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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 10:00

Pour illustrer la photo-sujet de la quinzaine chez Miletune

crayons

 

Derrière nos petites mines sommeillent de grandes idées. Quand on nous regarde comme ça, tête contre tête, assemblés comme dans les palettes de produits pour maquillage ou pour peinture ripolinée, on détaille les couleurs de l’arc en ciel. On dirait une cocarde multicolore, un rassemblement populaire. Liberté, égalité, fraternité, vous connaissez. Voilà notre message, nous offrons tout plein de tons différents et nous nous embrassons parce que nous nous ressemblons.

Tenez moi par exemple, le crayon jaune, j’ai le teint cirrhotique c’est vrai, mais je me porte bien. Et pour la photo j’ai fait un effort, comme les autres. Nous sommes des mannequins, taille standard, mine standard, longueur standard. J’ai appris à poser, dans un abandon étudié, en respectant une distance raisonnable avec mes compères. Nous devions exprimer nos différences, et permettre à l’objectif de capter toute cette lumière diffractée et de sublimer le rendu sur le papier du comportement des ondes. Nous avions pour consigne de ne pas abimer nos carnations rose pâle et de les habiller d’un fourreau coloré de la même nuance que nos mines. Et ni bourrelet, ni pli, un touché laqué et lisse. Dociles, immobiles, distingués, ne trouvez-vous pas que nous avons le chic et l’élégance, le prestige ?

Alors bien sûr, le résultat est une jolie photo, pour le message.  Car au fond, entre nous et les humains, il y a certains points communs. Dans le monde réel, on trouve de grands crayons, des gros, des courts, rongés ou métalliques, handicapés, de petites mines, cassées, usées. Mais un crayon reste un crayon, avec sa mine, son corps en bois, sa taille qui diminue en vieillissant. Et quand tous les crayons du monde s’embrassent c’est  fraternel, comme sur la photo. 

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 10:00

Cette semaine le casse-tête chez Sherry est: guirlandes, décorations

 20-juillet-2012-2592.JPG

 

J’ai choisi de vous montrer ma vitrine, après tout nous aussi décorons nos vitrines pour Noël. Et puis le quartier est un peu excentré, un peu triste, nous sommes l’un des rares commerces à  fêter décembre. Et même s’il s’agit d’enguirlander les gélules Humex, la lotion pour les poux ou la crème pour les fesses de bébé, nous mettre dans l’ambiance vaut le coup.  Et mon poupon avec son collier d’ambre fait l’objet de convoitises en cette période mais, non il n’est pas à vendre. Je connais de sacrés garnements qui se faufilent discrètement derrière les panneaux pour essayer de l’atteindre. Attendez, vous allez voir !

 

20-juillet-2012-2600.JPG

 

Dans l’autre vitrine un Père Noël traditionnel trône au milieu des flacons de lait Mustela et du sérum physiologique pour nettoyer le nez et les yeux de bébé. Il est partout à l’aise pour consulter sa liste et là au moins il se trouve tout près du radiateur, bien au chaud. Oui, je sais, il y a une gambette accolée au sapin, mais c’est pour le fun. A Noël, et bien que sanglée dans un bas de contention veineuse beige clair et de classe 2, elle semble légère, provocante. Quant à la guirlande rouge autour de la cheville n’en jetez plus, certains diront qu’il ne s’agit pas d’une vitrine de pharmacie.

Tout cela pour dire que des boules, des étoiles, des guirlandes, des loupiottes, il y en a aussi chez moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes.

 

20-juillet-2012-2601.JPG

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:00

 

Chez Jill Bill ce  91ème  jeudi en poésie est d'inspiration libre

 

20-juillet-2012-1874.JPG

 

Elles bordent le lac Léman

Et toisent les passants

Elles troublent  les coquettes

Se donnent des airs de fête

Accrochent à leur visage

Des sourires d’enfant sages

Des fleurs en pot, du lierre

Recouvrant chaque pierre

Elles s’offrent une jeunesse

Et s’accordent l’ivresse

Du paraître et du plaire

Abusent de belles manières 

 

 

20-juillet-2012-1899.JPG

 

 

Elles ont la majesté

Des princesses et des fées

Et dessous leurs paupières

Elles ne s’occupent guère

Des murmures de la ville

Des pas lents et tranquilles

Des regards que l’on porte

Sur les murs, peu importe

Qu’on se laisse berner

Par les ors de l’été

Le grand âge leur permet

De se mirer de près

De projeter dans  l’eau

Ces fissures dans le dos

Et d’effrayer les cygnes

En vieilles dames indignes

 

 

20-juillet-2012-1908.JPG 

 

 

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:00

 

20-juillet-2012-1183.JPG

 

Noël arrive avec le traditionnel sapin, les bougies, la neige et les guirlandes, le père Noël, ses rennes et son traîneau, le givre sur les toits, la veillée en chansons, la bûche et le champagne, les repas de famille, la course aux cadeaux, les bouquets de gui et de houx, les chaussettes que l’on pend, les chaussons devant la cheminée, le calendrier de l’avent, la messe de minuit, minuit sans la messe, les attentions aux personnes, seules, ou âgées ou pauvres, le Noël de l’Elysée, celui des entreprises, des écoles, les marchés de Noël, la Saint Nicolas, le Noël de Guignol,  les illuminations des grands magasins, les vêtements de fête, le lamé, le velours noir et l’or, la lettre de Kiki confiée à papa, les truffes au chocolat qui embaument la cuisine… 

Eh bien tout ça ne me concerne pas, je n’ai besoin que de soleil et d’eau, je me dandine, tête haute, avec sur le dos parfois, l’un des vôtres ayant fui vos coutumes.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 08:00

 

Pour répondre au défi lancé par Jill Bill, cette semaine: Dans ma maison, imaginaire ou non.

 

 

maison.jpg

 

Dans ma maison imaginaire, il y aurait une ou plusieurs pièces à vivre où il ferait bon se retrouver en famille ou entre amis. Il y aurait une immense cheminée, de grandes baies vitrées, difficile de chauffer l’hiver, j’en conviens, mais  le jour pourrait s’inviter le plus longtemps possible. Il y aurait un parfum d’ambiance, eucalyptus et pin en décembre, cerise et jasmin au printemps. On allumerait des bougies à la nuit tombée, on jouerait du Brahms sur le grand piano. On s’allongerait sur de larges canapés blancs d’où l’on apercevrait la fontaine chantonnant, l’été et le vieux saule majestueux, aux branches déployées et dont les feuilles murmureraient au vent. On préparerait d’énormes festins dans une cuisine ultramoderne, à l’américaine, on s’affèrerait aux fourneaux tout en ayant de captivants discours avec des invités passionnants. Le temps serait figé dans l’instant, le partage, les rires, il s’installerait aux fenêtres sans s’apercevoir qu’on a posé un manteau noir et scintillant sur ses épaules rougeoyant au soleil.

Dans ma maison imaginaire, il y des caves et des souterrains, des tunnels humides et suintants, des bruits de pas résonnant la nuit, des portes qui claquent, des passages secrets derrière les bibliothèques. Il y a des grimoires et des sortilèges, des réunions cabalistiques, des sacrifices d’innocents, des salles de tortures, des cris, des râles. On se faufile, vêtu d’une houppelande et portant bougie en prononçant des formules magiques, vers des lieux occultes. Le temps est coincé dans l’instant, dans la poussière qui imprègne les êtres et se dépose sur les clous rouillés et les chaises à trois pieds.

 

imaginaire.jpg

 

Dans ma maison imaginaire il fait bon vivre et il vaut mieux fuir. Dans ma maison imaginaire, il y a des histoires d’amour et des scènes d’horreur, des enfants sages et des filles perdues, des héros, des seconds rôles malicieux, des obstacles et d’affreux personnages. Car ma maison imaginaire vous entraîne dans une spirale infernale.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 10:00

 

Photo-131.jpg

 

Décembre arrive et l’année bascule avec lui

C’est une période étrange, où chaque être se  fuit

Les mois se précipitent comme pour s’engouffrer

Dans la nouvelle année et ses promesses sucrées

 

On dirait que chacun voudrait les retenir

Les enrouler à soi, a peur de l’avenir

Ainsi enrubanné, enchaîné à l’année

On oublie que le temps ne cesse de filer

 

Comme il est effrayant d’observer les passants

Se créer des devoirs, s’obliger en soufflant

A courir les boutiques, hanter les devantures

Dans les grands magasins, piaffer, presser l’allure

 

Tenter de découvrir l’objet du "faire plaisir"

Qui fera s’extasier et pousser des soupirs

Un soir de réveillon,  selon la tradition

 Gentiment collée à la naissance d’un poupon 

 

Et moi je les détaille, le jeu vaut tout à fait

La peine de s’étonner, de sourire, de gloser 

Je me demande qui, de moi ou bien d’eux, est

Dans cet étang trouble, poisseux, le plus englué!

 

 

 

 

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 08:00

 

Défi 90 lancé par Jill Bill: décrire un membre de la famille

 

 20-juillet-2012-1416.JPG

 

 

Une frimousse de bébé et des airs de jeune fille 

Aujourd’hui elle s’assume, s’éloigne de la famille

Il y a l’hôpital, son travail, les patients

Son domaine, le service des arracheurs de dents

 

Il y a son copain, ses loisirs, ses défis

Les petits restaurants, les soirées entre amis

Elle aime se parer, s’admirer dans la glace

Autant qu’elle sait fraiser et se rendre efficace

 

Prend une voix sévère  et fronce les sourcils

En comblant la carie d’un enfant difficile

Feuillète des catalogues et s’habille chez Morgan

Et j’avoue que je suis la plus fidèle des fans

 

Elle a du caractère, je me souviens encore

De ses grandes colères, malgré tous mes efforts

Quand je croyais lui plaire à l’aube de ses onze ans

En achetant, naïve, des vêtements d’enfant

 

 Armée de ciseaux, elle coupait soigneusement

Me narguant ainsi d’un air de contentement

Tous ces pulls ridicules, ces pantalons idiots

Qui  n’étaient pour elle, que d’embarrassants cadeaux.

 

Aujourd’hui je l’admire, elle est presque une  femme

Décide de sa vie, a des projets, s’enflamme

Pour une œuvre, un objet, des idées en pagaille

Je l’écoute, bouche bée, c’est ma fille, ma bataille.

 

 

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:00

 

Pour commenter le tableau-sujet de la quinzaine chez Miletune

 

carolus durand

Carolus-Duran: Le baiser

 

Plus encore que ses baisers, ce sont ses mains qui m’électrisent. La chaleur, la douceur du contact, la largeur rassurante des paumes, et le poids… Cette somme d’amour déposée sur mon ventre comme un trésor dans lequel mes doigts se perdent  jusqu’au vertige. Je tiens à lui, à l’énergie qu’il m’insuffle. Le bonheur irradie mes entrailles,  je me sens élevée, transportée. C’est comme si je volais au-dessus de moi, en regardant cette étrangère pâmée dans les bras d’un homme. Comme si cette minute était trop intense et mon ressenti trop ardent, je suis obligée de me détacher, de m’extraire de la scène afin de la vivre pleinement. Je suis comme morte, flottante, irréelle.

Je  lui pèse pourtant, ma tête est lourde sur le coussin tendre de ses doigts. La position est inconfortable, il tremble et va bientôt lâcher prise. Je sais qu’il aime jouer dans ma chevelure, il parle de soie et de brillance, de parure et d’opulence. De jasmin, de rose aussi, d’ivresse. Je sais qu’il m’offrira ses genoux et la caresse de sa main sur mon front. Il disposera les fleurs de ce bouquet tout autour de moi, en créant le cadre d’un tableau. Ses yeux grands ouverts auront l’éclat du velours.  Ce baiser humide et doux aura duré une seconde, une éternité.

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 10:00

 

2009-233.jpg

 

Si les bords de mer se ressemblent un peu tous, c’est en les surplombant qu’on s’aperçoit qu’ils ont l’air de grandes bouches ouvertes pour happer les estivants comme des aliments. Les baigneurs arrivent, tous mouillés de la mer, comme avalés avec un grand verre d’eau et vont s’abattre sur la langue râpeuse de sable blanc.  Ils s’y attardent comme des bonbons qu’on prend le temps de laisser fondre afin de laisser le palais s’imprégner de leur goût de sel et d’huile, en les retournant, d’un côté, de l’autre. Et quand enfin, caramélisés à point, ils décident de rentrer chez eux, à l’hôtel ou au camping, ils se dissolvent derrière un dédale d’immeubles plus ou moins gracieux alignés ainsi que les incisives déchiqueteuses d’une mâchoire de carte postale. Ici, à Péniscola en Espagne, le soleil, les palmiers, les fontaines, les petits bars en bordure, apportent la détente et l’insouciance et font oublier que la plage est une louve. On s’y amasse, on s’y précipite, et quand viennent les journées froides de l’hiver, on se surprend à attendre avec impatience, le moment de se jeter dans sa gueule.

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 10:00

 

Le casse-tête proposé par Sherry cette semaine est : Fenêtre

 

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Comme dans la plupart des châteaux immenses, superbement décorés et froids, les vieux murs laissent passer le soleil par de nombreuses ouvertures dans les profondeurs de sa chair comme il permet aux visiteurs d’entrer par le pont, autrefois pont-levis. Il échappe ainsi à l’oubli, dépoussière les meubles entreposés par des générations de châtelains et de donateurs, chasse l’odeur de renfermé et de moisi qui imprègnent rapidement tentures et broderies. Ici chacun se pâme dans la chambre de Mme de Maintenon, son antichambre, son oratoire, ou dans la salle de billard aménagée au XIXème siècle. Et ce château, un peu fier, un peu prétentieux s’enorgueillit de tels hommages.

 

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Il ouvre grand ses yeux  à facettes multiples, sur le monde. Il lui faut un cadre ordonné, rassurant, des allées entretenues et géométriques conçues par Le Nôtre, à la française, bordées d’arbres, les arceaux de pierre d’un aqueduc aménagé par Louis XIV pour ne pas heurter son regard un peu vague d’ancêtre, un canal de fraîcheur afin d’y baigner ses fondations, brûlantes l’été. Et lorsqu’au loin, il entend des pas crisser sur le gravier et observe la foule  qui s’extasie sur sa beauté, sa majesté, l’éclat métallique de son donjon, il laisse s’écouler des larmes de joie le long des vitres enchâssées dans  ses murs épais.

 

Photo 095 

 

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