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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 10:00

 

 

apothicaire

 

Il n’est pas toujours facile de trouver les mots derrière le comptoir. Le premier contact se fait au travers de l’ordonnance qu’on nous tend en silence. Lorsqu’un client ou une cliente qui ne venait que pour une boite de Doliprane ou  de vitamine C jusque-là, déplie une grande page blanche estampillée Hôpital Gustave Roussy, Villejuif, ou Centre des maladies du sein, Hôpital Saint Louis, l’instant devient grave. Sa main tremble un peu et le teint vire au jaune pâle. Le sien, le nôtre. Les mots échangés sont : pour demain, ça  va ? Il faut que  je commande. Le malade répond: oui, le protocole commence lundi prochain. Puis il pose une question technique : le mélange pour mon bain de bouche, je le fais dans une bouteille en plastique ? Je la place au réfrigérateur ? Et nous rassurons le plus calmement possible et d’un ton neutre : oui bien sûr !

 

Les yeux se cherchent ou s’évitent, cela dépend de la confiance, de la peur, de la timidité, de la foule autour. Cela dépend de la fatigue, des enfants, du moral. Du temps aussi, un rayon de soleil, une pluie de grêlons, la neige au dehors. Tout a son importance.  La maladie doit être acceptée et combattue, intégrée et chassée. Et tout ce qui contribue à alléger le poids qu’un malade traîne en permanence, est un petit bonheur qu’il serre contre lui.

Je l’ai servie ce matin, elle avait ce teint de cire et un bonnet noir posé par-dessus. J’ai pris le temps de l’interroger, ce à quoi je me risque rarement. La fréquence des chimios, la violence des nausées, la grand lassitude, les frissons… Elle m’a dit, j’avance, j’ai pas le choix. On verra après. Elle m’a souri, j’ai secoué la tête en silence comme pour dire : vous manifestez un courage qui me dope. Et ça lui a fait du bien, cette petite admiration muette dans mes yeux.  Elle m’a posé la question qui n’osait  pas franchir ses lèvres : J’ai besoin de comprimés pour la repousse des cheveux, que me conseillez-vous ? On aurait dit qu’elle ne voulait pas paraître coquette ou futile. Que mes questions l’avaient enhardie. Qu’elle me demandait : à votre avis, j’ai  encore le droit d’être belle ?

En partant, elle m’a remercié de l’avoir écoutée, de lui avoir consacré un peu de mon temps. Et ça a éclairé mon après-midi.

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 08:00

Défi 96 cette semaine chez Lilou à la barre des CROQUEURS DE MOTS : Rupture

 

 

epis.jpg


 A toi que j’aime,

Quand tu es partie, j’ai su que je ne te courrais pas après. Que ma fierté ne le permettrait pas. Sagan n’a-t-elle pas dit : les êtres orgueilleux ne savent pas aimer. Je n’ai peut-être pas su, ou voulu m’engager, je pense que c’est l’une des raisons de ton départ, mon manque de tendresse durant ces moments légers et tendres en ta compagnie. Je ne peux pas expliquer et ne souhaite pas le faire, cela fait partie de mon caractère, cette raideur, je ne connais pas l’insouciance. Je tâcherais de m’amender à l’avenir. Mais pour toi, c’est trop tard, je le réalise.

Je ne tiens pas à m’accrocher, je trouve cela ridicule, même si l’on affirme que le ridicule ne tue pas. Que l’humiliation est l’un des versants de l’amour. Je n’ai pas de crampons ni de piolet, je n’escaladerai pas cette montagne. Et je me connais parfaitement. A trop me prosterner devant toi, je réussirais à te reconquérir qui sait, mais jusqu’à quand ? Quelle serait la date de ton prochain départ ? Je devrais vivre un semblant de bonheur avec ce poids sur le cœur. Je te détesterais en fin de compte, je te haïrais.  Et je ne me supporterais plus. Je me lèverais un jour et aurais envie de gifler ce visage  qui me fixe dans la glace.

Aussi, ne manifeste aucun étonnement, aucune surprise devant mon manque de réaction et mon mutisme. Je t’aime encore trop et j’ai mal, je ne veux plus affronter  ce qui reste des jours anciens. J’ai planqué toutes les photos qui me les rappellent. Je les détruirai si j’ai un peu de courage.

Alors permets que je t’embrasse une dernière fois, que je t’étreigne et respire ton parfum. Et que je te tourne le dos, comme à tout ce qui me rappelle nos folles équipées et nos dérives.

                               

  Adieu mon amour, adieu  à toi  période bénie de ma vie, adieu Ma Jeunesse.

 

 

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 10:00

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : rencontre.

Le week-end dernier, accompagnant mon mari lors d’un déplacement professionnel sur Lille, j’ai pu découvrir, en chemin, que la plage de Dunkerque est un lieu de rencontre très prisé.

 

20-janvier-2013 4113 

 

On y défie le froid et on se moque du vent,

On se rassemble et piaille, c’est  un évènement

 

 

20-janvier-2013 4122

 

As-tu vu celui-là qui se laisse porter

Au-dessus de nos têtes par  Eole glacé

 

 

20-janvier-2013-4133.JPG

 

Eh, poussez-vous de là, voyons, que j’atterrisse !

Que sur ce filet d’eau mes petites pattes glissent !

 

 

20-janvier-2013 4135 

 

Quelle belle envolée

Un décollage parfait !

Planer à l’unisson

Flotter au diapason !

 

 

20-janvier-2013-4143.JPG 

 

Et tutoyer le phare

A l’horizon blafard

 

 

20-janvier-2013 4145 

 

Moi, j’ai une petite faim

Ici on ne manque de rien

 

 

20-janvier-2013 4119 

 

Oublions les voiliers

Qui semblent nous narguer

Voyageurs solitaires

Au loin transis en mer

 

 

 

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 08:00

 

Défi 96 chez Lilou : Parlez-moi d’amour

 

Saint-Valentin.jpg

 

Quand il est là, c’est l’évidence et on y croit

Loin des frissons,  des tremblements, tout cet  émoi

C’est une présence qui installe un bonheur dense

La paix en soi, une lumière, une joie immense

 

Il est odeur, sourire ou geste, il est souvenir

Tu  le repères les yeux fermés, il est avenir

Il est  appui,  maître ou moteur,  guide ou soutien,

 L’âme s’y abreuve et s’en nourrit, il est maintien

 

Même l’absence est un prétexte, l’entretenir

Ravive une flamme qui ne saurait pas s’évanouir

Et l’idéal se met en place, chasse le banal

            Quand l’éloignement redresse et fixe les coeurs bancals.           

 

Les années posées sur lui comme des bandelettes

Couvrent parfois petits malheurs, suppliques muettes

Enfin qu’importe puisque les mains, puisque les yeux

Se cherchent et fondent lorsque les cœurs sont  amoureux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 10:00

 

 

EN PAUSE

 

 

Empreinte cette semaine chez Sherry

 

20-janvier-2013-2725.JPG

 

Un soir d’été à l’heure exquise

Chaleur épaisse couvrant la nuit

Des rubans de lumière  se brisent

Et se poursuivent  à l’infini

 

 

JUSQU'A

 

 

20-janvier-2013-2270.JPG

 

 

Certains choisissent l’ombre, leur doux  profil, admirent

Et puis doucement  sombrent, dans l’onde qui les attire

D’autres empruntent les rayons d’un soleil aveuglant

Jolie feinte aux barques   sur la rivière  glissant

 

MERCREDI

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 08:00

Défi 95 chez Lénaïg: tout ce qui est grand est étonnant

 

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Se tournant vers la mer, ne songeant qu’à l’action

Ils cherchent du regard la terre de leurs ancêtres

Et s’ils courbent l’échine, ce n’est pas soumission

Mais repli salutaire, juste avant de renaître

 

Comme l’hiver s’enfuit chassé par des vents doux

Dans ces pays d’Europe d’où viennent les tortionnaires

Eux sous les alizées, rêvent de ce moment fou

Qui les consacrera, hommes, libres et volontaires

 

Ils ont le cœur usé et le corps décharné

Ils ont les mots brûlés et la voix éraillée

Ils ont des chants, des pleurs et des cris étranglés

Ils ont dedans leurs chaînes une douleur tatouée

 

Ils sont ainsi dressés, alignés et immenses

Ils ont la dignité des âmes en souffrance

Ont subi exactions et tortures et outrances

Aujourd'hui assemblés et calmes en apparence

 

D’un naufrage meurtrier, symbolisent la blessure

A l’Afrique arrachés, au golfe de la Guinée

Anonymes de la traite, eurent vie de meurtrissures

Triangle reconstitué d’un commerce négrier

 

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Les statues de l'Anse Caffard édifiées à l'initiative de la ville du Diamant en Martinique 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:00

Dans son défi  95 Lénaïg nous propose :

 

 Un texte-sandwich ! Encadrons-nous de deux citations extraites d'un roman pour imaginer une histoire entre les deux !

Commençons notre page par ceci : "[...] La nuit avait des yeux, le vent de longues oreilles et nul jamais ne se rassasiait d'autrui." Et terminons-la par cela :"[...] - Tout dépend du vent, il y en a qui vous font tomber, et d'autres qui raffermissent vos attaches et vous fortifient." Je préciserai à la fin de la semaine le titre et l'auteur du roman.

 

valse

 

La nuit avait des yeux, le vent de longues oreilles et nul ne se rassasiait d’autrui. Elle ne pouvait que tomber amoureuse. Lancé dans la foule comme un tronc mort balloté par les flots, lui dérivait. Détaché,  il faisait mine d’ignorer le groupe, en sirotant un punch, les yeux baissés. C’était de la stratégie, elle avait déjà croisé de ces tombeurs. La première fois, le type l’avait prise au piège au cours d’une autre  "soirée cocktails", en lui tendant un mini éclair à la pistache.

Celui-là n’esquissait pas un geste, il laissait venir à lui les "grandes cruches". C’était la nuit, elle avait chaud et s’installa sur la terrasse afin de converser avec le vent. Elle savait qu’il la suivrait, piqué de n’avoir pas réussi à l’aimanter.

Il s’accouda au balconnet, loin d’elle. Il espérait encore, avait confiance en lui. Cette manière de croiser les jambes et de tirer sur sa cigarette. De passer une main dans ses cheveux frisés. Il la provoquait, plaçant son corps  svelte dans une flaque de lumière posée par la lune sur la dalle. Et tandis que d’autres sortaient comme eux, attirés par la fraîcheur, puis retournaient bruyamment dans  salle, ils ne disaient mot. Ne bougeaient pas. Ils savaient l’un comme l’autre, que leurs vies se tamponneraient. Ce serait foudroyant, passionné et bref. Peut-être pas. Mais par la suite, l’existence aurait une tout autre saveur.

 

Il l’agaçait à ne pas céder, à ne pas tenter de lui faire la cour. Elle l’excitait, cette froideur, cette carapace, ce dédain ! Quelle sensualité dans le long serpent déployé de ses cheveux ! Il serra le poing, les mâchoires, elle esquissa un sourire. Ils n’échangeaient pas un regard mais se devinaient. Des voix leur parvenaient du salon, assourdies. L’orchestre entonna une valse qui les pétrifia.

Comme si quelqu’un avait sifflé le début d’un match, leur enjoignant de cogner, de faire mal. Comme si le monde autour d’eux n’attendait qu’un divertissement, à leurs dépens. Comme si tous ces gens se prenaient pour le vent. Ils se laissèrent porter et se rapprochèrent.  Puis il la saisit par la taille et  l’entraîna à l’intérieur parmi les danseurs. Grisés, ivres, ils ne résistaient plus. Ils avaient compris, ils avaient admis.Tout dépend du vent, il y en a qui vous font tomber et d’autres qui raffermissent vos attaches et vous fortifient.

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 10:00

Cette semaine chez Sherry le casse-tête est le mot : corde.

rope

Le film de Hitchkock ayant pour titre « La corde » et sorti en 1948,  m’est aussitôt venu à l’esprit. Il s’agit de deux étudiants qui tuent l’un de leur camarade avec une corde, en imaginant commettre le crime parfait d’une part, et estimant  qu’ils en ont le droit car ce sont des êtres supérieurs, d’autre part. Ils cachent le corps dans une malle et invitent les proches du mort au cours d’un repas. Tout le film se déroule dans une seule pièce où trône cette malle.

Nous nous tenons tous sur une corde, dans le film tous les personnages s’enroulent autour d’elle, les deux criminels, l’un froid, l’autre devenu nerveux peu à peu, les proches du mort qui dînent gentiment tout près de son corps. Et le professeur qui  a  involontairement suggéré l’idée du crime aux étudiants, et réalise peu à peu l’impensable.

Dans la vie, la corde c’est le lien qui nous rend supportables en société, et fait de nous des équilibristes. Car nous sommes tous un peu anxieux, paranoïaques, histrioniques, narcissiques, obsessionnels, dépressifs, dépendants, évitants. Pour la plupart, il s’agit de tendances, de traits de caractères. Au lieu de marcher sur une seule corde nous les tressons entre elles à notre manière. Ce qui rend la corde qui nous définit, plus solide, plus stable. Et nous la tendons aux autres afin qu’ils s’en saisissent. La corde signe la fraternité. J’aime beaucoup cette idée. Et puis la corde, c’est aussi notre ADN, cette spirale aux informations multiples. Mais si j’aborde le côté scientifique….

ADN

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:00

Défi 95 pour ce jeudi en poésie, parti de chez Lénaïg : tout ce qui est petit est inouï.

 

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Petites goutte d’eau postées sur une branche

Comme des yeux tristes et ronds fixant un objectif

C’est ainsi qu’un fantôme espère une revanche

Et hante le paysage, au milieu des massifs

 

 

 

 

20-janvier-2013 0224

 

Si sa parure se fond aux couleurs du feuillage

C’est qu’il ne souhaite guère s’encombrer de bagage

Il aime onduler, ne porter sans ambages

Que sa robe luisante pour tout aéropage

 

 

 

 

Photo 166

 

Il ne reste de lui qu’une petite soucoupe

Car il semble voler, embraser l’atmosphère

 Cependant il s’apprête à regagner la mer

Et à y verser, fragile, telle une chaloupe

 

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 10:00

 

Photo-010.jpg

 

Quand paraît un ciel clair au détour de l’hiver

Le printemps se rebelle, et s’affranchit, et cogne

La saison qui se meurt en un baiser amer

Et l’haleine du vent, à mes oreilles grogne

 

 

 

Photo 016

 

Un vent de liberté

Des vaguelettes bleutées

Et depuis le rivage

Une envie d’enfant sage

Etendre sa ramure

Et voler vers l’azur

S’élancer, pas trop haut

Se refléter dans l’eau

 

 

 

Photo 053 

 

N’avoir pour destinée que précéder, larguer

Les navires au long cours, vers leurs chemins d’errance

Et s’arrimer à quai, bel insecte englué

Une petite souffrance pour un cœur en partance

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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