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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 08:00

Pour le défi 130 lancé par Lenaig pour les Croqueurs de mots : évasion

J’ai beau habiter au zoo et être l’attraction principale chaque jour au moment du repas, j’ai beau m’exécuter devant un parterre de curieux ne songeant qu’à flasher mon plongeon dans l’eau glacée, j’ai beau rejouer la grâce et m’emparer agilement du poisson que l’on me jette, il existe un instant que personne ne peut me voler. Un moment où je m’évade, où j’oublie que je ne vis pas sur ce pôle dont on me parle tant et où ma carcasse se fait légère.

C’est qu’une fois dans l’eau, je suis dans une matrice protectrice et j’évolue  sans entendre les crépitements des appareils photos ou les cris des enfants, les applaudissements de la foule. Je m’évade dans un monde où tout est léger, rien ne blesse, mes larges pattes s’ébattent et n’ont pas de prise. Je danse, je vole, je virevolte, je fonce, je suis fusée, je suis... libellule. En sortant de l’eau, je prolonge ce bonheur, les poils hérissés, fuyant la foule, je me réfugie dans une bulle d’apesanteur, en moi. 

DEFI 130: MON POLE A MOI
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 08:00
DEFI 130: COCON

Pour répondre au défi 130 lancé par Lenaïg pour les Croqueurs de mots : herbe et béton.

 

Une île, un pavillon, vivre dans un cocon

S’entourer d’air et d’eau, libre comme les oiseaux

Un arbre à l’horizon, bien rare est le gazon

Une vie en autarcie, le bonheur a un prix

 

Résidence d’été pour vacanciers aisés,

Au soleil retirée, loin des cités polluées,

Flottant entre deux rives sans craindre la dérive

Alanguie et cuivrée, oisive et mordorée

 

Sur le lac déposée, elle semble naviguer

Loin des rues goudronnées et sans voiture au pied

Des visites fréquentes nuisent à cette indolente

Un bateau amarré s’étiole sur un quai

 

Elle aime à le secouer, entendre l’eau clapoter

Contre sa coque dure, ce doux bruit la rassure

C’est un peu le garant d’un lien au continent

Grand terrain des passions, de l’herbe et du béton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 08:00
INSTANT DE GRACE

Elle ramait, suait, avait les bras, le bas du pantalon et les jambes trempés, ne sentait plus ses fesses sur le bois du canot. L’air était doux maintenant, elle frissonnait en embarquant mais elle venait d’ôter son pardessus afin d’offrir ses épaules à la morsure du soleil. Elle était ravie par le spectacle qu’offrait l’eau plissée du lac, aux reflets tantôt bleus, tantôt gris, couverte de brumes de chaleur par endroits et qu’un soleil matinal parait de lucioles tout en projetant un écran d’or et de poussière sur les pins le long des rives. Au loin les cimes des conifères s’ennuageaient. C’était la fin de l’été, elle profitait des derniers jours de vacances et se vidait l’esprit avant d’affronter l’avenir. Parce qu’il serait gris, opaque et non floconneux comme le ciel ce matin-là, parce qu’il rimerait avec fureur et bruit. Et au milieu du lac, la nature silencieuse ménageait un cocon protecteur au sein duquel elle puisait des forces.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 08:00

Pour répondre au défi 129 lancé par Enriqueta pour les Croqueurs de mots: citer un poème appris dans l'enfance ou dans l'adolescence et que l'on peut réciter par coeur aujourd'hui encore.

 

ROSEMONDE

Longtemps au pied du perron de
La maison où entra la dame
Que j'avais suivie pendant deux
Bonnes heures à Amsterdam
Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert
Le quai aussi et nul ne vit
Comment mes baisers retrouvèrent
Celle à qui j'ai donné ma vie
Un jour pendant plus de deux heures

Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m'en allai
Pour quêter la Rose du Monde

Guillaume Apollinaire, Alcools

 

J'ai choisi ce poème car ce fut mon sujet du baccalauréa en 1976,  j'avais obtenu la note de 14 alors que j'avais plafonné toute l'année à 7. La perception de l'amour avec la légèreté des premiers émois,  pas de blessure, pas de conséquence, m'avait réellement inspirée.  Un état de grâce là aussi!

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 19:06
DEFI 129: PAS ENCORE

 

L’écriture est une passion et pendant mon absence sur le web, j’ai avancé dans mon travail de perfectionnement en travaillant au sein d’un atelier d’écriture, j’ai pris des vacances aussi. Me voici de retour parmi vous.

 

Pour répondre au défi 129 d’Enriqueta pour  les Croqueurs de mots : commenter une photo vieille de plus de vingt ans.

Sur la photo j’ai quatorze ou seize ans, mon frère tient l’appareil, mon père  sourit et moi c’est  l’avenir que j’interroge. Celui qui se profile au loin comme le fuselage des avions de ligne atterrissant à l’aéroport de Toulouse- Blagnac. J’ai confiance, je fixe un trait devant moi, oblique, ascendant, je  saurai piloter ma vie, tout me paraît simple. Je rêve d’un Prince et de l’existence qu’il me fera, d’un métier, de tous les métiers puisque je n’ai pas encore décidé de mon orientation. L’été s’achève et avec lui les vacances, les journées chaudes, longues, oisives. J’écoute le vent et me grise du souffle des réacteurs, on pouvait monter sur la terrasse de l’aéroport à l’époque et accompagner les oiseaux de fer gris dans leur victoire contre l’apesanteur.

 Je suis en partance, sans destination précise, sans que cela ait réellement de l’importance et me pénalise.  Je suis molle, alanguie comme une courtisane, une princesse de harem  se laissant choisir parmi d’autres élues du Sultan.  Le destin me happera bientôt et m’entraînera dans ses volutes. Mon trajet ressemblera bien plus aux évolutions périlleuses de la Patrouille de France qu’aux décollages sans surprise d’un  vol régulier. C’est un moment de grâce : je ne  le sais pas encore !

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 08:00
DEFI 126: JACHERE

 

Défi 126 chez Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de mots cette semaine : d’après  photo

Puisque le champ est en jachère, profitons-en pour nous reposer aussi. Postons-nous dans l’herbe au milieu des mottes de terre et des pissenlits, écrasons quelques fleurs de colza velléitaires, profitons d’un beau ciel aux nuages pommelés, installons-nous tout près d’un bois  aux bruissements peu inquiétants, écoutons les trilles des oiseaux, laissons le soleil chauffer nos carcasses métalliques et le silence les envelopper,  acceptons que le vent polisse nos accoudoirs , observons les lièvres qui  détalent, les corbeaux arracheurs de semis égarés, ayons des conversations muettes, avec une table pour témoin et accueillons avec bonheur les premières gouttes d’eau claquant sur nos dossiers cuits par une journée en plein air, loin des hommes et de la masse de leurs fondements.

 

BLOG EN  LONGUE PAUSE ...... 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 13:39
Edward Hopper: Morning sun, 1952

Edward Hopper: Morning sun, 1952


Chez les Croqueursdemots, pilotés par Jeanne fadosi, cette semaine, jeudi libre en poésie

 

Il vient tout juste de partir
Claquant la porte aux souvenirs
Il vient tout juste de lui dire
Je ne crois plus en l’avenir
 
Elle n’a pas eu le courage
De déverser sur lui sa rage
Le vent chasse bien les nuages
Elle saura tourner la page
 
Encore lascive au creux du lit
Après la nuit et ses folies
Avant que monte le dépit
Le corps par la douleur meurtri
 
Elle cède au chant de troubadour

D'un soleil pâle au petit jour
Qui fait timidement sa cour
Enveloppant, tiède velours
 

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:00
DIMANCHE CULTUREL

 

J’ai pris l’Orient Express avec Agatha et Graham et autant vous dire que la traversée de Londres à Bagdad fut exquise. Cette nouveauté consistant à traverser pays et frontières sans obligation de halte pour  déjeuner, dîner  ou  dormir, ce luxe, ce bonheur nous a été accordé. Il faut dire que nous, acteurs, poètes, hommes politiques, chefs d’état, écrivains, ou héros de romans avons des privilèges. Dans ces wagons au décor en bois  d’acajou et  réalisations de Lalique, il est divin de boire le champagne en compartiment intime, ou de jouer aux cartes, taper à la machine, lire le figaro, fumer une cigarette, déguster un verre de cognac, boire un café. Et ce train sème la magie partout où il passe : Istanbul, Louxor, Assouan ont  planté des hôtels de luxe sur son passage, Venise a construit une digue traversant la lagune jusqu’à la gare. La vitesse, le confort, quelle griserie ! Rendre l’Orient accessible, y confronter ses fantasmes à une réalité moins flatteuse, fait progresser le monde,  nos deux mondes  sont complémentaires !

Il faut croire que c’est à cette période que maman, enceinte alors et grande admiratrice d’Agatha, m’a communiqué le goût des voyages et des situations rocambolesques, de rencontrer d’illustres personnages comme Einstein, Franco ou Popov, de me promener à dos d’éléphant et de planquer des cadavres n’importe où. Cela explique en tout cas pourquoi à l’aube de mes cent ans je refuse de fêter mon anniversaire dans cette foutue maison de retraite, et préfère me faire la malle. Fuir à Bali, quel extase !

 

Ou comment faire le lien improbable entre deux activités qui ont comblé mon dimanche : musarder à l’IMA à Paris à bord de l’Orient Express, puis quitter le train en marche, me rendre au cinéma et voir « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ! » : jubilatoire !

 

 

 

 

DIMANCHE CULTUREL
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:00
DEFI 125: DE TOI A MOI, RUSE PASSANT

 

Défi 125 proposé par Eglantine Lilas, pour les Croqueursdemots, et relevé ce jeudi en poésie : Conversation avec La Joconde.

 

N’est-ce pas lui qui a choisi

De t’accrocher, là, un défi

Par ce sourire énigmatique

Curieux atout charismatique ?

 

Il a voulu peindre l’instant

Grâce éphémère d’un moment

Comme on reçoit en son jardin

Des roses, le capiteux parfum

 

Et cela t’a rendue célèbre

D’autres ne connaissent que ténèbres

Belles et lumineuses, ma foi

Pour certaines, maîtresses de rois.

 

Inutile de me comparer

A maintes muses encadrées

Je sais tout devoir au mystère

De cette toile et mes yeux clairs

 

Te voient soudain marquer le pas

Quêter un geste, un mot de moi

Qu’enfin je desserre les lèvres

Que ma voix traduise la fièvre

 

Qui, depuis des siècles nous attache

Au-delà de ton air bravache

Passant buté, rusé, narquois

Et  ensorcelé malgré soi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 08:00
DEFI 124:VERS LE PONT

Défi 124 chez les croqueurs de mots : jeudi libre en poésie pour Dômi

 

Flâner à deux, suivons la route, seule ambition

Dans la tiédeur d’un soir d’avril, une illusion

Sans nous hâter, main dans la main, gagner le pont

Nous embrasser dessous la voûte, juste un frisson

 

Le nez au vent, les yeux mi-clos, toi, tu chantonnes

Des nuages gras et blancs nous suivent, enflent et moutonnent

Au loin, la ville semble une guêpe qui bourdonne

Freinons le pas, goûtons ce que l’amour nous donne

 

De nos chaussures, le bruit dans la campagne sèche

Narguant l’azur, un soleil rond et ses flammèches

Odeur puissante du colza, de l'herbe fraîche

Papillons bleus, comme rubans, pris dans nos mèches

 

Des branches nues au doux et fier balancement

Griffent le ciel, vers l’infini, le firmament

Et de leurs bras font une couronne aux amants

Que le printemps livre à de merveilleux tourments

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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