de travail.  Elle se prélasse à Gruissan, sur la plage, laissant des traces de pas ennuyés sur le sable. Elle en a marre d’attendre Zorg ou de l’aider à repeindre des bengalows en rose et bleu pour des clopinettes. La vie ce n’est pas ça, un boulot idiot, du temps perdu et un patron qui se fiche de toi. La vie ce n’est pas se pavaner, le torse luisant dans un marcel et  un rouleau  à peinture à la main. Après des journées passées à se frotter l’un à l’autre, à se repaître de la peau de l’autre et de son odeur, à ne pouvoir décoller son corps du sien,  comme des poissons morts, comme des brins de paille entrelacés  par le vent et les embruns, on a besoin de respirer.  

 

images--49-.jpg


Taillons la route, une camionnette à vive allure, vers n’importe où, n’importe quoi, autre chose. Le sel de l’existence, une explosion des sens, un feu d’artifice. Le jour se lève, et le soleil joue entre les arbres, éblouissant. Un sentiment de liberté intense, la vie dans l’urgence, abandonner sa sandale en plastique dans le sable. Et s’en moquer, se défaire de ces attributs de l’enfance, de même qu'on ne joue plus avec une pelle et un seau. Entrer dans la lumière comme un insecte fou chanterait Patricia Kaas. Monopoliser la scène comme elle, les spots de l’avenir braqués sur soi.


Trente-sept degrés deux, le matin. Comment empêcher la fièvre de grimper et de s’installer,  jusqu’à la folie ?

 

 

Défi 77 chez Nounedeb: d'après photos:

 

 

2011 Arnèche traces-copie-1

 

 

 

Chaussure-bleue-copie-2.JPG

 

 

Poisson

 

 

Projos-copie-2.JPG

 

 

Feu d'artifice

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:00

L’exposition « Exhibitions, l’invention du sauvage »  se déroule en ce moment au Quai Branly, à Paris.  Des premiers amérindiens aux phénomènes de foire exhibés jusque dans les années trente à travers la France, la Belgique, la Grande Bretagne, l’Allemagne, les Etats Unis, l’Australie ou le Japon, elle dévoile toutes les facettes de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 images--46-.jpg

 

 

Au départ, les explorateurs présentaient leurs captures comme des trophées dans les cours européennes afin d’obtenir des crédits pour de futures expéditions.  Et puis les foires, les auberges amenèrent le profit. Des personnes hors du commun vont inspirer des tableaux, des portraits. On échange des êtres et des images, le sensationnel devient recherché. Ainsi la Vénus Hottentote, les indiens contemporains de Buffalo Bill, des siamois, des géants, des personnes difformes, des albinos ont « leur heure de gloire ». On expose les hommes comme des potiches, ils sont décérébrés. Puisque les objets sont du matériel que l’on peut acheter, vendre ou casser, ces êtres circulent de mains en mains. Ou bien on les dresse, ce sont des animaux. On les met en scène comme des lions en cage, à coup de fouet parfois. Les petits films muets en noir et blancs qui passent en boucle sont édifiants.

 images--48-.jpg

 

 

Comment ne pas considérer, en toute bonne foi, que certains humains sont inférieurs puisqu’on s’arroge le droit, au nom d’une soi-disant civilisation, de les avilir ? Comment l’homme a-t-il pu se laisser manipuler par son semblable, issu de la même culture? Il y a des cultures et des valeurs, des modèles et des exemples chez tous les peuples. Un homme fier et droit est un homme qui  observe, respecte, et tolère. Il ne cherche pas à rabaisser ou à détruire car il ne saccage que lui-même.

 

L’exposition, judicieusement parrainée par Lilian Thuram, s’achève sur une pirouette : les exhibitions d’êtres humains  cessent avec l’apparition du cinéma et l’arrivée de Tarzan sur la toile….

 

telechargement--1-.jpg

De tous temps l’homme a eu besoin de fables et d’histoires, de magie, de fantasmes et d’horreurs, d’amour et de sang. De guerre et de paix. De triomphes et d’asservissements. Il a inventé les mots suprématie et racisme.  Il ne lui reste qu’à les éliminer de son vocabulaire, car ils signent sa barbarie.

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : fil, ficelle, corde, etc…

 

Je n’ai retenu que «  fil », et puisque avril va bientôt rempiler, j’ai pensé au dicton, celui qui parle d’avril et d’un fil.

 

Je peux, sans me découvrir vous dire qu’avril est un mois chargé en anniversaires chez nous. Il paraît que ça s’analyse ces coïncidences  dans les familles, que ça a un sens. Pour faire court, il y a d’abord ma belle-sœur puis moi, mon mari, mon fils, et mon frère clôture en beauté, le premier mai. Alors nous passons nos semaines au téléphone, coups de fil et SMS, puis bises et cadeaux, champagne et gâteaux.

Je peux, sans me découvrir expliquer que j’aurai dû naître au mois de mai. Je suis une prématurée et je me suis bien rattrapée. Aujourd’hui je suis un…beau bébé comme on dit. 

 

images--45-.jpg

 

Ca n'est pas moi, j'ai trouvé cette corde à bébés sur internet et comme ça correspond pile poil au casse-tête...

 

 

Je peux expliquer qu’un jour, dans la salle d’attente du médecin, chez moi dans le 9,3, j’avais rencontré une étrange patiente. Née à Casablanca au Maroc comme moi, elle avait mon âge environ. Elle avait simplement dit : vous êtes née à la Clinique Mers Sultan et c’est le docteur Lesimple qui a accouché votre maman. Elle m’avait débité ça avec assurance, avec évidence. J’ai conservé le carnet de grossesse de ma mère comme une relique,  je n’avais pu que répondre oui, tout à fait. Pas difficile, avait-t-elle rétorqué, à l’époque à Casa, c’était le gynécologue des  françaises. Si je l’avais laissée continuer, elle m’aurait décrit ma venue au monde par le détail. Cette fois-là, quelqu’un m’avait découverte.

Je peux, sans me découvrir, expliquer qu’il existe un lien, un fil entre les personnes, un peu d’attention et on le remarque. Que ce soit en famille, entre amis ou aminautes, ou avec de parfaits étrangers, il y a toujours quelque chose à partager, des sensations, des situations communes. Et des conseils à retenir :

En avril, ne vous découvrez pas d’un fil ! Laissez-vous découvrir plutôt.

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:00

Le printemps arrive et nous souffle un petit air tiède dans le cou. Les soirées commencent après dix-neuf heures, bien que nous n’ayons pas encore changé d’heure. La nuit prend son temps pour s’installer, le ciel se couvre de moutons orangés juste avant, afin qu’elle puisse s’étirer à son aise. Mes chats roulent dans la poussière du balcon et rentrent tout enfarinés pour apporter à mes tapis un éclat unique et particulier. Dans le jardin d’en face, un cerisier se pare de dentelle blanche  comme pour aller à la noce et Totor le chien, tend sa balle aux enfants qui approchent du portail.

 

3344428041519

 

 

Eh bien là tout de suite, j’ai envie d’une petite robe légère, pas très longue, juste au-dessus du genou. De tourner comme les enfants, pour la faire bouffer et que le soleil me picote les jambes. J’ai envie de chanter la «chanson des collines », de tendre les mains, les bras. Je suis Julie Andrews et je me raconte ma Mélodie du bonheur. Les oiseaux, le vent, les ruisseaux, les airs du passé formant une ronde, tout ça me met du rouge aux joues et de petites ailes dans le dos. Chaque année, en cette période, la nature a cet élan formidable, ce renouveau, et je suis au diapason. Un petit morceau de soleil, c’est comme un petit bout de sucre, ça rend la vie moins amère. Dans la foulée, j’entonne avec Mary Poppins, le refrain du petit bout de sucre.

 

 

images (43)

 

 

Tout ça pour dire que le printemps  me ramène à l’enfance, aux comédies musicales des années soixante, comme si une part de moi était bloquée à cette époque. Pour grandir, pour atteindre l’été, m’émerveiller aux couleurs de l’automne, et supporter l’hiver chaque année, il me faut repartir de là.

 

images--44-.jpg

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher