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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 144: ADDICT

Défi 144 chez Dimdamdom59 pour les  Croqueurs de mots : addiction

 

Les mots couchés sur le papier

Tels des poupons trop bien nourris

Dans les boxes d’une nurserie

S’endorment vite, repus, gavés

 

Ce sont de brefs moments de trêve

Que je m’accorde les yeux mi-clos

Une torpeur étend son halo

Alanguie je m’évade, je rêve

 

Puis ça se met à trépigner

Car dans ma tête, ça crie, ça pleure

La faim est là, le manque ; ça meurt

Besoin d’une page ou d’un clavier

 

J’ai le regard fixe d’un enfant

J’aligne des phrases et des idées

Des mots avides, sensualité,

Qui tètent et sucent goulument

 

Les fibres rêches de la page

Ou les pixels drus de l’écran

Ainsi j’atteins le firmament

Ravie, épanouie et en nage

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 08:00
MES ENVIES DE MAI

Honorer dignement l’anniversaire de mon frère dès le premier avec toute la famille, le champagne et les bulles l’emportant sur le muguet et la fête du travail. Profiter d’une escapade de quelques jours à Berlin, afin de me vivre étrangère avec dans les oreilles des sons qui écorchent, et sous les yeux des lieux accrochant le regard et les souvenirs. M’accorder le droit d'abuser des ponts sans les associer à la fin de la guerre ou à Dieu. Piétiner les pétales des fleurs de cerisiers qui bordent les chemins comme semés sur mon passage pour saluer la vedette.

Imaginer Jeanne d’Arc sympathisant avec les anglais devant un feu de camp. Me rendre au théâtre Antoine, guidée par les noms de Lorànt Deutch et Stéphane Guillon, sans même savoir de quoi parle la pièce. Réaliser que Pascal n’est pas seulement l’un de mes lecteurs fidèles mais aussi un saint que l’on fête le 17. Mordre dans ma première pastèque, faire comme si les pollens étaient de gentils farceurs qui aiment chatouiller mon nez. Commencer à envisager le mois d’août mais commencer seulement car depuis que mes enfants vivent les leurs à leur rythme et sans moi, je ne programme mes vacances que dans l’urgence, peu de temps avant le départ. Entrevoir une soirée détente pour moi toute seule le 23, jour de match du PSG. Accepter que le parfum des lilas me monte autant à la tête qu’un petit vin rosé bien frais, programmer un barbecue entre amis.

Pour finir, le 31, penser à ma mère, très fort, et porter un bouquet au cimetière. Puis ce jour-là, dorlotée par mes enfants et leur père, dire adieu  à mai. 

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 143: MALADIE  DES MOTS

143ème jeudi en poésie chez Enriqueta pour les Croqueurs de mots, évoquer une étrange maladie. J’ai choisi de me baser sur le poème d’Emile Verhaeren, Un saule, ou tout au moins sur la portion tronquée que j’avais apprise au CE1ou CE2.

 

Cette rage-là, est un bonheur en somme

Est-ce chronique ou est-ce contagieux !

Sont-ce moments intenses et laborieux

Des lettres basculent avec force

Sont-elles longues et poussives les phrases en leur amorce!

Est-elle souffrance, est-elle abîme

Avec ponctuation, majuscules et rimes

Qui, malgré tout, dedans mon corps

Mes muscles, mon sang, mes veines,  prend son essor

Mobilisant énergie et trésors

 

Ancrée en moi, s’épanouit-elle encor !

Je sais que toujours elle vaincra

Me portera

Obstinément, jusqu’au trépas

 

Bien sûr, c’est effrayant

Ardu et contraignant

Me hante parfois la nuit et je me lève

Car des idées prennent vie et achèvent

Leur course folle au bout de mon stylo

Se posent sur le papier et puis s'arrêtent

Une euphorie sournoise et soudaine me guette

Je fais la paix avec les mots.

 

 

 

 

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 143: LE PLUS DIFFICILE

Défi 143 chez Enriqueta pour les Croqueurs de mots, dont le thème est malade.

 

Le plus difficile ou le plus facile peut-être, est d’écouter. Un client peut ne pas se plaindre, ne pas évoquer son mal, ni même demander conseil quant à ses médicaments, les posologies, les effets secondaires… Il se tient face à moi, il me regard pianoter sur le clavier ou fixer l’écran et il attend que je lui donne son petit sac. Le plus souvent ce client-là a un rhume, une angine, ou une maladie chronique qu’il maîtrise plus ou moins. Entre nous c’est consensuel, banal, un peu ennuyeux. Entre nous, il ne se passe rien, c’est un peu… jouer à la marchande. Car la maladie n’est qu’un dérèglement de la machine qu’il suffit de recadrer afin qu’elle continue de filer droit.

Parfois, on ne soigne pas, on aide un peu, à notre niveau. Dans une pharmacie, il faut prendre le temps de regarder le malade, de détecter un appel, même minime, et d’encourager face à un mal dont chacun connaît l’issue… sans issue. Ces personnes auxquelles on ne délivre que somnifères, anxiolytiques et anti douleurs, et qui disent : « Je n’ai pas de chance, vraiment pas de chance » en se grattant la tête, risquent timidement: « est-ce que ça ronge les os, comment ça fait ? » avant de se fermer ensuite, ou insistent au téléphone quand l’officine est remplie de clients qui rongent leur frein: « je ne deviens pas folle, non, je suis toute seule, et j’ai envie de passer par la fenêtre »… Ces personnes n’attendent pas grand-chose et pourtant il est essentiel, ce petit grain, qui va se nicher dans les cœurs comme celui qu’on introduit dans les huitres. C’est un instant de partage qui passe par un regard franc et sans pitié, un regard déclarant que nous sommes tous passagers d’un même bateau. Au téléphone, c’est l’intonation qui délivre le même message. Il arrive alors que quelques jours plus tard, le client revienne ou rappelle et dise : « excusez-moi pour l’autre jour, j’allais mal et ça m’a fait du bien de vous parler ». Alors on sourit, on se sent utile et redevable aussi. Car celui qui se tient de l’autre côté du comptoir ou du combiné, nous apprend à accorder du crédit à chaque jour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 143: TU N'Y CROIS PAS

Evocation en poésie des médecines parallèles chez Enriqueta pour ce 143ème jeudi en poésie des  Croqueurs de mots

 

Pour ton gros rhume, Aconitum

Trop énervée, tente Gelsemium

Démangeaisons sur le sternum

Essaie apis mellificum

Ah les hormones ! C’est Lachésis

Qui calmera l’intense ignis

De ton visage, tes bras, tes cuisses

Ca ne va pas ? Nux vomica

Tes fortes nausées, calmera

Un fils casse-cou, hop Arnica

Et ce gros bleu disparaîtra

Pour les toux sèches de Titi

Pas de problème, coccus cacti

Baisse de tonus ? Cornu cervi

Te redonnera goût à la vie

Des rhumatismes, c'est vrai, ça coince?

Allez, ruta graveolens

Est l’arme qui douleur évince

Veines gonflées dans l’omnibus

C’est radical, aesculus

Tu n’auras pas besoin de plus…

 

Je te connais, tu n’y crois pas

L’homéo ne te convainc pas

Car ces granules enrobés

Qui fondent vite sous le palais,

Médication bien singulière,

Te rappellent les pièces de Molière

Où des médecins incompétents

Se prétendaient sages et savants

 

Ignis : feu en latin.

 

 

 

 

 

 

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 08:00
TAPIS ROUGE

J’ai assisté comme chaque année, à la soirée organisée par la coopérative de pharmaciens à laquelle j’appartiens. Invitations dans un bar lounge près de la place de l’Opéra et du cinéma Gaumont, journalistes sous une tente, hôtesses à l’accueil, badges, tapis rouge. Ambiance cosy, décor chic, un peu… cocktail sous la pergola, chaleur étouffante, murmures des confrères, accolades, salutations, embrassades, plaisir de revoir d’anciens camarades de promotion.

Champagne, vin rouge, Pepsi, glaçons, charcuterie, petits fours, brochettes de poisson, mini cakes, mini tartelettes. De quoi se sentir roi, s’imaginer important, considéré, chouchouté. On se dévisage bien un peu, se jauge, s’évalue, chacun se demande ce que l’autre peut valoir au Box Office. La soirée devait se clôturer en beauté avec projection en avant-première du film « Indian Palace » au Gaumont. En sortant du bar la foule s’est dirigée vers le cinéma, les têtes tournaient, tout ce rouge au sol, ces photographes, cette célébrité soudaine… Quelle griserie ! Ah, comme ils nous bichonnent chez Welcoop !

Enfin, tout ce bazar c’était pour Charlize Theron qui faisait la promotion de son nouveau film. Et nous sommes restés bloqués derrière des barrières, en inconnus lambda, avant de pouvoir gagner la salle, le temps des flashs. Cela dit, j’ai beaucoup apprécié la soirée.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 142: MAT DE MISAINE

Défi 142 d’après photo chez Lenaig pour les Croqueurs de mots:

 

Je grimperais aux arbres pour atteindre la lumière

Qui perce les feuillages, blanchissant le gazon

Je salirais mon jean sans faire de manière

Me roulerais en boule dessous les frondaisons

 

Je me laisserais glisser doucement vers le ciel

Tutoyer les étoiles comblerait mes désirs

Je frôlerais au passage des plumes d’hirondelles

Et le printemps qui vient m’arracherait des soupirs

 

Mes bras, mes mains, mes pieds perdraient toute consistance

Léger, pâle,  libéré, j’ignorerais la peur

Me soustrairais au monde, userais d’élégance

Conjuguant équilibre, grâce et apesanteur

 

Détaché de  la vie par le  mât de misaine

D’un voilier initiant un voyage au long cours

Transi, ankylosé sur mes joies, sur mes peines

Je me garderais bien de songer à l’amour

 

 

 

 

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 19:11

BLOG EN PAUSE JUSQU'AU 8 AVRIL

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 142: MEME DIRECTION

Défi 142 chez Lenaïg pour les Croqueurs de mots: une étrange atmosphère, d'après une photo de Kristoffer Axén 

 

Ils scrutaient l’horizon, tous les  deux indolents

Réprimant un frisson, malmenés par  le vent

Qui fouettait les nuages, et l’écran de fumée

Plaqué à l’astre rond devant eux, intriguait

 

On le voyait danser, s’étaler, frémissant

Il imposait son rythme, tel un feu rougeoyant

Que l’on perçoit au loin, avec inquiétude

Qui peut-être s’éteint, faiblesse, lassitude

 

Ils s’étaient éloignés avec l’âge et le temps

Et leurs pas hésitaient sur le sol, dérapant

Pourtant la plaine nue, l’herbe rase et gelée

 

Constituent un écrin, bien que froid et laqué

Où logent des amours, des blessures, des passions

Quand les regards se figent dans la même direction

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 08:00
JE SUPPOSE...

Ca y est, ils fleurissent. Je les avais observés la semaine dernière à Giverny, tout près de la maison de…. Ils montraient timidement leurs bourgeons et semblaient près de sortir de leur boite, comme dans le poème de Paul Géraldy. Ces derniers jours de mars sont encore gris, un peu frais, et le soleil joue les effeuilleuses. Il dévoile un peu du jardin derrière la palissade, quelques pois de senteurs, taches violettes sur l’herbe, quelques jonquilles se trémoussant dans les allées ratissées. La maison doit rouvrir au premier avril et elle se prépare.

Les pièces d’eau sont troubles, la treille est nue. Tout semble éteint, comme fondu dans le ciel roux. On dirait qu’une personnalité va inaugurer un monument en ôtant le voile qui la recouvre. On dirait que la maison, le jardin attendent leur heure. La rue est calme, endormie, personne devant le portail, ni derrière, près de la route. Quelques promeneurs et leurs chiens, quelques joggeurs, un unique café ouvert, un immense parking désert et nous marchant le long des cerisiers boutonneux.

Aujourd’hui puisqu’ils explosent comme du pop-corn dans ma rue, je suppose qu’ils forment une haie d’honneur là-bas. Et que Monet, adossé à l’un d’eux, dans sa blouse bleue, avec son chapeau de paille, guette la venue des premiers visiteurs.

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