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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:00
ONGUENT

Voilà comment j’entends profiter de juin et des beaux jours. Telle une chatte postée à la fenêtre au milieu des pompoms du balcon. L’air est doux, et les oiseaux hument le printemps juste avant qu’il ne plonge dans l’été. Il a un parfum tout particulier, de cartables qu’on referme et de brocantes sur les trottoirs. Ses couleurs sont vives et chaudes, parfois mouillées. Ses journées s’étirent le long des trottoirs à la terrasse des cafés, et il offre ses jambes au soleil. Il adore la terre battue et le bruit des balles de tennis. Il se souvient des longues périodes de révision du Bac et encourage ceux que ça concerne en leur faisant miroiter des « after » dignes d’une fin de match. Il apprécie la musique et lui consacre toute une journée lors de la passation de relais à l’autre belle saison. Il est déjà feu, ardeur et brûlure à la Saint Jean. Il allonge le temps et améliore l’humeur. Il est baume et onguent, il est douceur. Alors je me tartine sans modération.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:38
DEFI 146: POITEVIN

 

Jeudi en poésie libre pour ce 146ème défi chez Lilousoleil pour les Croqueursdemots.

 

Sous la voûte lumière, avancent les gabares

Elles fendent, silencieuses, l’eau claire des marais

S’emparent des reflets, et à l’onde s’amarrent

S’imprègnent des senteurs enivrantes de l’été

 

Sous un ciel parsemé de feuilles et de branchages

Elles longent, alanguies, aulnes ou peupliers

Et des lames d’argent dorlotent à leur passage

Le vieux bois de leurs flancs, incolore, craquelé

 

Alors des chants s’élèvent, haut dans les marécages

Surgissent depuis les rives, se propagent en chœur

Un concert stridulant se décide en hommage

A la lente avancée du bateau voyageur

 

Un vent moite, cotonneux, pèse sur nos épaules

Les rames par endroit clapotent dans la vase

Quand nos regards se croisent, nul besoin de paroles

Instant privilégié, éternité, extase

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:00
DEFI 146: PARENTHESE

Consigne 146 proposée par Lilousoleil J’ai choisi de laisser mon imagination vagabonder sur les vocalises de Natalie Dessay

 

Je manipule la tête de lecture en passant près de la platine. Ma chaîne est une antiquité mais rien ne vaut le microsillon pour écouter des vocalises. En tournant, le disque étire une voix cristalline qui me dénoue les muscles.

Je suis l'héroïne d'une de ces séries policières britanniques, je me cale dans un canapé de cuir, un verre de whisky posé sur la table basse, à côté de mon pied nu. Mon autre pied repose à moitié sur une charentaise et sur le plancher. Le chien, un cocker aux oreilles ramasse-poussière ouvre un œil de temps en temps afin de s’assurer que je ne dorme pas tout-à-fait, ce qui le priverait de sa ration de croquettes du soir. Je ne fume plus et mon cendrier déborde de papiers de bonbons. Il y a de petits moutons de poils sous le buffet, et dessus, dans la coupe de fruits, les pêches ont une drôle de couleur. Mon courrier, des factures surtout, s’entasse sur la tablette du téléphone qui ne supporte plus de téléphone puisque le petit rectangle plat est avec moi, sur le canapé. On se tient chaud tous les deux. A travers les rideaux, et juste à l’endroit où ils s’écartent, le gyrophare du camion poubelle fait danser mes pétunias accrochés à la rambarde du balcon. J’ai la tête qui tourne, les idées pas trop claires et il y a ce bip, bip lancinant qui chatouille mes oreilles. Je me frotte les yeux et je m’étire. Je renverse mon verre, grogne puis réponds au téléphone. On m’appelle sur une enquête. C'est souvent comme ça, il me faut fermer cette parenthèse de bienheureuse solitude. 

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 11:13
DEFI 146: ACCEPTATION

Sujet libre pour ce 146ème jeudi en poésie chez lilousoleil, pour les Croqueurs de mots.

 

Je me suis inspirée du texte de Madeleine Gagnon inscrit sur l’une des 44 chaises fixées face à la gare du Palais à Québec, œuvre nommée « Rêver de nouveau le monde »

 

UNE ACCEPTATION DE L’ABSENCE

Quand le manque n’est plus un poison

Quand le cœur épouse la raison

Apaisement et renaissance

 

UN RENONCEMENT A L’EXPLICATION

De lèvres qui mentent avec aplomb

Changer de cap et d’horizon

Souscrire à toute tentation

 

UNE CONNAISSANCE DU VERTIGE

Et de l’oubli dans la passion

Plaisir, désir ou émotion

Exercice de haute voltige !

 

UN BONHEUR DE LA RENCONTRE

Y croire encore passé vingt ans

Aimer la vie, prendre son temps

Plus rien ne presse, jeter sa montre

 

 

DEFI 146: ACCEPTATION
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:00
MARCHEUSE

Peu importe l’endroit, ce qui compte c’est cette route, droite, nette, sans détour. Le chemin que l’on suit et qui mène vers soi, sans prise de tête. Dans ces cas-là, j’avance rapidement, j’ai mon casque sur les oreilles et j’écoute Yaël Naïm ou Clarika. J’aime ces voix de filles sur de la musique entraînante mais simple. J’aime les textes un peu barjos de Clarika et la voix douce de Yaël. Je ne pense à rien, je ne vois personne et surtout je regarde peu autour de moi. Je me laisse guider par les odeurs d’herbe coupée et par le vent qui souffle dans mon cou. J’ai très vite chaud et j’enlève mon pull ou mon imper, je les glisse dans mon sac à dos. J’oublie les messages du téléphone et je ne me rends pas compte que le ciel goutte. Je peux marcher longtemps, je suis une marcheuse, je marche pour sentir que j’avale le sol sous mes pieds, ça a un côté glouton. Je mesure le temps à ma montre, je ne ressens la fatigue que si je m’arrête alors je m’oblige à surveiller les aiguilles du cadran. Et puis je rentre. Souvent, ça continue de marcher dans ma tête. Alors je me pose devant mon clavier…

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:00
Dans les jardin du château de Sanssouci à Postdam

Dans les jardin du château de Sanssouci à Postdam

Ce 145ème défi chez Fanfan consiste à écrire une tirade en prenant les classiques pour référence: Molière, Corneille, Racine.

Eh bien, j'ai voulu n'en faire qu'à ma tête en citant Montaigne "Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent les raisons de mes voyages: que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

 

La monotonie des jours

Et les rides à mon visage

La télé, les beaux discours

Tous les amis de mon âge

La lessive et l'encaustique

Remplir la gamelle du chat

Les mensonges, la politique

Les promesses qu'on ne tient pas

La vitrine du boulanger

Trop de crème sur les gâteaux

Plus rien dans le garde manger

Les kilos auront ma peau

Dresser une liste pour Auchan

Au pied de l'escalator

Ne plus supporter les gens

Et puis hurler à la mort

Le Saint Honoré rituel

Chez la belle-mère le dimanche

Tous les souvenirs cruels

Qu'on garde encore dans sa manche

Angoisse, départ des enfants

Enfin pouvoir s'éclater

Chagrin et soulagement

Une page s'est tournée

Moi ado,  c'était hier

Le disco et Travolta

Ca y est, te voilà grand-mère?

La vie défile à grands pas

 

Mais on part aussi pour:

La chanson de Nicolas

Se sentir libre et heureux

Aller découvrir Bahia

Retrouver un amoureux...

 

 

 

 

 

 

 

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 08:00
DEFI 145: CLIGNER DES YEUX

Pour honorer Fanfan et sa conception du poème dadaïste, chez les Croqueurs de mots, 145ème défi.

 

J’aurais peine à saccager le journal

La faute aux ciseaux qui dérapent un peu trop

Pourquoi oser une découpe en diagonale

Quand il suffit, comme au lancer de couteaux

De cligner des yeux, et d’un rictus affreux

Redéposer tous ces mots nus sur des feuilles,

Qui au hasard, sans caractère graveleux,

Forgeront des phrases drôles, pourvu qu’on les cueille

Sachant contenter, séduire ou divertir

Provoquant le rire, la critique ou même l’ire

 

 

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 08:00
EN MARCHE

Un été lourd et raieux se profile en mai

Lilas, glycines, hortensias bordent les allées

Tant de parfums entêtants hantent les chemins

Ivres de joie les enfants nous lâchent la main

 

Dans leurs veines coule une sève, puissant élixir

Commande de désobéir, rugir et bondir

Et ils courent à perdre haleine, du feu dans les yeux

Un vent filou constelle de pollen leurs cheveux

 

Car la vie prend de la place, et s’enorgueillit

De combler les êtres, l’espace, les bois, les taillis

Et si les enfants s’évadent, dans nos coeurs aussi

Une vigueur toute printanière ordonne, s’épanouit

 

Il y a cependant dans l’air des chants, des murmures

Ne provenant pas des eaux claires, jardins et clôtures

Le bruissement d’une feuille, un froissement ailé

Le salut d’une âme en marche vers l’éternité

 

A Pascal, je me joins à Catiechris et à ses amis de la blogosphère pour lui rendre hommage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 10:00
NEPAL, LA VISION D'ANNE MARIE

Désolée de n’avoir pu fureter sur vos blogs et répondre à vos commentaires sur le mien durant ma pause. Je m’y remets très vite. A bientôt.

 

Je viens de lire un article bouleversant sur le séisme au Népal dans Match. Quand les éléments déchainés provoquent la détresse humaine, on reste scotché le temps d’une lecture. Impuissant aussi. C’est de l’information qu’on prend dans la figure comme une porte vitrée qu’on n’a pas vue. Il y a des bris de verre, un peu de sang, une blessure, mais on répare on cicatrise. Il y a la vie, la nôtre banale, douillette, qui continue.

J’ai lu d’autres informations sur la page Facebook d’Anne Marie, une camarade de lycée retrouvée dernièrement. Anne Marie se trouve au Népal actuellement. Elle livre son ressenti au jour le jour, quand elle le peut. C’est comme une bougie qu’on allume, qui faiblit et repart. Et parce que les nouvelles arrivent au compte -goutte, qu’on les attend, qu’on laisse messages de soutien et interrogations, on plonge dans un quotidien de misère, toujours aussi lointain et inaccessible, mais on se sent plus près de la vie qui veut triompher là-bas.

Je laisse Anne Marie raconter :

1er mai. Bonjour, me voilà arrivée à Kathmandou. Dans l’avion des équipes de secours du monde entier, France, Turquie, Israël, Canada, Usa, Pologne et des docteurs de Médecins sans frontières, Médecins du monde etc... Dommage, on envoie des secours et de l’aide dans les régions qui ont d’abord voté pour le gouvernement. Kathmandou a été très touchée dans certains quartiers, mais le pire est dans les villages. Pour ceux qui connaissent le Langtang et la région du Manaslu, des villages entiers ont disparu sous des avalanches et des langues de glaciers qui se sont détachées du pic du Langtang, le village de Langtang et de Kyangjin Gompa sont sous la glace et la neige. Le village de Mirge, le district de Mirge ont disparu…Tout le district de Dolhaka attend de l’aide et des vivres qui n’arrivent toujours pas. Dans quelques jours, j’irai voir moi-même et je pense que les dons devraient être affectés à ces régions. Merci à ceux qui m’ont envoyé des dons pour une première aide. La mousson va arriver dans peu de temps. Des millions de personnes sont sans abris et sans aide. Les secours commencent à peine à arriver dans les villages. Certains villages, à 3 h de route de Kathmandou n'ont toujours vu personne, et pas un membre du gouvernement ne s’est déplacé dans les régions sinistrées. La situation à Kathmandu se normalise dans les quartiers non touchés.

L’aide arrive mais dans quelques semaines, qui pensera encore au Népal quand les images choc auront disparu des écrans? Comment aider à la reconstruction de tous ces villages qui n’existent plus ? J’espère seulement que tous ces pays qui envoient des fonds ne les envoient pas en vain. A l’aéroport des sacs de riz pourrissent car ils ne sont pas distribués. Si vous voulez faire des dons, faites des dons à des organismes sérieux comme Handicap international, Médecins du monde ou Médecins sans frontière ou à des personnes averties qui vont s’occuper d’un village sinistré en particulier. Moi, je vais concentrer mon aide dans le secteur de Dolhaka, dans les villages de Mude et Mirge ou les villageois n’ont plus rien. Ce sont les villages de mes sherpas et porteurs. Sachez que la population part de Kathmandou par bus entiers pour aller secourir et porter des vivres et du soutien aux familles et non pour fuir les conséquences du tremblement de terre.

Merci Anne Marie pour ce partage, pour ton dévouement.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 20:08
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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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