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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:00

Clin d’œil à l’exposition Berthe Morisot au musée Marmottan Monet à Paris.

 

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Peinture, jeunesse, féminité

Charme et douceur combinés

Transparence, caressants pastels

Roses, blancs, mordorés

Temps suspendu, gestes aériens

Envol suggéré

Paysage luxuriant, nature sublimée

Flamboyance

Sensualité

Impressionnisme

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 09:42

Voici ma participation au sujet de la quinzaine de Miletune, d' après un tableau de Nils Dardel

 

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 INCANDESCENCE

Au premier coup d’œil, cela me parut un détail. Mr et Mme S. habitaient une  villa dans les hauteurs du XIXème arrondissement de Paris. Une de ces belles qui embaument le lilas et les glycines. Qui cachent leurs rides, leurs rhumatismes et leurs petits vieux au pas hésitant. Depuis le seuil, dans l’entrée on apercevait le tableau sur le mur devant soi. C’était instinctif, on se hissait sur la pointe des pieds, on se poussait de côté, on regardait sous le bras du propriétaire qui se tenait sur le pas de la porte. Mr S. ne s’étonnait plus. Il me regarda onduler, comme tous les serpents qui lui rendaient visite. Puis il s’écarta, tenta de soulever le sac que je portais. Et accepta que je le porte à l’étage. Je marquai un arrêt devant ce portrait de famille aussi insolite qu’un rossignol s’époumonant dans le château de la belle au bois dormant. Il habitait le mur, le papier autour était fin, plissé et délavé comme si quelqu’un l’avait léché. Les murs prenaient la poussière, une araignée étalait son talent d’artiste. Mais sa toile s’arrêtait au-dessus du cadre. Car l’oeuvre rutilait. On entretenait les couleurs et le vernis.

Je ne saurai dire quel personnage m’intriguait le plus. Le père, imposant, barbu, me fixait méchamment comme pour m’anéantir. Je réalisai que sa chemise rouge m’avait suggéré l’image du rossignol. Ce qui me le rendit sympathique. Il n’était pas menaçant, tout compte fait, mais protecteur. Ses enfants l’aimaient, ils formaient une chaîne à son bras. Un courant d’électricité continue qui partait de la fillette au nœud sage vers l’adolescent fier, adorateur. Les jeunes enfants au premier plan constituant un fil conducteur.

-         Il vous plaît? demanda Mr S.

-         Beaucoup, répondis-je.

Mme S. à l’étage eut un gémissement qui effaça le sourire à ses lèvres.

-         Permettez, dit-il, en grimpant les marches avec difficulté. Posez ça dans l’entrée. L’infirmière va arriver.

Mais je le suivis dans la pénombre. Les volets  étaient fermés, une odeur d’éther et d’urine imbibait le salon. Des cartons de médicaments s’entassaient sous la table basse.

-         Voilà, vous pouvez-vous débarrasser. Je reviens, excusez-moi, ma femme vous comprenez…

Depuis le haut de l’escalier, je ne pus m’empêcher de me retourner, comme aimantée par la toile. Je ne distinguais plus les visages, uniquement des touches de couleurs, bleu, vert, violet, jaune. Comme si l’on avait posé un arc-en-ciel sur le mur. Comme si la lumière me jouait un tour. Mes yeux s’habituaient à l’obscurité qui  finit par me sembler indispensable. Cette maison dépendait des ombres et du tableau. Il était la source d’énergie. Il était les rires, les chants, les rondes et les comptines. Il était la famille, l’avenir, la chaleur et l’amour. Il était la vie.

-         Je vous raccompagne, dit M. S en me rejoignant. Attention au tableau en descendant, le couloir est si petit que parfois on le heurte de l’épaule. Et j’y tiens vous savez. C’est un cadeau de ma belle-fille. Elle a peint  les membres de sa famille. Juste avant l’accident….

La voix chevrotait, et la main tremblait. Pourtant l’œil happé par la toile avait l’incandescence d’une braise.

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 10:00

 

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Helen Churchill Candee était un écrivain américain de cinquante trois ans. Elle était à bord du Titanic lorsqu’il a fait naufrage. Son carnet de trente-six pages manuscrites est aujourd’hui exposé au Musée des Lettres et manuscrits de Paris. Il a servi de support au film de James Cameron.  Elle y parle des journées, des soirées à bord, de ses voisins, de l’équipage, du commandant et de la terrible nuit.  C’est un carnet au papier jauni. L’écriture est large, légère et  s’envole un peu sur les lignes. Cela s’accorde bien à l’allégresse qui régnait à bord au départ d’une traversée annoncée sans orage. Une sorte de griserie, l’appel du large et le progrès en marche pour un paquebot dit insubmersible. Le ton semble badin au départ, je ne déchiffre que quelques mots, Helen Churchill Candee se fait narratrice pour l’écho des gazettes. Elle parle d'un jeune homme, de moustaches, de présentations. De l’effervescence qui règne à l’approche des soirées. Et dans ma tête des images, le film bien sûr, et d’autres encore. Je vois de grands chapeaux, de belles manières, des livrées, un commandant en tenue, des révérences. Et je me dis que c’est un peu cela que l’on recherche encore aujourd’hui quand on s’exclame : je pars en croisière.

 

 

Je pars en croisière signifie je voyage dans le temps. Montaigne disait : je sais ce que  je fuis quand je voyage, je ne sais pas ce que je cherche. Pourtant en croisière on recrée forcément Titanic dans sa tête. Le grandiose, le faste, l’aventure, et le dîner de gala. Même si les boutiques, la piscine, les salles sport, le cinéma…. Même si le monde moderne s’invite à la table du commandant, je me vois en costume marin courant à perdre haleine dans les coursives. Et les mouettes rient, accompagnant mes hoquets. Une goulée d’air iodée, une bruine d’eau salée et la réverbération  du soleil sur les vagues. Des clapotis contre la coque, je me penche un peu, il y a des pirates qui attaquent. Une main en visière, je guette la chute du gros ballon rouge au loin, dans la grande violette. De l’autre main, je colle mon béret à pompon contre mon crâne. Je suis fière du pompon. J’ai  cinq ans, je ne pense à rien, penser c’est pour les grands.

 

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Car c’est aussi un retour dans le passé les croisières. Dans mon passé c’est Martine en bateau, La croisière s’amuse, Deux  ans de vacances, Le loup des mers. C’est Michel Le Royer. Et les romans de  flibuste qu'on lit moelleusement lové dans sa couchette. C’est Pirate des caraïbes aussi. C’est tout ça mélangé.

 

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Mais... Me voilà de nouveau devant la vitrine au musée. Je distingue les couleurs délavées, l’encre devenue verte, les lettres qui bavent. Helen Churchill Dundee a découvert  la souffrance, le courage, l'héroïsme à bord du Titanic. La lâcheté aussi. L’humanité toute nue et glacée dans l’océan. Ce n'était certainement pas ce qu'elle cherchait. Elle allait rejoindre son fils aux Etats-unis. Son manuscrit s’achève ainsi : "Bouillonnant au-dessus de la surface de l'eau, j'aperçois la divinité de l'homme et le triomphe de l'esprit. Je me réveille sur le Carpathia alors qu'une main pleine de bonté verse un verre de whisky dans ma gorge". Elle a découvert que dans certaines ciconstances l'homme peut approcher Dieu.

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

Pour illustrer le défi 82 lancé par Jill Bill, sur des noms de poissons, je me suis servie de la liste suivante :

  • Poisson-chat
  • Poisson-Chien
  • Poisson Clown
  • Poisson-coffre
  • Poisson Lune
  • Poisson pilote
  • Poisson rouge
  • Requin pèlerin
  • Requin Blanc
  • Requin marteau
  • Requin Taureau
  • Requin Baleine
  • Requin Tigre
  • Requin Nourrice
  • Requin Gris
  • Requin Pointe Noire

 

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Avez-vous noté ? J’ai l’œil rond du poisson rouge

Et je suis, de loin,  à la trace tout ce qui bouge.

Empruntés à un clown, sur ma robe des reflets

Que le chat ou le chien pourraient bien m’envier.

Contemplez donc ma gorge, admirez donc ce coffre 

Aux couleurs de la lune, que la nature m’offre !

Je vais nonchalamment où mon nez me pilote

Je chasse, je plonge et me rue sur tout ce qui flotte.

J’ai de la compassion, et tel un pèlerin

Je ne saurai provoquer de réel chagrin.

J’ai l’air robuste, puissant, la force d’un taureau

Mais n’ayez  pas de crainte, je ne suis pas marteau.

La taille de la baleine, la détente du tigre?

Que dirait  ma nourrice, vous n’y pensez pas, bigre !

Regardez-moi encore, cette gueule, cette pointe noire 

Non je ne suis pas gris, mais vous pourriez le croire.

Je suis un requin blanc, je ne suis pas vantard

Je ne casserai pas trois pattes à un canard !

 

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:00

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Sur la plage mais sous les arbres

Un coin à l'ombre et au calme

Trompeur !

Une grosse mouche se prend pour une sauterelle

Et stridule.

Un colibri froufroute dans les branches

Tel un petit avion à réacteur.

Un merle s’égosille et

Imite le crissement d’une chaise à bascule sur la véranda.

 

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Dans le ciel  un nuage enfle

Et ce n’est pas du rhum qui l’imbibe.

L’eau  est verte, translucide

Comme du  verre soufflé  par un artisan céleste.

Au loin, si l’on s’aventure

Des rochers affleurent, qui

Renferment des trésors.  

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:00

Clin d’œil à l’exposition Jack Kerouac au Musée des Lettres et manuscrits de Paris.

 

 

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Ivresse et grands espaces

S'aventurer au loin

Distance et poussière

Liberté, frénésie, errance

Folies, alcool, artifices

Devant soi le précipice

Chahut du vent

Vitesse, arrêts, exubérance

Trouver sa place

Sur la route

 

 

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:47

 

Le casse-tête cette semaine chez  Sherry est : chiffre, nombre, numéro.

 

 

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J’nai que seize ans et bientôt dix-sept ans, je sais

J’ai deux amours, et alors on n’est pas sérieux

A mon âge. Maman croit encore que j’ai dix ans.

Elle a grandi à l’époque des valses à mille temps.

Moi je suis une « dancing queen, only seventeen »

Et tous les garçons craquent pour ma bouille mutine.

Tu sais, d’un maman a tort, deux c’est beau l’amour

Trois, l’infirmière pleure, je vais lui crever les yeux.

C’est fou ça, dis, pourquoi ils veulent  tous m’enfermer ?

C’est la faute à ces trois petites notes de musique

Qui galopent  dans ma tête comme une mécanique.

Dans le lit d’à côté, ils viennent de me flanquer

Une vieille qui a eu vingt ans en l’an deux mille un.

Tu vas m’aider à m’en aller, vite fait, bien fait.

«neun und neunzig luftballons », c’est  bien ça hein,

L’air de cette chanson, et un nombre dans le titre ?

Tu vois quand je le veux, je sais bien faire le pitre !

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 10:00

 

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Quand je la regarde, je me dis qu’elle n’existe pas. On l’a fabriquée avec un modèle,  et des découpes en papier. A l’aide de ciseaux on a ajusté le patron. Puis on a épinglé de la peau dessus. Colorée la peau, chatoyante comme le tissu. Tendue là où il faut, cintrée, pas un pli. Monochrome, uniforme, qualité couture. Légère, soyeuse, infroissable. Jeune.

Quand je la regarde, je me dis que ça fait quatre heures qu’elle joue « potiche ». Son bras tire à l’arrière, son cou hissé jusqu’au dédain, est douloureux. Demain c’est torticolis garanti. Ses cheveux enduits de gel pour l’effet mouillé, pendent comme une masse pâteuse dans son dos. Elle transpire. Elle a horriblement chaud sous la lampe. Quoi, vous y avez cru ? L’eau turquoise et transparente qui lèche les doigts, les cuisses, la magie des tropiques, c’est Photoshop ! On lui tourne autour, on  peinturlure son visage. On tamponne, on essuie. Le photographe la houspille. Là, tu es belle, encore, penche toi, plus sensuelle, c’est ça. Il promène son appareil sur ce corps exhibé, comme une abeille frottant des étamines de ses trois paires de pattes. Elle a conscience d’être une fleur, épanouie, périssable. Et puis, c’est un détail, elle déteste la couleur du maillot. Elle a faim. Elle a soif.  Et sommeil. Plus je l’observe, plus je me dis que  c’est pas truqué, c’est quelqu’un cette fille, en vrai.

Quand je la regarde, je me dis qu’elle étouffe et qu’elle a froid dedans. Les yeux se ferment, le sourire, imperceptible, est glacé comme les photos de son book. Ce n’est pas une pose, mais juste une pause. Elle se préserve. Pour ne pas craquer le vernis qui recouvre la couche picturale du tableau. Ce teint radieux s’obtient par superposition des glacis. Cela nécessite de la maîtrise, c’est de l’art, du Vinci. Elle dissimule, elle triche. Elle relègue ses imperfections dans son dos  comme un tas de poussière. Car au fond derrière l’illusion, quand je la regarde, je perçois nos angoisses de femmes.

 

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 18:46

 

 

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A toujours gigoter

Ce bisou sur le nez

Tu ne l'auras jamais

Mais essai transformé

Tu as voulu m'éviter

Raté!

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 10:00

 

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Jules Ferry est à l’honneur aujourd’hui. Il suscite la controverse aussi. Le père de l’école laïque, obligatoire et gratuite était un « colonisateur ». C’est toute l’ambiguïté d’un homme qui agaçait déjà à son époque. Le paradoxe d’un citoyen qui était franc-maçon par ailleurs. Ceci a titillé ma curiosité. Je me suis rendue au musée de la franc-maçonnerie rue Cadet à Paris. Pour y découvrir ce qu’on me donnerait à voir.

Il y a le secret qu’on ne dévoile qu’aux initiés. J’étais préparée. Des locaux dans l’ombre d’une lumière tamisée, entretiennent le mystère. Je me tiendrai à la surface, je n’aurai que les grandes lignes. Les débuts, l’Angleterre, l’arrivée  du mouvement en France à la Révolution, sa place au sein des pouvoirs  dirigeant  le pays depuis lors. Les représentants des loges et leur adaptation face aux évolutions.

 

Je détaille. Jérôme Bonaparte,  Jules Ferry, Victor Schoelcher, Abd El Kader, quelques femmes Joséphine Bonaparte, Louise Michel. De beaux portraits éclairés, des personnages importants vêtus de tabliers, cordons ou sautoirs. J’admire. Trésors du patrimoine, médailles gravées, statues, Marianne maçonnique, vaisselle. Les vitrines sont impressionnantes. Les compas, les équerres donnent le tournis. On perçoit cette notion de faste, d’exception. On imagine de grandes cérémonies, des réceptions. Au XVIIIème et XIXème siècle, cela rassurait les souverains qui pensaient les maçons occupés à ripailler, donc peu influents. La pénombre, le mystère créent l’illusion. Je participe un peu, comme retranchée derrière un lourd rideau de velours, de la fraternité qui unit ces hommes. Mais je me sens petite, inférieure. Car je n’ai pas vécu le rite, qui consiste à se défaire symboliquement de son existence pour renaître en une vie spirituelle, philosophique, tournée vers son prochain. Un passage vers l’autre monde.

 

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Louise Michel

Tous nos gouvernements ont été et sont proches de la franc-maçonnerie. Les qualités d’humanisme, d’égalité, de fraternité constituent la base de la doctrine. Et la philanthropie conduit à la question sociale. L’école est laïque, obligatoire, l’esclavage est aboli, nous avons droit à la retraite, les femmes sont devenues majeures au même titre que les hommes, le divorce est légal, l’avortement aussi, nous luttons contre le racisme.. Voici quelques mesures proposées aux gouvernements par les francs-maçons au fil du temps, et adoptées.

 

 

L’exposition Hugo Pratt-Corto Maltese se tient actuellement dans les locaux. Pratt était franc-maçon et a initié son héros de bandes dessinées à la maçonnerie. J’ai aperçu des croquis magnifiques, noir et blanc, aux bulles en italien, langue de Pratt qui détestait la couleur, même s’il l’a adoptée pour ses lecteurs. L’atmosphère des loges, ces tribunaux rendus inquiétants compte tenu des cagoules portées par les membres est saisissante. Pratt lui-même avoua que c’était pour produire un effet, les cagoules ne sont plus portées à l’heure actuelle. Mais, et je terminerai ainsi, j’ai admiré des masques, des statuettes, africains, amérindiens, examiné des photos de derviches tourneurs francs-maçons. Ils ont servi de support aux expéditions de Corto Maltese.

 

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Et je me suis évadée avec lui. J’ai vu, ou compris à travers ce musée que la maçonnerie est un projet d’humanisme autant qu’une forme d’enrichissement personnel. Je rapporte cela à ma condition, pas si petite. Je ne suis pas toujours dans l’échange, j’ai besoin de solitude parfois. Et d'évasion. Mon épanouissement passe par l’écriture.

 

 

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