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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:00

Le défi de rentrée chez Voilier consiste à laisser naviguer notre imagination sur le thème « Chants d’Encres », à partir d’une bande sonore issue de l’album de Patricia Dallio : « L’encre des voix secrètes », et dont le titre est « Intrigue». 

 

Ce serait un murmure, un chuchotement, un bruit de métal, de porte qui claque, une machinerie qui s’emballe, le début d’une intrigue au cinéma et la bande sonore qui l’accompagne. Ce serait une annonce, un départ, prévenir, indiquer l’imminence d’un danger. Et pourquoi pas un avant-goût du bonheur, du triomphe, du succès…

 

Ce serait une musique d’ambiance au restaurant, et l’évitement des regards constituerait le plat principal, le couple comprendrait qu’il n’en est plus un.

On penserait à  une consultation chez le médecin, à une chaise raclant le sol, avant le diagnostic suspendu au-dessus des têtes.

On imagine un concert, des notes, disparates, échappées des coulisses, prémices d’un show éblouissant.

On se laisse porter, les yeux fermés, allongé sur un tapis, une voix douce s’adresse à nos muscles, nos articulations, nos corps noués.

 

yoga.jpg

 

On déambule dans les salles immenses mises à la disposition d’une exposition d’art contemporain, ferrailles hétéroclites,  blocs de ciments entassés, colorés, agressifs, et fond sonore adéquat.

 Tressaillements, cœur hypertrophié, pupilles dilatées, oreilles bourdonnantes à l’heure du premier rendez-vous.

Ce serait un matin de fin d’été à la campagne, des champs vallonnés,  voluptueux, tondus, se préparant à l’automne, au givre de l’hiver.

Je suis assise à la terrasse d’un café, une fontaine  chuinte sur une place aérée, des voitures circulent avec lenteur, ciel gris ; un souffle d’air chaud dans mon cou,  tournoiement de notes dans ma tête. Un  jeune homme  lit « Les frères Karamazov » à la table d’à côté. Dégringolade de cheveux roux sur les pages.  Comme il est beau !

Je me promène dans un sous-bois en me gorgeant de mûres, je m’assieds sur un banc caché sous les arbres, et la forêt vient à moi, les feuilles, les branches des frênes conversent dans leur langage porté par le vent, la trouée d’eau verte de l’étang vrombit de mille élytres. Un planeur promène sa masse sombre juste sous les nuages, mon regard file tout là-haut vers la dentelle ciselée par le soleil dans le matériau végétal.

 

20-juillet-2012 2495


C’est la rentrée, la routine, l’agitation nerveuse et stérile. Le renouvellement de tâches devenues lassantes. Un instant encore, à se harnacher de sons comme  d'un bouclier, une protection. Partir, dans le désordre de la pensée. Le monde, cotonneux, perçu comme un chatouillis…

 

 

 

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 10:00

 

Photo-0004--2-.jpg

 

POUR MOI LES VACANCES COMMENCENT. JE LAISSE MON BLOG A MIMIE MA PETITE CHATTE. MAIS JE NE LUI  FAIS PAS CONFIANCE. JE VOUS RETROUVERAI AVEC PLAISIR LE 10 SEPTEMBRE ET JE VOUS PRESENTE MON DERNIER TEXTE EN ATTENDANT...

 

 

 

Pour illustrer le thème "émerveillement" dans les textoésies de Suzâme

 

 

 

etretat.jpg

 

 

DESENCHANTEMENT

 

Je m’étais invitée chez lui en Normandie

Emerveillée de peu, admirative aussi

Comme de ces châteaux qu’on bâtit sur le sable

Et qui vous stupéfient par leur structure instable

 

Il avait des sourires, des regards perforants

Qui brisaient cette armure, forgée avec les ans

M’obligeaient à me tordre, à ramper vers le jour

Que l’or de ses pupilles disait être de l’amour

 

J’aspirais à l’entendre, à jouir de sa présence

Et dans la solitude, sublimer son absence

Et c’est pour mieux le fuir, pour me repaître enfin

Que je m’offrais à lui et me louais en vain

 

Car il a piétiné mon élan  et ma flamme

Avec la volupté dont  on comble une femme

Et mon sang palpitait sous les assauts féroces

De ses mots dégradants, de ses formules atroces

 

On dit que la nature, l’air et le vent apaisent

Découvrir  Etretat, l’aiguille et ses falaises

Opérer un transfert, un désenchantement

Survienne de l'enfer, un émerveillement!

 

Il se peut que les Dieux croient parfois au bonheur

Qu’en exauçant nos vœux, ils pansent nos douleurs

Debout sur cette plage le nez dans les embruns,

Je me fonds au rivage, le coeur en paix soudain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 10:00

 

 Inspiration libre, avant les vacances qui arrivent, en fin de semaine pour moi...

 

 

2009 036

 

Août est encore installé et brûle l’été

Mais déjà les arbres comme les saisons s’affolent

Ajustent leurs parures,  dansent une farandole

Car septembre à la porte, refuse de trépigner

 

 

 2009 122

 

Dans les rues de Caylus, écrasée de chaleur

Il promenait sa truffe et des yeux de clown triste

Comme si le Moyen âge, et toute sa splendeur

Avait dans son regard laissé des cicatrices.

 

 

2009 134

 

Quel accueil sur le toit, quel est ce trouble-fête ?

Un dragon de métal à la pierre enchainé

Il se tapit dans l’ombre et crache sur les têtes

Des visiteurs qui passent et foulent le gravier

Qui rompent le silence, et par leurs galipettes

Brisent l’éclat vernis de ce beau ciel d’été

 

 

2009 021

 

S’asseoir là, sur la pierre, juste face au  reflet

Se fondre dans la lumière et se laisser couler

Le long de la rivière, des pétales argentés

Couvrent les plaies amères des âmes tourmentées.

 

 

 

 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 10:00

 

Voici ma deuxième participation au jeu de Lénaïg

Proposition A : inventer une histoire qui commence par :

"Il leur avait semblé à tous les trois que c'était une bonne idée d'acheter ce cheval"...

et qui finit par :

"On entendait leurs doux pépiements sortir des cases."

 

 Noel2.jpg

 

Il leur avait semblé à tous les trois que c’était une bonne idée d’acheter ce cheval à bascule. Car Julie en rêvait depuis si longtemps. L’an dernier à Noël, elle avait eu un vélo et une voiture. Mais sur le vélo elle s’ennuyait, elle était distraite et regardait les gens, les arbres, les papillons. Elle ouvrait de grands yeux perplexes comme si la lune allait rentrer à l’intérieur, et l’empêcher de voir que l’ami Pierrot affûtait sa plume. Elle était dangereuse, il avait fallu non pas lui courir derrière mais se placer devant. La recevoir de plein fouet comme un tank. Elle avait éclaté d’un rire de petit cabri, comme dit son père. Une légère stridulation qui s’achève  comme le clapotis de la grêle sur de la tôle. Très amusant la première fois mais au troisième coup de guidon dans les jambes, tonton Paul avait râlé. Ta fille, c’est une brute, il avait dit. Aussi délicate que toi, ma sœur, il avait ajouté. Je me demande bien comment Roger se débrouille avec vous. 

Dans la voiture, Julie était concentrée. Elle fronçait les yeux, son front paraissait plus bombé et brillant que d’habitude. Elle rentrait le menton dans son cou grassouillet, à nous deux, le monde ! Ses deux mains bien parallèles s’emparaient du guidon, un pouet pouet de klaxon et gare à vous. Les roues glissaient sur le plancher, comme une jeune vie vers son avenir. Pétarade, vitesse, coin de table et ouin, ouin….

Tonton Paul avait déclaré, solennel, l’année prochaine c’est moi qui choisit. Les deux autres n’avaient trop rien dit. Ils devaient reconnaître que c’était souvent tonton Paul qui jouait les bottes de paille dans les tours de piste improbables de Julie. Et puis Julie était très gâtée, elle avait appris à les « faire tourner farine », tous les trois. On le voit bien là, sur les photos avec le Père Noël et le petit frère. Julie est en gros plan, en avant. Comme si elle avait gagné la course, et qu’elle devait figurer en première page dans le journal. Entre nous, le Père Noël peut jouer au grand monsieur, il a l’air tout ridicule avec son ours et son ballon gonflé avec des yeux. Julie, elle, mérite la coupe du vainqueur.

 Noel1

 

Donc cette année ce serait un cheval à bascule. Mais tonton Paul, il n’avait pas tout prévu. Que Julie allait hurler parce que ça n’avançait pas, que la bascule rayerait le parquet, que les ressorts à force de s’étirer briseraient un petit os dans les oreilles de papa, et que maman finirait par jeter cette horreur à la poubelle.

 

La solution vint de Julie elle-même.  Elle réclama un ordinateur. Enfin une boite avec des boutons pour faire apparaître des images. Des images qui défilent vite, qui font rouler les yeux dans les orbites, et de la musique avec. On lui offrit une Nintendoplay quelque chose… avec un CD pour apprendre les notes. Elle s’asseyait à même le sol, sa tête reposait contre l’assise du canapé. Elle pouvait rester longtemps ainsi, dans le tripotage d’un engin moderne et rudement instructif. On distinguait des carrés sur un écran. Au centre de chacun, des moineaux ouvraient le bec et produisaient un son correspondant à une note, lorsqu’on appuyait sur une touche. On entendait leurs doux pépiements sortir des cases.

 

 

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 10:00

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Je me suis installée devant et  me suis demandée pourquoi j’avais choisi celle-là. Qu’avait-elle de spécial, à part le fait d’avoir été prise depuis le jardin du château de Saint Projet dans le Tarn-et-Garonne, où dormit la Reine Margot, paraît-il. Elle me fascinait comme la photo d’une icône. Comme un produit, une marque de fabrique. Quelque chose de reconnaissable dans l’ensemble. On dit j’aime, parce que ça fait partie d’un tout, il y a une signature. On est presque forcé d’aimer, de penser c’est beau, de cette beauté universelle qui met tout le monde d’accord.

J’ai pris le temps de découper l’image, d’en examiner les morceaux, de jouer les expertes. La vasque au premier plan, qu’on dirait ajoutée après coup apporte un surcroit de couleurs. Ces boutons orangés sont installés au-devant d’une scène de campagne classique, comme des personnages. Ils se dressent  et foulent des champs tondus, hachurés et coiffés tels des enfants de cœur, avec des raies sur le côté. Ils dansent au gré du vent et avec une certaine fièvre, luttant contre la courbure du terrain.

 Les maisons à l’arrière-plan, fichées ainsi que des piquets aux pointes rouges, contre balancent l’ensemble. Restaurent un équilibre, ce sont les duègnes qui contiennent la jeunesse turbulente. Un enroulement de verdure au fond, molletonne le décor. Comme si le ciel intensément bleu ne devait pas rencontrer le sol ocre de manière trop abrupte. Si l’on devait morceler ces couleurs chaudes, claires, éclatantes. De la lumière certes, mais une intensité progressive, installée, harmonieuse. Les lignes sont marquées, horizontale pour la vasque,  le mur de pierre  et le ciel, verticale pour les fleurs et les maisons, arrondie pour le champ.

Alors oui, j’aime beaucoup cette photo. Mais  son étude est une élucubration de ma part. La tentation d’appliquer quelques codes d’analyse de la peinture, à une photo prise comme ça, dans l’impulsion du moment. Parce que je suis conditionnée, cette photo me rappelle un peintre. La toute première fois que je l’ai vue, je me suis écriée : oh, on dirait du Van Gogh ! en connaisseuse du dimanche.

 

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:00
  1. Le casse-tête cette quinzaine chez Sherry est : « Jeux de plein air »

 

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Il s’agit d’un  jeu cruel.  Je l’avais évoqué, lors d’un article précédent : DISPUTE.  C’est une activité pratiquée dans les îles,  les photos que je montre ont été prises à la Martinique. On fait se rencontrer un serpent fer-de- lance appelé à tort trigonocéphale et une mangouste.

 

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Dans la nature tous deux cohabitent paisiblement.  A l’origine on a introduit la mangouste  afin de combattre le serpent dans les plantations de canne à sucre. Mais les affrontements n’ont lieu réellement que pour le spectacle, et dans l’espace clos que constitue la cage de verre.

 

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Les assauts de la mangouste sont des morsures éparses, de quoi déstabiliser le serpent qui n’a pas son agilité. De surcroit, le petit mammifère est en partie immunisé contre le venin. Le dernier  assaut est fatal pour le reptile puisqu’il se produit au niveau de l'arrière de la tête.

 

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On organise des combats pour le public comme c’est le cas ici. La mangouste a souvent la vie sauve mais peut ensuite succomber à ses blessures. Aujourd’hui elle est un véritable fléau car elle s’attaque à de nombreux animaux: iguanes, couleuvres, poules.

Aussi quand ma  « Dispute » évoquait ce combat, c’était une exagération car la colère doit être constructive, appuyer sur ce qui va mal afin d’y remédier. Et non pour achever l’adversaire par KO. N’est-ce pas ?

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:00

 

 

Dans le cadre des textoésies de Suzâme : «  La Solitude »

 

 

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Ca n’existe pas, susurre Nicoletta

Sa voix cajole, enveloppe, vous prend dans les bras

Puis elle forcit, affirme, décolle, ne doute pas

Provoque des frissons, de l’émotion, convaincra

 

Elle clame, tranche,  harangue, prend à témoin

Puis réalise, s’est emballée, baisse d’un ton

Change de tempo, moque les poètes, les baladins

Enfle, toise, perchée haut c’est la voix de la passion

 

Résonne, raisonne, fortifie, console,

Se fait sensuelle  et use d’onomatopées,

C’est du jazz, c’est du blues, toutes les notes s’envolent

Chavirent, la solitude existe, accompagnée.

 

 

 

 

 

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:00

 

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Piscine Oberkampf à Paris, image prise sur le net

 

C’est l’été et à Paris, on va à la piscine. Il faudrait pédaler un peu vite, un peu loin pour trouver la mer. Les enfants  se contentent d’éclaboussures, je patauge, tu plonges, tu me prêtes ta planche, je te passe mes lunettes. On nage sous les gens, on leur rentre dedans. On fatigue, on a envie de faire pipi, on a faim, on rentre fourbu.

Pour nous, c’est plus monotone. Longueurs sculptant le corps, notre corps svelte et musclé. Mais si, mais si... Pauses, et force moulinets de jambe, avec les coudes sur les rebords. Séances bronzette et lecture si la piscine, découverte, possède un coin de gazon. Ou alors observation zélée d’autres nageurs en apparence,  décrochage de cerveau en réalité. Parfois, dans ces périodes d’absence, je pense à Aurélien, celui d’Aragon. Le type qui nage dans la piscine Oberkampf à Paris, XIème. Aurélien le bourgeois, se frotte au peuple. S’ébroue joyeusement. Se remémore Bérénice son amour impossible. Ronde  éternelle de l’eau, de l’amour et de la mort. Dans le livre, l’eau est le véritable symbole, le décor reste anecdotique.  Il est le héros de mon article.

 Je connais  bien cette petite piscine en forme de L. Mes enfants y ont appris à nager. Je me dis chaque fois, qu’elle n’a pratiquement pas changé depuis 1922, date à laquelle se déroule la première partie de l’histoire d’Aurélien.

« Si petit que fût l’espace, Aurélien préférait encore celles-ci (les piscines de l’est parisien) aux cuvettes pour gens chics qui lui étaient toujours suspectes pour la propreté… L’étroit balcon entouré de cabines de bois peint rouille ruisselait d’hommes qui s’ils venaient ici le faisaient par goût de la nage et du bain…C’était un boyau d’eau verte, assez propre, bien éclairé, faisant sur le côté un coude avec une branche latérale pour le petit bain, où allaient les enfants et les gens qui ne savent pas nager. L’eau était légèrement chauffée et cela faisait un peu de buée en l’air ».

Bien sûr,  elle a été refaite  au goût du jour, peinture fraîche et céramique clinquante. Il ne lui manque que les ferronneries pour paraître  aussi racée que la Piscine Musée de Roubaix.  Les cabines en hauteur, surplombant le bassin, ont gardé ce petit air vieillot. On parle de style paquebot avec des coursives pour arriver aux cabines. Des hommes comme ceux qui  étrennaient leur « maillot rayé emprunté à la caisse, leur cache sexe ou leur petit caleçon blanc » et « éclaboussaient l’air » s’y rendent aujourd’hui. Des femmes aussi, qui ne se baignaient pas avec les hommes à l’époque, semble-t-il.

 

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La piscine. Musée de Roubaix.

 

Il existe peu d’endroits, de sites à l’intérieur desquels,  l’activité demeure inchangée par le temps et l’histoire. Nombreux sont les musées, les administrations, les ministères, les châteaux qui nous tiennent à distance. Un recul souvent matérialisée par un cordon qui sépare, qui éloigne. On peut imaginer les personnages, les gens célèbres, on ne se promène pas au milieu d’eux.  C’est  une petite frustration, une injustice.

Quand je me rends à la piscine Oberkampf, c’est comme si j’avais obtenu l’autorisation de m’asseoir dans un fauteuil à Versailles et d’y laisser mes empreintes. Je nage avec Riquet, l’ouvrier, et son « copain » Aurélien, le bourgeois. Il n’y a là aucune idée coquine, mesdames… je vous entends !

Je termine avec les mots d’Aragon qui évoque l’effondrement des barrières  sociales : « Il (Aurélien) avait éprouvé …ce plaisir, ce contentement qu’il retrouvait à cette heure : d’être, sans que personne ne s’en aperçût, introduit là où il n’avait pas le droit de se trouver, de ne pas se distinguer de ces gens d’habitude lointains, mystérieux, interdits… Il sentait ce qu’à rebours on imagine qu’un homme du peuple pourrait ressentir, brusquement transporté dans une société choisie, élégante, riche, éblouissante… »

La piscine m’envoûte, parce qu’elle résiste au temps. Je ne m’étais pas rendue compte que l’eau et la nudité gommant toutes les barrières, l’illusion de la rencontre entre deux époques s’en trouve renforcée.

 

 

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 10:00

 

 

Photo-134.jpg

 

 

Ces pompons bordent les murs  blancs de la maison,

Comme des  nœuds placés tout ronds sur des chaussons

Elle préfère qu’on enlève ses  souliers de ville

Et qu’on emprunte le chemin d’un pas tranquille

 

Dans un bruissement de soie, et sans falbala

Sabots aux pieds, elle arrive, à tous petits pas

Souveraine et altière dans ce manoir champêtre

Où entre le soleil  par de nombreuses fenêtres.

 

Elle l’a voulu coquet, chaleureux, romantique

Suscitant   la passion, les échanges  bucoliques

Un  cadre apaisé dans lequel tourmenter

Les muses ; et écouter  le sol, les murs pleurer

 

 Photo 138

 

Un lieu  où vibre l’âme, où déclarer sa flamme

Esquisser un portrait,  harmoniser ses gammes

Entre intellectuels, charmants, spirituels

Entre gens de salons, se voir pousser des ailes

 

Elle ne peut guère se passer des bois, des forêts

Qui entourent son domaine, son royaume des fées

Un pays de sortilèges et  de feux follets

Une vallée noire, haies vives, chemins encaissés.

 

Je l’imagine sans peine, au peuple associée

Elle observe de près Fadette ou Sylvinet

Partage leurs joies simples et l’amour de la terre

Consigne par écrit leurs émois, leurs galères

 

Dans son  jardin remarquable, se poste soudain

Entre les cèdres plantés par elle, de ses deux mains

A la naissance de ses enfants, défiant le temps, 

La Bonne Dame de Nohant est aussi maman

 

 

 Photo 129

 

 

 

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 10:00

Selon un challenge proposé par Lénaïg durant l’été, je me prête au jeu  de la proposition B : Commencer par :

"Il ne se passa rien, ou à peu près l'équivalent de rien, pendant plusieurs semaines ; et puis, un matin" ...

et finir par :

"Mais j'ai toujours fait mes choix à l'intuition, uniquement".

 

 Photographes4.jpg

Photo prise sur le net    

Il ne se passa rien, ou à peu près l’équivalent de rien, pendant plusieurs semaines ; et puis un matin, ce fut la délivrance. Son visage me hantait, me torturait depuis que j’avais eu son image, dans l’objectif par erreur. Ce fut lors un goûter d’anniversaire au cours  duquel   j’étais gardien des souvenirs. Emprisonnais des robes à fleurs, des culottes courtes et des nattes, pour la postérité. Par mégarde, j’avais attrapé une grande sœur, postée au second plan. Attrapée, afin que je lui courre après. Elle ôtait de l’éclat à ces visages ronds aux yeux brillants car son sourire dévorait le monde. A commencer par eux, ces enfants, princes d’un jour. Un halo, une blondeur phosphorescente l’enveloppait jusqu’aux épaules. Ses cheveux fonçaient dans l’épaisseur, lui donnaient de la consistance, de la profondeur.

J’avais tiré un exemplaire de la photo sur papier  que je gardais dans ma poche. Et mon ordinateur s’était accoutumé au curieux fond d’écran que je lui  avais infligé. Il grésillait bien un peu au démarrage, signifiait son agacement. Il me jugeait superficiel, entiché d'une Marylin,d'une coquille vide. Mais j’avais saisi quelque chose, j’avais besoin d’autres clichés. Comme lorsque les mots ne suffisent pas à exprimer des sentiments, ou qu’ils ne s’inscrivent pas spontanément sous la plume. J’avais livré ma commande, ça ne me regardait plus. Les jours passaient, amputés de leur folie, de leur légèreté. Enflaient, gorgés d’espoir, de désespoir, de quoi au juste... Cette perruque blonde passait devant mes yeux, des fils épais, de la soie douce, aérée. Je n’étais pas amoureux, les autres s'inventaient que je l’étais. Cela devenait une obsession, de celles qui poussent à téléphoner sans laisser de message, à n’importe quelle heure du jour, de la nuit. Lorsque la voix espérée au bout du fil apaise, ressource, abreuve. Je ne connaissais pas sa voix, je n’avais pas son numéro de téléphone. Je n’étais pas amoureux. J’étais malheureux, incompris.

 

Mon calvaire cessa brusquement au réveil, le lendemain de cette soirée, fameuse. Je l’avais revue par hasard, lors d’une exposition. Elle ne m’avait pas reconnu, m’avait-elle remarqué simplement, la première fois ? Elle regardait une photo au mur, un verre de champagne à la main. Semblait figée dans une robe noire cintrée à la taille. Son visage était pâle comme son sourire. Et pincé le sourire, ainsi que les narines. Elle se détaillait, détaillait son portrait. Par quelqu’un d’autre que moi exposé. Le chef-d'oeuvre par un autre réalisé. Toutes les subtilités, les contrastes, la fragilité, la force qui émanaient du modèle avaient été évalués et restitués. Je m’étais incliné, je ne prouverais rien avec elle. De sa beauté, de mon talent. Elle s’était tournée vers moi, avait chuchoté dans un raclement de gorge :

-         Ne trouvez-vous pas que je suis affreuse là-dessus?

Avant que  je réponde, surpris, l'artiste s’était approché, l’avait effleurée à l’épaule, puis avait déclaré, s'adressant à moi :

-         Elle est splendide n’est-ce pas ? J’ai eu un peu de mal à sélectionner des modèles. Mais j’ai toujours fait mes choix à l’intuition, uniquement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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