Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:00

 

Afin de commenter la photo-sujet de la quinzaine chez Miletune

 

 

Sachez que nous sommes fiers de notre allure de chevaux musclés et harnachés tirant carriole et battant la campagne.  Car nos ancêtres nous ont raconté de bien  tristes choses….

 

Ainsi en ce siècle où l’amour était l’unique affaire d’une vie, il s’en passait de belles à Rouen. Il s’appelait Léon, elle Emma, c'est ce qu'on nous a raconté. A moins qu'il ne s'agisse du prénom des personnes qu'ils transportaient. Et ils connurent l'aventure de leur vie. Cette fois-là, leur fiacre avait les stores tendus comme un corbillard et menait une course folle à travers la ville. Dès que Léon faiblissait ou qu’Emma renâclait, le cocher recevait l’ordre de partir derechef. Car les gens de la bonne société qui se trouvaient à l’intérieur refusaient de stopper ou de descendre comme si le rythme et la cadence agrémentaient leur parcours aveugle.

Depuis la rue des Quatre vents, la place des Arts, le Pont-Neuf de la rive droite de la Seine, passant  le carrefour Lafayette, le jardin des Plantes sur la rive gauche,  et l’ile Lacroix en retraversant le fleuve, puis sur les quais et vers le centre-ville, la voiture zigzaguait sur toutes les places, dans toutes les rues, devant tous les édifices.

De treize à dix-huit heures, Emma, Léon et leurs curieux passagers parcoururent la ville sous les yeux des bourgeois ébahis. D’ordinaire les trajets étaient des promenades qui attiraient le regard des voyageurs, il était conseillé de s’ébrouer mollement, de maintenir de petites foulées tranquilles. Nos ancêtres cautionnaient des badinages, de douces paroles, des rêveries, des baisers chastes. Leur sort de chevaux de fiacre, mélancoliques, abattus, gaspillant leur énergie dans des ballades mièvres les frustrait. Ils ne révoltaient pas mais ne se résignaient pas non plus.

 

Mais voilà, Léon et Emma étaient perplexes, leur fiacre était minable, autant que les amours qu’ils trimballaient crinière au vent, des rendez-vous d’un quart d’heure qui en duraient cinq. Peu importait,  ils s’en donnaient à cœur joie, étirant nerveusement leurs longues jambes de chevaux bien nourris. Ils oubliaient les rênes de l’attelage et les œillères dont on les avait affublés ; ce qui était une bonne chose en fin de compte. Pas la peine de constater l’effroi des bonnes gens alentour. Ils entendaient des soupirs, des halètements portés par le vent, qui les revigoraient. Ne se demandaient pas quelle en était l’origine. Ils soupçonnaient un élan, une quête, des illusions, de l’ennui. Un désespoir qui servait leur grand besoin d’exercice.

 

 Ils ont rapporté cela au fil des siècles, et nous savons qu’au détour d’une course  ivre, sauvage et libre dans notre campagne se profile le circuit désenchanté et fougueux tout à la fois, d’Emma et Léon.

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 10:10

Elle est jeune, grande, longue, vive,  a les cheveux  coupés en brosse.  Assise à l’unique guichet disponible, à la banque, elle porte un jean et une veste en jean. Ses lunettes sont larges, à tour blanc. On imagine une fille dynamique, dans le vent, pressée. On a tort.

Elle : Comment faire ?

L’employée : Pour profiter au mieux de vos intérêts, il faut retirer l’argent de votre ancien compte le seize et le déposer sur le nouveau ce même jour.

Elle : Alors il faut retirer de l’argent. Si j’y vais demain et que je le dépose le dix-sept, ça ira ?

L’employée : Non, il faut effectuer les deux opérations le seize.

Elle : Oui mais je travaille à Saint Lazare et mon autre compte est encore plus loin, ce sera difficile !

L’employée, imperturbable : Faites un virement !

Elle, qui s’agite sur son siège : Ce n’est pas ce que m’a dit Mr V. il m’a parlé d’une autre opération !

L’employée, voix sifflante de cocotte -minute : Mr V. est en vacances jusqu’à la fin du mois.

 

guichet.jpg

 

Nous, autres clients, assis plus loin contre la baie vitrée, cuisons gentiment au soleil de quatorze heures. Un monsieur frappe le sol de la pointe de son mocassin. J’interprète son langage, mayday,  mayday,  je ne sais pas s’il connait le morse mais il appelle au secours. Un autre a les fesses tout contre le bord du siège, prêt à bondir. Il se contient et pose ses deux coudes sur ses genoux, se tient  la tête entre les mains. Evoque-t-il  Dieu ou Satan ? Je dévisage la fille au guichet qui gère son match. L’autre  lance des balles  comme armée d’une raquette sur un court de tennis. Un vrai travail de banquier que de relancer ! Suivre le trajet, smasher, gagner la partie. J’entends le pas précipité des petits ramasseurs…Pardon, c’est mon voisin qui piaffe toujours.

Elle : Oui je sais. Il rentre quand, le 28 ? Alors, il faut que je retire mon argent ?  Oh c’est compliqué ! Et je ne veux pas faire attendre les gens.

Elle coule un regard «  je m’excuse, bientôt fini, mais j’en ai pour un moment encore » dans notre direction.

Elle : Vous dites que pour profiter au mieux de mes intérêts, il faut… Bon je vais rappeler, mais je veux tomber sur quelqu’un qui connaisse mon dossier... Parce que sinon, il  faut que je raconte toute mon histoire à nouveau.

L’employée, extrêmement attentive, fronçant les sourcils et croisant les mains : Eh bien il y a Mr V. et Mme D.

Elle : Oui mais vous dîtes qu’il est en vacances ! Mme D. alors, ça s’écrit comment ? Si je l’appelle, elle saura ? Parce que c’est compliqué ! Bon vous dîtes Mme D. alors….

Elle nous toise de nouveau, se dandine sur son siège, se lève, se rassied. Un gros cabas leste  ses pieds. Elle s’en saisit, se relève franchement cette fois, au revoir, se dirige vers la porte, en sautillant. C’est qu’elle est pressée ! On n’avait pas tout à fait tort finalement. Les mêmes pas sautillants la ramènent vers le guichet tandis qu’un autre client, vient de prendre le siège. Il a le soulagement coincé dans le gosier.

Elle, un peu contrite, juste ce qu’il faut, pas trop : Vous m’avez donné un reçu pour le chèque que j’ai déposé tout à l’heure ?

L’employée, une main sur la bouche : A oui, excusez-moi !

Elle, magnanime : Ce n’est pas grave vous avez tellement de choses en tête !

Elle s'en va tête haute, sûre d'elle et de son importance.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans personnage singulier
commenter cet article
7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 10:00

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : photo de vacances

 

Photo-043.jpg

J’ai choisi Stockholm pour la lumière particulière qui baigne la ville. En avril et en journée, on a réellement le sentiment qu’un filtre se pose sur les bâtiments et sur l’eau, comme si le ciel et les nuages n’acceptaient que de la poudre d’or. Qui agirait comme un révélateur, les couleurs tranchent et les immeubles semblent posés sur les embarcations et alignés comme des touches de piano. De loin, la ville semble flotter au milieu d’une vaste étendue bleue, tant le ciel et la mer s’accordent à se parer d’une même nuance azuréenne.

 

 

 

 Photo 022

 

A la tombée de la nuit, les bâtiments n’ont plus que des contours et se détachent, fantomatiques, dans le ciel qui luit derrière eux, du dernier éclat d’un soleil timide. Au­-dessus, l’azur persiste quelque temps encore, comme pour braver la mer. Peine perdue, celle-ci étale implacablement un miroir à l’émeraude victorieux. Stockholm est magique, il suffit de fermer les yeux au bon moment, que change le décor, introduisant la scène suivante et que se poursuive le spectacle. Comme au théâtre quand on plonge la salle dans le noir entre deux actes.

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:00

Chez Suzâme cette fois,  le thème est :

Que la poésie soit semence !

Demain les fleurs….

 

aloe 

 

En hommage à Katherine Mansfield 1888-1923)  écrivain néo-Zélandaise, de qui j’ai emprunté le nom, lui-même étant un pseudo car elle s’appelait en réalité Kathleen Beauchamp :

L’ALOES

Ne fleurit que tous les cent ans

Il vous ressemble et ruse avec le temps

Rare, précieux, éphémère

Vous rappelle votre île et la mer

Grâce, fragilité, innocence,

Symbolise votre enfance

Vous lui avez consacré une nouvelle écrite à Bandol

Et vous, papillon exquis, avez disparu en plein vol.

 

 Katherinemansfield

 

 

 

 

En clin d’oeil au festival de jazz Django Reinhardt de Samois-sur-Seine qui s’est déroulé le week-end dernier.

 

 rose tremières

 

ROSES TREMIERES

En longeant les maisons des bords de Seine,

Envoûtée par des arrangements mélancoliques et voluptueux

Ces notes de désespoir, ces sonorités douces et lointaines

Je vous ai observées, qui preniez un air mystérieux

Le vent dans vos trompettes, improvisait le blues,

Et vous épanouissait,  à me rendre jalouse.

 

 

220px-Django Reinhardt (Gottlieb 07301)

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:00

 

 

 

volage.jpg

 

 

 

Comment se rapprocher, lui glisser à l’oreille

Les phrases du moment, les morsures de l’instant

N’exposer que des mots, éviter les merveilles

Dans ses yeux  doux voir brûler un feu crépitant

 

S’être rendu esclave de son corps disponible,

Et l’espionner de loin lui devenait pénible

Désir de s’étourdir et de se perdre en elle

Sans toutefois promettre de lui rester fidèle

 

Caresser ses cheveux d’un blond si voluptueux

Un élan, une douleur, un besoin impérieux

Et dans le soir couchant quand pointent les étoiles

En dérouler la soie, s’en saisir comme d’un voile

 

S’interdire la ruse,  les formules falsifiées

Les scénarios tout prêts, beaucoup trop galvaudés

Réinventer la vie, créer deux personnages

Comme  ceux que l'on en fabrique en scrutant  les nuages

 

Qui gonflent, approchent, se fondent, s’effilochent enfin

Les suivre du regard, la prendre par la main

Et tandis qu’elle frissonne, qu’une ombre passe, cruelle

Se convaincre qu’elle savait ce qu’il attendait d’elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article
1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 10:00

 

 baba.jpg

 

Elle m’a dit ce matin : « tu es bien belle aujourd’hui, tu as pris un amant ou une maîtresse ? » Elle m’a dit cela pour rire évidemment, avec sa gouaille et son franc parler. Elle a ajouté : remarque, j’te drague pas, à soixante balais, j’ai passé l’âge. Elle, c’est une de mes clientes à l’allure de baba cool, jupe de gitane, boucles d’oreilles surdimensionnées  et bagues assorties. Elle incarne l’est parisien et la banlieue à folklore. Ma banlieue. Elle jette ses mots comme des pièces sur le comptoir, ils cognent et se puis se posent. Il n’y a qu’à les ramasser et  les entasser dans les compartiments de la caisse enregistreuse. Elle lance des « ma belle, tu me connais, j’vais pas t’embêter ». Elle précise : « Prépare mon ordonnance, j’viendrai la chercher après la messe ». Elle me vante son site de brocante sur internet, me raconte sa passion pour les boutons anciens. Sait qu’elle accapare l’attention, les clients piaffent derrière elle. Alors elle se déplace, jette un œil sur les rayons, ou feuillette une revue mise à la disposition de la clientèle. Puis quand la pharmacie se vide, elle revient, l’œil pétille et la langue se déroule : « Alors dis-moi, tu sais bien que je n’aime pas vouvoyer les gens, qu’est-ce que tu caches ? Depuis le temps que t’es mariée, t’as besoin d’un petit extra ? ». Son rire est franc, tonitruant, malicieux. Lorsqu’elle s’en va, on a l’impression qu’un petit diablotin tout rouge la suit, portant une fourche avec des caoutchoucs sur les dents, pour ne blesser personne.

 

boucles.jpg

 

Comment dire ? Elle a égayé ma journée et celle de mes collaboratrices qui vont me mettre en boite, a apporté sa fraîcheur, son aisance, sa bonne humeur. La prochaine fois elle me racontera ses filles, étudiantes brillantes, parlera de son compagnon musulman, et me taquinera de nouveau. Elle est un exemple de partage, de tolérance, d’intelligence.  Est-ce si difficile ?

 

 diablotin.jpg

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans personnage singulier
commenter cet article
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 10:00

 

Elle avait saisi son sac ce vendredi dix-huit novembre. Je lui avais emboîté le pas, je désirais tellement la convaincre de rester, ou de revenir, ou de m’appeler. Me précipitant à sa suite, j’avais coincé mon pied  dans la porte de l’ascenseur. Prendre l’ascenseur alors que j’habitais au premier ! Moi, je préférais les escaliers.  Pour elle c’était une habitude, elle n’y pensait pas. Elle  avait jeté son sac à terre, s’était tiré les cheveux à se brider les yeux. Elle s’était massé les tempes,  avait sifflé entre ses dents : « Je ne veux plus te voir, tu comprends, je n’en peux plus. »

dispute.jpg

 

Elle souhaitait gagner le rez-de-chaussée mais j’avais le pouce sur le bouton d’ouverture de la porte et mon bras l’empêchait de sortir. L’ascenseur s’ouvrait, se refermait. Nous tournions en cage, comme  une mangouste et un serpent. Elle était le trigonocéphale, elle ondulait, mes dents ne lui faisaient pas peur. Elle m’inoculait son venin paralysant et mortel. J’avais le museau tendu, l’œil rond, je subissais. Je n’avais pas esquissé un geste pour  me défendre. Son mascara coulait le long de son nez ainsi que sur mes mains levées vers elle. Elle s’agrippait à moi, me repoussait puis se collait contre les parois de la boîte métallique. Elle piaffait. Ses trépignements se répercutaient le long de la colonne.

« Mais pourquoi, pourquoi… bredouillai-je. 

- Laisse-moi,  Marc, s’il te plaît, laisse-moi… »

Nous avions des rimes pitoyables.

Et ce fut l’obscurité. Elle me donna le dos, elle se mit à pleurer doucement. Ses épaules tressautaient, la boucle de son ceinturon éraflait la peinture de la cage. Nos reniflements marquaient le silence. Nous étions hagards, débraillés, sentions le whisky et la cigarette. Je réprimais un frisson. 

La lumière nous surprit subitement, l’ascenseur descendit tout droit vers les parkings. Nous nous raidîmes comme des coupables à l’énoncé d’un verdict. D’instinct je marchai en titubant  vers ma voiture, elle me suivit sous l’œil inquiet d’un couple qui montait vers les étages. Et je ne sais plus…

 

Un détail me revient à l’esprit. Avant de la courser, j’avais retourné la seule photo que je possédais et qui nous représentait ensemble. Je l’avais retournée contre la tablette du téléphone. Avais-je senti combien cette poursuite était vaine?     

 

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans fiction
commenter cet article
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : chemin.

 

Ils sont de deux sortes : j’avance sur les uns et emprunte les autres. Les premiers sont censés mener vers une destination bien précise. On y marche en mesurant ses pas, on détermine le temps que dure un parcours. En général, je regarde devant moi sans voir personne. Ou je fonce tête baissée. Mon champ de vision est fait de blocs, de vitres, de monuments, de statues.  Mais tout cela reste flou. Ces chemins sont en ville le plus souvent, les arbres poussent cadenassés dans leur petit carré de verdure. Dans ma ville de banlieue, ils ont les pieds dans l’avoine comme des citadins ayant troqué leurs mocassins pour des sabots. Et pour se donner des airs ma ville fleurie a aussi ses jardins amateurs, tâches rouges et violettes posées au milieu des immeubles comme les portraits d’Andy Warhol colorisés sur fond noir. Je les longe rapidement sur le chemin.  Happée par mes préoccupations, je les oublie. Je tourne dans mes pensées et dans les bruits de l’agglomération,  comme un hamster dans sa roue. Parfois cependant,  je m’attarde, rattrapée par le monde alentour. Ainsi, ce petit bonhomme au ras du trottoir, qui porte fièrement un stetson  sur la tête, comme un grand, et pour lequel cheminer s’apprend en donnant la main. Je m’arrête un instant, et lui adresse un sourire.

Chemin1.jpg

Ah, cheminer à Paris sous la pluie!

 

Les seconds se repèrent avec soin, et le temps qu’on leur consacre, en ville ou à la campagne,  est variable. Ils se dégustent comme les glaces et les tartes aux fruits que Kérouac avalait sur la route. Nourriture et gourmandise à la fois. Mieux encore,  alors qu’on avance sur le chemin en solo, on l’emprunte comme on assiste à un concert dont l’environnement est le chef d’orchestre. On donne un nom aux arbres, aux plantes, aux monuments, aux statues, comme on distingue précisément les instruments, lors d’un concert. On pose les pieds sur le bitume ou dans un sentier herbeux, on marche allegro ou fortissimo. Le chant des oiseaux, les odeurs de sève ou de foin, les parfums des fleurs, l’arrondi d’un bassin de pierre ou le jet  d’une fontaine, créent une harmonie parfaite. L’onde se propageant sur un lac dans le sillage des canards, la pluie tambourinant  au sol, la lune pianotant sur la cime des pins, se répondent. Tout éveille les sens au bord d’un chemin que l’on emprunte. Quand cela m’arrive, je me laisse submerger par la musique, prête à applaudir au signal du chef.

Dans la vie il arrive que les chemins choisis et empruntés se révèlent décevants, que les autres, obligés, enrichissent, épanouissent. C'est ce qui rend l'existence cruelle et passionnante à la fois.

 

chemin2.jpg

Tableau d'Edouard Vuillard, je l'ai choisi car son travail influançait la musique de Claude Debussy.

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 08:00

 

Pour répondre au défi 84 posé par ABC : faire le tour de soi-même en 80 mots.

 

 1tourbillons.jpg

 

Têtue, butée, frondeuse, je ne sais que foncer

Orgueil et poings serrés, je suis un vrai bélier

Une fois dans ma vie, faire preuve de souplesse

Ravaler ma fierté, cette raideur d’ogresse

Blessante pour autrui,  et pour moi bien stérile

Ignorer  les rancœurs et me montrer habile

Laisser l’autre approcher, briser la forteresse

Libérer mes pulsions, afficher ma tendresse

Oublier ma  personne  et  mes foutus démons

Noyer cette précieuse qui en toute occasion

Sème la zizanie et veut avoir raison.

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans ecriture de soi
commenter cet article
23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 10:00

Pour illustrer le sujet de la quinzaine chez Miletune

 

 solitude.jpg

      Tableau de Paul Delvaux.

 

Il a dit tu m’attends sur le quai, au train de vingt et une heure quarante-six.  Ne te trompe pas de jour. Il a même envoyé un texto ce matin au salon. Et la patronne m’a passé un savon parce que je consultais mon téléphone. Oui mais quand même, ça fait quinze jours que je ne l’ai pas vu, c’est long ! Elle ne sait plus elle, c’est une vieille. Comme toutes ces mémères qui vont au cours de gym du club à Djerba. Parce que je l’ai rencontré là-bas. J’ai craqué quand je l’ai vu dans son marcel. Il était trop beau ! Le bronzage, les muscles et tout. Et  la mèche de cheveux platine, super, ouais, super.  Les yeux, je ne vous raconte pas, bleu lagon, à tomber ! Il s’appelle Victor, c’est un pro de l’aquagym, de la planche à voile et du step. Ses cours c’était de la folie ! Il a dit que j’étais super belle en maillot, que je remplissais bien tous les bouts de tissu. Quand il a dit ça, j’ai trop balisé, c’était à moi qu’il parlait. J’ai failli m’évanouir.

Et le soir en boite de nuit, comme il a mis le feu ! Comme il remue les hanches, c'est trop de la balle! Vertes, elles étaient les autres quand il m’a embrassée. Je vous assure la dernière journée et la nuit aussi, je n’arrivais pas à le quitter, j'vous dis pas !

 

Elle est drôle cette gare, il n’y a personne. Des bâtiments qui filent dans la nuit, des trains aussi. Et la lune pour les éclairer dans leur course. Enfin, elle n’éclaire que d’un côté, on dirait ça cligne de l’œil autour de moi. Ou alors c’est moi, je suis éblouie. N’empêche les trains, on ne les voit pas arriver. Quand Victor va descendre dans la lumière blanche du quai,  grand et mince, avec du gel dans les cheveux, ce sera un Dieu. Peut-être qu’il arrivera par la passerelle, genre je viens du ciel. Trop top !

Tiens la blonde devant moi, qui se retourne, qu’est-ce qu’elle me veut ? Avec son manteau, on dirait un coquelicot dans le désert.

-         Pardon mademoiselle, vous n’auriez  pas l’heure ? Le train a du retard on dirait. J’attends mon fiancé. D’habitude je ne viens pas le chercher à la gare, c’est une surprise. Il est animateur dans un club de vacances et s’appelle Victor. J’espère que ça lui fera plaisir !

 

 

PS: Je demande pardon aux ados dont j'ai massacré le langage!

 

 

Repost 0
Published by mansfield - dans divagation
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher