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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

Pour illustrer le défi 82 lancé par Jill Bill, sur des noms de poissons, je me suis servie de la liste suivante :

  • Poisson-chat
  • Poisson-Chien
  • Poisson Clown
  • Poisson-coffre
  • Poisson Lune
  • Poisson pilote
  • Poisson rouge
  • Requin pèlerin
  • Requin Blanc
  • Requin marteau
  • Requin Taureau
  • Requin Baleine
  • Requin Tigre
  • Requin Nourrice
  • Requin Gris
  • Requin Pointe Noire

 

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Avez-vous noté ? J’ai l’œil rond du poisson rouge

Et je suis, de loin,  à la trace tout ce qui bouge.

Empruntés à un clown, sur ma robe des reflets

Que le chat ou le chien pourraient bien m’envier.

Contemplez donc ma gorge, admirez donc ce coffre 

Aux couleurs de la lune, que la nature m’offre !

Je vais nonchalamment où mon nez me pilote

Je chasse, je plonge et me rue sur tout ce qui flotte.

J’ai de la compassion, et tel un pèlerin

Je ne saurai provoquer de réel chagrin.

J’ai l’air robuste, puissant, la force d’un taureau

Mais n’ayez  pas de crainte, je ne suis pas marteau.

La taille de la baleine, la détente du tigre?

Que dirait  ma nourrice, vous n’y pensez pas, bigre !

Regardez-moi encore, cette gueule, cette pointe noire 

Non je ne suis pas gris, mais vous pourriez le croire.

Je suis un requin blanc, je ne suis pas vantard

Je ne casserai pas trois pattes à un canard !

 

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:00

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Sur la plage mais sous les arbres

Un coin à l'ombre et au calme

Trompeur !

Une grosse mouche se prend pour une sauterelle

Et stridule.

Un colibri froufroute dans les branches

Tel un petit avion à réacteur.

Un merle s’égosille et

Imite le crissement d’une chaise à bascule sur la véranda.

 

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Dans le ciel  un nuage enfle

Et ce n’est pas du rhum qui l’imbibe.

L’eau  est verte, translucide

Comme du  verre soufflé  par un artisan céleste.

Au loin, si l’on s’aventure

Des rochers affleurent, qui

Renferment des trésors.  

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:00

Clin d’œil à l’exposition Jack Kerouac au Musée des Lettres et manuscrits de Paris.

 

 

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Ivresse et grands espaces

S'aventurer au loin

Distance et poussière

Liberté, frénésie, errance

Folies, alcool, artifices

Devant soi le précipice

Chahut du vent

Vitesse, arrêts, exubérance

Trouver sa place

Sur la route

 

 

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:47

 

Le casse-tête cette semaine chez  Sherry est : chiffre, nombre, numéro.

 

 

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J’nai que seize ans et bientôt dix-sept ans, je sais

J’ai deux amours, et alors on n’est pas sérieux

A mon âge. Maman croit encore que j’ai dix ans.

Elle a grandi à l’époque des valses à mille temps.

Moi je suis une « dancing queen, only seventeen »

Et tous les garçons craquent pour ma bouille mutine.

Tu sais, d’un maman a tort, deux c’est beau l’amour

Trois, l’infirmière pleure, je vais lui crever les yeux.

C’est fou ça, dis, pourquoi ils veulent  tous m’enfermer ?

C’est la faute à ces trois petites notes de musique

Qui galopent  dans ma tête comme une mécanique.

Dans le lit d’à côté, ils viennent de me flanquer

Une vieille qui a eu vingt ans en l’an deux mille un.

Tu vas m’aider à m’en aller, vite fait, bien fait.

«neun und neunzig luftballons », c’est  bien ça hein,

L’air de cette chanson, et un nombre dans le titre ?

Tu vois quand je le veux, je sais bien faire le pitre !

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 10:00

 

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Quand je la regarde, je me dis qu’elle n’existe pas. On l’a fabriquée avec un modèle,  et des découpes en papier. A l’aide de ciseaux on a ajusté le patron. Puis on a épinglé de la peau dessus. Colorée la peau, chatoyante comme le tissu. Tendue là où il faut, cintrée, pas un pli. Monochrome, uniforme, qualité couture. Légère, soyeuse, infroissable. Jeune.

Quand je la regarde, je me dis que ça fait quatre heures qu’elle joue « potiche ». Son bras tire à l’arrière, son cou hissé jusqu’au dédain, est douloureux. Demain c’est torticolis garanti. Ses cheveux enduits de gel pour l’effet mouillé, pendent comme une masse pâteuse dans son dos. Elle transpire. Elle a horriblement chaud sous la lampe. Quoi, vous y avez cru ? L’eau turquoise et transparente qui lèche les doigts, les cuisses, la magie des tropiques, c’est Photoshop ! On lui tourne autour, on  peinturlure son visage. On tamponne, on essuie. Le photographe la houspille. Là, tu es belle, encore, penche toi, plus sensuelle, c’est ça. Il promène son appareil sur ce corps exhibé, comme une abeille frottant des étamines de ses trois paires de pattes. Elle a conscience d’être une fleur, épanouie, périssable. Et puis, c’est un détail, elle déteste la couleur du maillot. Elle a faim. Elle a soif.  Et sommeil. Plus je l’observe, plus je me dis que  c’est pas truqué, c’est quelqu’un cette fille, en vrai.

Quand je la regarde, je me dis qu’elle étouffe et qu’elle a froid dedans. Les yeux se ferment, le sourire, imperceptible, est glacé comme les photos de son book. Ce n’est pas une pose, mais juste une pause. Elle se préserve. Pour ne pas craquer le vernis qui recouvre la couche picturale du tableau. Ce teint radieux s’obtient par superposition des glacis. Cela nécessite de la maîtrise, c’est de l’art, du Vinci. Elle dissimule, elle triche. Elle relègue ses imperfections dans son dos  comme un tas de poussière. Car au fond derrière l’illusion, quand je la regarde, je perçois nos angoisses de femmes.

 

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 18:46

 

 

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A toujours gigoter

Ce bisou sur le nez

Tu ne l'auras jamais

Mais essai transformé

Tu as voulu m'éviter

Raté!

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 10:00

 

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Jules Ferry est à l’honneur aujourd’hui. Il suscite la controverse aussi. Le père de l’école laïque, obligatoire et gratuite était un « colonisateur ». C’est toute l’ambiguïté d’un homme qui agaçait déjà à son époque. Le paradoxe d’un citoyen qui était franc-maçon par ailleurs. Ceci a titillé ma curiosité. Je me suis rendue au musée de la franc-maçonnerie rue Cadet à Paris. Pour y découvrir ce qu’on me donnerait à voir.

Il y a le secret qu’on ne dévoile qu’aux initiés. J’étais préparée. Des locaux dans l’ombre d’une lumière tamisée, entretiennent le mystère. Je me tiendrai à la surface, je n’aurai que les grandes lignes. Les débuts, l’Angleterre, l’arrivée  du mouvement en France à la Révolution, sa place au sein des pouvoirs  dirigeant  le pays depuis lors. Les représentants des loges et leur adaptation face aux évolutions.

 

Je détaille. Jérôme Bonaparte,  Jules Ferry, Victor Schoelcher, Abd El Kader, quelques femmes Joséphine Bonaparte, Louise Michel. De beaux portraits éclairés, des personnages importants vêtus de tabliers, cordons ou sautoirs. J’admire. Trésors du patrimoine, médailles gravées, statues, Marianne maçonnique, vaisselle. Les vitrines sont impressionnantes. Les compas, les équerres donnent le tournis. On perçoit cette notion de faste, d’exception. On imagine de grandes cérémonies, des réceptions. Au XVIIIème et XIXème siècle, cela rassurait les souverains qui pensaient les maçons occupés à ripailler, donc peu influents. La pénombre, le mystère créent l’illusion. Je participe un peu, comme retranchée derrière un lourd rideau de velours, de la fraternité qui unit ces hommes. Mais je me sens petite, inférieure. Car je n’ai pas vécu le rite, qui consiste à se défaire symboliquement de son existence pour renaître en une vie spirituelle, philosophique, tournée vers son prochain. Un passage vers l’autre monde.

 

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Louise Michel

Tous nos gouvernements ont été et sont proches de la franc-maçonnerie. Les qualités d’humanisme, d’égalité, de fraternité constituent la base de la doctrine. Et la philanthropie conduit à la question sociale. L’école est laïque, obligatoire, l’esclavage est aboli, nous avons droit à la retraite, les femmes sont devenues majeures au même titre que les hommes, le divorce est légal, l’avortement aussi, nous luttons contre le racisme.. Voici quelques mesures proposées aux gouvernements par les francs-maçons au fil du temps, et adoptées.

 

 

L’exposition Hugo Pratt-Corto Maltese se tient actuellement dans les locaux. Pratt était franc-maçon et a initié son héros de bandes dessinées à la maçonnerie. J’ai aperçu des croquis magnifiques, noir et blanc, aux bulles en italien, langue de Pratt qui détestait la couleur, même s’il l’a adoptée pour ses lecteurs. L’atmosphère des loges, ces tribunaux rendus inquiétants compte tenu des cagoules portées par les membres est saisissante. Pratt lui-même avoua que c’était pour produire un effet, les cagoules ne sont plus portées à l’heure actuelle. Mais, et je terminerai ainsi, j’ai admiré des masques, des statuettes, africains, amérindiens, examiné des photos de derviches tourneurs francs-maçons. Ils ont servi de support aux expéditions de Corto Maltese.

 

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Et je me suis évadée avec lui. J’ai vu, ou compris à travers ce musée que la maçonnerie est un projet d’humanisme autant qu’une forme d’enrichissement personnel. Je rapporte cela à ma condition, pas si petite. Je ne suis pas toujours dans l’échange, j’ai besoin de solitude parfois. Et d'évasion. Mon épanouissement passe par l’écriture.

 

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 10:00

 

Le casse tête cette semaine chez Sherry est: qu'est-ce qui te fait plaisir?

 

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Elle ne sait pas d’où vient cette boule au creux du ventre ni pourquoi. Comme si elle attendait quelque chose ou quelqu’un, que c’était sans cesse remis à plus tard. Que sa vie, tous les événements de sa vie ne tendaient qu’à ça. Elle se lève le matin, se fait belle, s’entretient grâce au sport, mange des glaces aussi, regarde la télé ou traîne dans les magasins dans l’attente d’un jour précieux. Comme si elle vivait ce jour tous les jours, qu’elle s’y préparait en se disant ce sera aujourd’hui. Si ce jour arrive, ça lui fera plaisir.

 

*****

 

Il faut se dire qu’écrire c’est du sérieux, que c’est vital pour soi. Trouver un sujet qui ne soit pas banal, quelque chose qui pète. Et surtout écrire tous les jours, construire des phrases à s’étourdir. Avancer dans l’oubli de soi, pour se réinventer. Se défaire  d’une vie lisse, prévisible, conventionnelle. Il y a tant de choses à raconter et qu’on n’a pas vécues forcément. Décrire des émotions que l’on n’a jamais ressenties. Montrer qu’on souffre atrocement. Souffrir atrocement et raconter qu’on n’a jamais rien éprouvé. Y parvenir lui ferait plaisir.

 

*****

 

J’ai besoin d’une attestation de dépôt, au service des impôts. J’entre dans une petite salle avec deux bureaux en vis-à-vis et une fenêtre étroite sur la cour. Des ordinateurs cachent la vue et deux types ahuris et mal rasés me demandent ce que je veux.Un tampon et une signature sur la première page photocopiée du bilan comptable suffisent. Eux ne le pensent pas. Il faut trois plombes pour rédiger ce document et l’ordinateur beugue au moment de l’impression.  J’avise des coquelicots au mur et la montagne comme une invite. Un calendrier avec des rocks stars et un avis de mise en demeure traînent sur le bureau. Le type explique que ça beugue, j’avais compris. Ca ne fait jamais ça d’habitude alors le collègue décide d’intervenir. Il rédige ce fameux document, j’entends le chuintement de l’impression. Le type se tire laissant l’autre le récupérer et me l’apporter. Si on pouvait se passer de paperasse en France, ça me ferait plaisir.

 

*****

 

Elle l’a revu sur une vidéo, il y a deux jours. Tout gris et blanc avec une tête de PDG, de type qui en voulait et qui a réussi. Costume gris comme les cheveux, et le même sourire,  le même phrasé qu’avant. Assurance, séduction. Son sentiment ? Il est bel homme, lui aurait-il plu dans la vie de tous les jours ? Elle se dit que n’importe lequel de ces types au  job décisif, important, l’aurait entravée. Elle aurait été l’épouse de, celle qui suit et se met entre parenthèses. Difficile d’exister dans l’ombre d’un aigle. Ca ne lui aurait pas fait plaisir.

 

*****

 

Repas avec Madame  Sarfati. Amusante,  sympathique, ouverte, elle parle de la bamitzva de son fils, les vingt tables, autant de vases à fleurs, la réservation de la péniche, le thème de soirée, le poker peut-être… Elle parle chiffon et l’autre s’emmerde. Elle  ne peut pas s’intéresser à ça. Entendre citer les oncles, les tantes, la famille qui risque de critiquer, de louanger, tout ça l’énerve. L’autre n’a pas de famille, ni d’amis, ni de  vie sociale. Les gens auxquels elle s’adresse le plus  souvent, sont ceux à qui elle dit bonjour, comment allez-vous, par politesse sans écouter leur réponse. Si elle avait eu un parent, ce joli babla lui aurait fait plaisir.

 

*****

 

Dans ce bar branché,  ils s’observent, se cherchent, se jaugent et jugent de leur pouvoir de séduction. C’est un clignement d’œil, un battement de cil, une geste de la main, la manière de lever son verre de rouge ou de rosé, de fourrer ses cacahuètes une à une dans sa bouche, de dodeliner du chef en secouant une longue chevelure lisse et raide. Si ces rencontres ont un sens, ça  leur fera plaisir.

 

*****

 

Pris le métro. Tellement de monde que deux jeunes sourdes et muettes trop bavardes ont failli me fourrer leur doigt dans l’œil. J'ai éclaté de rire. Inquiètes, elles m’ont dévisagée, puis elles m'ont souri. Cela m’a fait plaisir.

 

*****

 

Elle s’est mise en colère contre elle-même, son impuissance, son handicap, son bras mutilé, ce pauvre moignon, tout juste capable de lever son sac.  Coupé peu après le pli du coude. Impossible d’instiller les gouttes dans ses yeux tous les quarts d’heure, dans l’heure précédant son examen chez l’ophtalmo. Alors elle hurle, sa voix monte dans les aigus et ses yeux sont des lacs de colère. Malgré tout, son brushing est impeccable et la laque maintient un mouvement. Ca tangue d’un bloc sur sa tête comme un flan à la vanille. Si je l’aide, ça lui fera plaisir.

 

*****

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 08:00

Le défi cette semaine chez JeanneFadosi est : enfances.

 

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J’avais dix ans la première fois que je suis allée au hammam avec les femmes. Ma voisine Mme Kanhane et sa fille Atika m’avaient persuadée de me laisser faire avec l’accord de ma mère. Cela avait commencé la veille, dans l’après-midi. Atika avait quatorze ans à l’époque. Avec sa mère elle avait pilé des feuilles de henné dans un mortier. Ensuite elles avaient écrasé une pierre noire, elles avaient dit que c’était du rassoul. Puis elles l’avaient mélangé au henné pour atténuer la couleur orange de la plante.

-         Allez, on te le pose ! m’avaient-elles dit.

J’avais l’impression d’avoir un casque de moto sur la tête. On m’avait plaqué un sac en plastique et un foulard par-dessus. Tu dois dormir avec, m’avait recommandé Atika. Slamma, à demain.

Le lendemain, de bonne heure, après avoir porté leur pain rond, la kesra, à cuire chez le boulanger, Atika et sa mère étaient venues me chercher. Elles avaient un grand panier en plastique avec elles. Nous avions longé le parc du Belvédère, je me souviens des amandiers en fleurs, et plus loin de l’odeur de menthe et de cumin qui flottait sur le marché.

 

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Arrivées au hamman, elles m’avaient demandé d’ôter tous mes vêtements. Je me souviens d’avoir obéi à contre cœur, mais comme toutes les femmes étaient nues et les enfants aussi, j’avais vite oublié ma réticence. Je me souviens de ces rangées de femmes alanguies et molles, adossées au carrelage humide, des mains frottant mon crâne énergiquement. Du grand panier mystère et d’une multitude de fioles dignes du bric à brac de Mary Poppins. Du peigne et de la mousse, des enfants soufflant sur les bulles. Des  heures de pause ponctuées de conversations enjouées ou emportées, dans une langue rauque dont je ne comprenais que quelques mots. De la grande serviette en éponge qui me couvrait entièrement, avant le retour au vestiaire. Et des reflets cuivrés que j’avais remarqués pour la première fois dans mes cheveux, une fois rentrée à la maison.

Vers 18 heures, Atika avait sonné à l’appartement. Ca te plaît avait-elle dit ? Yallah noud, allez, lève-toi ! et viens boire le thé. Je m’étais installée au milieu de cette famille unie pour un cérémonial rituel. On m’avait dit : shrob la teï, gib il roubs, verse le thé, donne le pain. Et je m’étais exécutée fièrement.

C’était en 1969, à Casablanca. J’habitais rue de Charleville.

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 10:00

Le tour de Guadeloupe, au mois d’août c’est sacré. Les mordus s’installent sur les bas-côtés de la route. Des tabourets, des pliants, des couvertures à terre. On attendra les champions toute la journée s’il le faut. Les voitures sont garées de guingois, mordant la route et la terre. Des passionnés, harnachés de casques et de genouillères, piaffent, faute de courir. Les femmes ont prévu bouteilles d’eau et Kways. Il pleut, normal en août. Les gendarmes, blancs pays ou appelés, portent des shorts bleus sur leurs guiboles velues. De grandes capes leur chatouillent le mollet. La route de la Traversée offre une belle vue sur la montagne et la température a faibli de 33 à 26° depuis Gosier. De grosses gouttes chaudes s’écrasent sur les feuilles immenses des siguines blanches et sur nos bras quand nous baissons la vitre de la voiture.

 

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Nous atteignons la ferme aux ouassous. Le parc aquacole est immense. Constitué de bassins étagés, il permet l’élevage des ouassous, ces délicieuses crevettes de Guadeloupe. L’eau s’écoule de bassin en bassin et se jette dans la rivière. Les ouvriers pêchent les ouassous au filet.

 

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On apprend à distinguer les mâles dominants, les femelles porteuses d’œufs oranges ou marron foncé. Les œufs éclosent si l’eau est salée à 35 pour mille.

 

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Le visiteur peut pêcher le rouget si le cœur lui en dit. Mais la partie est cocasse, les pêcheurs rient aux éclats, une radio allumée déverse ses commentaires sur le tour, le soleil tombe dru sur nos têtes, une libellule volète de ligne en ligne et le voisin s’écrie, moi j’en ai un ! tandis que sa ligne remonte mollement, dédaignée par un rouget vicelard.

Pause repas. Tit punch, ça s’impose. Ouassous, sauce au court bouillon, succulent ! Riz, salade, sorbet coco, café. Un bain de mer avant la digestion. Imprudent ? Et puis zut ! Un petit somme sous les flamboyants.

 

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Au retour la route est mouillée et fume, la montagne aussi. Ah, ce sentiment de voler à travers les nuages, comme le père Noël sur son traineau…. Avons-nous rêvé cette journée ?

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