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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 10:00

 

Casablanca-001.jpg 

 

La gare est le noyau de toutes les artères

Ils s’y rendent, ils en sortent  et mordent la poussière

Comme des coccinelles affriolées de sève

Ponctionnent les nervures dès que le jour se lève

 

On s’entasse, on se pousse, on s’écrase en cadence

Sur des sièges éventrés, de la tôle en souffrance

On se dit en en riant que ça vaut bien le tram

Et qu’on ira partout, pour seulement cinq dirhams

 

Place des Nations Unies, quartier du Belvédère

Des circuits, des trajets, et laissez-vous donc faire !

Vous dépayseront,  l’aiguille de la Mosquée

Non loin de la Corniche, est une Belle très prisée

 

Casablanca 024

 

 

Et si vous leur plaisez, et s’ils sont  un peu fous

Les chauffeurs sauront mettre la ville à vos genoux

 Offrent un thé à la menthe, une corne,     aux gazelles

Car c’est  le nom qu’on donne, ici, aux demoiselles

 

Si vous le souhaitez,  vous mèneront à Rabat

Dans les parfums fruités, au cœur des Oudayas,

Des abords feutrés aux marbres du Mausolée,

De ces Princes Alaouites qui règnent au Palais

 

Pour s’oxygéner retourneront à la gare

Envers d’autres touristes auront bien des égards

Gourmands, ils  se nourrissent de globules, du sang frais

De délicieux oisifs qu’il fait bon promener

 

 Casablanca-045.jpg

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 10:00

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : suggestion

 

20-juillet-2012-1261.JPG 

Au loin à l’horizon, incident de parcours

Posées au creux des vagues, flottant sur du velours

Imposent le silence, se pulsent avec aisance

Approchent de la coque, translucides nuisances

Suggestion ?

 

20-juillet-2012 1186

 

 

 

 

 

Regroupées dans le port, enkystées sans un bruit

Silhouettes fantômes ballotées par les flots

 Tandis qu’un ultime rayon persévère et luit

On entend de la nuit, le tout premier sanglot

Suggestion ?

 

Photo 002    

 

 

 

 

 

 

A l’avant et crinière dressée, caracole

Les dents serrant le mors, dirige la gondole

Berce les amours, lumineux guide d’un jour

Illusion des cœurs sourds flirtant avec toujours

Suggestion ?

 

Photo 013 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 10:00

 

 barrieres

 

Nous avions décidé de visiter l’exposition Helmut Newton le 22 juillet. Il faisait beau, l'exposition s'achevait le 30, des arguments qui se valaient. Et compliquons-nous la tâche, c’était l’arrivée du tour de France. Plus évaporés que ça, tu meurs! Juste derrière le Grand Palais, un bazar de grillages, barrières, barricades en plastique. Un brouhaha de paroles mâchées dans des hauts parleurs,  langues baragouinées avec enthousiasme, drapeaux haussés par des Marianne en short  ou roulés sur le torse. De la couleur, de l’imprévu, un événement, de quoi shooter sur le vif.

De quoi entrer dans l’univers d’un photographe par la petite porte. Helmut Newton, c’est un nom célèbre, une légende. Je n’avais que ces indications-là. Naissance à Berlin en 1920, a fui le régime nazi, a voyagé, Australie, Etats-Unis, Grande Bretagne. Et puis le choix définitif, la France et Monaco. Une épouse dévouée, organisatrice de l'exposition, célèbre aussi sous le nom d’Alice Springs.

 

 cdeneuve.jpg

 

Je connaissais sa Catherine Deneuve, et quelques grands noms de sa mode comme Inès ou Kate. C’était beau, lisse, chic. Des images pour glacer le papier épais des magazines qu’on feuillète chez le coiffeur.  Grâce à lui  les couturiers faisaient la roue dans Vogue. Il envoyait des stimuli hauts de gamme à des mâles raffinés et en rut. Il prônait l’extravagance, la démesure, comme tous ceux qui souhaitent qu’on parle d’eux. Helmut ne m’était pas accessible, ne me touchait pas, n’était pas de mon monde.

 

 08-Helmut-Newton.jpg

 

Et j’ai découvert un petit monsieur charmant, rieur, un rien cabotin. Très proche de vous, de moi. Il ne fallait pas rater le film projeté au cours de l’exposition.  Qui renseigne sur l’homme et sur son travail. Ce regard incisif sur les corps, cette matière, la chair, cet outil. Le besoin de femmes à charpente  musclée, au look  androgyne ou totalement sexué, décomplexé. La force qui se dégage de ces photos, de ces mouvements à l’arrêt. On croit voir des cuisses  s’écarter, les mains caressent, les seins provoquent, se tendent, détachés du corps.  Helmut, c’est Degas, un siècle plus tard. Ce même intérêt pour la nudité, que les corps soient dévoilés ou habillés.

Lorsqu’on ferme les yeux dit-il et qu’on les rouvre ensuite, on perd tout  ce qu’on avait dans la tête. Lorsqu’on  obture l’objectif, un millième de seconde, il restitue tout sans tricher, dans la netteté, dans la vérité du photographe. « Ce n’est pas toi, que je veux montrer, c’est l’idée que j’ai de toi ».

J’ai fermé les yeux  pour continuer ma balade chez Helmut. Quand je les ai rouverts, il était à  mes côtés, il me donnait une petite tape sur l’épaule. Arrête-toi là, cette femme ficelée, ses gants en latex, ce portrait de Mr Le Pen avec ses dogues, célèbre pour de mauvaises raisons, est-ce que ça te dérange ? Parce ce que j’ai toujours des menottes, des chaînes, des cordes dans ma voiture, ce sont des outils de travail. Je ne me soucie pas du convenable, du conforme, je veux interpeller.

 

helmut-newton-grand-palais-3845074384.jpg

 

Observe ma Léni Riefenstahl, le visage de la vieillesse, sa noblesse, sa hideur ! Concentre-toi sur cette main, ces doigts boudinés, l’argent, le vernis, la pierre. Demande-toi ce que je veux exprimer ! Prends le temps, regarde mes Saint Laurent, Mugler, Chanel, n’y a-t-il que du luxe, de la préciosité, de l'exceptionnel? N'y a-t-il rien qui te touche, toi dont l'univers est tellement loin de tout ça. Ca peut être la fille, le tomber du vêtement, l'amorce d'un geste, une attitude, fierté, modestie, arrogance. L'arrogance chez l'autre, a quelque chose d'insupportable, d'admirable aussi qui paralyse. J'avais toujours pensé ça. Là, on me le montrait, c'était palpable. Et sa voix à lui, cet accent délicieux. Quand je fabrique des situations loufoques, femme mangée par un crocodile, Walkyrie, nu contre un réfrigérateur, suis-je dément ou créateur ?

Vous êtes un artiste, Mr Newton, définitivement. Il y a votre style qui  fait votre renommée. Il y a votre travail, votre influence. Et votre oeil, votre profondeur, votre sens de l'humour, de la dérision, des couleurs, des profils, des contrastes... Si j'arrêtais...

 

       Elmut.jpg

      Là c'est moi dans la galerie, et mon mari n'est pas Helmut Newton!

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 10:00

Pour commenter la photo-sujet de la quinzaine chez Miletune

 

Les salles de jeux ne signifient rien pour moi. La seule fois où je m’étais présentée au Casino de Monaco à l’âge de vingt-et-un ans, les agents de sécurité avaient malmené ma carte d’identité, suspicieux.  Je m’étais collée aux machines à sous. Et m’étais ennuyée très vite.

Mais ces lettres illuminées disposées en arc de cercle sur le fronton d’un édifice, les mots salle et jeux,  les dés bondissant comme l’eau d’un torrent, les jetons qu’on balance en masquant la nervosité sous de la nonchalance, la roulette aux encoches bicolores, comme des sentiments tourmentés, m’évoquent la passion. Celle du Joueur de Dostoïevski, celle de Grégory Peck pour Ava Gardner dans le film tiré du livre : Passion Fatale. Peu importent l’histoire et les ravages de l’amour et du jeu. Je ne vois que deux héros sublimés par une rencontre et par le lieu où elle s’épanouit.

 

small_420459.jpg

Il est beau, grand jeune, mince, torturé. Comme ces êtres qui n’ont pas encore vécu mais sont prêts à succomber à la grande aventure de leur existence. Il est malléable, manipulable, et perméable. Le jeune homme en costume, nœud papillon et gants blancs, est fasciné par le jeu puis possédé. Dépossédé de lui-même. Sa fièvre de gains le conduit à boire les paroles du croupier, à se désaltérer à grandes lampées de « les jeux sont faits ». Sa fièvre d’amour l’envoie se noyer dans des lacs clairs, les yeux d’une Ava, fière, angélique et démoniaque. Nous sommes à Hollywood, rouflaquettes et gomina pour lui, boucles torsadées, robes sublimes, perles pour elle. Nous sommes chez Dostoïevski, la passion est un moteur et se heurte aux calculs, aux intrigues, aux coups bas. Toutes les composantes du jeu sont là. Et l’atmosphère aussi, on boit, on se mesure, on se toise, on baisse les yeux en usant de l’éventail, on exerce son charme. Parmi d’autres joueurs, tout aussi enjôleurs,  perfides et perdus.

Moi spectatrice, comme dirait Mr Hollande, je m’étais régalée avec ce film  en noir et blanc, qui n’avait pas eu tant de succès que ça, à sa sortie en 1949. Si bien que l’image proposée par Miletune, me l’a automatiquement remis en mémoire.

 passion-fatale-the-great-sinner-robert-siodma-L-68hY_5.png

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:00



Pour la communauté Textoésies et vous de Suzâme : des pensées aux rêves, ce qui existe des bactéries à l’univers…

 

 

Photos 20110922 002

 

 

 

Rêves, manque de cohésion, désorganisation

Une lampe fortuite et son pied en terre cuite

Un profil animal, seconde d’hésitation

Frôlement de moustaches, se risque et prend la fuite

 

 

 


 

 

 

20-juillet-2012-0343.JPG

 

 

 

Clapotis sur la vitre, étincelles et dentelles

Gouttes d’eau martelées, transparence et reflets

Et vogue l’imaginaire, voici une demoiselle

Dans les serres d’un aigle; par les ailes capturée.

 

 

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 10:00

 

Photo-002-copie-2.jpg

 

Il y a deux ans, j’avais déclaré que je passerais à Charleville- Mézières durant mes vacances. On m’avait demandé ce que j’allais y faire. Mes grands-parents s’y étaient mariés, ce qui était une raison sentimentale, et j’avais envie de rencontrer Arthur Rimbaud. Boutade, tout le monde m’avait rétorqué qu’il était mort. Mais tout le monde sait aussi qu’à Charleville, le poète se balade dans toutes les rues. Alors je l’avais suivi comme j’avais suivi ma grand-mère, et je m’étais arrêtée quai Rimbaud devant sa maison. J’avais grimpé des escaliers vers ailleurs et m’étais envolée dans des contrées lointaines, à la recherche d’un univers poétique. J’avais eu des mots et des rimes plein la tête. Un nuage dansait autour de moi. Aussi quand j’avais aperçu le musée de l’autre côté de la rue, en équilibre sur la Meuse endormeuse, j’avais su qu’Arthur rôdait tout près. C’était un matin triste de septembre. Le fond de l’air était doux, et le ciel gris. Les toits se détachaient, métalliques, les murs flambaient comme des épées issues de la forge et trempées dans un baquet d’huile immense et sinueux, au-dessus duquel nageaient des canards insouciants.

 

Photo 001

 

Illumination suprême, ces murs semblaient lancer leurs jambes arquées à la conquête du monde et les saules agitaient leurs tignasses de gamins mal peignés, sur les berges. Arthur, tu te tenais là, je n’avais qu’à tendre les bras pour te toucher….

 

 

 

 

 

Photo 006

 

De Charleville à Bouillon, il n’y avait qu’une frontière. Et la curiosité me la fit franchir. Le ciel belge était bas, moutonneux, pesant, là aussi. Et pluvieux. Ce qui me convenait. Comment imaginer un croisé à la tête d’une armée partant pour Jérusalem, par une journée radieuse et ensoleillée. Même si Godefroy de Bouillon avait vendu son château pour financer sa première croisade, j’avais entendu les chevaux franchir le pont-levis, et le cliquetis des armures. J’avais vu ces murs épais dégorger leur cargaison humaine au service du Christ.

 

Photo 004

 

Et en s’éloignant,  les chevaliers se retournaient pour un dernier regard sur leur construction imprenable, comme des enfants quémandant un encouragement de leur mère.

 

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De là-haut, j’avais contemplé la Semois qui faufilait son ruban argenté à travers la ville comme le glaive pourfendait l’hérétique au travers de sa cotte de mailles.

 

Photo 015

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 10:00

 

Marseille était l’étape obligée avant Bastia. Une journée dans la cité de Marius, le ferry, et à nous la Corse. La ville a su nous retenir comme un bonimenteur devant son échoppe. Nous ne verrions pas tout, pas même l’essentiel mais nous éprouverions le besoin de revenir. Comme si nous avions entrevu la caverne d’Ali Baba.

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Nous avons eu notre premier contact avec le port grâce à Notre Dame qui pointait le doigt sur nous au détour  de la route comme une invite. Un lieu de culte mais aussi un guide touristique très persuasif. Elle nous présentait sa ville comme une jolie fille enroulée au soleil,  l’eau clapotant sur son flanc.

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Nous avons voulu voir à quoi ressemblait la demoiselle et nous sommes posés bien des questions  à l’entrée du Vieux Panier. Des rues grimpantes et serpentant, des escaliers usés par les rigoles d’écoulement de l’eau. Le linge séchait aux fenêtres comme s’il nous saluait ou qu’il se moquait de nous, peuchère ! Des murs tagués, des façades ridées, pelées mais comment dire…

 

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Remuantes, agitées comme pour signifier : nous avons été belles vous savez, regardez,  il suffirait d’un lifting, d’un ravalement… et puis zut nous ne voulons pas nous débarrasser de l’histoire, nous retenons notre pelisse de peinture écaillée comme une armure protectrice. Et  d’ailleurs ça vous plaît à vous de penser qu’en nos murs « la vie est plus belle ! ».

 

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Allez admirer d’autres façades, d’autres balcons ouvragés. Accoudez-vous mesdames, dans la fraîcheur du soir, écoutez ces troubadours dont les chants parfumés au romarin racontent la Provence.

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Et vous messieurs, suivez ces autochtones. Ils avancent dans les ruelles, ils se dirigent vers le port, c’est l’odeur de l’anis, le tintement des glaçons dans les verres qui les attire. Ils se sont donné rendez-vous au café, ont le verbe haut et la langue pendue. Il y a là Escartefigue, Raimu, Mistral, Pagnol, Daudet. Avec un peu de pot, hum, vous les verrez conter fleurette à Fanny et à Mireille. A moins qu’ils ne coursent l’Arlésienne ou les cagoles!

 

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Ecoutez, les « Pays » qui se traitent d’enc..lés toutes les deux secondes, en pleine rue ou le téléphone pendu à l’oreille. Ici c’est affectueux, c’est enrobé de thym et de farigoulette, ça siffle à l’oreille mais ça ne rentre pas dedans !

 

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Nous avons visité l’église Saint Laurent toute proche du bord de mer, sur le vieux port. Elle est immense, magnifique évidemment, et de style roman provençal.  Ses arcs bicolores me rappellent Cordou en Espagne.  Comme si la Provence avait du mal à être entière, comme s’il lui fallait partager avec d’autres pour se sentir unique. Cette idée me plaît. 

 

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Nous avons retrouvé la jeune fille à la tombée de la nuit. Elle dansait dans la rade sous les projecteurs. Il ne manquait que les boules à facettes pour lui donner ce côté rétro si actuel ! Elle gesticulait au milieu des bateaux, s’enroulait aux mâts, emprisonnait la lumière. Elle voulut grimper vers les remparts et nous la perdîmes tandis qu’elle escaladait la roche violette.

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 10:00

 

Il ne s’expliquait pas pourquoi il avait pris le métro ce mardi. Non il savait, il était trop perturbé pour conduire. Et elle avait improvisé. Elle avait pensé qu’elle devait lui remonter le moral. Il s’était retrouvé sur un banc à côté d’elle, en attendant la rame, après le travail. Ils n’étaient pas dans leur cadre habituel dans l’entreprise, ne parvenaient pas à s’adresser la parole. Et se comportaient comme deux étrangers. Mais il avait reconnu les longs cheveux fins et blonds,  la raie au milieu du crâne,  les lunettes de myope qu’elle chaussait avant de quitter le bureau car les lentilles la faisaient souffrir. Une robe arc-en-ciel à franges dessinait ses seins et soulignait sa taille. Elle avait un pardessus de laine noire, une sacoche en cuir vert posée sur le banc à sa droite. A un moment, elle lui lança un regard bref. Il feuilletait un journal mais c’était comme si elle lui griffait le visage.

 

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Elle se mit à fouiller sa sacoche, en extirpa un miroir de poche et un tube de rouge à lèvres. Posa les mains sur ses joues, écarta ses cheveux vers l’arrière, s’ébroua. Il rangea son journal, le remplaça par un livre de comptes et un stylo. Il lorgna dans sa direction, se détourna, crayonna sur le papier, l’épia de nouveau. Passa des pages. Lorsque le métro arriva, elle tira sur son manteau et se leva brusquement. Machinalement il la suivit. Ils évitaient de se regarder durant le trajet mais, profitant d’un coup de frein brutal, elle eut un élan de courage et sa main encercla le poignet de l’homme : « Je… Si vous voulez ce soir… »

C’était sa station. Il se dégagea si rapidement qu’elle sursauta. Il descendit sur le quai sans lui répondre.  Il donnait l’image du type qui échappe à un traquenard. Et réalisa qu’il était ridicule en collègue effarouché. Demain, il s’excuserait.

 

 

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:00

 

Il arrive parfois qu’on prenne la voiture et qu’on dise on va se balader, on s’arrêtera quand on en aura envie. Ce sont les vacances, il fait beau, on a juste besoin de lumière, de couleurs et d’oxygène. Cette fois, on a choisi les Pyrénées, direction le Cirque de Gavarnie. Le trajet, sur la route, est semé de ruisseaux clignotants, de rivières clapotant, de campings gravitant le long des berges.

 

 2009-079.jpg

 

Enfouie sous les grands arbres à flancs de montagne et  tutoyant les pins, j’aperçois une maison de bergers, son toit pointu et l’unique fenêtre dans le mur qui luit comme l’œil d’un cyclope. On dirait une vieille dame au spectacle de sa rue,  cachée derrière un rideau de verdure ployant au vent, comme repoussé par une main tremblante.  Tout là-haut, les Pyrénées abritent des tapis de neige, allongés, bien à plat, qui prennent le soleil.

2009 082

A Luz-Saint-Sauveur, petite halte et repas sur une terrasse au-dessus d’un ruisseau caracolant sur les galets, moussu et baveux comme la langue d’un chien qui a bu.

2009 073

 

Ensuite direction le Cirque. Mais en amateurs, en touristes farfelus,c’est-à-dire, partis sur un coup de tête, un matin comme ça sans prévoir. La promenade dure trois heures trente, nous n’avons pas de chaussettes. Résultat, nos pieds en sang dans les baskets, et des douleurs aux mollets.  Nous n’avons  pas de sac à dos ni de casquette,  et  manquons défaillir sous le cagnard. 

2009 075

 

Mais le parcours  est enchanteur, les sentiers se maquillent comme des reines de carnaval, une touche de blanc-marguerite pour le fond de teint, de rouge fourni par le sureau à grappes, de jaune grâce au pavot de Californie et de bleu nuance buddléia.

 

2009 072

 

Nous croisons des randonneurs polis et souriants, nos glissades sont plus cocasses que dangereuses et nous avalons des goulées d’oxygène naturel.

 

2009 065

 

Arrivés au point de vue,  nous avons le sentiment  de vivre un instant qui compte. C’est la parade du cirque ! Sur la piste sableuse tournent les pins les plus hardis, les plus jeunes peut-être. D’autres, volumineux leur font une haie d’honneur.  Tandis que  les plus âgés, dressés à flanc de montagne jouent les spectateurs. Au sommet du chapiteau, on a dessiné une ville fantôme écrasée de lumière. Et notre regard se perd au loin, comme celui d’enfants ébahis.

 

 2009 097

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 10:00

 

dessin.jpg

 

 S’affranchir du classicisme, libérer les corps

Exposer la nudité, puis la revêtir

Monotypes charbonnés ; dessiner d’abord

Couvrir de papier humide et laisser agir

 

A l’empreinte révélée, donner la justesse

Des angles,  de la chair, sans idéalisation  

Courbes réalistes, refus de la joliesse

                                     Etres  imparfaits, souci de la précision                                 

 

monotype.jpg 

 

Ombres, lampes et miroirs, oser les reflets

A l’aide d’une pointe dessiner un détail

Tub, baignoire ; afficher du siècle les progrès

Repenser les antiques et sortir du sérail

 

Scènes d’intérieur bourgeois ou prostituées,

Chevelure dénouée, pouvoir sensuel

Vérité crue exposée, abandons soignés,

Bas de soie déroulés, poses  homosexuelles

 

Un-soir-au-musee-Degas-le-corps-mis-a-nu_portrait_w532.jpg 

 

Avec le temps, ajout du pastel, de nuances,

Apport gradué de couleurs, rouges sublimés

Traits esquissés au fusain à sa convenance

Gestes suggérés, muscles visualisés

 

fusain.jpg

 

Déplacements soulignés par quelques hachures,

Choix de décor naturels, des tableaux immenses

Un intérêt particulier pour la sculpture

Etude des mouvements, des pas, de la danse.

 

      danseuse.jpg 

 

 

 

Clin d'oeil à l'exposition "Degas et le nu" qui s'achève bientôt au Musée d'Orsay     

 

 

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